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Poésie

Posts Tagged ‘pays’

Joli tambour (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2023




    
Joli tambour

Joli tambour s’en revient de la guerre
Joli tambour s’en revient de la guerre
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
S’en revient de la guerre

La fille du roi s’est mise à sa fenêtre
Dans sa main droite, elle tient une rose
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Elle tient une rose.

Fille du roi, veux-tu m’donner ta rose ?
Fille du roi, veux-tu m’donner ta rose ?
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Veux-tu m’donner ta rose ?

Joli tambour, demande-la z’à mon père
Joli tambour, demande-la z’à mon père
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Demande-la z’à mon père

Sire mon Roi, veux-tu me donner ta fille ?
Joli tambour, quelle est donc ta fortune ?
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Quelle est donc ta fortune ?

Sire mon Roi, ma caisse et mes baguettes
Sire mon Roi, ma caisse et mes baguettes
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Ma caisse et mes baguettes

Joli tambour, tu n’es pas assez riche
Joli tambour, tu n’es pas assez riche
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Tu n’es pas assez riche

J’ai bien aussi des châteaux par douzaines
J’ai trois vaisseaux dessus la mer jolie
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Dessus la mer jolie

L’un est en or, l’autre en argenterie
Le troisième, c’est pour embarquer ma mie
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Pour embarquer ma mie

Joli tambour, dis-moi quel est ton père
Joli tambour, dis-moi quel est ton père
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Dis-moi quel est ton père

Sire mon roi, c’est l’empereur Auguste
Joli tambour, je te donne ma fille
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Je te donne ma fille

Sire mon roi, je fais fi d’toi et d’ta fille
Dans mon pays, y’en a de plus jolies
Et ri et ran, ran, ran pa ta plan !
Y’en a de plus jolies
Y en a des blond’ et des brunes aussi
Ran,ran,ran pataplan!
Et des brunes aussi!

(Anonyme)

 

Recueil: Les plus belles chansons du temps passé
Traduction:
Editions: Hachette

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La Carmagnole (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2023




    
La Carmagnole

Madam’Veto avait promis
Madam’Veto avait promis
De faire égorger tout Paris
De faire égorger tout Paris
Mais son coup a manqué
Grâce à nos canonniers

Refrain
Dansons la carmagnole
Vive le son, vive le son
Dansons la carmagnole
Vive le son du canon!

Monsieur Veto avais promis
Monsieur Veto avais promis
D’être fidèle à son pays
D’être fidèle à son pays
Mais il y a manqué
Ne faisons plus quartier

Amis restons toujours unis
Amis restons toujours unis
Ne craignons pas nos ennemis
Ne craignons pas nos ennemis
S’ils viennent nous attaquer
Nous les ferons sauter.

Antoinette avait résolu
Antoinette avait résolu
De nous faire tomber sur le cul
De nous faire tomber sur le cul
Mais son coup a manqué
Elle a le nez cassé

Son mari se croyant vainqueur
Son mari se croyant vainqueur
Connaissait peu notre valeur
Connaissait peu notre valeur
Va, Louis, gros paour
Du temple dans la tour

Les Suisses avaient promis
Les Suisses avaient promis
Qu’ils feraient feu sur nos amis
Qu’ils feraient feu sur nos amis
Mais comme ils ont sauté
Comme ils ont tous dansé !

Quand Antoinette vit la tour
Quand Antoinette vit la tour
Elle voulut faire demi-tour
Elle voulut faire demi-tour
Elle avait mal au coeur
De se voir sans honneur.

Lorsque Louis vit fossoyer
Lorsque Louis vit fossoyer
A ceux qu’il voyait travailler
A ceux qu’il voyait travailler
Il disait que pour peu
Il était dans ce lieu.

Le patriote a pour amis
Le patriote a pour amis
Tout les bonnes gens du pays
Tout les bonnes gens du pays
Mais ils se soutiendront
Tous au son du canon.

L’aristocrate a pour amis
L’aristocrate a pour amis
Tous les royalistes de Paris
Tous les royalistes de Paris
Ils vous le soutiendront
Tout comme de vrais poltrons!

La gendarmerie avait promis
La gendarmerie avait promis
Qu’elle soutiendrait la patrie.
Qu’elle soutiendrait la patrie.
Mais ils n’ont pas manqué
Au son du canonnier

Oui je suis sans-culotte, moi
Oui je suis sans-culotte, moi
En dépit des amis du roi
En dépit des amis du roi
Vivent les Marseillois
Les bretons et nos lois !

