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Poésie

Posts Tagged ‘pendre’

UNE VILLE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021



Illustration: Gottfried Salzmann
    
UNE VILLE

Dans la ville où l’on pend le diable par les cornes
Dans la ville ouverte et fermée
Dans la ville où l’on tient comptoir pour tous les désirs

Dans la ville sans feu ni lieu
Dans la ville sans foi ni loi
Dans la ville sans fieux

Dans la ville où l’on s’amuse
Dans la ville où l’on pleure à froides larmes
Dans la ville d’onze heures
Je ne sais pas très bien ce qui se passe
Car je n’y suis pas encore allé.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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Je suis une Forme sentie (Kamal Ibrahim)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Je suis une Forme sentie
Par trois images

Si l’eau diverse est de moi
Et si ma main est le rêve que j’assassine

Parce que j’ai très froid on me pendra

(Kamal Ibrahim)

 

 

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Je suis un pendu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



Je me pends à une branche
Par les bras
Les pieds dans le vide
Et te tire la langue

– Je suis un pendu.
-Idiot !

Je saute et me pends
A ton cou gracile
Et tu m’étouffes
Entre tes bras

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pedro Nogueira

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Vent et pluie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Vent et pluie

Le vent tord les nuages
Comme des serpillières
Qui pendent comme des loques
Sur le sommet de la colline
Et sur la pointe du clocher
Où le coq ébouriffe
Ses plumes de métal doré
La pluie enlace le village
Frissonne sur les toits
Coule sur les joues du chemin

Les maisons me regardent tristement
Avec dans le regard l’éternité des choses

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: René Magritte

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On se met la nuit sur le dos… (Bohdan Chlibec)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
On se met la nuit sur le dos…

On se met la nuit sur le dos,
ce manteau de tissu fort pour l’hiver.
On achète le journal du matin.
On dédie une petite réflexion
à ces deux faits
pendant le trajet de métro.
Le soir, on les retire,
la nuit pend à nouveau dans l’entrée.

(Bohdan Chlibec)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Cendres sous la neige
Traduction: Traduit du tchèque par Petr Zavadil & Cédric Demangeot
Editions: Pariah

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Il était un musicien juif, un Alexandre Herzevitch (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
Il était un musicien juif,
un Alexandre Herzevitch
qui faisait tournoyer Schubert
comme un diamant pur.

Du matin jusqu’au soir — et couac !
Ressassant la ritournelle,
la même sonate éternelle
il bassinait les oreilles…

Quoi, Alexandre Herzevitch,
dehors… il fait si noir ?
Laisse, Alexandre Serce-vitch :
Là-bas ? qu’importe va !

Que l’Italienne mignonette
tant que crisse la neige
sur ses jolis traîneaux étroits
vole après Schubert là-bas…
aux accents d’une musique de ciel
la mort ne nous fait pas peur
ni même pendre à la patère,
triste pelisse de corneille…

laisse, Alexandre Scherzo-vitch
là-bas ? qu’importe va!

***

Жил Александр Герцевич,
Еврейский музыкант, –
Он Шуберта наверчивал
Как чистый бриллиант.

И всласть, с утра до вечера,
Заученную вхруст,
Одну сонату вечную
Играл он наизусть…

Что, Александр Герцевич,
На улице темно ?
Брось, Александр Сердцевич, –
Чего там ? Все равно !

Пускай там итальяночка,
Покуда снег хрустит,
На узеньких на саночках
За Шубертом летит :

Нам с музыкой-голубою
Не страшно умереть,
Там хоть вороньей шубою
На вешалке висеть…

Все, Александр Герцевич,
Заверчено давно.
Брось, Александр Скерцевич.
Чего там ! Все равно !

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

    

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À la recherche du sommeil (Lisandri Kola)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



Illustration
    

À la recherche du sommeil

J’ai cherché dans l’obscurité le sommeil que j’avais perdu
je l’ai trouvé pendu à la poche de ma chemise accrochée à une patère
— recroquevillé, en quelque sorte.

Pourquoi ne prends-tu pas possession de mes yeux
et me joues-tu des tours ô toi sommeil?
Je reste là à me retourner dans mon lit
torturé par des pensées aussi éloignées que deux continents

Cela te laisse-t-il donc indifférent?

Reprends ton ombre qui glisse sur les murs
Et décampe là où la solitude s’étrangle…

(Lisandri Kola)

Traduit de l’albanais par Évelyne Noygues.

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Assis, les pieds pendants (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021



Illustration: Frans Masereel
    
Assis, les pieds pendants, sous l’arche du vieux pont,
Et sourd aux bruits lointains à qui l’écho répond,
Le pêcheur suit des yeux le petit flotteur rouge.
L’eau du fleuve pétille au soleil. Rien ne bouge.
Le liège soudain fait un plongeon trompeur,
La ligne saute. – Avec un hoquet de vapeur
Passe un joyeux bateau tout pavoisé d’ombrelles ;
Et, tandis que les flots apaisent leurs querelles,
L’homme, un instant tiré de son rêve engourdi,
Met une amorce neuve et songe : – Il est midi.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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LA RÊVEUSE (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Jeanne Fonseca
    
LA RÊVEUSE.

Elle rêve, la jeune femme !
L’œil alangui, les bras pendants,
Elle rêve, elle entend son âme,
Son âme qui chante au dedans.

Tout l’orchestre de ses vingt ans,
Clavier d’or aux notes de flamme,
Lui dit une joyeuse gamme
Sur la clef d’amour du printemps…

La rêveuse leva la tête,
Puis la penchant sur son poète,
S’en fut, lui murmurant tout bas :

« Ami, je rêve ; ami, je pleure ;
« Ami, je songe que c’est l’heure…
« Et que mon coiffeur ne vient pas. »

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration
    
RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE

Toujours ce poids qui t’attache à la terre,
Ce pied de plomb tirant sur le genou,
Et cette tête à ton tronc peu légère,
Mal emmanchée à ton douloureux cou;
Toujours le fiel dans cette bouche amère,
Des yeux piquants l’âcre larme qui sourd,
La cire épaisse au creux du tympan sourd;
Du gros cerveau que la tempe resserre
Toujours ce poids!

Toujours ces dents dont l’ivoire s’altère,
Ce crin hirsute en guerre avec le pou,
Toujours ce ventre enflant en demi-sphère
La pommaison de son grotesque chou.
A sa grinçante et peineuse charnière
Toujours ce bras qui pend débile et gourd,
Cette main moite où toute crasse accourt;
Du sang, de l’os, du muscle et du viscère
Toujours ce poids!

Nul réconfort au fond de ta misère
Que de presser un être encor plus mou,
Encor plus creux : tel lard en souricière,
Offrant l’appât de son funeste trou.
Lors sans bonnet sur ton occiput glabre,
Sans gant le carpe et le fémur sans bas,
En toute paix par les luneux sabbats
Tu branleras le tarse au bal macabre.
Courage encor!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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