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Poésie

Posts Tagged ‘patron’

Bulles (Dominique Cagnard)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



 

coeurs bulles de savon

Bulles

Si j’étais patron d’usine,
Je jouerais au cerf-volant.
J’aurais pu devenir directeur
D’une fabrique de savon.
J’aimais trop les nuages,
Et je dessinais un coeur
Avec les bulles du bonheur.

(Dominique Cagnard)

 

 

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LA BOMBE HUMAINE (Téléphone)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



    
LA BOMBE HUMAINE

Je veux vous parler de l’arme de demain
Enfantée du monde elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi, de vous
Je vois a l’intérieur des images, des couleurs
Qui ne sont pas a moi qui parfois me font peur

Sensations qui peuvent me rendre fou
Nos sens sont nos fils nous pauvres marionnettes
Nos sens sont le chemin qui mène droit a nos têtes

La bombe humaine tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste à côté du cœur
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est la fin, hum la fin, hum la fin, hum la fin

Mon père ne dort plus sans prendre ses calmants
Maman ne travaille plus sans ses excitants
Quelqu’un leur vend de quoi tenir le coup
Je suis un électron bombardé de protons
Le rythme de la ville c’est ça mon vrai patron
Je suis chargé d’électricité

Si par malheur au cœur de l’accélérateur
J’rencontre une particule qui m’mette de sale humeur
Oh non, faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller

La bombe humaine c’est l’arme de demain
Enfantée du monde elle en sera la fin
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est la fin

La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste à côté du cœur
La bombe humaine, c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient
C’est…

La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste a cote du cœur
La bombe humaine, c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est…

La bombe humaine c’est l’arme de demain
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient

C’est…

La bombe humaine c’est l’arme de demain
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient
C’est la…

(Téléphone)

Aubert, Marienneau, Kolinka, Bertignac

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Le temps perdu (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2019




Illustration: Tarsila do Amaral
    
Le temps perdu

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’oeil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron?

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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IN MEMORIAM (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Illustration
    
IN MEMORIAM

Son nom c’était
Mohammed Scheab

Descendait
des émirs nomades
s’est suicidé
parce qu’avait
plus de Patrie

Aimait la France
changea de nom

Il fut Marcel
mais pas Français
savait plus vivre
sous la tente des siens
où l’on écoute
la cantilène du Coran
en buvant du café

Et ne savait
pas délivrer
la chanson
de son abandon
Je l’ai suivi
avec la patronne de l’hôtel
où nous vivions
à Paris
au numéro 5 de la Rue des Carmes
une ruelle en pente les murs fanés

Il repose
au cimetière d’Ivry
un faubourg qui semble
éternellement
dans une journée
où s’en va la foire

Et peut-être suis-je seul
à savoir encore
qu’il a vécu

***

In memoria

Si chiamava
Moammed Sceab

Discendente
di emiri di nomadi
suicida
perché non aveva più
Patria

Amò la Francia
e mutò nome

Fu Marcel
ma non era Francese
e non sapeva più
vivere
nella tenda dei suoi
dove si ascolta la cantilena
del Corano
gustando un caffè

E non sapeva
sciogliere
il canto
del suo abbandono

L’ho accompagnato
insieme alla padrona dell’albergo
dove abitavamo
a Parigi
dal numero 5 della rue des Carmes
appassito vicolo in discesa

Riposa
nel camposanto d’Ivry
sobborgo che pare
sempre
in una giornata
di una
decomposta fiera

E forse io solo
so ancora
che visse

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au bois joli (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Au bois joli

L’arbre ne va pas à l’école
L’arbre ne va pas à la guerre
L’arbre se plaît là où il est
L’arbre ne fait pas de tourisme
L’arbre ne va pas au travail
L’arbre ne prend pas de vacances
Il accepte le temps qu’il fait
L’arbre prend le temps comme il vient
Et l’arbre ne se plaint de rien.

L’arbre monte à la lumière et creuse vers l’antipode.
Ni maître, ni disciple, ni patron, c’est l’arbre.
Arbre appelle oiseau, nid, hamac, écureuil.
L’automne le décoiffe, il se découvre même pour saluer
l’hiver.

On s’imagine qu’il a élu là sa racine de toute éternité.
On pense toujours qu’il ne passera pas l’hiver.
Mais il n’empêche, c’est lui qui nous enterre.
L’arbre, il lui faut un siècle pour se faire.
Au bipède déprédateur, il suffit d’une minute pour
l’assassiner, d’un déjeuner d’affaires, d’un conseil
d’administration pour organiser le massacre des arbres.
Si les hommes savaient comme il s’en moque, l’arbre !
Lui qui fera de l’ombre sur leurs marbres.