Oui nous nous souviendrons toujours
Oui nous nous souviendrons toujours
Des sans-culottes des faubourgs
Des sans-culottes des faubourgs
A leur santé buvons
Vive ces francs lurons!

(Anonyme)

 

Recueil: Les plus belles chansons du temps passé
Traduction:
Editions: Hachette

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La Paimpolaise (Théodore Botrel)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2023




    
La Paimpolaise

Quittant ses genêts et sa lande
Quand le Breton se fait marin
En allant aux pêches d’Islande
Voici quel est le doux refrain
Que le pauvre gars
Fredonne tout bas
J’aime Paimpol et sa falaise
Son église et son Grand Pardon
J’aime surtout la Paimpolaise
Qui m’attend au pays breton !

Le brave Islandais, sans murmure
Jette la ligne et le harpon
Puis, dans un relent de saumure
Il se glisse dans l’entrepont
Et le pauvre gars
Fredonne tout bas
Je serais bien mieux à mon aise
Devant mon joli feu d’ajonc
À côté de la Paimpolaise
Qui m’attend au pays breton !

Mais souvent l’océan qu’il dompte
Se réveillant lâche et cruel
Et lorsque que le soir on se compte
Bien des noms manquent à l’appel
Et le pauvre gars
Soupire tout bas
Pour trotter la flotte irlandaise
Puisqu’il faut plus d’un moussaillon
J’épouserons ma petite Paimpolaise
En rentrant au pays breton !

Puis, quand la vague le désigne
L’appelant de sa grosse voix
Le brave Islandais se résigne
En faisant un signe de croix
Et le pauvre gars
Quand vient le trépas
Serrant la médaille qu’il baise
Glisse dans l’océan sans fond
En songeant à sa Paimpolaise
Qui l’attend au pays breton!

(Théodore Botrel)

 

Recueil: Les plus belles chansons du temps passé
Traduction:
Editions: Hachette

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Le Retour des rivières (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2022




    
Le Retour des rivières

Toutes les rivières se jettent dans la mer ;
pourtant la mer n’est pas pleine ;
vers l’endroit d’où viennent les rivières,
là-bas elles retournent encore.

Il pleut aujourd’hui
dans les montagnes.

C’est une pluie verte et chaude
avec de l’amour
dans ses poches
car le printemps est là,
et ne rêve pas
de mort.

Des oiseaux tombe la musique
comme des horloges tic-taquent la houle
dans un pays
où les enfants aiment les araignées,
et les laissent dormir
dans leurs cheveux.

Une pluie lente grésille sur la rivière
comme une poêlée de fleurs frites,
et avec chaque goutte de pluie
l’océan
recommence.

***

The Return of the Rivers

All the rivers run into the sea;
yet the sea is not full;
unto the place from whence the rivers come,
thither they return again.

It is raining today
in the mountains.

It is a warm green rain
with love
in its pockets
for spring is here,
and does not dream
of death.

Birds happen music
like clocks ticking heaves
in a land
where children love spiders,
and let them sleep
in their hair.

A slow rain sizzles
on the river
like a pan
full of frying flowers,
and with each drop
of rain
the ocean
begins again.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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MAINTENANT ET À L’HEURE DE NOTRE MORT (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2022



    

MAINTENANT ET À L’HEURE DE NOTRE MORT

Si facile d’aimer
Le vent
La porte ouverte
Et la lampe allumée
La même voix
La même plainte
Et les deux mains tendues où dépassent les pointes

Le bleu
La haute neige attardée sur ton front
L’églantier de tes yeux
Et tes yeux au plafond
Tout ce qui te ressemble

Il nous reste un pays sans borne
A mesurer
Des écarts de tendresse
Un pas lourd dans l’allée
Sur le bord de la nuit
La première fumée.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: René Guy Cadou Poésie la vie entière oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Seghers

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La traversée du Fongmu Ling (Gu Lin)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2022




Illustration: Shan Sa
    
La traversée du Fongmu Ling

Le doigt tendu vers la cime embrumée
Indique la haute frontière indécise, entre terre et ciel.
Voilà la montagne magnifique
Qu’aucun oiseau en son vol n’a jamais dépassée.
Qui saurait franchir ces hauts degrés de pierre ?
Nos mains s’agrippent le long des sentiers sinueux.
À chaque pas gagné, l’abîme grandit devant mes yeux terrifiés
Et la brume généreuse empoisse mes vêtements alourdis.
Je m’empourpre des derniers traits du soleil qui meurt,
Tandis qu’à mesure, c’est la vallée qui s’enténèbre.
Mon pays natal me rappelle alors et détourne vers lui mon regard.
Je vois les flots hardis du grand fleuve ;
Je sens le souffle vif des confins du monde.
Comment rester debout quand tout vous porte à être à genoux.

(Gu Lin)

(1476-1545)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Au loin disparu (Su Wu)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Au loin disparu

Le cygne déploie ses ailes agiles et laisse le vent le porter au loin.
Un air vif le rappelle au souci et il tourne la tête, incertain.
Un cheval livre ses pas lourds à la steppe désertée — les siens sont partis.
Son coeur s’enlise dans des pensées interdites comme ses sabots dans la glaise meuble.
Le destin s’abat sans pitié sur deux dragons que leurs ailes opposent.
Il reste pourtant les chants qui savent révéler les amours secrets.
À l’ami qui s’en va, je joins les mots du ruisseau où coulent mes larmes.
L’écho des tambours exalte les vertus mâles et déchire les coeurs des compagnons vaincus.
La solitude des vers alimente le brasier du souvenir
Et plombe mon âme mon âme brisée dans l’horizon des peines.
J’aimerais pouvoir entonner encore les airs de l’enfance,
Ton pays est loin désormais — il t’ignore jusqu’au trépas.
Le mal me dévisage et il pleut sur les joues des filets d’amertume.
Les cygnes volent leur vie entière deux à deux
Mais pour nous, hommes, qui ne pouvons nous envoler ensemble
Il n’y a que routes mornes aux destins séparés.

(Su Wu)

(140-60)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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EXIL (Christoph Janacs)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2022



Stefan Zweig
    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Albanian, Arabic, Bangla, Bosnian, Catalan, Chinese, Farsi, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish, Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil

Stefan Zweig, Kapuzinerberg, Salzburg, Clemensfranz

Poetry without borders
Ithaca 748 “EXILE” Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)

from „der Rede wert “, Edition kelper, Graz 2018

– All Translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

EXIL

pour Stefan Zweig

Etre un pèlerin du monde
a toujours été ton désir,
mais non être un expatrié.

pourtant tu le devins,
l’avais deviné dès l’origine :
comme écrivain

on perd son pays ;
ce qui reste, n’est que
sa propre langue

et la conscience
de partir un jour,
pour disparaître.

(Christoph Janacs)

, Österreich (Linz 1955)
Traduction Elisabeth Gerlache

***

EXILE

for Stefan Zweig

A world traveller,
you always wanted to be
but not an emigrant.

That you became one,
you suspected from the beginning:
As a writer,

you become homeless;
what you have left is nothing but
your own language

and consciousness,
to leave one day,
to disappear.

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)
Translation Germain Droogenbroodt-Stanley Barkan

***

EXILIO

para Stefan Zweig

Un viajero del mundo
siempre quisiste ser,
mas no un emigrante

que acabarías siéndolo,
lo sospechaste desde el principio:
como escritor

uno ya no tiene país,
lo que queda no es más que
el propio idioma

y la conciencia
de partir un día,
para desaparecer.

Christoph Janacs, Austria (Linz 1955)
Traducción: Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

EXIL

voor Stefan Zweig

Wereldreiziger
wou je altijd zijn,
maar geen emigrant.

dat je het werd,
vermoedde je vanaf het begin:
als een schrijver

wordt men landloos;
wat je rest, is niets anders dan
de eigen taal

en het bewustzijn,
op een dag te vertrekken,
om te verdwijnen.

Christoph Janacs, Oostenrijk (Linz 1955)
Vertaling: Germain Droogenbroodt

***

MËRGIMI

për Stefan Cvajgun

Një udhëtar në botë
dëshiroje të ishe gjithmonë
por jo një emigrant.

që u bëre i tillë,
e dyshoje qysh në fillim:
si shkrimtar.

u bëre i pastrehë;
ajo që le s’është gjë tjetër veçse
gjuha jote

dhe vetëdija,
për t’u larguar një ditë,
për t’u zhdukur përgjithnjë.

