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Posts Tagged ‘paysage’

On sort le cercueil (Hashi Kanseki)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



On sort le cercueil –
un pont se pose
dans le paysage

(Hashi Kanseki)

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Le ciel horizontal (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Le ciel
horizontal

Un oiseau sur le fil invisible
du rêve

Tout est trop loin de soi.

Paysage en éclats, arches
démises du présent

– blessures

J’effacerai du jour jusqu’à ma voix

(Claude Esteban)

 

 

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Conte d’amour V (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Conte d’amour V

Bientôt viendra la neige au blanc manteau d’hermine ;
Dans les parcs défeuillés, sous le ciel morne et gris,
Sur leurs socles, parmi les boulingrins flétris,
Les priapes frileux feront bien triste mine.

Alors, ma toute belle, assis au coin du feu,
Aux rouges flamboiements des bûches crépitantes,
Nous reverrons, au fond des visions latentes,
Le paysage vert, le paysage bleu,

Le paysage vert et rose et jaune et mauve
Où murmure l’eau claire en les fouillis des joncs,
Où se dresse au-dessus des fourrés sauvageons
Le cône menaçant de la montagne chauve.

Nous reverrons les boeufs, les grands boeufs blancs et roux,
Traînant des chariots sous l’ardeur tropicale,
Et sur le pont très vieux la très vieille bancale
Et le jeune crétin au ricanement doux.

Ainsi nous revivrons nos extases éteintes
Et nous ranimerons nos bonheurs saccagés
Et nous ressentirons nos baisers échangés
Dans les campagnes d’or et d’émeraude teintes.

Hélas ! N’écoutant pas la voix des sorts moqueurs
Et laissant mon esprit s’enivrer de chimères,
Je ne veux pas penser que les ondes amères
Vont se mettre bientôt au travers de nos coeurs.

(Jean Moréas)

 

 

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Erre tu rencontreras Toutes les femmes que tu voudras (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Erre tu rencontreras
Toutes les femmes que tu voudras

La passante interdite et charnue dans le soleil
Dans les neiges des prairies creuse un bain de son
Où les miroirs volants viennent boire
Il faut voir s’ouvrir aussitôt
Les lèvres mouillées du printemps
Multitude candide

Les semelles du jour les toits sont négligeables
On les compte pour de l’ombre pour des tombes stériles
Mon paysage féminin a d’autres nids
Tremblants de rires enflammés et de délices douloureuses
D’autres fenêtres où le vent
Agite la chaleur rectangulaire dans ses draps frais
Mon paysage féminin a tous les charmes
Puisqu’il est notre paysage
Ses yeux ce sont nos yeux
Ses seins ce sont nos seins
Soigneusement dressés à se confondre
Un bas plus haut que l’autre nuage c’est le nôtre
Ta nudité lumière me dénude
Il n’y a pas un doigt de mon corps loin de toi
Je ne peux pas abattre la nature entière

Une palme convenue
Se débat sous les pieds de la passante involontaire
Pendant que le moulin des fruits piétine la fleur sa servante.

*

Puis le fruit défloré
Une femme qui se retourne lasse et lente
Nuit après nuit dans tous mes rêves
La vie imposée par la nuit
Une femme qui prend sa source dans mon sommeil
Mon vœu d’aimer
Mon désir de ne pas changer

Elle est le poids perdu des ailes
L’étoile qui ne s’efface qu’au point mort de la flèche.

(Paul Eluard)

Illustration: Jacques Dormont

 

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lMPRESSIONS ÉTRANGES D’UN PETIT PAYSAGE (Saisei Murô)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018


 


Vincent Van Gogh   Abricotiers en fleurs mars 1888

 

lMPRESSIONS ÉTRANGES D’UN PETIT PAYSAGE
SHÓKEI IJÔ

1.
Ces menus poissons blancs sont tristes
Et vraiment leurs prunelles noires
Leurs prunelles sont délicates!
Déjeunant dehors
Indifférence
Et mélancolie
Pourquoi écouterais-je les oiseaux? Ils ne cessent de chanter.

2.
Pays natal : au loin, on y pense
Triste, on te chante
Et même si dans la misère
Il faut être mendiant en terre étrangère
Il n’y a pas de retour!
Seul dans le soir de la ville
J’aurai des larmes pour mon pays natal
Et c’est ainsi
Que j’irai dans cette ville lointaine
Que j’irai dans cette capitale

3.
J’ai perdu ma montre en argent
Et j’ai perdu mon coeur
Sous le pont il y a si peu d’eau dans la rivière
Sur le pont je m’appuie et je pleure

4.
Du fond de mon âme
Pousse une verdure
Il n’y a rien, et pourtant
Montent les larmes du repentir
Creusant doucement la terre
Montent les larmes du repentir

5.
Quel désir écrira ma chanson?
En un instant s’ouvrent les pruniers
Je me plonge dans leur fraîcheur
Calme et campagne
Aujourd’hui maman m’aura grondé encore
Je suis venu sous les pruniers

6.
Abricotiers!
Sortez vos fleurs
Oh, terre, mets-toi vite à briller!
Abricotiers! Fleurissez!
Abricotiers! Flamboyez!
Ah, Abricotiers! Sortez vos fleurs!

Abricotiers! Flamboyez!
Ah, Abricotiers, fleurissez!

(Saisei Murô)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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CHANT DE LA LOINTAINE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



CHANT DE LA LOINTAINE

… Je serai, dans ton coeur, l’été sans fin des îles
Du Sud, un paysage vierge où tes accords
Connaîtront la beauté de se sentir dociles
Au rythme élyséen des lignes de mon corps ;

Je serai le sanglot de la bonne fontaine
Où toute soif d’amour boit les couleurs du soir,
Et tu t’étonneras de trouver la Lointaine
A la première étape, en ton chemin d’espoir!

Je serai ta Forêt, tes Nuages, ta Plaine,
Tout ce qui sourira de te revoir si grand,
Car la mort des printemps fit douce mon haleine,
Dernier effort de brise en un jardin dormant ;

Je quitterai pour toi le vitrail du soleil
Et tu me trouveras assise sur ta couche
La rose du silence au coin de cette bouche
Et dans ces mains de miel la coupe du sommeil.

A ton recueillement je serai solitude,
A ton labeur, silence ; et je t’enseignerai
A façonner tes vers selon les attitudes
Des cygnes riverains, anges des cieux sombrés.

Je serai l’heure franche où tintent les matines,
L’odeur de l’ombre et de la terre quand il pleut,
La voix des moissonneurs derrière les collines,
Toute la joie immense en pleurs de l’été bleu ;

Et je serai la nuit! ma robe est la poussière
Des noctuelles d’or sous la lune moirée ; —
Le battement muet et lent de mes paupières
Est un essaim dormant de mirtils des forêts.

Pour plaire à tes bonheurs, j’apparaîtrai sereine
Comme un nuage heureux suspendu dans l’éther,
Mais parfois triste aussi, pour séduire tes peines,
Comme un adieu d’enfant à de candides mers.

Avec un peu d’eau vive et de vent et de sable
Je saurai recréer tes visions d’enfant ;
Avec quelques brins d’herbe une forêt de fable
Pour y bercer ton coeur orphelin du vieux temps.

Je sais des lieux dormants, mystérieux, semblables
Aux paysages purs qui rêvent dans le coeur.
Un charme ténébreux, tendre, indéfinissable
Y chuchote mon nom dans les arbres pleureurs.

Je me couvrirai d’un manteau de somnolence
Semé de fleurs comme une nuit de la Saint-Jean,
Et la mousse, l’écho, la lune, le silence
Reconnaîtront en moi la soeur du confident.

Heureux de pouvoir comparer ta Foi nouvelle
A l’aloès qu’enfante un siècle de torpeurs,
Tu t’agenouilleras, et ma chair sera belle
De la couleur de l’ombre et de la mort des fleurs!

Puis, trouvant à ma bouche un goût de fruit sauvage
Tu béniras ma vie et tu me souriras
Comme un enfant rêveur sourit á son mirage
Dans une eau calme, à l’heure où le soleil est bas.

Tu dénoueras, dans le midi, ma chevelure
Où se débattront des papillons aveuglés,
Et tu diras :« Voici l’été ; la terre est mûre ;
La moire des vents lourds se couche sur Ies blés ;

La vapeur d’or d’un grand sommeil doucement flotte
Sur la plaine ; le jour défaille de douceur ;
Je ris, et l’on dirait que mon rire sanglote
Dans la mélancolie immense du bonheur.