L’arbre ne fait pas le mal, l’arbre ne fait pas d’argent,
l’arbre ne fait pas d’histoire, l’arbre ignore la colère,
la fatigue, le sommeil.
Flammèches chlorophyliennes, éphéméride végétal,
confident du temps.
Philosophie de son mutisme, lui le télépathe du ciel, le
vigilant guetteur des vents.

Arbre mon ami, arbre au coeur secret, mon voisin discret,
il faut te couper pour savoir ton âge.
Arbre du cercueil, ta sève vaut notre sang.
L’arbre est innocent.
Même si l’animal vertical l’a destiné aux bois de justice,
aux croix, aux poteaux d’exécution, aux gibets, aux pals,
aux garrots, aux cages, aux clôtures, aux piloris, aux
crosses, aux échafauds, aux miradors, aux palissades,
aux bâtons, aux triques, aux baguettes de tambour, aux
matraques, aux carcans.

Ô la tristesse des feux de joie !
L’arbre est éponge, humus, poumon, calendrier, livre,
ombre et lyre.
L’arbre habille le globe de sa robe oxygène.
L’arbre c’est la paix, la fidélité, froufrou du silence, un
bloc de patience, la stabilité, le gnomon des jours.
L’arbre fait la vie.
Et l’arbre sait se taire.

L’arbre
libre.

(Bernard Lorraine)

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La patronne du bar (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Marie Hélène Mahevo
    
La patronne du bar à côté du cirque,
elle était toujours habillée en rouge,
elle aurait bien aimé
que les hommes soient des taureaux.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE FABRIQUE DE BROSSES (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



UNE FABRIQUE DE BROSSES

On voit l’intérieur de la salle principale.
Des hommes forent de petits trous dans des planchettes
et de jeunes femmes enfoncent des poils de sanglier
enduits de colle dans ces cavités.
Les murs de la fabrique sont bleus.
Au-dessus d’une petite porte,
une image représente saint Audoin, patron des brossiers.
Au fond, de grandes caisses contiennent probablement
des brosses terminées.

(Norge)

 

 

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BARBERINE (Wolfgang Amadeus Mozart)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



    

BARBERINE

Je l’ai perdue, quel malheur !
Qui sait où elle est?
Je ne la trouve pas,
que je suis malheureuse !
Ma cousine ?
Mon patron,
que va-t-il dire ?

***

BARBARINA

L’ho perduta, me meschina!
Ah chi sa dove sarà?
Non la trovo. L’ho perduta.
Meschinella!
E mia cugina? E il padron,
cosa dirà?

Explications: http://ambitrad.hypotheses.org/223

(Wolfgang Amadeus Mozart)

Recueil: Les Noces de Figaro

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AVANT L’ POINT DU JOUR… (Negro Spirituals)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Edmund Ollier
    
AVANT L’ POINT DU JOUR…

L’ patron, i’ va t’ vendre, oh, oh, oh!
I’ va t’ faire expédier auX champs,
Avant l’ point du jour…
File, file, file! Avant l’ point du jour!
File, file, file! Avant l’ point du jour!

(Negro Spirituals)

 

Recueil: Fleuve profond, sombre rivière
Traduction: Marguerite Yourcenar
Editions: Gallimard

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Regardez (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

Regardez, regardez, Messieurs, voyez cette puissante entreprise,
Et comme ils travaillent sans trêve, se retournant dans
les draps de la vie comme en un lit de cauchemar,
Avec la sueur au front, les mains moites, et poursuivant
on ne sait quelle aventure inéluctable,
Comme des employés de bureau d’une administration
impitoyable, devant une porte toujours fermée sur
laquelle un numéro se lit,
C’est là sans doute que repose le centre de l’affaire, le grand patron,
C’est le numéro 0,
Et si par hasard quelqu’un entrait, il verrait qu’il n’y a personne,
On ne voit rien, il n’y a ni table, ni chaise, ni téléphone,
ni rien qui vaille, pas de fenêtre non plus,
Rien que des vieux murs sans papier, absolument rien,
ni trace de personne,
N’empêche que c’est le bureau du patron, le numéro 0,
Et ils continuent à accomplir leur besogne, oh ! pour-quoi,
sans doute parce qu’il faut manger et qu’il y a des gosses à la maison,

(Georges Ribemont-Dessaignes)

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