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)
Translated into Albanian by Irma Kurti

***

مَنْفَى

لأجل ستيفان زويغ

لَطَالَمَا أَردْتَ أَن تَكُونَ
مُسَافِرًا عَبرَ العَالَم
وَليسَ كَمُهَاجِرٍ
لِتُصْبِحَ وَاحِدًا
يُشتَبه بِه مُنْذُ البِدَايَة
كَالكَاتِبِ
أَصْبَحْتَ يَائِسًا
لَمْ يَتَبَقَّى لَك سِوَى
لُغَتُكَ الأمُ
وَوعْيِكَ لِلمُغَادَرةِ فِي يَوْمٍ مِنَ الأيام
و لِت خْتَ فِ يْ

كريستوفر جاناكس (Christoph Janacs)، النمسا (لينز 1955)
ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Translation into Arab: Mesaoud Abdelkader

***

িনবাসন

ফান জইুগ এর জন

একজন িব মণকাির
হত চয়ছ তিম সবসময় িক হত চাও িন
একজন অিভবাসী ।

তিম য এখন হয়ছ একজন অিভবাসী,
তিম থম থকই করিছল
সহ:
একজন লখক প ।

তিম এক গহৃ হীন;
যা আছ তামার অবিশ
তা তামার িনজর ভাষা

এবং আচতনা,
আছ ছড় যাওয়ার জন একিদন,
অদশৃ হওয়ার জন িচরতর।

ফ জানাকস, ওরইচ
(লনজ ১৯৫৫)
Translation into Bangla: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

EXILE

za Stefana Zweiga

Svjetski putnik
oduvek si želeo da budeš
ali ne i emigrant.

da si postao jedan,
sumnjao si od pocetka:
kao pisac.

jedan ti beskućnik;
ono što ti preostaje nije ništa drugo nego
svoj jezik

i svijest,
otići jednog dana,
da nestane.

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955.)
Prevjod na bosanski: Maid Čorbić

***

EXILI

Per al Stefan Zweig

Un viatger del món
sempre vas voler ser,
més no l’emigrant

que acabaries sent,
ho vas sospitar des del principi:
com a escriptor

hom ja no té país,
el que queda no és res més que
el propi idioma

i la consciència
de partir un dia,
per desaparèixer.

Christoph Janacs, Àustria (Linz 1955)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

放 逐

给斯特凡·茨威格

你一直想成为
一位世界旅行者
而不是移民。

你变成了一个,
从一开始你就怀疑的:
当一名作家。

一个人变得无家可归;
你所剩下的只有
你自己的语言

和你的意识,
有一天离开,
消失。

原作:奧地利 克里斯托夫·贾纳科斯(林茨,1955年)
英译:比利时-西班牙 杰曼·卓根布鲁特
汉译:中 国 周道模 2022-10-8
Translation into Chinese: Willam Zhou

***

تبعید

یک مسافر جهان
همیشه می‌خواستی باشی
نه یک مهاجر.
تو از همان ابتدا مشکوک بودی:
به عنوان یک نویسنده.
وقتی بی‌خانمان شدی؛
تنها چیزی که برایت می‌ماند
زبانت است
و وجدانت،
تا روزی بروی،
تا ناپدید شوی.

کریستوفر جاناش، اوستریخ ( لینز، ۱۹۹۵)
ترجمه از سپیده زمانی
Translation into Farsi: Sepideh Zamani

***

EXIL

für Stefan Zweig

Ein Weltreisender
wolltest du schon immer sein,
nur kein Emigrant.

daβ du es wurdest,
ahntest du vom Beginn:
als ein Schreibender

wird man heimatlos;
was einem bleibt, ist nichts als
die eigne Sprache

und das Bewuβtsein,
eines Tages aufzubrechen,
um zu verschwinden.

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)
Übersetzung: Germain Droogenbroodt und Wolfgang Klinck

***

ΕΞΟΡΙΑ

Του κόσμου ταξιδιώτης
πάντα σου ήθελες να `γίνεις
κι όχι ο εμιγκρές

Που έγινες
απ’ την αρχή το υποπτευόσουν:
Σαν συγγραφέας

δίχως σπίτι που έμεινες
μόνο η γλώσσα σου `μεινε
και η συνείδηση σου

μια μέρα για να φύγεις
να εξαφανιστείς

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek: Manolis Aligizakis

***

גלות / כריסטוף יאנאש, אוסטריה (נ’ לינץ 1955)
CHRISTOPH JANACS
לסטפן צוויג

תָּמִיד רָצִיתָ
לָנְסֹעַ בָּעוֹלָם
אֲבָל לֹא כִּמְהַגֵּר.

שֶׁתַּהֲפֹךְ לְכָזֶה,
נִחַשְׁתָּ מִלְּכַתְּחִלָּה:
כְּסוֹפֵר.

אִם אָדָם הוֹפֵךְ לַחֲסַר בַּיִת;
לֹא נוֹתָר לוֹ דָּבָר
אֶלָּא שְׂפָתוֹ שֶׁלּוֹ

וְהַמּוּדָעוּת,
שֶׁיּוֹם אֶחָד יַעֲזֹב,
יֵעָלֵם.

תרגום מגרמנית לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הפסל של סטפן צוויג
Translation into Hebrew: Dorit Weisman

***

निर्वासन

स्टीफन ज़्विग के लिए

एक विश्व यात्री
आप हमेशा बनना चाहते थे
लेकिन प्रवासी नहीं।
कि तुम एक हो गए,
आपको शुरू से ही शक था:
एक लेखक के रूप में।
एक कि तुम बेघर हो;
तुमने जो छोड़ा है वह और कुछ नहीं है
आपकी अपनी भाषा
और चेतना,
एक दिन जाने के लिए,
गायब होने के लिए।

क्रिस्टोफ़ जानक्स, ओस्टररेइच (लिंज़ 1955)
ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद l
Translation into Hindi: Jyotirmaya Thakur.

***

ÚTLEGÐ

til Stefans Zweig

Þig langaði alltaf
að ferðast um heiminn
en ekki að flytja úr landi.

þig grunaði alltaf
að svo mundi fara:
sem rithöfundur.

heimilislaus;
þú skildir ekkert eftir
nema tungumál þitt

og vitund
um að fara einn daginn burt,
hverfa.

Christoph Janacs, Austurríki (Linz 1955)
Þór Stefánsson þýddi eftir enskri þýðingu Germains Droogenbroodt
Translation into Icelandic: Thor Stefansson

***

EKSIL

untuk Stefan Zweig

Seorang pengelana dunia
yang selalu kau ingin menjadi
tapi bukan imigran.

yang kau adalah salah satunya,
kau curiga dari awal:
sebagai penulis.

sekali kau menjadi tuna-wisma;
apa yang kau tinggalkan bukan apa-apa
bahasamu sendiri

dan kesadaran,
untuk pergi suatu hari,
untuk menghilang.

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)
Translation: Lily Siti Multatuliana (Indonesia)

***

IMIRCEACH

do Stefan Zweig

Níor mhian leat a bheith
i d’imirceach,
ach i do thaistealaí.

Ach rinneadh imirceach díot
sa deireadh
in éadan do thola.

Duine gan stát;
gan tada fágtha agat
ach do theanga féin.

Do choinsias glan,
do do leanúint
mar scáth i do dhiaidh.

Christoph Janacs, An Ostair (Linz 1955)
Aistriúchán le Rua Breathnach
Translation into Irish (Gaelic): Rua Breathnach

***

ESILIO

per Stefan Zweig

Hai sempre voluto essere
uno che viaggia per il mondo
ma non un emigrato.

Cos’eri tu,
lo sospettavi fin dall’inizio:
come uno scrittore.

Uno senza fissa dimora;
ciò che resta non è altro che
la propria lingua

e la consapevolezza,
di andarsene un giorno,
per scomparire.

Christoph Janacs, Austria (Linz 1955)
Traduzione di Luca Benassi

***

亡命

〜ステファン・ツバイクのために

世界の旅人に
あなたはいつもなりたかった
移住者ではなく

そうなってからも
最初からすべてを疑った
ライターとして

あなたはホームレスになった
残したものは
自分の言葉と
良心だけ

それらもある日
消え去っていった

クリストフ・ジャナクす(オーストラリア・リンツ)
Translation into Japanese: Manabu Kitawaki

***

UHAMISHO

Kwa Stefan Zweig

Msafiri wa ulimwengu ambaye ulitaka kuwa, lakini sio mhamiaji.
kwamba ulikuwa mmoja ulishuku tangu mwanzo: kama mwandishi.
mtu asiye na makazi;
ulichoacha si kingine, ila ni lugha yako
na fahamu, kuondoka siku moja, kutoweka.

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)
Watafsiri na Bob Mwangi Kihara.
Translation into Kiswahili: Bob Mwangi Kihara

***

TARAWGE

Bona Stefan Zweig

Te tim dixwast bibî
geştiyarekî cîhanî,
lê ne koçber.

ku tu bûyî çi,
te di destpêkê de zanî:
çawa nivîskar.

mera ji welêt bê par dibe;
lê çi ji yekî re dimîne
her zimanê xweyî ye

û hişyarî
rojekê wê bê şikandin,
ta hindabibe.

Christoph Janacs, (Linz 1955), Nemsa
Translation into Kurdish: Hussein Habasch

***

WYGNANIE

Stefanowi Zweigowi

Podróżnikiem dookoła świata
zawsze być chciałeś,
lecz nie emigrantem.

że się takim stałeś,
podejrzewałeś od początku:
jako człowiek piszący.

Jeśli się stajesz kimś bez ojczyzny
to nie pozostaje nic więcej
jak własny język

i świadomość
że się pewnego dnia odejdzie
zniknie.

Christoph Janacs, Austria (Linz 1955)
Translation to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

EXÍLIO

para Stefan Zweig

Um viajante do mundo
sempre quiseste ser,
mas não um migrante

que acabarias por ser,
suspeitaste-o desde o início:
como escritor

um já não tem país,
o que resta não é mais que
a própria língua

e a consciência
de partir um dia,
para desaparecer.

Christoph Janacs, Austria (Linz 1955)
Tradução: Carlos Ramos

***

EXIL

lui Stefan Zweig

Mereu ai vrut să fii
prin lume călător,
nicidecum emigrant

de la bun început
ai intuit cumva
că, scriitor fiind,

vei fi un apatrid;
nu mai ai altceva
decât limba natală

și încredințarea că
ai să pornești cândva
la drum, ca să dispari.

Christoph Janacs, Austria (Linz 1955)
Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ИЗГНАНИЕ

Стефану Цвейгу

Путешественником
будешь всегда,
не эмигрантом.

Что так будет,
ты знал с начала:
писатель

теряет родные корни;
а что останется после – только
твой собственный язык

и осознание –
в один момент уезжаешь,
чтобы исчезнуть.

Christoph Janacs, Австрия (Линц 1955)
Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian: Daria Mishueva

***

IZGNANSTVO

Za Stefana Cvajga

Hteo si uvek da budeš
svetski putnik
ali ne i iseljenik.

slutio si
da si postao upravo to
kao pisac, od samog početka.

usamljen beskućnik;
ostavi samo tvoj jezik

i saznanje
da ćeš otići jednog dana,
nestati.

Christoph Janacs, Austrija (Linz 1955)
Sa engleskog prevela S. Piksiades

***

ESILIU

Viaggiaturi di lu munnu
avissi vulutu essiri,
ma non un emigranti,
ca lu divintasti,
lu suspittavi dû principiu.

Comu scritturi
diventi senza patria;
chiddu ca ti rimani
autru non è
ca la to lingua

e la cuscenza
ca un jornu
ti nn’hai a ghiri
e scumpariri.

CHRISTOPH JANACS, Österreich (Linz 1955)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

நாடு கடத்தப் பட்டவர் .

for Stefan Zweig

ஒரு உலகப்பயணி
எப்பொழுதுமே இருக்க விரும்பினீர்
நாடு விட்டுக் குடி பெயர்ந்து செல்பவராக இல்லை!

நீர் ஒருவரானீர்
எழுத்தாளராக
துவக்கத்திலிருந்தே சந்தேகப்பட்டீர்.

வீடு இல்லாதவராக ஆனீர்
உங்களுடைய மொழியையும்
உணர்வுகளையும்
மறைவதர்க்காக!

Christoph Janacs, Österreich (Linz 1955)
Translation into Tamil: DR. N V Subbaraman

Recueil: ITHACA 748
Editions: POINT
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Mon ombre (Pierre Reboul)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
mon ombre encore sur terre
moi
au pays des ombres

(Pierre Reboul)

Recueil: Un désir de haïku
Traduction:
Editions: Le Prunier Sully

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Des hauts pays de froidure (Albertine Sarrazin)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2022



Illustration
    
Des hauts pays de froidure
Je frissonne bien souvent

Du vent qui traîne dément
Sa souffrance crue et pure

De ses défunts monuments
Mi-larmier mi-ossature

Seule rêverie sûre
Se laisser infiniment

Dans la glissante verdure
Pacotille d’océan

Au baiser douce gerçure
Que d’être amoureusement

(Albertine Sarrazin)

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