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RESSURECTION (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2020



Illustration: Jeanne Balas
    
RESSURECTION

Les uns s’enivrent de sons,
D’autres s’enveloppent dans des couleurs;
Les uns s’entourent de courtisans,
D’autres s’enferment dans le silence;
Les uns se couvrent des pelisses du mensonge,
D’autres s’exposent dans l’aquarium de la vérité;
Les uns se font faire des palais,
D’autres restent tout nus;
Mais, en vérité, tout est transparent
Et chacun, chacun tout seul se décompose
Dans une tombe particulière
Ou dans la fosse commune.
Et à sa place
En ressuscite un autre.

(Mihai Beniuc)

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C’est habité (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Le corps a beau oublier
jeter dessus pelisses
voluptés d’astrakan et de loutres
puis bâches
rudes toiles de tente
et même la mort par pelletées
de mottes grasses

Rien n’y fait
l’âme tire aux coutures
faufile sa lumière entre les fentes

Et c’est comme une maison
qui s’allume le soir
sous les portes et les volets


dans la nuit de nos égarements
c’est habité


dans les ténèbres du beau
brûle un feu bien présent

(Werner Lambersy)


Illustration: Suzanne Clairac

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Le portrait du Conquérant (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



 

Le portrait du Conquérant

Sur le dôme de Sainte-Sophie un nuage blanc,
Je regarde, il a filé. Mon chapelet couleur miel,
Jours d’ambre, les feuilles sont tombées, et l’espoir,
La pluie d’automne noeud à noeud sur la vitre descend.

À moi furent les caftans qui flottaient, à moi
L’encolure des chevaux, il n’en reste que du vent !
J’ai touché de la main les pierres des remparts,
À moi était Istanbul, les bastions pareils à moi.

Dans des plats d’or j’ai pris mes repas, j’ai bu l’eau
Dans des coupes d’or, j’ai franchi le Danube fougueux,
Moi, Sultan Mehmet, Avnî, grand par mes aigrettes.

Dans un portrait je suis un nain, ce n’est pas moi,
Mon turban, ma pelisse froide, ma rose sans parfum,
Je cherche, je me cherche par terre, follement.

(Oktay Rifat)

 

 

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