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Posts Tagged ‘(Paul Auster)’

CREDO (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

https://arbrealettres.files.wordpress.com/2011/04/20110402_145401_.jpg?w=837&h=628

CREDO

L’infini

choses infimes. Une fois seulement respirer
dans la lumière de l’infini

choses infimes
qui nous entourent. Ou bien
rien ne peut échapper

au piège de cette obscurité, l’oeil
découvrira que nous sommes
seulement ce qui nous a faits moins
que nous ne sommes. Ne rien dire. Dire :
nos vies mêmes

en dépendent.

(Paul Auster)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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CLANDESTIN (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Ana Cruz  Madrigal to a bitter devotion

 

CLANDESTIN

Souviens-toi avec moi aujourd’hui — la parole
et la contre-parole
de témoignage : l’aube tangible, surgissant
de ma main crispée : étreinte ciliaire
du soleil : l’étendue de ténèbres
que j’ai écrite
sur la table du sommeil.

Maintenant
est le temps à venir.
Tout ce que tu es venue
me prendre, emporte-
le loin de moi maintenant. N’
oublie pas
d’oublier. Emplis
tes poches de terre,
et scelle
la bouche
de ma caverne.

C’est là
que j’ai rêvé ma vie
dans un rêve
de feu.

(Paul Auster)

Illustration: Ana Cruz

 

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VESTIGE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

papier peint chardons

VESTIGE

Je me reconstruis.
Ou, de ce peu de voix
qui ne se désagrège pas,
je te parle.

De ce qu’
un mot aurait pu vivre
sans moi,
dans la rotondité d’un oeil
qui s’ouvre et se ferme.
Et de ce que signifie être découvert.

Je me reconstruis.
Je me dépouille de ce qui reste
de ma voix.

Cette maison,
croulant sous les tiges
de chardon blanc, dans la glaise
qui éclate
dans la lumière
des bouches.

Mon à jamais,
toujours uni au tien.

(Paul Auster)

 

 

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MIROIR (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

https://arbrealettres.files.wordpress.com/2010/06/blake_ancient_of_days.jpg

MIROIR

Mis à nu
par ton oeil féroce, obsidien,
par la colère
blême et aboyant
contre le miroir — chien qui te fixait
d’un regard aveuglant:

le dieu de Spinoza,
échappé des franges du discours, géométrique,
circulant dans la courbe
de l’exil,
hasarde un autre monde.

(Paul Auster)

Illustration: William Blake

 

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L’amour (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



chite Icare 

L’amour est la seule force
qui peut stopper un homme dans sa chute.

(Paul Auster)

Illustration

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Si on n’est pas prêt à tout (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Claude Weisbuch   DON QUICHOTTE 6 F

Si on n’est pas prêt à tout,
on n’est prêt à rien.

(Paul Auster)

Illustration: Claude Weisbuch

 

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LUMIÈRES DU NORD (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



08_antarctic_paintings

 

LUMIÈRES DU NORD

Voici les mots
qui ne survivent pas au monde. Et les dire
est s’évanouir

dans le monde. Inaccessible
lumière
qui point au-dessus de la terre, suscitant
le bref miracle

de l’oeil ouvert —

et le jour qui se répandra
comme un feu de feuilles
à travers le premier vent frais
d’octobre

consumant le monde

dans la langue simple
du désir.

(Paul Auster)

Illustration

 

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FRAGMENT DU FROID (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



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FRAGMENT DU FROID

Parce que nous devenons aveugles
dans le jour qui disparaît avec nous,
et parce que nous avons vu notre souffle
troubler
le miroir de l’air,
l’oeil de l’air ne s’ouvrira
sur rien sinon la parole
à laquelle nous renonçons : l’hiver
aura été un lieu
de plénitude.

Nous qui devenons les morts
d’une autre vie que la nôtre.

(Paul Auster)

Illustration: Jean François Millet

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FONDEMENT (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



 

Claude Verlinde_1370

FONDEMENT

Aurore comme une image
d’aurore, et tout le ciel s’effondrant
en lui-même. Irréductible

image
d’eau pure, les pores de la terre
exsudant la lumière : une moisson telle

que seule la lumière peut la donner, et les pierres mêmes
ranimées

dans leur propre image.

La consolation de la couleur.

(Paul Auster)

Illustration: Claude Verlinde_

 

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OBITUAIRE DU TEMPS PRÉSENT (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



 

https://arbrealettres.files.wordpress.com/2011/05/dali_enfant_geopolitique_large.jpg

OBITUAIRE DU TEMPS PRÉSENT

Pour lui c’est tout un —
où il commence

et où il finit. Blanc d’oeuf, le blanc
de son oeil : il dit
lait d’oiseau, sperme

coulant de sa propre
parole. Car l’oeil
est inconstant,
s’accroche seulement à ce qui est, ni plus ni moins

ici que là, mais partout, à chaque

objet. Il n’en retient
aucun. N’écrit

rien. Il s’abstient
du coeur

des choses vivantes. Il attend.

Et s’il commence, il finira,
comme si son oeil s’était ouvert dans la bouche
d’un oiseau, comme s’il n’avait jamais commencé

à être en aucun lieu. Il parle

de distances
non moins éloignées que celles-ci.

(Paul Auster)

Illustration: Salvador Dali

 

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