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Poésie

Posts Tagged ‘peindre’

Le piano (Varlam Chalamov)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2022




    
Le piano

Les rayures du piano sont bien visibles
Sur un sol peint en jaune :
Sans doute, on a ouvert les portes,
On a poussé le piano dans un coin.

Et ses pieds ont laissé leurs griffures,
À l’évidence, il s’est trouvé à bout de force
Dans sa lutte mal venue avec ses hôtes,
Une fois passé le seuil.

Et le voici tiré ailleurs,
Installé quelque part contre un mur.
Le piano est une arme silencieuse,
D’un silence fabuleux.

C’est alors que tout conduit à son pouvoir,
Tous attendent une manière de miracle
– Là où se trouve un piano
Est installé l’esprit de la musique.

(Varlam Chalamov)

 

Recueil: Cahiers de La Kolyma
Traduction: du russe par Christian Mouze
Editions: Maurice Nadeau

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A la Santé (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2022




Illustration: Vincent Van Gogh
    
A la Santé

I

Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu

Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Adieu Adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles

II

Non je ne me sens plus là
Moi-même
Je suis le quinze de la
Onzième

Le soleil filtre à travers
Les vitres
Ses rayons font sur mes vers
Les pitres

Et dansent sur le papier
J’écoute
Quelqu’un qui frappe du pied
La voûte

III

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène

Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine
Avec le clefs qu’il fait tinter
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à coté
On y fait couler la fontaine

IV

Que je m’ennuie entre ces murs tout nus
Et peint de couleurs pâles
Une mouche sur le papier à pas menus
Parcourt mes lignes inégales

Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur
Toi qui me l’as donnée
Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
Le bruit de ma chaise enchainée

Et tour ces pauvres coeurs battant dans la prison
L’Amour qui m’accompagne
Prends en pitié surtout ma débile raison
Et ce désespoir qui la gagne

V

Que lentement passent les heures
Comme passe un enterrement

Tu pleureras l’heure ou tu pleures
Qui passera trop vitement
Comme passent toutes les heures

VI

J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison

Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison

(Guillaume Apollinaire)

Recueil: La Liberté en poésie
Traduction:
Editions: Folio junior

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Leur angoisse discrète (Peter Bakowski)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022




Illustration
    
Leur angoisse discrète

Dans les bars
les salles de billard
les bas-fonds
je vois des hommes
sans amour depuis si longtemps.

Pour continuer à vivre,
certains d’entre eux
ont du fermer leur coeur,
s’endurcir,
étriquer leur façon de voir et de penser.
Ils disent « Les hommes sont comme ci, les femmes sont comme ça… »
Des équations qui les aident
à marcher
jusqu’à l’épicier du coin.

Ils ont peint la cascade en noir, massacré le tigre,
enterré les photos cornées de l’horizon.
Ils habitent des garçonnières,
où ils écoutent
assis
les remous de la circulation,
les querelles des pigeons sur le toit.
En regardant
le jour devenir nuit,
les étoiles grandir dans le ciel.
Ils s’allongent
dans le noir
en attendant
la clémence du sommeil.

(Peter Bakowski)
Le coeur à trois heures du matin

Recueil: L’insurrection poétique Manifeste pour vivre ici
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Comme un vieux Chinois… (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2022




Comme un vieux Chinois qui peint avec art
Une libellule, un jonc qui s’incline
Vers le double éclat d’un beau nénuphar,
Est-ce toi, crapaud, dont le chant dessine

Sous la lune bleue un monde moins froid?
Un souffle invisible attendrit l’espace.
Les monts embrumés allègent le poids
Qui comprime encor la claire surface.

(Pierre Menanteau)

Illustration

 

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Rire de papillon (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2022




    
Rire de papillon

Au milieu de notre assiette de porridge
Se trouvait peint un papillon bleu,
Chaque matin nous cherchions à être le premier à l’atteindre.
Alors Grand-mère disait: « Ne mangez pas le pauvre papillon ».
Cela nous faisait rire.
Elle nous le disait toujours et toujours nous nous mettions à rire.
Cela semblait une si petite et douce plaisanterie.
J’étais certaine qu’un beau matin
Le papillon s’envolerait des assiettes,
Riant du rire le plus ténu du monde,
Et se percherait sur les genoux de Grand-mère.

