Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pâturage’

LE FOND DE LA PENSÉE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
LE FOND DE LA PENSÉE

Sur les cailloux
Au fil du sang
L’herbe le brin de paille
Et la main qui descend
Toute la vie
Au bord des sombres pâturages
Les yeux et l’horizon qui manquent d’éclairage
Le feuillet où j’inscris l’avenir de travers
Et si loin
Les hautes cheminées de la mer
Ce qui était mon bien ma raison de comprendre
Toutes mes fleurs
Tous mes oiseaux qu’on veut me prendre
Et jusqu’à cet amour tendrement obstiné
Amour de mon amour
Et des bêtes de lait
Toute la vie pour la plus folle
Pour une belle pour une seule parole.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis l’homme-loup (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

Je suis l’homme-loup,
je me dévore moi-même.

Au matin je coupe le frêne
où la lune s’était posée.

À midi je brûle les pâturages
où court le cerf.

Au crépuscule je vais sur la grève
dépecer les tortues.

Je monte dans la montagne
pour chasser l’aigle.

Ce que Dieu fit en six jours,
je le défais en un.

Je suis l’homme-loup,
je me dévore moi-même.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Portrait (Maurice Henry)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Portrait

Tes yeux ce ne sont pas tes yeux mais la doublure de la nuit

tes mains ce ne sont pas tes mains mais une virgule à collerette

tes cuisses ce sont des hélices pour chasser le mal de dents

et tes dents justement c’est un arbre dont les racines tiennent dans leurs mains mes oreilles

Ta chevelure pleut sur mes paupières quand il fait beau

tes pieds de suie fraîche descendent des cintres lorsque j’appelle un taxi

Sur tes ongles poussent se développent et se multiplient des plantes qui sont mes joues

Avec tes rubans tu lies nos étreintes

et avec tes genoux c’est mon nez que tu nourris

Tes lèvres ce ne sont pas tes lèvres mais un troupeau de bœufs sur les pâturages de mon sang

(Maurice Henry)

Illustration: Albert-Joseph Pénot 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ensemble (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Ensemble
(extraits)

Dans la paume des chemins, dans l’éclatement de l’herbe,
Ton visage tout défait d’aimer

Tes mains au soleil couchant
Pétrissant l’argile, caressant les cous des chiens
Mouillés de la boue des pâturages

Ecoute: le pollen des rochers,
L’abri au fond de la mer.

C’est ta paume qui s’épanouit,
C’est la peau de tes seins
Tendue comme une voile au soleil couchant.

Ecoute encore: ton pollen au pollen des rochers
Se mélange sur mer,
Ton ventre amène et retire les marées,
Ton sexe occupe les sables chauds des profondeurs.

*

Tous les suintements sont lavés dans la mer

Et l’homme peut le soir retrouver dans un lit
Le goût frais de la mer
Entre des cuisses ouvertes

(Eugène Guillevic)

Illustration: Raphaëlle Zecchiero

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au secret (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



faon-0

Au secret

Si je disais la vie, la fraise aux lèvres vous auriez
La langue du loriot, la fièvre du laurier
L’églantier de la pluie et les cuisses de l’eau

Si je disais les mots
Qui convoquent les morts et les hauts pâturages
Les citrons de la nuit, la paille des orages
La servante alanguie, les armoires de suie
Le cheval aveuglé et l’automne qui grince
Les hôpitaux tapis, les amants dans leur lit
Le boulanger, le geai, les journaux tiédis d’encre
Si je livrais les mots que je retiens à l’ancre

En cette chambre basse où jamais vous n’entrez
Hommes ! Vous laisseriez les vins lourds de septembre
Vous partiriez roussis de feuilles, de saisons
Titubants de soleils, charnus de vos moissons
Et je vous aimerais comme un lièvre ou un faon.

(Luc Bérimont)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Portrait (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Portrait

Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise,
Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d’or ;
Mais nulle, en sa beauté, n’eut plus de grâce exquise,
Au temps qu’on était jeune et qu’on aimait encor.

Tes cheveux à frimas, où le zéphyr se joue,
Effleurent mollement ton visage vermeil,
Car le pastel du maître a semé sur ta joue
L’incarnat velouté d’une pêche au soleil.

