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Posts Tagged ‘pêcheur’

Le pêcheur de la falaise de la Tortue (Suyǒn)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2022




    
Le pêcheur de la falaise de la Tortue

Près du torrent, il est une pierre en forme de tortue,
Assis sur son dos, pêchant à la ligne, d’où vient ce vieillard ?
Sans qu’il le voie sa canne de bambou descend au fil de l’eau,
Il convoite des yeux les azalées rouges des deux berges.

***

(Suyǒn)

 

 

Recueil: Ivresse de brumes, griserie de nuages
Traduction: Ok-sung / Anne Baron / Jean-François Baron
Editions: Gallimard

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LE PECHEUR SUR LE FLEUVE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
LE PECHEUR SUR LE FLEUVE
— Fan Zhongyan

Sur le fleuve on va comme on veuille,
épris de perches délicieuses.
Le bateau pêcheur comme une feuille
brave les vagues périlleuses.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Sur l’air Yugezi (Zhange Zhibe)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022



Illustration: He Zhihong
    
Sur l’air Yugezi

Un vol d’aigrettes passe devant le mont Xisai.

Les fleurs de pêcher s’épanouissent, et dans l’eau,
les dragonnets sont resplendissants.

Avec son chapeau bleu de bambou tressé,
et son manteau vert en écorce de palmier,

le pêcheur heureux dans le vent et la pluie,
en oublie de rentrer.

(Zhange Zhibe)

Recueil: Poèmes de Chine de l’époque dynastique des Tang
Traduction: Guillaume Olive & He Zhihong
Editions: Seuil

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Errance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022



Errance

Sans cesse je vais
Sous des ciels mouillés
Sur des eaux où flottent
Voyages et rêves

Je vais où fleurit
La rose des vents
Sur la mer où voguent
Les pêcheurs de lunes.

(Jean-Baptiste Besnard)

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TROP DE MORTS ET DE MAL (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



TROP DE MORTS ET DE MAL

C’est un parc aux pigeons
Et vous le croyez doux
Pensez donc!

C’est la grille d’enfer
Pour votre serviteur
songez-y!

Le parc ne lui fait peur
Mais quelques souvenirs
A haïr

Ainsi sommes-nous
Des deux côtés de cette grille
De belle herbe fraîche
Et d’arbres aérés

Vous dites que c’est doux
Que n’y suis-je!
Tandis que j’y frémis
Ah ! Dieu oui !
Car moi je ne m’en tire
Que rompu et roussi

Trop de morts et de mal
Et une nuit trop longue
Pour trop de cruauté
Et nos coeurs trop longtemps serrés
Et presque sans souffler
Trop de notre vie passé dans la terreur et dans la guerre

Jusqu’à nous avoir changés de nature
Et accablés de notre péché la fatigue
Comment décharger nos mémoires
Et les laver des fours et des gibets et de l’outrage ?

Comment revivre ?
Comment des graines dans la cendre
Dans notre âme mortelle nourrie de sable
Trop longtemps bue par le désert ?
Comment revivre ?
Comment des branches vertes
Dans le charbon des arbres calcinés ?
Il faudrait un printemps plus fort
Pour nous reprendre tout à fait
I1 faudrait nous refaire
Au lieu de ces ravines de ces fentes
Dont nous sommes en nous
Tout blanchis et ouverts

Désarmée
Attardée
En tendresse
En détresse
O ma soeur profonde
Que je te reconnais
Nous portons même cendre
Dans un pauvre sachet
Nous avons même soif
Humble et très en peine
De rejaillir et de trembler
De toutes ces fleurs du soleil
Où nos yeux ont recommencé

Vent de la vie au crin puissant
Viens attaquer
Pour en tirer
Les accents et les cris d’une pleine musique
Ces deux violons penchés
Bons pêcheurs ces filets
Allez les replonger
Dans les eaux ruisselantes

(Pierre Morhange)

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ÉLOGE DU LOINTAIN (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2022




    
ÉLOGE DU LOINTAIN

Dans la source de tes yeux
vivent les nasses des pêcheurs de la mer délirante.
Dans la source de tes yeux la mer tient sa parole.

J’y jette,
coeur qui a séjourné chez des humains,
les vêtements que je portais et l’éclat d’un serment :

Plus noir au fond du noir, je suis plus nu.
Je ne suis, qu’une fois renégat, fidèle.
Je suis toi, quand je suis moi.

Dans la source de tes yeux
je dérive et rêve de pillage.

Une nasse a capturé dans ses mailles une nasse :
nous nous séparons enlacés.

Dans la source de tes yeux
un pendu étrangle la corde.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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Le pêcheur au soleil (Lise Deharme)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2021




Le pêcheur au soleil

La ligne d’or
danse sur l’eau
de chaque rayon
sort un oiseau.

Pêcheur qui dort
abasourdi
croit que le lac
est plein de nids.

(Lise Deharme)

Illustration

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AUX POÈTES (Bernard Dadié)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2021



Illustration: Pierre Paul Marchini
    
AUX POÈTES

pêcheurs d’aurores
briseurs de chaînes
dans la nuit,
Moissonneurs d’étoiles
Vieux paladins,
courant le monde,

Ma terre geint de tous les murmures
Mon ciel gronde de tous les cris étouffés

J’ai mal aux angles
Dans ma cage
Dans mon silence d’acier
d’orage.

Pêcheurs d’aurores
Moissonneurs d’étoiles
Faites-le Jour autour de moi,
Le jour autour des miens.

(Bernard Dadié)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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MANGO (Adrien Jens)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



Illustration

    
MANGO

Je m’appelle Mango et le soir tombe sur la lagune d’Ébrié.
Il n’y a que le bruit de ma pagaie dans l’eau à peine mouvante.
Et mon frère, derrière moi, qui essaie de me rejoindre,
Déjà confondu dans la mer des ombres, et détaché de ma solitude.

Je suis Mango, le pêcheur de carpes et je vais vers ma femme,
Vers mes enfants,
Vers ma paillote. Qui m’attendent.

Quelle est mon attente ?
Les jours sont pareils, pareilles sont les nuits, pareils les visages de ma vie.

Quelle est mon attente ?
L’obscurité déjà m’enveloppe, et je ne suis plus qu’une silhouette,
Sur la lagune d’Ébrié,
Sous le ciel encore mauve avant de s’éteindre dans mon coeur au sang noir.

Je n’étais plus Mango, tantôt, au milieu de la lagune d’Ébrié,
Mais l’air humide et lourd qui couvrait mon corps nu ;
Mais l’eau qui me portait ;
J’étais tout et l’infini de mes paysages,
J’étais la forêt et la savane.

Je n’étais plus Mango, mais le chant qui sourd au fond de moi,
Âme de toutes les âmes,
Respiration secrète du fromager et du feu flamboyant.

J’étais terre et eau, et la sève de l’arbre enraciné dans la vérité de ma nature.

Maintenant, je m’approche de la rive obscure,
Et je retournerai parmi vous, mes amis :
Vous me demanderez qui je suis ?

Je serai le matin où je vous ai quittés et la nuit de mon retour.
Je serai le lieu entre deux pôles et vêtu d’univers,
Ma voix montera des origines avec le murmure des sources.

J’ai peu du poids que je porte en moi :
C’est le poids de ma vérité et le poids du monde.

Je suis Mango, le pêcheur de la lagune d’Ébrié, et vous ne me reconnaîtrez pas.

(Adrien Jens)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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L’eider (Henrik Ibsen)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2020



Illustration 
    
L’eider

L’eider habite la Norvège ;
c’est là qu’il réside au bord du fjord bleu de plomb.

Il arrache de son sein le moelleux duvet, et bâtit son nid chaud et tiède.
Mais le pêcheur du fjord avec son pic d’acier trempé s’en vient dépouiller le nid jusqu’au dernier flocon.

Si le pêcheur est cruel, l’oiseau a la chaleur ; de nouveau il se dénude le sein.
Et qu’on le pille encore, il revêt tout de même de nouveau son nid dans un recoin bien caché.

Mais que l’on ravisse son troisième, son dernier trésor, il déploie ses ailes par une nuit de printemps.
Il fend la brume, poitrine ensanglantée ; vers le sud, vers le sud pour une côte ensoleillée !

(Henrik Ibsen)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Régis Boyer
Editions: Les Belles Lettres

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