***

Butterfly Laughter

In the middle of our porridge plates
There was a blue butterfly painted
And each morning we tried who should reach the butterfly first.
Then the Grandmother said: `Do not eat the poor butterfly. »
That made us laugh.
Always she said it and always it started us laughing.
It seemed such a sweet little joke.
I was certain that one fine morning
The butterfly would fly out of the plates,
Laughing the teeniest laugh in the world,
And perch on the Grandmother’s lap.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Ils font la guerre, ils font la fête (Jean L’Anselme)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



 

Ils font la guerre, ils font la fête,
ils se libèrent et lavent leurs chaînes avec le sang.
Les autres se taisent ou bien ils hurlent.
Le conte dit :
sur la montagne, à mi-hauteur, le sage peint.

(Jean L’Anselme)

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SIRÈNES (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2022



Illustration: Victor-Louis Mottez
    
SIRÈNES

Avec des rires sourds et de grondants sanglots,
Les filles de la mer se battent ou s’étreignent,
Et leurs cheveux luisants que dans l’ombre elles peignent
Traînent, fourrure sombre, au pied des noirs îlots.

L’anguille voyageuse et les vifs cachalots,
L’ourson couleur de neige à leur côté se baignent;
Et les feux de leurs yeux s’allument et s’éteignent,
Fanal de naufrageur qui tremble sous les flots

Leurs corps d’ambre et de lait ont la forme des vagues;
Les regrets, les terreurs, l’espoir, les désirs vagues,
Se condensent la nuit dans le brouillard amer.

Et, bercés mollement sur la gorge où tout sombre,
Les morts, coulés à pic, vont savourer dans l’ombre
Tout l’amour contenu dans la mort et la mer.

(Marguerite Yourcenar)

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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FEU (Manolis)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2022




    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Arabic, Bangla, Catalan, Chinese, Farsi, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil

Poem of the Week Ithaca 708 “FIRE”,
MANOLIS, Greece, 1947

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

FEU

Le feu prendra sa revanche
après le dessèchement de la terre
il deviendra un tigre dompté, mis en cage
pour faire flamber une masure à moitié délabrée
une bougie isolée
pour cuire du pain dans une poêle en métal
placée sur deux pierres
le premier four extérieur réemployé
vêtement d’amour imprégné de sueur
pendu au fil à sécher le linge

Le feu prendra sa revanche
après le dessèchement de la terre
pour devenir le sauveur,
un vieux saint mythologique,
peint sur des icônes
un roc immobile, conservé comme statue
dans l’infinité du temps.

(Manolis)

GRÈCE (1947)
Traductión Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

FIRE

Fire will take its revenge
after scorching the earth
it will become a tamed, caged tiger
to light the half-fallen hovel,
a lonely candle,
to bake bread in the iron pan
placed over two stones
the first reused exterior oven
love cloths moistened by sweat
drying up on cloths-line
Fire will take its revenge
after scorching the earth
to become the savior
an ancient mythological saint
depicted in icons
a static rock standing, as a statue
preserved in the endlessness of time.

MANOLIS, GREECE (1947)

***

FUEGO

El fuego se vengará
después de abrasar la tierra,
convertido en un tigre enjaulado
para iluminar la casucha derruida,
una vela solitaria,
para cocer el pan en un molde metálico
colocado sobre dos piedras,
el primer horno exterior reutilizado
entre paños de amor humedecidos por el sudor
secándose en el tendedero

El fuego se vengará
después de abrasar la tierra
para convertirse en el salvador,
un antiguo santo mitológico
representado en iconos,
una roca quieta en pie, como una estatua
preservada en la infinitud del tiempo.

