Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pêche’

Le Sonneur (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Le Sonneur

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
A l’air pur et profond du matin
Et passe sur l’enfant qui jette pour lui plaire
Un angélus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l’oiseau qu’il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N’entend descendre à lui qu’un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas! de la nuit désireuse,
J’ai beau tirer le câble à sonner l’Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d’avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour punir les hommes (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



Illustration: Hashiguchi Goyō

    

Pour punir les hommes
De leurs trop nombreux péchés
M’ont été donnés
Cette blancheur de la peau
Et ces si longs cheveux noirs

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PÉCHÉ MORTEL (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



PÉCHÉ MORTEL

Cette après-midi lourde épouse mon attente,
Sa rumeur est le bruit d’un amour contenu,
Mais la marche du temps, désespérément lente,
Se précipitera lorsque nous serons nus.

Un siècle, j’attendrais la seconde où nos corps
Insulteront le ciel de leurs soifs confondues.
Si j’épuise une vie à guetter ta venue,
L’espace d’un baiser me donnera la mort.

(François Mauriac)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

FRUCTIDOR (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



Illustration: Jean-Gabriel Domergue
    
FRUCTIDOR

Velouté de pêche… sur un teint d’abricot…
Un charme rayonnant jusque dans ses prunelles !
La cerise rougit comme un coquelicot
Devant cette nature à la fraîcheur d’airelles.

Ses cheveux flamboyants, aux tons de mirabelle
Possèdent un toucher pareil au lait d’amande
Ses bras prêts à l’envol, telle une tourterelle
Ont la fragilité des raisins qui se fendent.

Dans la douceur du soir d’un automne annoncé
Elle promène ainsi sa beauté printanière
Offrant au monde entier comme une panacée
Sa jeunesse éclatante… et pourtant éphémère.

Au jardin d’Hespérides , elle était une fée
Sylphide vaporeuse… éclat de volupté…
Par le chant d’un zéphyr, joliment décoiffée
Cueillant les pommes d’or de l’Immortalité ! …

(Jacqueline Commard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 9 Comments »

SOIR COMPLICE… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



Soir complice, soir triste où rôde le péché
— Ta fumée immobile au ras des toits penchés
Est là, comme un désir fiévreux que rien n’apaise.
Je suis l’enfant que trouble une pensée mauvaise
Dans l’éparse douceur d’énervants crépuscules
— Celui que j’ai connu, déchiré de scrupules,
Et qui fermait les yeux et secouait la tête…
Mais il sent mieux hélas! Que ta douceur persiste,
O chaud baiser du soir sur mon âme inquiète!
Et rêvant d’un amour qui le laisserait triste,
Et goûtant la langueur morte du paysage
— Il attend de brûlantes mains sur son visage…

(François Mauriac)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’AMI MORTEL (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



L’AMI MORTEL
A Bernard Milleret.

Chaque matin son pas m’éveille
Dans cette poitrine de plomb
Où le soleil, grand fauve blond,
Se fait attendre et m’émerveille.

Tout le jour, son pas traîne long
Dans les couloirs. Je tends l’oreille :
Qui de nous deux l’autre surveille
Ou le désire ? — c’est selon…

Mais vainement à le surprendre
Je m’efforce : il a dû m’entendre :
Rien qu’une fleur sur le plancher…

Rien qu’une fleur au coeur de suie
Qui me parle de mon péché !
— Puis le soir ramène la pluie…

(Jean Rousselot)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chacun a un nom (Zelda)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Chacun a un nom
que lui a donné Dieu
et que lui ont donné son père et sa mère
chacun a un nom
que lui ont donné sa taille et sa manière de sourire
que lui a donné son tissu
chacun a un nom
que lui ont donné les montagnes
et que lui ont donné ses murs
chacun a un nom
que lui ont donné les signes du zodiaque
et que lui ont donné ses voisins
chacun a un nom
que lui ont donné ses péchés
et que lui ont donné ses désirs
chacun a un nom
que lui ont donné ses ennemis
et que lui a donné son amour
chacun a un nom
que lui ont donné ses fêtes
et que lui a donné sa profession
chacun a un nom
que lui ont donné les saisons
et que lui a donné sa cécité
que lui a donné la mer
et que lui a donné
la mort.

(Zelda)


Illustration: Aviva Beigel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Haie claire des cils (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



haie claire des cils
tant ta douceur
vers le miroir

gorge de labour riche
aux longs déplacements musqués
de la lenteur

tes pêches appétits
soudain pétrels
plongeants

la peau
serrures des mains
qui s’écartent comblées

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’autre jour (Adamis Jamyn)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Peter Alexander Hay the-eve-of-st-agnes

L’autre jour que mon œil regardait d’aventure
Le vôtre, et mon esprit volait à l’environ,
De vos almes regards je devins un larron,
Dont j’ai vécu depuis, heureuse nourriture.

Vos regards sont faillis, et l’âme qui endure,
Mourante sans appâts, pleine d’affliction,
Me contraint retourner, et sans discrétion
En dérober encor pour ma douce pâture.

Je sais bien que je suis sacrilège et malin
De mortel dérober le bien qui est divin,
D’un semblable larcin fut puni Prométhée,

Ainsi contre un rocher il pleura son péché,
Et moi, pour me nourrir d’une œillade empruntée,
Contre un roc de rigueur je languis attaché.

(Adamis Jamyn)

Illustration: Peter Alexander Hay

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nulle reine (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019


monet

Nulle reine
mais la terrasse hospitalière
de ta joue
violente comme une pêche à l’aube
reçoit le soleil d’orange

(Tahar Bekri)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :