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Poésie

Posts Tagged ‘pénétrer’

L’homme de verre (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2019



Illustration: Taisuke Mohri

    
L’homme de verre

Si droite est ma vision, si pure ma sensation,
si maladivement complète ma connaissance, et si déliée,
si nette ma représentation, et ma science si achevée
que je me pénètre depuis l’extrémité du monde jusqu’à ma parole silencieuse ;
et de l’informe chose jusqu’au désir se levant, le long de fibres connues et de centres ordonnés,
je me suis, je me réponds, je me reflète et me répercute.
Je frémis à l’infini des miroirs
— je suis de verre.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maintenant je ne sens plus la présence (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Laurent Fièvre
    
« Maintenant je ne sens plus la présence –
Tout donne sur le vide,
— sur le Moi…
Le Moi est le vide. Il se fait horreur.

Sitôt qu’on ne le confond plus avec les pensées,
on le sent, il se sent, indéfini et pourtant fermé.

Comme le ciel dans ces directions où il n’y a pas d’astres.
Fermé, puisqu’il est le même à quelle profondeur qu’on le pénètre ;
indéfini car rien n’empêche, ne marque le mouvement, mais ce mouvement est nul. »

« Ne m’abandonne pas. »

(Paul Valéry)

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans la prison qui vous va renfermant (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



 

Dans la prison qui vous va renfermant,
Votre grande âme agit incessamment,
Et ce divin esprit que rien n’enserre
Vole partout, sans erreur toujours erre,
S’étend, s’élève, et va plus aisément.

Vous parcourez l’un et l’autre élément,
Vous pénétrez jusques au firmament,
Et visitez le ciel, l’onde et la terre
Dans la prison.

Vous ne gênez votre coeur vainement,
Vous connaissez et voyez sainement
Tout ce qui brille, et qui n’est que de verre,
Vous possédez la paix durant la guerre ;
C’est être heureux et libre extrêmement
Dans la prison.

(Vincent Voiture)

Illustration

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L’amour de mes pensers (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

Alphonse Mucha XG [1280x768]

L’amour de mes pensers …

L’amour de mes pensers, comme de son pinceau,
Vous peint à mon esprit, si je clos ma paupière,
Je vous vois en dormant, si je suis sans lumière,
Pour m’éclairer de nuit vous êtes mon flambeau.

Si je suis sur la terre, ou si je suis sur l’eau,
Vous me suivez sur terre, et dessus la rivière,
Car je vous vois toujours et devant et derrière
La croupe du cheval, la poupe du bateau.

Encor que de mon corps le vôtre soit absent,
A mon esprit toujours votre corps est présent :
Concevez-vous cela, ma divine maîtresse ?

Si pénétrer les corps par son agilité
Est la propre action de la divinité,
L’amour m’avait bien dit que vous étiez déesse.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Ô NEIGE (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



Ô NEIGE

Ô neige,
Qui réchauffes et qui protèges
Le blé qui lève à peine
Avec la mousse, avec la laine
Que tu répands de plaine en plaine !
Neige silencieuse et doucement amie
Des maisons, au matin dans le calme endormies,
Recouvre notre toit et frôle nos fenêtres
Et soudain par le seuil et la porte pénètre
Avec tes flocons purs et tes dansantes flammes,
Ô neige lumineuse au travers de notre âme,
Neige, qui réchauffes encor nos derniers rêves
Comme du blé qui lève !

(Émile Verhaeren)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Flots de félicité (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration: Alwy Fadhel
    
Flots de félicité

Que de flots de félicité traversent le monde,
Jour et nuit, que de nectar d’immortalité déferle par le vaste ciel
Dont s’abreuvent le soleil et la lune à satiété.
La lumière inépuisable persiste, radieuse,
Pénétrant la terre, sans cesse, de vie et de splendeur.
Pourquoi donc passer le temps tel un esprit solitaire,
Envahi par les soucis pour ton moi ?
Elargis ton coeur et contemple l’alentour :
Au mépris des menus malheurs
Remplis le vide de la vie avec de l’amour.

***

Currents of Joy

Floods of felicity pervade the world,
Day and night such nectar of immortality is surging
down the vast sky
For quenching the thirst of the sun and the moon.
Inexhaustible and radiant persists the light,
Ceaselessly suffusing the earth with life and splendour.
Why then waste time in a solitary mood
Haunted by worries for your self ?
Open wide your heart and contemplate all around :
Disdaining trivial mishaps
Fill the vacuum of life with love.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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La petite cascade chante (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Quel calme nocturne, quel calme
nous pénètre du ciel. –
On dirait qu’il refait dans la palme
de vos mains le dessin essentiel.

La petite cascade chante
pour cacher sa nymphe émue…
On sent la: présence absente
que l’espace a bue.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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Le chemin qui mène à toi (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Le chemin qui mène à toi
Je ne sais d’où il vient, ni comment il mène à toi,
Comment y pénétrer et me transformer en festin pour ses désirs
Je me demandais
Vais-je peut-être y revenir?

(Adonis)

Illustration

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DEVANT L’OMBRE VIERGE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Ernest Pignon-Ernest extases 211

DEVANT L’OMBRE VIERGE

Moi toujours te pénétrant,
mais toi toujours vierge,
ombre ; comme ce jour
où je vins d’abord,
invoquant ton secret,
lourd d’une libre ardeur !

Vierge obscure et pleine,
percée d’iris profonds
à peine visibles ; toute
noire, avec les sublimes
étoiles, qui, ne parviennent pas
de là-haut — à te découvrir !

***

ANTE LA SOMBRA VIRJEN

¡Siempre yo penetrándote,
pero tú siempre virjen,
sombra; como aquel día
en que primero vine
llamando a tu secreto,
cargado de afán libre!

¡Virjen oscura y plena,
pasada de hondos iris
que apenas se ven; negra
toda, con las sublimes
estrellas, que no llegan
—arriba— a descubrirte!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Un songe de printemps (Cen Can)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Hashiguchi Goyō
    
Un songe de printemps

La nuit dernière, au plus profond de ma chambre,
le souffle du printemps pénétrait ;

Mon esprit s’en retourna bien loin, sur les bords du fleuve Kiang,
près de la belle jeune fille qui l’occupe.

Il dura bien peu ce songe de printemps ;
il fut bien court l’instant où ma tête reposa sur l’oreiller ;

Cependant cet instant si court m’a suffi pour aller dans le Kiang-nân,
à plus de cent lieues d’ici.

(Cen Can)

 

 

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