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Poésie

Posts Tagged ‘(Patrick Williamson)’

Plateau d’oeufs (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Plateau d’oeufs

Sur la table un grand plateau d’aras
tachetés de brun, coquilles endormies
qui tanguent comme des yachts
en régate poussés sur la mer.

Fragilité ; nous cassons si facilement,
enlevés au lit de l’amitié,
chaque coquille ronde sans visage
cherchant sa direction, incapable de bouger.

Plénitude et silence ; j’aimerais mettre
leur concentration collective
dans une photo, l’agrandir,
puis les étaler comme des galets
sur une plage et les aligner vers la mer.

***

Tray of eggs

On the table a tray of eggs
with mottled tans, rolling drunk
asleep in their shells, like racing
yachts blown across the sea.

Fragility; we crack so easily,
plucked from the bed of companionship
each rounded shell – faceless,
looking for direction, unable to move.

Full and silent: I would like to take
their massed concentration
in a photograph then, enlarging it,
lay them out like cobblestones
on a beach, and line them up to the sea.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Moineau derrière la vitre (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
Moineau derrière la vitre
me voilà, picorant la couenne
auprès d’un vieil homme et
sa boite à biscuits
égrenant le temps
déversant des souvenirs
embués par une larme mais
limpides dans l’esprit
feu attisé
rideaux tirés
la séparation est toujours proche

***

a sparrow at the windowpane
I am, picking at the rind
with an old man by a biscuit tin
ticking away the time,
drinking out the memories
faded with a tear yet
crystal clear in the mind;
eking out the coal fire
curtain hours
with distance evernear

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Passage protégé (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    
Passage protégé

Un morceau de bois ravi par la tempête virevolte
au bout de boucles qui se mordent la queue — toi
la bouée d’un fétu, le métronome qui bat comme
le bateau ballotté par des embardées contraires — des courbes
charriées tels les battements de ton coeur sous la peau
un souffle régulier soulevant ta poitrine — se précipite
ordonnant à ceux qui nagent de regagner la berge
planches, épaves charriant le reste — m’enivrant
par ton odeur, ta présence, cette présence
dont je suis si intime, ce corps que je veux — toucher

***

Safe passage

A piece of wood salvaged by the storm lurches past
on curled tips that chase their tails — you
the safety of a straw, the metronome beating
as the boats rock in counter yaw — curves
carried like your heart pulses under skin,
steady breath lifting your chest — rushing past
commanding those who swim to take to land, boards
and flotsam will carry the rest — lifting me
with your soent, your presence, that presence
I am so close to, that body I wish — to touch.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Je nous sens amants (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



Illustration: Matthew Cusick
    
je nous sens amants, moi
seul et la mer bleu-noir
cachant l’hiver, sa banquise
arrachée, crêtes tourbillonnantes
balayant les abîmes.

***

I feel we are lovers, just
myself, & black-blue sea,
hiding the winter, its debris
swept away, swirling crests
skating over the fathoms.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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