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Poésie

Posts Tagged ‘pendaison’

Hiver à Bergen-Belsen (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019




A Bergen-Belsen, camp de la mort,
les nazis aiment la musique.
A Bergen-Belsen, camp de la mort,
quatre prisonniers forment un quator,
mais Igri le violoniste refuse de jouer.
A Bergen-Belsen,
dans la neige et le vent,
trois musiciens,
sous la menace des nazis,
jouent Liszt
pour la pendaison du violoniste.

(Jacques Biolley)

Illustration

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LE DOUTE (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



LE DOUTE

Pourquoi tes yeux blessés, pourquoi ton corps,
pourquoi tes seins dans mes paumes chagrines,
pourquoi ta pesanteur : quelques remords,
quelques neiges sans but, quelques lésines ?
Un homme est là entre sa pendaison
et sa tiédeur de moineau qui écoute;
une femme est ici, mais sa raison
n’ose pas s’insurger contre le doute.
Tous deux réinventaient des mots humains,
tous deux jouaient à créer des images,
mais à présent que font-ils de leurs mains
qui ne sont plus que des bêtes sauvages ?
Pourquoi écrire un livre à notre insu,
pourquoi nous contenter de pages vides,
pourquoi survivre, poètes déçus
que chaque verbe conduit au suicide ?

(Alain Bosquet)

Illustration: Edward Hopper

 

 

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Que la nuit soit parfaite (Alain Grandbois)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Que la nuit soit parfaite si nous en sommes dignes
Nulle pierre blanche ne nous indiquait la route
Où les faiblesses vaincues achevaient de mourir
Nous allions plus loin que les plus lointains horizons
Avec nos épaules et nos mains
Aux étincelles des insondables voûtes
Et cette faim de durer
Et cette soif de souffrir
Nous étouffant au cou
Comme mille pendaisons

Nous avons partagé nos ombres
Plus que nos lumières
Nous nous sommes montrés
Plus glorieux de nos blessures
Que des victoires éparses
Et des matins heureux
Et nous avons construit mur à mur
La noire enceinte de nos solitudes

Et ces chaînes de fer rivées à nos chevilles
Forgées du métal le plus dur

Que parfaite soit la nuit où nous nous enfonçons
Nous avons détruit tout bonheur et toute tendresse
Et nos cris désormais
N’auront plus que le tremblant écho
Des poussières perdues
Aux gouffres des néants.

(Alain Grandbois)


Illustration: Gilbert Garcin

 

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HLM (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2015


hlm

Des grappes de destins
pendent aux fenêtres

Jusqu’aux pelouses maigres
où quelques arbres
gardent cette fidélité
faite de renoncements

La solitude sous leurs branches
ressemble aux pendaisons

(Georges Bonnet)

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