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Posts Tagged ‘peintre’

Mille ans (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2020



Mille ans qu’un peintre
A mis dans son tableau
Un jour qui nous tend la main
Le peintre doit être mort
Mais nous voici mille ans de moins

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Quentin Massys

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HOMMAGE AUX ANGES (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020



Renata Ratajczyk  _Revelations_1
HOMMAGE AUX ANGES

Ceci n’est ni rune ni symbole,
ce que je veux dire est ― c’est si simple

pourtant aucune ruse du stylo ou du pinceau
ne pourrait capter cette impression ;

ce que je voulais indiquer était
une nouvelle phase, une nouvelle distinction de couleur ;

je voulais dire, j’ai dit
qu’il n’y avait ni éclat, ni reflet,

ni ombre ; quand j’ai dit blanc,
je ne voulais pas dire blanc de sculpteur ou de peintre,

ni porcelaine ; blanc pâle ne pourrait pas
en donner l’idée, car quand

la neige fraîchement tombée (ou la neige
au moment où elle tombe) est-elle pâle ?

pourtant maintenant, nous titubons, nous sommes perdus ―
que pouvons-nous dire ?

elle n’était pas impalpable comme un spectre,
elle n’était pas terrifiante comme un Esprit,

elle n’était même pas atterrante
comme un Ange.

***

TRIBUTE TO THE ANGELS

This is no rune nor symbol,
what I mean is — it is so simple

yet no trick of the pen or brush
could capture that impression;

what I wanted to indicate was
a new phase, a new distinction of colour;

I wanted to say, I did say
there was no sheen, no reflection,

no shadow; when I said white,
I did not mean sculptor’s or painter’s white,

nor porcelain; dim-white could
not suggest it, for when

is fresh-fallen snow (or snow
in the act of falling) dim?

yet even now, we stumble, we are lost —
what can we say?

she was not impalpable like a ghost,
she was not awe-inspiring like a Spirit,

she was not even over-whelming
like an Angel.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Renata Ratajczyk

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LE PRINTEMPS (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2020




    
LE PRINTEMPS

Le doux printemps met des oreilles
Aux arbres bleus de mon jardin,
Un rien de brise le réveille,
Un rien fait chanter son moulin.

Le printemps met des notes claires
Dans le canevas du matin
Et le Peintre de la Lumière
Ecrit ton nom sur mon chemin.

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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L’anecdote (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




L’unique peintre de ce bourg
repeignait la boutique austère
et fredonnait
quand de la gare s’en revenaient
les deux uniques voyageuses
indifférentes à cet amour
que mettait partout le printemps
mais il est des chants qui poursuivent
et que nous ramène une brise.
O monde je ne puis te construire
sans ce peintre
et sans ces deux femmes.

(Jean Follain)

Illustration: Marta Shmatava

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Enorme cheminée rouge (Chirico)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



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Un peintre a peint une énorme cheminée rouge
Qu’un poète adore comme une divinité.

(Chirico)

Illustration: Giorgio de Chirico

 

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MODÈLE (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



 

Illustration: Brassaï 
    
MODÈLE

Elle se montre, au bras de la lumière
Effaçant le paravent
De sa nudité paisible
Modèle, elle livre au vieux peintre
Dans son aura
Le mystère d’un corps
Dont il caressera l’image
Elle s’est dévoilée toute
Apparition radieuse
Non par bribes
En déshabillage équivoque

La beauté, comme la mort
Chastes dans leur plénitude
L’agonie, seule
Est impudique

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Le petit écran (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



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Dans les musées italiens,
les petits écrans peints que le prêtre tenait devant le visage des condamnés
pour qu’ils ne voient pas l’échafaud.

Le saut existentiel, c’est le petit écran.

(Albert Camus)

 

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Peintre qui va à Port-Cros pour peindre (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



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Peintre qui va à Port-Cros pour peindre.
Et tout est si beau qu’il achète une maison,
range ses tableaux et n’y touche plus.

(Albert Camus)

Illustration: Pierre Mori

 

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Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

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L’ESCLAVE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



L’ESCLAVE

Le bain d’une dame romaine est un sujet qui séduit aisément.
Mais l’intention du peintre semble ici faussée par la présence d’une esclave.
Cette fille à demi-nue est bien plus belle que sa maîtresse
et son visage a des traits nobles et touchants.
Puis, quelle douce respiration !
Bien qu’elle demeure à l’arrière-plan,
le regard va la chercher et l’invite seule à se laisser aimer.

(Norge)


Illustration: Jean Léon Gérôme

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