Mille amours sont nichés sous tes narines roses,
Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés,
Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes,
Appelle au pâturage un troupeau de baisers.

Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée,
Semble, au long du corsage, étaler à plaisir,
De ta taille divine à ta gorge embaumée,
Une échelle d’azur où monte le désir !…

(Louis Bouilhet)

Illustration: Hyacinthe Rigaud

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il y avait une musique de saltimbanques (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2016



Il y avait une musique de saltimbanques autour de la prison,
Il y avait des figures de cire dans une forêt d’été,
Ailleurs la lune avait fauché toute l’oasis,
Et parfois je trouvais une vierge en sueur au fond d’une grotte de glace.

Ayez pitié des mains étranges !
Ces mains contiennent les secrets de tous les rois !

Ayez pitié des mains trop pâles !
Elles semblent sortir des caves de la lune,
Elles se sont usées à filer le fuseau des jets d’eau !

Ayez pitié des mains trop blanches et trop moites !
Il me semble que les princesses sont allées se coucher vers midi tout l’été !
Éloignez-vous des mains trop dures!
Elles semblent sortir des rochers !
Mais ayez pitié des mains froides !
Je vois un cœur saigner sous des côtes de glace !
Ayez pitié des mains mauvaises !
Elles ont empoisonné les fontaines !
Elles ont mis les jeunes cygnes dans un nid de ciguë !
J’ai vu les mauvais anges ouvrir les portes à midi !
Il n’y a que des fous sur un fleuve vénéneux !
Il n’y a plus que des brebis noires en des pâturages sans étoiles !
Et les agneaux s’en vont brouter l’obscurité !

Mais ces mains fraîches et loyales !
Elles viennent offrir des fruits mûrs aux mourants !
Elles apportent de l’eau claire et froide en leurs paumes !
Elles arrosent de lait les champs de bataille !
Elles semblent sortir d’admirables forêts éternellement vierges!

(Maurice Maeterlinck)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les branches en arceaux (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



Les branches en arceaux

Les branches en arceaux quand le printemps va naître,
Les ronces sur le mur, le pâturage herbeux,
Les sentiers de mulets, et cet homme champêtre
Qui, pour fendre le sol, guide un couple de boeufs,

La nuit sur la jetée où le phare s’allume,
Et l’horizon des flots lorsque le jour paraît ; –
Qu’importe ! Je respire, ô ville, dans ta brume,
La montagne et les champs, la mer et la forêt.

(Jean Moréas)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

RÊVE INTERMITTENT D’UNE NUIT TRISTE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



Albert Lichten (17) [1280x768]

RÊVE INTERMITTENT D’UNE NUIT TRISTE

[…]
O champs paternels hérissés de charmilles
Où glissent le soir des flots de jeunes filles !

O frais pâturages où de limpides eaux
Font bondir la chèvre et chanter les roseaux !

O terre natale ! à votre nom que j’aime,
Mon âme s’en va toute hors d’elle-même ;

Mon âme se prend à chanter sans effort ;
A pleurer aussi tant mon amour est fort !

J’ai vécu d’aimer, j’ai donc vécu de larmes ;
Et voilà pourquoi mes pleurs eurent leurs charmes.

Voilà, mon pays, n’en ayant pu mourir,
Pourquoi j’aime encore au risque de souffrir.

Voilà, mon berceau, ma colline enchantée,
Dont j’ai tant foulé la robe veloutée,

Pourquoi je m’envole à vos bleus horizons,
Rasant les flots d’or des pliantes moissons.
[…]

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Albert Lichten

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LETTRE-OCÉAN (Michel Manoll)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2015



lentille d'eau

LETTRE-OCÉAN

0 mon ami, lentille d’eau incrustée sur l’étang,
Je te vois comme la flamme clignotante du premier matin blanc,
Qui suspend dans l’air le sillage empanaché
D’un train caboteur qui suit la côte à petite journée.
Tu es la jarre de lait répandue dans les pâturages du ciel
Et cette étoile impatiente qui lance ses graines hors de leur gousse,
L’arbre-chanteur et son ombre de mousse.
Mais tu es aussi et surtout le disparu du bord
Qui allume la mèche sous les barils de poudre,
Le passager que l’on attendra longtemps sur le port,
Je ne sais où, dans un pays fracassé par la foudre.

(Michel Manoll)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :