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Poésie

Posts Tagged ‘pauvreté’

Ta chambre intérieure est un lieu de pauvreté (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Il te faut de la pauvreté
Dans ton domaine.

C’est comme ce besoin qu’on peut avoir
D’un mur blanchi à la chaux.

Une richesse, une profusion
De mots, de phrases, d’idées

T’empêcheraient de te centrer,
D’aller, de rester

Là où tu veux,
Où tu dois aller

Pour ouvrir,
Pour recueillir.

Ta chambre intérieure
Est un lieu de pauvreté.

(Guillevic)

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Il suffit de rien (Joël Vernet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    
Gao, 1975
(Extrait)

Il suffit de rien, vraiment. De rien du tout: la pauvreté d’un mur,
une silhouette, un beau visage, des pirogues sous les branches. Oui,
il suffit d’être là, au bon moment, avec son coeur et les deux yeux
ouverts. C’est le sommet d’une rencontre, un instant de grâce. Un
instant si rare.

[…]

Oui, c’est l’enfance du monde que nous recherchons. Ses premiers
balbutiements. Cet orage en mesure de provoquer un tremblement.

(Joël Vernet)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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C’était un Poète — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2020



C’était un Poète —
Cet Être
Qui extrait un sens surprenant
De Signes Ordinaires —
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte —
Qu’on s’étonne de ne pas Soi-même
L’avoir captée — d’abord —

D’Images, Révélateur —
Le Poète — Lui et nul autre —
Nous investit — par Contraste —
D’une incessante Pauvreté —

De la Partie — si inconscient —
Qu’un Vol ne le saurait léser —
Lui-même — pour Lui — Trésor —
Au Temps — étranger —

***

This was a Poet —
It is That
Distills amazing sense
From Ordinary Meanings —
And Attar so immense

From the familiar species
That perished by the Door —
We wonder it was not Ourselves
Arrested it — before —

Of Pictures, the Discloser —
The Poet — it is He —
Entitles Us — by Contrast —
To ceaseless Poverty —

Of Portion — so unconscious —
The Robbing — could not harm —
Himself — to Him — a Fortune —
Exterior — to Time —

(Emily Dickinson)

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Le Rat de ville et le Rat des champs (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration    
    
Le Rat de ville et le Rat des champs.

Le rat de ville était dans la délicatesse ;
Le rat des champs vivait dans la simplicité ;
L’un avait plus de politesse ;
L’autre était en sûreté.

Il n’est point de plaisir où la crainte se trouve ;
Riches, c’est ce qu’ici ce rat sensé vous prouve :
Liberté, vous dit-il, repos et sûreté,
Sont des biens qu’on ne voit que chez la pauvreté.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Voici mon âme (Nicole Barrière)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



Voici mon âme, son essence nue,
ses miettes d’éternité
que seuls peuvent exhaler les baisers,
avec des larmes
qui ne coulent plus

J’aime et je chéris
la pauvreté
du simple amour.

(Nicole Barrière)


Illustration: Tamara Lunginovic

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La belle France (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



    
La belle France

Sur la route du passé
Vois-tu venir la France ?
Quelle belle garce, la riguedondé
Dans ses beaux habits brodés
Couleur d’espérance !
Elle a les yeux étoilés
Quand elle marche, elle danse !
Forte en gueule, l’esprit salé
Quel air ! Quelle aisance !
Sur la route du passé
Vois-tu venir la France ?
Le coeur vif, le corps racé
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge

Dorée comme épis de blé
Dès son adolescence
A couché la riguedondé
Avec ces rois bien râblés
La belle alliance !
Ont ma foi bien travaillé
A chaque délivrance
Accouchait d’une cité
Terre de plaisance
Terre à vignes, terre à blé
Elle a grandi, la France
En remplissant vos greniers
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge et le joli bleuet

Elle a souffert, a lutté
Pour son indépendance !
A chanté la riguedondé
L’amour et la liberté
Mais désespérance !
A vu le fruit se gâter
Là, trop d’abondance
Ici, trop de pauvreté
Trop de différence
Son grand coeur
S’est révolté
Reprenant sa balance
A rêvé d’égalité
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge et le joli bleuet
Qu’à mon bouquet j’ajoute

