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Posts Tagged ‘pendant’

PENDANT QUE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



 

Alex Alemany_alexalemanyadolescente02

PENDANT QUE

Pendant que les bateaux
Font l’amour et la guerre
Avec l’eau qui les broie
Pendant que les ruisseaux
Dans les secrets des bois
Deviennent des rivières

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que le soleil
Plus haut que les nuages
Fait ses nuits et ses jours
Pendant que ses pareils
Continuent des voyages
Chargés de leurs amours

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les grands vents
Imaginent des ailes
Aux coins secrets de l’air
Pendant qu’un soleil blanc
Aux sables des déserts
Dessine des margelles

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les châteaux
En toutes nos Espagnes
Se font et ne sont plus
Pendant que les chevaux
Aux cavaliers perdus
Traversent des montagnes

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime
Pendant qu’un peu de temps
Habite un peu d’espace
En forme de deux coeurs
Pendant que sous l’étang
La mémoire des fleurs
Dort sous son toit de glace

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

(Gilles Vigneault)

Illustration: Alex Alemany

 

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Le temps ne se divise pas (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: Catherine Millet
    
Le temps
Ne se divise pas.

Avant, pendant, après
Se retrouvent en nous.

Maintenant ou plus tard.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Résumé en automne (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Résumé en automne

Dans la voûte du soir chaque oiseau est un point
du souvenir.
Je m’étonne quelquefois que la ferveur du temps
revienne, sans corps revienne, déjà sans but revienne ;
que la beauté, si brève dans son amour violent
nous réserve un écho lorsque la nuit descend.

Et ainsi quoi d’autre que de rester les bras pendants,
le coeur entassé et ce goût de poussière
qui fut fleur ou chemin —
Le vol dépasse l’aile.
Sans humilité, savoir que ce qui reste
a été gagné à l’ombre par oeuvre de silence ;
que la branche dans la main, que la larme obscure
sont héritage, l’homme et son histoire,
la lampe qui éclaire.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Je resterai étranger (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017




    
De l’air mort dans la maison
Dans la maison des jarres
Remplies de larmes, et de mains pendantes
Qui ne touchent rien

Dans la maison, des déserts délirants
Dans la maison, des restes d’une voix
«Je resterai étranger»

(Adonis)

 

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Pourquoi ? (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos

    

Pourquoi ?

Pourquoi toujours hier, jamais demain,
ni avant, ni après, ni pendant.

Pourquoi encore?

Toujours jamais
ici ou là, ni oui ni non, jamais assez.

Alors peut-être?

(François Caradec)

 

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