MANOLIS, GRECIA (1947)
Traducción Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

VUUR

Het vuur zal wraak nemen,
na het verschroeien van de aarde
zal het een getemde, gekooide tijger worden
om het half vervallen krot aan te steken,
een eenzame kaars,
om brood te bakken in een metalen pan
geplaatst op twee stenen
de eerste herbruikte buitenoven
door zweet doordrenkte liefdeskledij
die op de wasdraad te drogen hangt

Het vuur zal wraak nemen
na het verschroeien van de aarde
om de redder te worden,
een oude mythologische heilige,
afgebeeld in iconen
een statische rots, als standbeeld bewaard
in de eindeloosheid van de tijd.

Manolis, Griekenland (1947)
Vertaling Germain Droogenbroodt

***

حريق

ستنتقم النار بعد جفاف الأرض
ستصبح نمرًا مروضًا،
محبوسًا لإشعال النار في كوخ مخرو.
شمعة معزولة
لخبز الخبز في مقلاة معدنية موضوعة على حجرين
أول فرن خارجي يعاد استخدامه
لباس حب مبلل بالعرق
معلق على حبل تجفيف الملابس
ستنتقم النار بعد جفاف الأرض
…. لتصبح المنقذ ،
قديسًا أسطوريًا قديمًا ….
يرسم صخرة ثابتة على أيقونات
محفوظة كتمثال في ما لا نهاية من الزمن

مانوليس، اليونان (1947)
ترجمة للعربية : عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***
অগ্নি

অগ্নি নিবে তার
প্রতিশোধ
পৃথিবীকে দুঃসহ তাপে বিদীর্ণ করার
পর
এটি পরিণত হবে একটি
আয়ত্তাধীন, খাঁচার বাঘ
আলোকিত করতে অধঃ-পতিত
গর্ত,
একটি একাকী মোমবাতি,
লোহার তাওয়াতে রুটি
সেকার জন্য
বসানো হয়েছে দুটি পাথরের
উপর
প্রথম পুনর্ব্যবহৃত
বাহ্যিক তাওয়া
ভালোবাসে ঘামে
সিক্ত কাপড়গুলি কে
শুকিয়ে যায় জামা কাপড় শুকাতে দেওয়ার
দড়িতে

অগ্নি নিবে তার
প্রতিশোধ
পৃথিবীকে দুঃসহ তাপে বিদীর্ণ করার
পর
ত্রাণকর্তা রূপে আবির্ভূত হওয়ার জন্য
একজন প্রাচীন
পৌরাণিক সাধু
বর্ণিত হয়েছেন অঙ্কিত প্রতিমূর্তি গুলিতে
একটি স্থির পাথর
দাঁড়িয়ে আছে, ভাস্কর্য রূপে
সংরক্ষিত হয়ে আছে
সময়ের সীমা হীনতায়।

মানোলিস, গ্রীস (১৯৪৭)
লেখক এবং জার্মেইন ড্রুজেনব্রুডট দ্বারা অনুবাদ
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

FOC

El foc es venjarà
després de cremar la terra
es convertirà en un tigre domesticat i engabiat
per encendre la barraca mig caiguda,
una espelma solitària,
per coure pa a la paella de ferro
col·locada sobre dues pedres
el primer forn exterior reutilitzat
roba estimada humitejada per la suor
assecant-se a la línia de draps

El foc es venjarà
després de cremar la terra
per convertir-se en el salvador
un sant mitològic antic
representat en icones
una roca estàtica dempeus, com una estàtua
conservada en la infinitud del temps.

MANOLIS, GRÈCIA (1947)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

火在烧焦大地之后
它将报仇雪恨
将变成一只驯服的、笼里的老虎
变成一支孤独的蜡烛
照亮那间半塌的茅屋,
变成首个可重复用的外烤炉
在放在两块石头上
的铁锅里烘烤面包
变成汗湿的爱的衣服
正在晾衣绳上晾干

火在烧焦大地之后
它将报仇雪恨
将变成救世主
变成一位神像描绘的古代
神话中的圣人
变成矗立静止的岩石,如雕像
保存在时间的永恒里。

原 作:希 腊 马诺利斯(1947年)
英 译:作者和杰曼·卓根布鲁特
汉 译:中 国 周道模 2021-11-27
Translated into Chinese by Willam Zhou

***

آتش

آتش انتقامش را می‌گیرد
پی از سوزاندن زمین
تبدیل به ببری رام شده در قفس خواهد شد
برای روشن کردن نیمه‌ی چاله‌ی تاریک
یک شمع تنها،
برای پختن نان در تابه‌ی آهنی
گذاشته شده روی دو سنگ
اولین اجاق قابل مصرف دوباره
لباس‌هایی که از عرق عشق‌بازی مرطوبند
روی بند رخت خشک می‌شوند

آتش انتقامش را می‌گیرد
پس از سوزاندن زمین
تا نجات دهنده‌یی شود
چون قدیسی اساطیری باستانی
نشان داده شده در نماد
یک سنگ ثابت ایستاده به عنوان مجسمه
حفظ شده در بی‌پایان زمان
مانولیس، یونان

١٩٤٧
ترجمه: سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepedih Zamani

***

FEUER

Das Feuer wird sich rächen
nachdem es die Erde verbrannt hat
es wird ein gezähmter, gefangener Tiger werden
es wird eine verfallene Hütte entzünden,
eine einsame Kerze,
es wird Brot in einer Metallpfanne backen
auf zwei Steine gestellt
der wiedergebrauchte erste Außenofen
mit Schweiß befeuchteten Tüchern
trocknend am Waschdraht

Das Feuer wird sich rächen
nachdem es die Erde verbrannt hat
es wird der Retter sein
ein uralter mythologischer Heiliger
abgebildet auf Ikonen
ein unbewegter Felsen wie eine Statue
bewahrt in der Unendlichkeit der Zeit.

MANOLIS, GRIECHENLAND (1947)
Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

FΦΛΟΓΑ

Η φλόγα θα πάρει την εκδίκηση της
κι αφού κατακάψει τη γη
θα γίνει ήμερη, σε κλουβί τίγρη
να φωτίσει το μισογκρεμισμένο χαμώϊ,
καντήλι ορφανό,
που θα ψήσει ψωμί στο τηγάνι
πάνω σε δυο πέτρες
πρωτόγονος, υπαίθριος φούρνος
του έρωτα ρούχα νωπά
απ’ τον ιδρώτα στεγνώνουν στο σχοινί

η φλόγα θα πάρει την εκδίκηση της
κι αφού κατακάψει τη γη
σωτήρας για να γίνει
πανάρχαιος μυθολογικός άγιος
ζωγραφισμένος σε εικόνα
στατικός βράχος ορθός, άγαλμα
να παραμείνει στον αιώνα

MANOLIS, Greece

***

אש / מנוליס
Manolis, Greece (1947)

הָאֵשׁ תִּנְקֹם אֶת נִקְמָתָהּ
אַחֲרֵי שֶׁתַּחְרֹךְ אֶת הָאֲדָמָה
הִיא תַּהֲפֹךְ לְנָמֵר מְאֻלָּף, כָּלוּא בִּכְלוּב
לְהָאִיר אֶת הַסְּכָכָה הַנְפוּלָה-לְמֶחֱצָה,
נֵר בּוֹדֵד,
לֶאֱפוֹת לֶחֶם בְּמַחֲבַת בַּרְזֶל
מֻנַּחַת עַל שְׁתֵּי אֲבָנִים
הַתַּנּוּר הַחִיצוֹנִי הָרִאשׁוֹן בְּשִׁמּוּשׁ חוֹזֵר
בִּגְדֵי אַהֲבָה לַחִים מִזֵּעָה
מִתְיַבְּשִׁים עַל חֶבֶל כְּבִיסָה

הָאֵשׁ תִּנְקֹם אֶת נִקְמָתָהּ
אַחֲרֵי שֶׁתַּחְרֹךְ אֶת הָאֲדָמָה
הִיא תַּהֲפֹךְ לְמוֹשִׁיעַ
לְקָדוֹשׁ מִיתוֹלוֹגִי קָדוּם
מְתֹאָר בְּצַלְמִיּוֹת
סֶלַע יַצִּיב עוֹמֵד, כְּפֶסֶל
שָׁמוּר בְּאֵינְסוֹפִיּוֹת הַזְּמַן.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

आग

आग ले लेगी अपना बदला
धरती को झुलसाने के बाद
यह एक पालतू, पिंजरे में बंद बाघ बन जाएगा
आधे गिरे फावड़े को रोशन करने के लिए,
एक अकेली मोमबत्ती,
लोहे की कड़ाही में रोटी सेंकने के लिए
दो पत्थरों पर रखा
पहला पुन: उपयोग किया गया बाहरी ओवन
पसीने से भीगे प्यार के कपड़े
कपड़े की लाइन पर सूख रहा है l
आग ले लेगी अपना बदला
धरती को झुलसाने के बाद
उद्धारकर्ता बनने के लिए
एक प्राचीन पौराणिक संत
चिह्नों में दर्शाया गया है
एक स्थिर चट्टान खड़ी है, एक मूर्ति के रूप में
अनंत काल में संरक्षित।

मानोलिस, ग्रीस (1947)
Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

ELDUR

Eldurinn mun hefna sín
eftir að brenna jörðina
verður hann gæfur tígur í búri
og lýsir upp hálfhrunið hreysi,
einmana kerti
og bakar brauð í járnformi
yfir hlóðum
fyrsta endurnýtta útiofninum
svitablaut ástarföt
til þerris uppi á snúru

Eldurinn mun hefna sín
eftir að brenna jörðina
verður hann frelsari
forn ævintýradýrlingur
sem er lýst í helgimyndum
stífur klettur eins og myndastytta
varðveittur endalausan tíma.

MANOLIS, Grikklandi (1947)
Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu höfundar & Germains Droogenbroodt
Translated into Icelandic by Thor Stefansson

***

API

Api akan membalas dendam
setelah membakar bumi
akan menjadi harimau jinak yang terkurung
untuk menyalakan gubuk yang doyong,
lilin yang kesepian,
untuk memanggang roti di wajan besi
ditempatkan di atas dua batu
yang pertama didaur bagian luar tanur
kain cinta yang dibasahi oleh peluh
mengering di jemuran

Api akan membalas dendam
setelah membakar bumi
menjadi penyelamat
santo mitologi kuno
digambarkan dalam ikon
batu statis yang tegak, seperti patung
diawetkan dalam keabadian waktu.

MANOLIS, Greece (1947)
Translated into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

TINE

Bainfidh an tine díoltas amach,
loiscfidh sí an talamh,
déanfaidh sí tíogar fíochmhar di féin.
Soilseoidh sí na botháin bheaga ainnise,
Ina coinneal aonair.
Bácálfaidh sí an t-arán ar an ngrideall
Triomóidh sí na héadaigh ar an líne
Atá báite le hallas.

Bainfidh an tine díoltas amach
Loiscfidh sí an talamh,
Déanfaidh sí slánaitheoir di féin,
Naomh ársa drithleach,
Iocón sa chúinne,
Carraig stuama nach féidir a chorraí.
Seasfaidh sí linn go síoraí.
MANOLIS, An Ghréig (1947)
Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

FUOCO

Il fuoco avrà la sua vendetta
dopo aver bruciato la terra
diventerà un tigre in gabbia, addomesticata
per illuminare un baracca mezza diroccata,
una candela solitaria,
per cuocere il pane su una padella di metallo
appoggiata su due pietre
il primo forno da esterno usato di nuovo
vestiti d’amore zuppi di sudore
si asciugano sul filo dei panni

Il fuoco avrà la sua vendetta
dopo aver bruciato la terra
per diventare il salvatore
di un antico santo mitologico
dipinto in icone
un pietra ferma, in piedi, come una statua
conservata nell’infinità del tempo.

MANOLIS, Greece (1947)
Traduzione dell’autore – Germain Droogenbroodt – Luca Benassi

***

火は大地を焼き焦がした後に
復讐をする
飼い慣らされた檻の虎となり
半分崩れ落ちたあばら家を照らす
一本のろうそくは
ふたつの石の上におかれた
鉄のフライパンでパンを焼き
はじめて使われる天火は
物干しの上の
汗で愛で濡れた衣服を乾かす

火は大地を焼き焦がした後
復讐をする
救世主となるために
イコンに描かれた
古代の神話の聖人
動かない岩は彫像となって立ち
永遠の時間の中に保たれる

マノリス(ギリシア,1947)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

MOTO

Moto utalipiza kisasi,
baada ya kuunguza ardhi,
utakuwa simbamarara aliyefugwa,
kuwasha makao duni iliyoanguka nusu,
mshumaa wa upweke,
kuoka mkate katika sufuria ya chuma,
kuwekwa juu ya mawe mawili,
tanuri ya kwanza ya nje iliyotumika tena,
vitambaa vya mapenzi vilivyolowa maji kwa jasho
kukauka kwenye waya ya kuanika nguo.

Moto utalipiza kisasi,
baada ya kuunguza ardhi,
ukuwe mwokozi mtakatifu wa kale wa ngano
aliyeonyeshwa kwa
ishara,
mwamba mtulivu uliosimama, kama sanamu
kuhifadhiwa katika wakati usio na mwisho.

MANOLIS, GREECE (1947)
Mtafsiri: Bob Mwangi Kihara
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

AGIR

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
wê bibê pilingekî girtî, lîwankirî
wê bibê gomeke kavilbûyî, şewitandî,
erê, findeke tenyayî,
wê nan di tewkeke kanî de li ser
du kuçikan bê birajtin
li ser agirdanka yekê li derva
desmalkên terbûyî
bi xwîhdanê bêne ziyakirin

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
rizgarkar wê bê
ewê pîroz ji mejvemeya kevnar
li ser îkonan hatiye neqişkirin
ew peykerê li ser zinêr
wê berdewamiya demê biparêze.

MANOLIS, 1947, Yonanistan
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

ОГАН

Огнот ќе ни се одмазди
откако ќе ја пеплоса земјата
ќе стане скротен тигар затворен во кафез
за да ја запали полураспаднатата колипка,
осамената свеќа,
за да испече леб во железната тава
поставена на два камења
првата повторно употребена надворешна печка
љубовна ткаенина натопена од пот
се суши на жицата за алишта

Огнот ќе ни се одмазди
откако ќе ја пеплоса земјата
за да стане спасител
стар митолошки светец
прикажан на иконите
неподвижна карпа што стои како статуа
зачувана во бескрајноста на времето.

Манолис, Грција (1947)
Manolis, Greece (1947)
Превод од англиски на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska

***

AGIR

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
wê bibê pilingekî girtî, lîwankirî
wê bibê gomeke kavilbûyî, şewitandî,
erê, findeke tenyayî,
wê nan di tewkeke kanî de li ser
du kuçikan bê birajtin
li ser agirdanka yekê li derva
desmalkên terbûyî
bi xwîhdanê bêne ziyakirin

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
rizgarkar wê bê
ewê pîroz ji mejvemeya kevnar
li ser îkonan hatiye neqişkirin
ew peykerê li ser zinêr
wê berdewamiya demê biparêze.

MANOLIS, 1947, Yonanistan
Malayan translation by Dr. Irwan Abu Bakar

***

OGIEŃ

Ogień weźmie odwet,
kiedy wypali ziemię
zamieni się w poskromionego tygrysa w klatce,
by rozjaśnić na pół upadłą ruderę
świecą-sierotką,
wypiecze chleb w żelaznej formie
ustawionej na dwóch kamieniach
w tak prymitywnym piecu pod gołym niebem,
a tkanina miłości, przesiąkła potem
będzie schła na sznurze.