Confidente de l’ombre et des saules bruissants,
J’ai peur de tes chansons qui s’achèvent en thrènes
Je sens souffrir ma vie au profond de tes veines,
Ton cher reflet sommeille au secret de mon sang.»

Et tu diras encor : « J’aime ta bouche agreste,
Les sources de ton rire et le goût de ton coeur.
Vois! le ciel semble avoir pâli de notre inceste ;
Ton nom d’amante est beau ; dis-moi ton nom de soeur. »

— Je rirai doucement de te voir pris au piège
De ma tendresse et de mon charme, et je dirai :
« L’amour est pur comme un parfum de perce-neige
Au mois du renouveau, dans l’antique forêt.

L’amour, cher ciel bleu-gris fait d’âmes apaisées,
Voix du pardon nocturne au jardin repentant
Où l’insomnie heureuse enfante les rosées,
L’amour, tout ce qu’on pleure et tout ce qu’on attend! »

— Comme elle sonne loin, dans les feuilles trop mûres,
L’automnale chanson prometteuse d’étés!
J’ai vu s’éteindre, au jardin fou des chevelures,
Les juillets de mon âme aux midis exaltés.

Je ne me souviens plus au coin de quelle route
Ma vie a déposé le fardeau de l’espoir ;
Et j’ai tout vu mourir, la foi comme le doute,
La tristesse du jour comme l’ennui du soir.

Je me suis embarqué, sur le fleuve des âmes,
Pour le royaume des orgueils découronnés,
Et mon indifférence abandonne les rames
A l’onde léthéenne où je me reconnais ;

Et mon coeur est la cloche où s’exaspère et clame
Sous le batail géant un sinistre péan,
Et le néant de tout se couche sur mon âme
Comme sur les noyés le poids de l’océan.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

 

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Paysages (Émile Henriot)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Paysages

J’aime les frais matins peuplés de tourterelles,
Les ciels purs et lavés comme des aquarelles,
L’azur, tout ce qui chante et tout ce qui sourit,
L’humble lilas qui s’ouvre et doucement fleurit,
L’oiseau comme un désir posé de branche en branche,
Et, dans un jardin clair, avec sa robe blanche,
Une rose au corsage ainsi qu’un cœur de feu,
Légère, et douce à voir, quelque enfant à l’œil bleu
Qui rêve, et longuement presse contre sa bouche
Une autre rose rouge et dont l’odeur la touche.

(Émile Henriot)

 

 

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Septembre attaché au figuier (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marina Katsaros
    
Septembre attaché au figuier
On tournait le dos à l’été ramasseur de noix vides
Siffleur de jeunes abeilles
Les derniers feux de la saint-jean enfumaient les lampes insomniaques
Les encriers

Suspendus à la ceinture du père
On courait moins vite que le paysage
Le chemin risquait d’arriver sans nous à la maison
se lover dans nos lits
renverser l’écuelle du chat
manger les graines jaunes du canari

Mais le père se disait plus long que le chemin
Plus fort que le train
Des épaules de loup au long cours
Des bras hauts comme des madriers
Le père trayait la forêt le fleuve entre chien et crépuscule
fendait d’un coup de hache le froid récalcitrant

Une forge dans sa poitrine le père abritait le feu

Seule l’odeur blanche de la neige le calmait
Ses coulées sur nos murs avaient la douceur du ventre de l’alouette
La compassion des pierres du cimetière

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Poème sur « Enfances »
Traduction:
Editions: Printemps des poètes 2012

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Retouche à demain (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Retouche à demain

jamais contre ni pour
dans sa fenêtre sans apprêts
le paysage garde au frais
l’or la cendre et l’amour

(Daniel Boulanger)


Illustration: Sylvain Chopard

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SONGE (Rémy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



SONGE

Je voudrais t’emporter dans un monde nouveau
Parmi d’autres maisons et d’autres paysages
Et là, baisant tes mains, contemplant ton visage,
T’enseigner un amour délicieux et nouveau,

Un amour de silence, d’art et de paix profonde :
Notre vie serait lente et pleine de pensées,
Puis, par hasard, nos mains un instant rapprochées
Inclineraient nos cœurs aux caresses profondes.

Et les jours passeraient, aussi beaux que des songes
Dans la demi-clarté d’une soirée d’automne,
Et nous dirions tout bas, car le bonheur étonne :
Les jours d’amour sont doux quand la vie est un songe.

(Rémy de Gourmont)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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