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Posts Tagged ‘pélérinage’

CHANSON DU PÈLERIN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020




    
CHANSON DU PÈLERIN

Spécialiste des pèlerinages
je cours pour toujours souffrir
je suis trop grand pour mon grand âge
un enfant qui voudrait mourir
le long d’un quai abandonné
le fleuve gris comme ma peine
fleuve invincible comme l’ennui
pousse mes souvenirs mes épaves
une ombre sortie de la nuit
me poursuit à perdre haleine
le long du quai abandonné
Qui donc est-elle celle qui lutte
que je cherche à retrouver
cette ombre claire comme le regard
celle qui auréole les années
celle qui me fuit celle qui lutte
le long d’un quai abandonné

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Pèlerinage d’automne (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2019



Illustration: Kisokaidô
    
Pèlerinage d’automne –
on ôte les chapeaux coniques
éclaboussé de soleil couchant

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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Tant de coeurs ensevelis (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Tant de coeurs ensevelis
M’instruisent quand je parle
De ce long pèlerinage
Que l’âme doit cheminer,
Les pieds sanglants,
Elle qui follement perdit celui
Qu’avec sagesse amère elle doit alors chercher.

***

How many buried hearts
Instruct me when I speak
Of that long pilgrimage
The soul must walk
On bleeding feet
Who has in folly lost
One whom in bitter after-wisdom she must seek.

(Kathleen Raine)

Illustration: Brandon Olterman

 

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Sans gourde ni bâton (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Sans gourde ni bâton
sans prêche ni cantique
nous demeurons pèlerins

Sans autel au bout de la route
sans luminaire liturgique
des clartés en nous cheminent
qui nous font acheminer
vers nos secrètes dévotions

N’est pas de nous l’itinéraire
le noir nous l’a donné
nous marchons sans nommer
ces gouttes de lumière
qui perlent
sur les parois de l’angoisse
pour nous mener en pèlerinage
aux lieux saints
de nous-mêmes

En nous
prend racine une pensée
que nous n’avons pas semée
Nous la voyons grandir
malgré nous
Qui donc l’a jetée
clandestine
en l’un de nos sillons
pour qu’elle se nourrisse
de nous?

Et qui la déracinera
puisqu’elle s’est faite
par nous?
Un jour elle jaillira
nous
serons ce qu’elle sera

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je suis allé en pèlerinage (Chanson populaire Tibétaine)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Je suis allé en pèlerinage
dans le jardin Karkar Lingka,
des jours, des jours de marche,
je suis allé au sud
où poussent les bambous,
jusqu’à une forêt je suis allé :
il n’y avait pas qu’un arbre –
mais plusieurs, ni deux ni trois – mais plusieurs,
il n’y avait pas qu’une branche –
mais plusieurs, ni deux ni trois – mais plusieurs,

il n’y avait qu’une feuille !

(Chanson populaire Tibétaine)


Illustration

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PÈLERINAGE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




PÈLERINAGE

J’ai appelé, appelé comme l’heureuse naufragée
appelle les vagues tortionnaires
qui connaissent le nom véritable
de la mort.

J’ai appelé le vent,
je lui ai confié mon désir d’être.

Mais un oiseau mort
vole vers le désespoir
au milieu de la musique
lorsque sorcières et fleurs
coupent la main de la brume.
Un oiseau mort appelé bleu.

Ce n’est pas la solitude avec des ailes
mais le silence de la prisonnière,
mais le mutisme des oiseaux et du vent,
mais le monde fâché de mon rire
ou les gardiens de l’enfer
qui déchirent mes lettres.

J’ai appelé, j’ai appelé.
J’ai appelé vers jamais.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: René Magritte

 

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VIATIQUE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



 

VIATIQUE

Tu ne condamneras pas les pierres,
ne te regarderas pas toi-même
au-delà des pierres, et tu diras
que tu ne les désirais pas
avant que ton visage
ne se soit changé en pierre.
Devant toi,
et derrière toi, dans l’obscurité
qui grandit avec le jour, tu auras
presque respiré. Et tes yeux,
comme si ta vie n’était rien de plus
qu’un amer pèlerinage
vers cette contrée du manque, s’ouvriront
sur les murs
qui t’enferment dans ta voix,
ton autre voix, te guidant
vers les lointains de l’amour,
où tu gis, plus près
de la seconde
et plus vive terreur
de vivre dans ta mort, et de dire
la pierre
que tu deviendras.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Galvez

 

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Quand tu cherches Dieu (Yunus Emre)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Quand tu cherches Dieu,
cherche-le dans ton coeur.

Il n’est pas à Jérusalem,
ni à la Mecque ,
ni dans le hajj (pèlerinage).

(Yunus Emre)

 

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Ensemble (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



Ensemble

Je chemine vers les fonds de toi
Où le regard est en repos
Où l’ombre se replie
Où les murs se descellent

Quand j’ai appris
Que ton geste et ton mot
N’étaient que tes saisons
J’ai pris sur moi ce pèlerinage
Pour te franchir porte à porte
Ô toi qui me conteras notre histoire.

(Andrée Chedid)


Illustration: Mustapha Merchaoui

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LE RAT ET L’ELÉPHANT (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE RAT ET L’ELÉPHANT

Se croire un personnage est fort commun en France.
On y fait l’homme d’importance,
Et l’on n’est souvent qu’un bourgeois :
C’est proprement le mal François.
La sotte vanité nous est particulière.
Les Espagnols sont vains, mais d’une autre manière.
Leur orgueil me semble en un mot
Beaucoup plus fou, mais pas si sot.
Donnons quelque image du nôtre
Qui sans doute en vaut bien un autre.

Un Rat des plus petits voyait un Eléphant
Des plus gros, et raillait le marcher un peu lent
De la bête de haut parage,
Qui marchait à gros équipage.
Sur l’animal à triple étage
Une Sultane de renom,
Son Chien, son Chat et sa Guenon,
Son Perroquet, sa vieille, et toute sa maison,
S’en allait en pèlerinage.
Le Rat s’étonnait que les gens
Fussent touchés de voir cette pesante masse :
Comme si d’occuper ou plus ou moins de place
Nous rendait, disait-il, plus ou moins importants.
Mais qu’admirez-vous tant en lui vous autres hommes ?
Serait-ce ce grand corps qui fait peur aux enfants ?
Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes,
D’un grain moins que les Eléphants.
Il en aurait dit davantage ;
Mais le Chat sortant de sa cage,
Lui fit voir en moins d’un instant
Qu’un Rat n’est pas un Eléphant.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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