Ogień weźmie odwet,
kiedy wypali ziemię
by stać się wybawcą,
pradawnym legendarnym świętym
ukazanym na ikonach
stojącą bez ruchu skałą stromą jak posąg
zachowany w nieskończoności czasu.

MANOLIS, Grecja- Kanada (1947)
przekład na polski: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień
Translated to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

O FOGO

O fogo vingar-se-á
depois de queimar a terra
transformar-se-á num tigre amansado, enjaulado
para iluminar o casebre semi-destruído,
uma vela solitária
para cozer pão na panela de ferro
colocada sobre duas pedras,
o primeiro forno exterior usado de novo
roupas do amor humedecidas pelo suor
secando nos fios do estendal

O fogo vingar-se-á
depois de queimar a terra
para se tornar o Salvador,
um santo, um mito antigo
representado em ícones,
uma rosa estática levantada, como uma estátua
preservada na infinitude do tempo.

MANOLIS, Grécia (1947)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

FOC

Focul se va răzbuna
pârjolind pământul,
mai apoi, dresat, tigrul încarcerat
va aprinde șura gata să se surpe
candela stingheră
pâinea o va coace în tava de oțel
sprijinită pe doi bolovani
sub cer liber fi-va el întâiul cuptor reciclat
hainele îmbibate de sudori de amor
vor sta atârnate pe frânghie, la uscat.

Focul se va răzbuna
pârjolind pământul
transformat în antic sfânt mântuitor
personaj de mit
zugrăvit de icoane
stâncă neclintită, stană și statuie,
ferecat în veșnicia timpului.

MANOLIS, Grecia(1947)
Traducere: Germain Droogenbroodt și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ОГОНЬ

Огонь будет мстить
он сожжет землю и
станет прирученным пойманным в клетку тигром
подожжет заброшенную лачугу
одинокую свечу
поджарит хлеб на железном листе
на двух камнях
на вновь первобытной печи
одежды любви, пропитанные потом,
высушит на бельевой веревке.

Огонь будет мстить
он сожжет землю, но
ее и спасет
станет святым из мифов,
написанным на иконах,
безжизненный камень, памятник
в бесконечности времени.

Манолис, Греция (1947)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translated into Russian by Daria Mishueva

***

VATRA

Osvetiće se vatra
kad sagori zemlju.
Postaće pitomi tigar
u kavezu
koji osvetljuje polusrušenu kolibu.
Biće ona usamljena sveća.
Opet će se peći hleb
u gvozdenom tiganju
postavljenom preko dva kamena-
spoljašna peć.
Ljubavne tkanine ovlažene znojem
sušiće se na kanapima.

Osvetiće se vatra
posle spaljivanja zemlje
da bi postala spasitelj,
drevni mitološki svetac
opisan u ikonama,
nepokretan kamen, uspravljen kao kip
sačuvan u beskraju vremena.

MANOLIS, Greece (1947)
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

FOCU

Lu focu si vinnica
doppu ca bruciau la terra
diventa na tigri manza nta na gaggia
pi lluminari na casuzza menza sdirrupata
na canniredda sulitaria
pi cociri lu pani nta na padedda di ferru
supra a du petri
lu primu furnu a l’apertu riusabbili
robbi d’amuri vagnati di suduri
ca s’asciucanu stinnuti supra a corda

Lu focu si vinnica
Doppu ca bruciau lu munnu
Pi divintari lu sarvaturi
un anticu santu miltologicu,
pittatu nta iconi
na petra statica addritta, comu na statua
prisirvata nta lu tempu senza fini.

MANOLIS, Greece (1947)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

நெருப்பு

நெருப்பு
பூமியை கொளுத்திவிட்டு தனது
பழிவாங்கும் படலத்தை
முடித்துக் கொள்ளும்
அது முரட்டுத்தன்மையற்ற,
கூண்டில் இடப்பட்ட புலியைப்போல
இரண்டு கற்களின் மேல் வைக்கப்பட்ட
அடுப்பில் ரொட்டித்துண்டை சுடுவதற்காக
ஒரு மெழுகுவர்தியை ஏற்றி
முதல் திரும்ப பயன்படுத்தும் சூட்டடுப்பு
வியர்வையினால் ஈரமான துணிகளை
காயவைக்க விரும்பி காயவைத்து!

நெருப்பு
பூமியை கொளுத்திவிட்டு தனது
பழிவாங்கும் படலத்தை
முடித்துக் கொள்ளும்
ஒரு மீட்பராக
பண்டைய புராணத் துறவி
புனித தெய்வச்சிலையாக
அசையாத குன்றின்மேல் வைக்கப்பட்டு
முடியாத காலத்திற்காக
பாதுகாக்கப்பட்டு!
ஆக்கம் Great.

MANOLIS, Greece (1947)
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

Recueil: ITHACA 708
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LA DIVINE COMÉDIE (extrait) (Dante Alighieri)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021




    
LA DIVINE COMÉDIE (extrait)

[…]
Le cercle qui en toi semblait conçu
Comme se réfléchit une lumière,
Mes yeux l’ayant contemplé un instant,
En son milieu, et de sa couleur même
M’apparut alors peint de notre image,
Et mon regard s’y plongea tout entier.
Et tel le géomètre qui s’attache
À mesurer le cercle, et cherche en vain
Dans sa pensée le principe qui manque,
Tel étais-je à la vision nouvelle :
Je voulais voir comment l’image au cercle
Se conjoignait et venait s’y inscrire,
Mais aussi haut ne volaient point mes ailes;
Quand mon esprit fut soudain foudroyé
Par un éclair qui combla mon attente.
Lors défaillit ma haute fantaisie,
Mais déjà entraînait mon vouloir, comme roue
Tournant d’un mouvement égal, l’amour
Qui mène le soleil et les autres étoiles.

La Divine Comédie,
Le Paradis, chant XXXIII. Trad. : Éditions Gallimard, 1999.

***

LA DIVINA COMMEDIA

[…]

Quella circulazion che si concetta
Pareva in te corne lume reflesso,
Da li occhi miei alquanto circunspetta,
Dentro da sé, del suo colore stesso,
Mi parve pinta de la nostra effige:
Per che’l mio viso in lei tutto era messo.
Qual è’ 1 geomètra che tutto s’ affige
Per misurar lo cerchio, e non ritrova,
Pensando, quel principio ond’ elli indige,
Tal era io a quella vista nova:
Veder voleva corne si convenne
L’imago al cerchio e corne vi s’indova;
Ma non eran da ciô le proprie penne:
Se non che la mia mente fu percossa
Da un fulgore in che sua voglia venne.
A l’alta fantasia qui mance, possa;
Ma già volgeva il mio disio e’l velle,
Si corne rota ch’igualmente è mossa,
L’amor che move il sole e l’ altre stelle.

(Dante Alighieri)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Espoir (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Espoir

Dans cet univers en attente
Je peins de la lumière
Sur l’ombre du mur
Des papillons sur les fleurs
Du jardin abandonné
Des vagues sur le fleuve asséché
Des flammes dans le foyer éteint
Des épis de blé ou de riz
Sur le sable des déserts
Et des étoiles sur les cailloux

Je peins le ciel d’un bleu plus pur
La rivière d’un vert d’eau plus claire
Et le soir en rouge
Pour égayer le paysage

Je peins des feuilles
Sur les arbres morts
De la joie sur les matins gris
Et les jours de pluie
Des messages d’amour
Sur les vents soufflant du Nord
Et des sourires retrouvés
Sur les lèvres blessées
Des filles violentées

Je peins sur les vitres
La vision de l’espace à conquérir
Et l’espoir de rebâtir
Sur les ruines des villes.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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