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Poésie

Posts Tagged ‘peigne’

Retouche à la brune (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019



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Retouche à la brune

du soir aux longs cheveux que démêle ta nacre
lumière à peigne courbe
la servante s’éloigne emportant le miroir
le monde bouge à peine
l’enfant regarde
le ciel où tête en bas voguent les devinettes

(Daniel Boulanger)

 

 

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L’ÉCHELLE D’AMOUR (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



L’ÉCHELLE D’AMOUR
Sérénade.

Sur le balcon où tu te penches
Je veux monter … efforts perdus !
Il est trop haut, et tes mains blanches
N’atteignent pas mes bras tendus.

Pour déjouer ta duègne avare,
Jette un collier, un ruban d’or;
Ou des cordes de ta guitare
Tresse une échelle, … ou bien encor ..

Ote tes fleurs, défais ton peigne,
Penche sur moi tes cheveux longs,
Torrent de jais dont le flot baigne
Ta jambe ronde et tes talons.

Aidé par cette échelle étrange,
Légèrement je gravirai,
Et jusqu’au ciel, sans être un ange,
Dans les parfums je monterai.

(Théophile Gautier)

 

 

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L’éternité des graminées (Sylvie Schenk)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



 

L’éternité des graminées

Avez-vous vu toutes ces graminées qui poussent
La toison mal peignée du monde
Toutes ces graminées baptisées
Qui ont planté leurs pieds d’araignées dans la terre meuble
Et qui catapultent leurs graines au-dessus des océans et des volcans
Voltigeuses incognito de l’instant et de l’éternité
Avez-vous vu les graminées monter et le vent les courber
Et vos pieds d’homme sans racines glisser sur les graminées
Et vos corps délétères enfoncés dans le noir de leurs germinations

(Sylvie Schenk)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Un froid soudain (Buson)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018



Un froid soudain,
Dans notre chambre, sous mon pied,
le peigne de ma femme disparue.

(Buson)


Illustration

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[IL SEMBLE QU’UN NAVIRE…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



[IL SEMBLE QU’UN NAVIRE…]

Il semble qu’un navire autre que tous les autres
devra, l’heure venue, se montrer sur la mer.
Il n’est pas en acier. Ses pavillons
ne sont pas orangés :
nul ne sait d’où il vient
ni à quelle heure on le verra :
mais tout est prêt
et il n’est de plus beau salon dressé
pour ce fugace événement.
L’écume est déployée
comme un luxueux tapis
tout d’étoiles tissé,
et plus loin c’est le bleu,
le vert, le mouvement ultra-marin,
l’attente générale.
Et les rochers, ouverts,
lavés, nets, éternels,
ont été disposés
sur le sable comme un cordon
de châteaux, un cordon de tours.
Tout
est prêt,
on a invité le silence,
et les hommes eux-mêmes, toujours distraits,
espèrent bien ne point perdre cette présence :
ils se sont habillés comme pour un dimanche,
ils ont fait briller leurs souliers,
ils ont passé le peigne en leurs cheveux.
Ils ont vieilli, ils ont vieilli,
et le bateau n’arrive toujours pas.

(Pablo Neruda)

Illustration: Vladimir Kush

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Tu glisses en souriant (Anonyme)(maître Meng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Illustration: Edgar Degas
    
Tu glisses en souriant
Un peigne dans tes cheveux:
De l’ordre
Surgit le désordre.

(Anonyme)(maître Meng)

 

Recueil: Le livre des vingt et un poèmes
Traduction:
Editions: William Blake

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L’ABSENCE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
L’ABSENCE

Elle est sortie, elle est loin, mais je la vois
car tout est plein d’elle dans cette chambre,
tout lui appartient, et moi comme le reste.

Ce lit encore tiède, où je laisse errer ma bouche, est foulé à la mesure de son corps.
Dans ce coussin tendre a dormi sa petite tête enveloppée de cheveux.

Ce bassin est celui où elle s’est lavée; ce peigne a pénétré les noeuds de sa chevelure emmêlée.
Ces pantoufles prirent ses pieds nus. Ces poches de gaze continrent ses seins.

Mais ce que je n’ose toucher du doigt, c’est ce miroir où elle a vu ses meurtrissures toutes chaudes,
et où subsiste peut-être encore le reflet de ses lèvres mouillées.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Та solitude (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
Та solitude
a une chouette
pour amie

Та solitude
a une gitane
pour sosie

Son châle est un nuage
Son peigne l’enjeu d’un pari
impossible

Та solitude
a combien de cris
pour couteau

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’idée fixe (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

L’idée fixe

Je t’apporte une petite algue qui se mêlait à l’écume de la mer et ce peigne
Mais tes cheveux sont mieux nattés que les nuages avec le vent avec les
rougeurs célestes et tels avec des frémissements de vie et de
sanglots que se tordant parfois entre mes mains ils meurent avec les
flots et les récifs du rivage en telle abondance qu’il faudra longtemps
pour désespérer des parfums et de leur fuite avec le soir où ce
peigne marque sans bouger les étoiles ensevelies dans leur rapide et
soyeux cours traversé par mes doigts sollicitant encore à leur racine
la caresse humide d’une mer plus dangereuse que celle où cette
algue fut recueillie avec la mousse dispersée d’une tempête.
Une étoile qui meurt est pareille à tes lèvres.
Elles bleuissent comme le vin répandu sur la nappe.
Un instant passe avec la profondeur d’une mine.
L’anthracite se plaint sourdement et tombe en flocons sur la ville
Qu’il fait froid dans l’impasse où je t’ai connue.
Un numéro oublié sur une maison en ruines
Le numéro 4 je crois.
Je te retrouverai avant quelques jours près de ce pot de reine-marguerite
Les mines ronflent sourdement
Les toits sont couverts d’anthracite.
Ce peigne dans tes cheveux semblables à la fin du monde
La fumée le vieil oiseau et le geai
Là sont finies les roses et les émeraudes
Les pierres précieuses et les fleurs
La terre s’effrite et s’étoile avec le bruit d’un fer à repasser sur la nacre
Mais tes cheveux si bien nattés ont la forme d’une main.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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Le Moine en mal d’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018




Illustration  de l’auteur
    
Le Moine en mal d’amour

Je me suis rasé le crâne
J’ai revêtu une robe
Je dors dans un coin de cabane
à deux mille mètres d’altitude en montagne
C’est lugubre ici
La seule chose dont je peux me passer
c’est un peigne

***

The lovesick monk

I shaved my head
I put on robes
I sleep in the corner of a cabin
sixty-five hundred feet up a mountain
It’s dismal here
The only thing I don’t need
is a comb

(Leonard Cohen)

 

Recueil: Le livre du désir
Traduction: Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Editions: Cherche Midi

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