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Posts Tagged ‘pavoiser’

MOISSON (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

MOISSON

Bleuets marguerites et coquelicots pavoisent
Sur des mers de céréales
Qui ondulent sous la houle légère
D’un vent d’été
Soudain un énorme vaisseau fend
La blonde marée
Une moissonneuse-batteuse dévore les gerbes
Et crache des flots de grain
Mais où sont les joyeuses moissons d’antan ?

(Jean-Baptiste Besnard)

Son site ici: Jean-Baptiste Besnard

Illustration: Joseph Matar

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J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Ligne Maginot

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents
car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration

 

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J’ai mal à la vie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

Mihai Criste   (10)

J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à la flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas

J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux

J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences

J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal aux creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer

à l’amour aux rives du désert
J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents

J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort

J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes,
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir

car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mihai Criste

 

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Mal à l’homme (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Gurbuz Dogan Eksioglu Turk 

Mal à l’homme

J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à ma flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas

J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux

J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences

J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal aux creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer
à l’amour aux rives du désert

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents

J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort

J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir

car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Les temps pavoisaient à coeur joie (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Illustration: Josephine Wall
    
Les temps pavoisaient à coeur joie,
Toutes fleurs crûment nues de désir
Où se sont abîmés les mâles
Ivres des sèves noires et d’oubli.
Mais les feux s’éteindront de nouveau
Nous renierons l’étendard de la joie.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les enfants (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2017



Illustration: Félix Vallotton

    
Les enfants ont hier pavoisé mon repaire
De guirlandes de rires de couleurs
La nuit a volé quelque chose
Il ne reste plus guère blanc qu'un noeud rouge qui court
Il y a aussi des voix derrière les arbres
Mais ce ne sont pas les voix des arbres
Ces sages qui regardent si paisiblement les uns par-dessus les autres

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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Reflets d’Ardoise (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



Reflets d’Ardoise

Vois, tandis que gauchit la bruine sournoise,
Les nuages pareils à des chauves-souris,
Et là-bas, gris et bleu sous les cieux bleus et gris,
Ruisseler le reflet pluvieux de l’ardoise.

O mon divin Tourment, dans tes yeux bleus et gris
S’aiguise et se ternit le reflet de l’ardoise.
Tes longs doigts, où sommeille une étrange turquoise,
Ont pour les lys fanés un geste de mépris.

La clarté du couchant prestigieux pavoise
La mer et les vaisseaux d’ailes de colibris…
Vois là-bas, gris et bleu sous les cieux bleus et gris,
Ruisseler le reflet pluvieux de l’ardoise.

Le flux et le reflux du soir déferlent, gris
Comme la mer, noyant les pierres et l’ardoise.
Sur mon chemin le Doute aux yeux pâles se croise
Avec le Souvenir, près des ifs assombris.

Jamais, nous défendant de la foule narquoise,
Un toit n’abritera nos soupirs incompris…
Vois là-bas, gris et bleu sous les cieux bleus et gris,
Ruisseler le reflet pluvieux de l’ardoise.

(Renée Vivien)

 

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JE VOUS ÉCRIS D’ICI (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



JE VOUS ÉCRIS D’ICI

Je vous écris d’ici, de ce pays profane
Où le vent va son train, où ronflent des moteurs,
Où l’oeil avec le jour pavoise, puis se fane
A l’heure où les oiseaux descendent des hauteurs.

Je vous écris d’ici, de ce pays sans larmes
Et sans éclats de rire où, nos pas dans nos pas,
Entre des ponts de fer fourbis comme des armes,
Nous marchons jusqu’au soir et nous couchons au bas.

Je vous écris d’ici, de ce pays crédule
Qui ne se lasse pas d’accoucher du printemps,
D’être son fossoyeur à chaque crépuscule,
De faire confiance à ses reins exultants.

Je vous écris d’ici, de ce pays précaire
Qu’une goutte de pluie emprisonne à loisir,
Qu’un cri fait vaciller, qu’un souffle désespère
Ou ravage de joie, et qui ne peut choisir.

Mais vous qui vous voulez, qui vous faites Icares,
Vous ne m’entendez plus si je m’attarde au bord
De ces bourgs soulevés par le poumon des gares,
De ces canaux sans hâte envahis par la mort,

De ces chantiers dressés comme autant de calvaires
Sur un ciel qui se moque et repent tour à tour,
Au bord de ces forêts qui, jadis, enfantèrent
Le chêne où fut taillée la croix de notre amour,

Si je m’obstine à vous redire l’innocence
De ce monde où les eaux, les arbres et les vents,
Et la houille des morts et le frai des vivants
Ronronnent de la même et tendre patience
Qui fait enfin jaillir un dieu de son absence.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Au temps où longuement j’avais souffert (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2016



Au temps où longuement j’avais souffert,
Où les heures m’étaient des pièges,
Tu m’apparus l’accueillante lumière
Qui luit aux fenêtres, l’hiver,
Au fond des soirs, sur de la neige.

Ta clarté d’âme hospitalière
Frôla, sans le blesser, mon cœur,
Comme une main de tranquille chaleur.

Puis vint la bonne confiance,
Et la franchise, et la tendresse, et l’alliance
Enfin de nos deux mains amies,
Un soir de claire entente et de douce accalmie.

Depuis, bien que l’été ait succédé au gel,
En nous-mêmes, et sous le ciel,
Dont les flammes éternisées
Pavoisent d’or tous les chemins de nos pensées,
Et que l’amour soit devenu la fleur immense
Naissant du fier désir
Qui sans cesse, pour mieux encor grandir,
En notre cœur se recommence
Je regarde toujours la petite lumière
Qui me fut douce, la première.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

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LA RENCONTRE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2015



 

Zakharevich Oleg Yanuarevich  838

LA RENCONTRE

Ils n’échangèrent qu’un regard
Et quelques paroles,
Mais pour retenir un coeur fol
Il est toujours trop tard.

Septembre pavoisait sournoisement
De ses loques citron le haut des peupliers;
Ils se trouvèrent mieux liés
Que par d’ardents serments.

Il avait déjà barbe grise
Mais elle entre ses cils battants
Le regardait avec surprise
Comme le chevalier Tristan.

Le soir tombait troublé de bruits épars;
Chacun reprit la route auparavant suivie;
Ils n’avaient échangé qu’un regard,
Mais ils y songèrent toute la vie.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Zakharevich Oleg Yanuarevich

 

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