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Posts Tagged ‘(Paul Louis Rossi)’

Qui suis-je (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Qui suis-je

Déjà s’envole le dernier des oiseaux
Et me voici de nouveau face à face
Yeux remplis de fourmis rouges
Lèvres rongées par le sel
Avec cette image à tête de sphinx
Et son sourire ambigu

QUI suis-je
La hache, le saule, la sonnerie d’alarme,
La girouette, l’itinéraire du vent,
La gamine en blouse bleue
Couverte de feuilles mortes,
La grue sur le port, le navire à quai
Le bock de bière sur le comptoir,
Le cimetière de bateaux,
Et ce matelot saoul qui rêve au grand large

QUI suis-je
Le brouillard sur le fleuve,
La tour et la foudre de sa tête
L’arbre et sa tempête
L’anse des eaux perdues
Le Café de la marine
Le chaland qui passe,
L’aiguille usée du phonographe
La complainte fanée des illusions

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Rose Tursi

 

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Visages (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

Visages

Voyageurs de la nuit.
visages.

Visages des
nuits.

Si vaste. Existe-t-il
dans l’univers.

Avec la voix. avec le dessin de la
voix.

Une couleur palpable.

Parcelle de lumière.

Où nous soyons
unis.

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Alberto Donaire

 

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La Belle étoile (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



 

La Belle étoile

Pour une fois encore
Je me suis laissé dériver
Dans le lacis des rues sombres
La barque a de nouveau quitté le port
Et j’ai oublié rames et boussole

Mystérieuses
Femmes ou statues
Façades de pierres ou visages de plâtre
Vous me prenez mes nuits
Vous mêlez malgré moi votre sang et le mien

Rien qui me hèle rien
Dans la solitude où j’erre
Aucune porte qui s’ouvre
Et cet envol de mouchoirs ne peut me retenir
Le courant est trop fort et le gouvernail est brisé

Laissez résignez-vous
Ne tendez pas la main au naufragé
Je vais rouler comme un caillou jusqu’à la mer
Et ne vous désolez pas sur son sort
Il a son éternité de mémoire d’innocence et d’oubli

Dans l’austérité amère de la nuit
Les étoiles s’éteignent à force de regards
C’est entre deux flots que se termine le voyage
Les phares clignent des yeux sur la côte
Je m’illumine soudain comme une algue de phosphore

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Mikhail Larionov

 

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L’Espérée (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



 

L’Espérée

Je pense à toi
au plus profond des îles du sommeil
comme à une clarté
dans le gris de ma tristesse

(Paul Louis Rossi)

 

 

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La moindre des choses (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

La moindre des choses

Lorsque la rouille
a tout
dévoré

Il reste toujours
un coquelicot
pour sauver la face

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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Nuit noire (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



 

Nuit noire

Que voulez-vous que j’offre à mon prochain
Un ciel mouvant de nuages
Des yeux secs et mon visage
Défiguré par la haine

À toi je ne donne rien et tu m’offres des nuits
Aussi troubles qu’un alcool au fond d’un verre

Dans le monde où nous partons au crépuscule
Les amours se dénouent comme des crimes
Des sirènes chantent en montrant leurs seins
Et des femmes plus belles que de coutume
Ouvrent l’éventail de leurs mains
Pour se parer de pierreries et de fourrures

L’univers est une caverne à voleurs
Éclairée par des yeux des regards
Brillants comme des diamants noirs
Dans la gangue bleue des paupières
Des yeux sombres fous illuminés hagards
Agrandis par le plaisir et la douleur
Ou bien lassés à peine visibles à la lisière des cils

À quel festin êtes-vous conviés
Aventuriers de la nuit noire
À quelle flamme allez-vous brûler
Les papillons de votre sommeil

Au pays où nous partons au crépuscule
L’amour est plus fort que la faim

(Paul Louis Rossi)

Illustration

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De l’amour (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



 

De l’amour

De l’amour
l’espérance
est ma nourriture
chaque jour

Je me nourris de toi
te dévore vive
avide
et désespéré

Pense à moi quelquefois
à me regarder
à calmer
ma famine

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Edmond François Aman-Jean

 

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Plain Pied (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



 

Plain Pied

Ma porte ouverte sur le chant des chardonnerets
Beaux grands sombres sapins à l’horizon

majesté calme austérité

Chênes tourmentés
Buissons membres noués et dénoués

souffrance violence et nudité

Terre à même le sol
Odeur de sève alcool brut

force rigueur rugueuse
Grand soleil amoureux de lui-même
Chambre d’azur miroir flaque d’eau

temps rêvé du bonheur et de la joie

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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Le plaisir (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



 

Le plaisir

(donnez-nous des plaisirs aigus
croisés comme des fers d’épées)

Il l’embrasse il la vénère
Elle a des cheveux roux et fous
Ils semblent dire une prière
L’un pour l’autre et contre tous
(ah ! donnez-nous des plaisirs aigus

l’odeur des oeillets sauvages)

Elle sourit au fond de la salle
Une légère moue sur les lèvres
Un col blanc comme une voile
Tendue sur la mer tranquille

(des aiguilles de pins
criblées des feux de l’été)

Elle penche la tête pour cacher
Le trouble de son regard
Son désir et sa chasteté
Pareils au vin à l’eau mêlés

(violet couleur de la mer
violet couleur de la mort)

Pris d’une passion ingénue
Il agite devant ses yeux
Les prestiges de sa bouche
Rêvant son image nue

(comme une bête furieuse
un taureau ivre de rouge)

L’orage gronde sur la côte
Ils sentent venir le désir
De mesurer côte à côte
Le vertige du plaisir

(un paysage endormi
lassé de couleurs et de cris)

Ils reposent ensommeillés
Sur le sable d’une plage
Abandonnés contre les épaves
Seuls et las de s’être enlacés

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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Revient parfois la nuit (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2014



 

Revient parfois la nuit

Celui qui meurt, il revient parfois
dans la nuit.

Il colle son visage près
du nôtre. il parle.

Mais on ne voit que ses lèvres
qui remuent, et son sourire.

Indéchiffrable.

Que fait-il ? flottant dans
l’idéal.

Près de l’oeil fermé, sous la peau très mince
du sommeil.

Entre la lumière et le noir.

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Alex Alemany

 

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