Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pelage’

Genêt (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2019



Illustration

    
Genêt

Gouttes d’or
en suspens
entre le ciel
et le pelage
des garrigues.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Animal (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Pascal Renoux
    
Animal

Madame un jour je caressais quelque pelage
D’égaré ou de fantasque au soleil poudreux
C’était un chat soyeux, tigre ou chat des chartreux
Qu’importe si ce chat était tendre ou sauvage

Ou si le nombre des félins par moi flattés
Dépasse le millier par toutes les années
Où j’ai choyé leur patience illimitée
Dans tellement de fourrures et de fumets

Que je les confonds tous, parfum fort et souplesse
Dans le même creuset où leur ardeur se coule
Mais ce jour-là c’est la toison de toi,
Maîtresse

Qui s’est creusée à mes doigts souples sur la fente
Où l’animal cède à la rondeur de la pente
Sûre de sa ferveur et d’humidité soûle

(Jacques Chessex)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Onctueux le chat (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Onctueux le chat
se coule dans un rêve
lui impose son rythme

Liquide il abolit
la densité des os
étire son squelette

Au creux des arbres
il flaire ses origines
feuillage et pelage

Son royaume sans âge
de courbes et frémissements
et d’envols furtifs

Vigilant fainéant
s’endort attentif
au silence des oiseaux

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat noir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018




    
Le chat noir

Un fantôme est encor comme un lieu
où ton regard se heurte contre un son;
mais contre ce pelage noir
ton regard le plus fort est dissous :

ainsi un fou furieux, au paroxysme
de sa rage, trépigne dans le noir
et soudain, dans le capitonnage sourd
de sa cellule, cesse et s’apaise.

Tous les regards qui jamais l’atteignirent,
il semble en lui les recéler
pour en frémir, menaçant, mortifié,
et avec eux dormir.

Mais soudain, dressé vif, éveillé,
il tourne son visage — dans le tien :
et tu retrouves à l’improviste
ton regard dans les boules d’ambre
jaune de ses yeux : enclos
comme un insecte fossilisé.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ivre (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




    
Ivre, les yeux ouverts dans la maison stérile,
n’évitant pas les feux dans le creux des collines,
si je tiens un roseau leur souffle le consume
et laisse dans ma chair une longue brûlure
et la sensation de la fragilité.

Ô réserve et repos, dans un étrange exil,
sur tous les bords du ciel, des sources et des brises,
où l’étincelle change en parcelle de neige,
où de grandes clartés éblouissant l’espace,
ignorent que je marche à travers les périls,

parfois dévale un des torrents de l’insomnie,
là vivent à leur aise et trouvent leurs amours
les animaux sans nom, les charmantes figures
qui fixeront sur moi pendant une seconde
leur œil étincelant d’un singulier génie,

l’un d’eux va me sauver, l’un d’eux va me guider,
son pelage inondé de l’innocente averse,
vers le seuil ruisselant, siège des arcs-en-ciel
où viennent s’abreuver les oiseaux des présages,
le sang nouveau se mêle à la jeune rosée
et la biche aux yeux clairs qui vint guider mes pas
disparaît, quand mes bras s’ouvrent dans le printemps.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES ZOOLOGIES (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


 

Igor Morski -9 [1280x768]

LES ZOOLOGIES

Un poisson nage au fond de ma poitrine,
Un oiseau plane au creux de mon cerveau.
Je me soumets à leurs libres critiques :
Ils ont la grâce éclatante des mots
Venus tout droit de leurs zoologies.

Ce manuscrit, qu’en dirait le coyote,
Et ce roman, plairait-il au lézard ?
Cette musique, est-ce toi qui la portes
Ou l’hirondelle ou le sage cafard ?
Et si mon corps n’était que faune et flore !

Jamais genette ici ne put survivre.
Les animaux fiancés à la mort,
En s’enfermant dans leurs prisons de cuivre
Ont fait chanter mon âme un peu plus fort.
Je les aimais du fond de mes élytres.

Zèbre ici-bas de pampas se contente
Et zèbre ailleurs marche au fond de la mer.
Un rouge-gorge est un bijou qui chante,
Une prunelle un oiseau toujours vert
Et chaque lèvre un frisson d’eau dormante.

Ils sont tous là : aigles, poissons, virgules
Et double V, redoutable animal.
Tout leur cortège en ma phrase circule,
Un cri s’élève : amour est le fanal,
Je suis gardé par ses tendres globules.

Il n’est qu’ara pour parler de contrainte,
Il n’est que lièvre à dévorer le vent.
Je me soumets, animaux, à vos plaintes.
Toute douleur est préface du chant,
Vivez en moi, frères venus des limbes.

Imprimez-vous en ma peau, lettres vives,
Et gardez-moi d’oublier vos pelages.
Qu’un livre soit le jumeau, le sosie
Des animaux échappant à nos cages.
Un tigre d’or circule dans mes phrases,
La coccinelle est au bout de ma ligne,
Tout livre est jungle où la parole est libre.

(Robert Sabatier)

Illustration: Igor Morski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous marchons sur le pelage du monde (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Nous marchons sur
le pelage du monde:
feuilles de cuir,
peaux mélangées,
fourrures des écorces…
Le bel animal foudroyé
d’une seule saison:
l’automne.

(Katell Antoine)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les feuilles de l’arbre (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Les feuilles de l’arbre

Sur l’arbre le feuillage
S’agite doucement.
Tout jaune se courbant,
Flétri est son pelage.

Un oiseau sans tapage,
Sur l’arbre va et vient.
Le feuillage devient
L’espace de sa cage.

Mon âme la voici,
Et qui de branche en branche,
Déambule et s’épanche,
Muette comme lui.

M’envoler je ne puis.
Le rameau se balance.
Le silence s’avance,
Fragile et indécis.

(Attila Jozsef)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chats (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Chats

Leurs yeux
Ont les profondeurs glauques
Où l’or se mêle au vert
Des étangs les plus secrets.

Leurs yeux
Sont des rets mouvants,
Fascinants
Comme la flamme.

Leur regard
En croissant de lune,
Entre leurs paupières
À demi-fermées
Se moque dignement
De nous, pauvres,
Qui ne savons
Même pas faire ronron !

Pupilles dilatées,
Quelle folie sublime
Vous possède,
Tandis que vous nous jugez,
Tristes sages ?

Éminences
Feutrées,
Tachetées ou barrées,
Est-ce de colère
Que vous griffez ?
Est-ce de mépris
Que vous dormez ?

Grâce parfaite,
Qu’on dirait consciente,
De quel temple égyptien
Sortez-vous ?

« Savez-vous seulement
Comment on parle à un Dieu ?
Vous rendez-vous compte
De l’honneur
Qu’est pour vous
Votre caresse sur mon pelage ? »

Jamais tout à fait apprivoisés,
Divins et diaboliques ;
Sur nos coussins,
Sans que la civilisation
Ne les ait gâtés,
Les chats posent
Et continuent un rêve
De mille et mille siècles.

(Anne Hébert)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

LA HARPE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



LA HARPE

La musique allait seule. il n’y avait plume, pelage,
lait ou fumée ou noms. Ce n’était jour ni nuit.
Seule entre les planètes, de l’éclipse naissant
la musique tremblait tout comme un vêtement.
Soudain le feu, le froid gemmèrent une goutte
et l’univers dressa son spacieux étalage,
lave, cendre hérissée et aurore glissante,
tout transmigra de dureté en dureté,
et sous l’humidité céleste fraîche éclose
le diamant instaura sa symétrie glacée.
Alors le son premier,
la musique esseulée, la musique du monde
se glaça et tomba en étoile changée,
en harpe ou en cithare, en silence ou en pierre.

Dans le froid de l’hiver, sur 1a côte chilienne,
lorsque la pluie s’abat et lave les semaines,
oyez : la solitude est à nouveau musique,
et je ne sais, mais il me semble que le vent,
la pluie, le temps, cela qui a ailes et vagues,
passe et grandit. La harpe, de l’oubli s’éveille.

(Pablo Neruda)


Illustration: Timothy Martin

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :