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Poésie

Posts Tagged ‘pénétrer’

Je pénètre dans la lumière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Alors que l’oiseau niche dans un nuage
venu des ténèbres
je pénètre dans la lumière
et le désir me prend jour et nuit
de retourner au littoral de sable et de vent
où des mouettes hébétées s’élèvent vers un ciel sans éclat.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Je ne suis qu’élan vers l’Esprit (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Je ne suis qu’élan vers l’Esprit;
et l’Esprit parfois me pénètre de sa douceur infinie.
Je me prends à sourire.
Tout mon bonheur est dans ma certitude.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Femme je t’aime (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



femme je t’aime

oui je connais
le cri
le craquement discret
des céramiques à la chaleur

âme éprise
ô comme prise
hors

et c’est entre nous
le thé
le bol et l’eau

où nous trempons les lèvres
comme si c’était un temple
qu’on ne pénètre
qu’en laissant l’autre
pénétrer

(Werner Lambersy)


Illustration: Ferdinand Hodler

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L’âme est le cercle parfait (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020


 


Béatrice Hunckler fractalsmandalas_1500989_Mandala_S_Tomahawk

 

l’âme est le cercle parfait qui l’enferme
beauté définitive couple vif

ainsi nos membres font l’astre
par les racines dont ils le pénètrent
d’où surgissent l’arbre et l’oiseau
le chant déterminant l’espace

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Béatrice Hunckler

 

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L’espoir des hommes (Jacques Prevel)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



L’espoir des hommes me pénètre de pitié
Et c’est comme une rupture en moi cette pitié
Car je ne garde rien du temps
Et je n’ai pas un seul rêve
Qu’un éclatement de poussière dans mes yeux
Et je suis las de cette brume qui m’efface
Je suis fatigué de cette misère
Et j’imagine un amour que je pourrais vivre sans pleurer
J’imagine un pays où je pourrais mourir sans regret.

(Jacques Prevel)

Illustration: Lorna Simpson

 

 

 

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TU ME REPROCHES… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



    

TU ME REPROCHES…

Tu me reproches d’effleurer ta lèvre à peine
Comme un vent caressant les feuilles en chemin
Et d’enfoncer ensuite avidement mes mains
Dans la terre vers les racines qui l’étreignent.

J’aime bien le feuillage au murmure enivrant,
Pourtant c’est la racine que je lui préfère :
Elle, qui n’a pas le baiser de la lumière,
Transmet à l’arbre son frisson en gémissant.

Ce qui se passe en nous, en nos jeux passionnés,
Certes ni toi ni moi nous ne le savons guère;
Mais je comprends que tu voudrais te dominer,
Pour ne pas me céder m’être plus étrangère.
Une force inconnue et qu’on ne peut soumettre
Nous couche tous les deux au sol et nous pénètre.
Notre amour, ce frère jumeau de la folie,
Etait un feu, c’était un immense incendie.
Et, sachant bien qu’il ne pouvait que nous détruire,
Qu’à ce maudit éclatement aucun de nous
Ne saurait échapper, comme dans la forêt
En flammes, sans aucun espoir de se sauver,
Toutes les bêtes vont périr épouvantées,
Hurlant et s’entre-déchirant, luttant à mort,
Cherchant en vain de quel côté prendre la fuite,
Alors que sur les eaux passe un courant de feu —
Nous deux, serrés l’un contre l’autre, restons là,
Ainsi que dans un conte, ne comprenant rien.
Nous avons mis le feu au bois de la sagesse
Et brûlons vifs, dans les flammes, dans la fumée.

(Mihai Beniuc)

 

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LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue) (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue)

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Porte sous les yeux sa lassitude
En sombres croissants de lune
Là où couve la braise mémorable
Des vaisseaux négriers
Que rallume le claquement des fouets
Autour des cuisses.

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Sa tête frémissante de cheveux
Maintenant matés
Et lisses comme cuir qu’on a tant verni
Qu’ils brillent
Comme jais…
Si le jais pouvait lui faire une couronne.

La musique
De la trompette à ses lèvres
Est miel
Coulé dans le feu.
Le rythme
De la trompette à ses lèvres
Est extase
Exhalé d’antique désir…

Désir
Qui aspire à la lune
Quand sa lumière n’est qu’un projecteur
Au fond de ses yeux,
Désir
Qui aspire à la mer
Quand la mer n’est qu’un verre au comptoir
A la taille du nigaud.

Le Noir
La trompette à ses lèvres,
Dans son veston
Parfaitement boutonné
Ne sait pas
Sur quel motif la musique enfonce
Son aiguille hypodermique
Et le pénètre jusqu’à l’âme…

Mais doucement
Quand le chant monte de sa gorge,
Sa douleur mûrit
Et se change en note d’or.

***

Trumpet Player

The Negro
With the trumpet at his lips
Has dark moons of weariness
Beneath his eyes
where the smoldering memory
of slave ships
Blazed to the crack of whips
about thighs

The negro
with the trumpet at his lips
has a head of vibrant hair
tamed down,
patent-leathered now
until it gleams
like jet-
were jet a crown

the music
from the trumpet at his lips
is honey
mixed with liquid fire
the rhythm
from the trumpet at his lips
is ecstasy
distilled from old desire-

Desire
that is longing for the moon
where the moonlight’s but a spotlight
in his eyes,
desire
that is longing for the sea
where the sea’s a bar-glass
sucker size

The Negro
with the trumpet at his lips
whose jacket
Has a fine one-button roll,
does not know
upon what riff the music slips

It’s hypodermic needle
to his soul
but softly
as the tune comes from his throat
trouble
mellows to a golden note

(Langston Hughes)

 

 

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La Douceur de la nuit (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
La Douceur de la nuit

La Douceur de la nuit pénètre
Au fond de nos coeurs
Et chacun en lui sent naître
Un calme bonheur
Et chacun en lui sent naître
Un calme bonheur

Sous le ciel plein de mille mondes
Nous sommes petits
Mais nos coeurs amis se fondent
Jusqu’à l’infini
Mais nos coeurs amis se fondent
Jusqu’à l’infini

Cette paix qui nous environne
Demain et toujours
Qu’elle soit tranquille et bonne
Jusqu’au dernier jour
Qu’elle soit tranquille et bonne
Jusqu’au dernier jour

(Suzanne François)

 

 

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Le Charme (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020


Le Charme

Par la vertu d’un charme
rêve une pucelle
qu’elle pénètre dans le diamant taillé de sa bague
alors que les poissons sortis de l’eau
halètent sur la jeune herbe
monde illusoire
qu’abrite le soleil caché ou pas
sans trêve sur terre
et sur les eaux.

(Jean Follain)

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Cantique de la Voie III (Xuan Jue)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



 

Illustration: Félix Vallotton

    

Cantique de la Voie III

Une même lune reflétée dans toutes les eaux
Les lunes des eaux renvoient à la même lune.
Le Dharmakaya (1) de tous les bouddhas me pénètre
Mon être avec Tathagata (2) n’en fait qu’un

(Xuan Jue)

(1) Le corps vivant
(2) Bouddha

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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