Sur la Bastille a sauté
La Carmagnole de danse
Citoyens la riguedondé
Salut et Fraternité
Vive l’espérance !
Le soleil faisait monter
La bonne semence
Mais les gros rats empestés
Ceux de la finance
Et leurs féodalités
Oh la sinistre engeance !
Ont corrompu la cité
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge et le joli bleuet
A mon bouquet j’ajoute
Un brin de blanc muguet

Mais entendez-vous monter
Du fond du grand silence
Cet appel la riguedondé !
De tous les déshérités ?
Assez de souffrances !
Mur d’argent, obscénité
Ombre sur la France
On te refera sauter
Un jour, patience !
Liberté, Egalité
Ces grands noms qui t’offensent
Redeviendront vérité
La rigue la riguedondé

Alors au soleil d’été
On verra la France
Qu’elle est belle la riguedondé
Saluant l’Humanité
Marchant en cadence
A ses grands yeux étoilés
Le ciel se fiance
Elle est comme un beau voilier
Sur la mer qui danse
Terre de la liberté
Alors pour ta défense
Tous voteront sans hésiter
La rigue la riguedondé

(Jean Villard–Gilles)

 

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Ma vie diffuse et vaporeuse (Henry Thoreau)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Ma vie diffuse et vaporeuse devient pareille
aux feuilles et aux aiguilles de givre
qui étincellent comme des joyaux sur les herbes
et les chaumes par un matin d’hiver…
Par la simplicité communément appelée pauvreté,
ma vie se concentre et s’organise, devient cosmos
de masse amorphe qu’elle était.

(Henry Thoreau)

 

 

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Merci, Seigneur (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Merci, Seigneur, pour les jours noirs
Et les pardons non mérités,
Merci pour les blés engrangés
Et pour le pain de chaque jour ;
Merci pour les matins d’enfance,
Pour la douleur et pour l’amour,
Pour le ciel des grandes vacances,
Pour le soleil et pour les ronces,
Pour la bonne épouse au coeur tendre
Et le sage enfant bien-aimé.
Merci pour la geôle, merci
Pour la lampe au coeur de la nuit,
Pour le fiel et pour la poussière,
Pour la rosée de la prière,
Pour les chaînes de pierre ou d’or,
Pour l’eau vive et pour le bois mort ;
Merci pour le travail et pour la pauvreté
Et pour la dernière heure et pour l’oubli dernier.

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: William Blake

 

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Tu m’accables (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Tu m’accables, femme au grand dos
contre moi dans ce lit,
je me demande, les yeux clos,
pourquoi je suis ici.

J’aimais bien les vagabondages,
la poudre des chemins,
la pauvreté, les paysages,
le goût du lendemain.

Même une chambre dans Paris
fut parfois la nacelle
où j’embarquais dans le jour gris
ou dans la nuit si belle.

Ô mes chambres, j’ai descendu
tant d’escaliers béants
vers le désert des jours confus,
les recommencements!

Et maintenant je dors avec
la femme, unique chair,
vaincu peut-être, ou bien cœur sec
où va briller l’éclair?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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La solitude infinie de la pensée (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
La solitude infinie de la pensée
terrifie les espaces célestes.

Des êtres cloués à des capsules de chair
étouffent, font des signes et meurent.

Entre-temps ils démantèlent une planète
qui paraissait leur maison,
ils s’entre-tuent
et émettent des sons divers et des paroles pour tout.

Ils détiennent un acte invraisemblable
qu’ils appellent pensée.

Nul ne connaît son but.
C’est comme un miroir
inversé du monde.

Il semble seulement parfois
que cette activité fantomatique
répare l’univers,
et de sa solitude illimitée

et son éphémère pauvreté,
lui offre la compagnie abyssale
d’être tout au moins pensé.

***

La soledad infinita del pensar
aterra los espacios celestes.

Seres clavados en cápsulas de carne
se abogan, hacen señas y se mueren.

Desmantelan mientras tanto un planeta
que parecía su casa,
se matan entre ellos
y emiten diferentes sonidos y palabras para todo.

Llevan adentro un acto inverosímil
que llaman pensamiento.

Nadie conoce su objeto.
Es como un espejo
dado vuelta del mundo.

Sólo parece a veces
que ese hacer fantasmai
repara el universo
y desde su soledad ilimitada

y su pobreza efimera
le brinda la abismal compania
de ser por lo menos pensado.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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