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Posts Tagged ‘pénitence’

Je te hante ma nuit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Jeanie Tomanek 3

IL N’Y A PAS PLUS SOLITAIRE QUE LA NUIT

Je te hante ma nuit pour chaque épi qui n’a pas mûri
pour chaque paume qui ne s’est pas épanouie
je te hante dans mon acceptation et dans mon cri

Nuit tu héberges les somnambules rescapés du miracle que le soleil n’a pu liquider
Tu es omniprésence de l’obscur effeuillaison de bruit et chuchotement de silence
Tu es confessionnal de discrétion plénière sans parois
sans confiteor ni contrition
sans pénitence ni rémission

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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J’ai mis les miroirs en pénitence (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



    

J’ai mis les miroirs
En pénitence

Fini de rire

Le temps court plus vite que moi

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

    

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GREGORIEN (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



 

Chant-gregorien

GREGORIEN

Des vols fixes d’oiseaux parfaits qui sont sans air
Profondément nus
Ne retombent jamais sur le sein de la terre
Mais se meurent de joie se meurent de lumière

Ces oiseaux sont des mots et sur des lèvres nés
Pur ornement de la voix fraîche entre les vents
Du haut du bas et tout l’imprévisible temps
Ils se tournent pour adorer, et se demandent

S’ils sont toujours du corps ou peut-être de l’âme
A la fin, et s’ils ont gravi les échelons
Qui déplacent le mot de la voix au silence
Et du silence à la terreur de l’âme

Ils se demandent, venus de coeurs emprisonnés
Tous, ils se demandent et ne savent
Vocalises de durable vocation
Ils sont et triomphalement pénitence.

(Pierre Jean Jouve)

 

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Les oies sauvages (Mary Oliver)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Les oies sauvages

Tu n’as pas à faire preuve de bonté.
Tu n’as pas à faire pénitence
et parcourir cent kilomètres sur les genoux dans le désert.
Il te suffit de laisser le doux animal de ton corps aimer
ce qu’il a envie d’aimer.
Parle-moi de désespoir, de ton désespoir, et je te parlerai du mien.
Pendant ce temps, la Terre continue de tourner.
Pendant ce temps, le soleil et les perles limpides de la pluie
traversent les paysages,
balayant les prairies et les arbres enracinés,
les montagnes et les rivières.
Pendant ce temps, là-haut, dans le bleu pur du ciel,
les oies sauvages reviennent, une fois encore, au pays.
Qui que tu sois, quelle que soit la profondeur de ta solitude,
le monde s’offre à ton imagination,
comme les oies sauvages, il t’appelle de son cri strident
et exaltant.
Sans cesse, il proclame ta place
au sein de la famille des choses de l’univers.

***

Wild Gees

You do not have to be good.
You do not have to walk on your knees
for a hundred miles through the desert repenting.
You only have to let the soft animal of your body
love what it loves.
Tell me about despair, yours, and I will tell you mine.
meanwhile the world goes on.
meanwhile the sun and the clear pebbles of the rain
are moving across the landscapes,
over the prairies and the deep trees,
the mountains and the rivers.
meanwhile the wild geese, high in the clean blue air,
are heading home again.
Whoever you are, no matter how lonely,
the world offers itself to your imagination,
calls to you like the wild geese, harsh and exciting –
over and over announcing your place
in the family of things.

(Mary Oliver)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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QUE FERAY-JE? (Jean Boyer)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



 


    
QUE FERAY-JE?

Que feray-je ? Que diray-je ?
De quel costé tourneray-je,
Mes plus douloureux accents ?
A vous rochers et montagnes,
A vous forests et campagnes,
Qui m’estes icy présens.

Quoy ? pourray-je bien me plaindre,
Et vous dire sans rien craindre
Mes plus cuisantes douleurs ?
Le tourment qui trop m’afflige
A vous déclarer m’oblige
Le sujét de mes malheurs.

Oseray-je bien le dire
La cause de mon martire
Aux driades de ces bois ?
O ! passions non pareilles !
Les forests n’ont point d’oreilles
Pour ouï ma triste voix.

Je ferey donc pénitence,
Dans l’effroyable silence
Des plus solitaires lieux,
A toujours mourir et vivre :
Car c’est mourir que survivre
A la perte de son mieux.

***

What shall I do? What shall I say?
Where shall I turn,
My most painful tones?
To you, rocks and mountains,
To you, forests and countryside,
That are present here for me.

What? Might I really complain
And tell you without any fear
My most smarting pains?
The torment that afflicts me too greatly
Obliges me to declare to you
The subject of my ordeals.

Might I dare utter
The cause of my martyrdom
To the dryads of these woods?
O! matchless passions!
The forests have no ears
To hear my sad voice.

So I shall repent,
In the frightful silence
Of the most solitary places,
To ever die and live:
For to survive is to die
To the loss of his best.

***

Was werd‘ ich tun? Was werd‘ ich sagen?
In welche Richtung wende ich
Mein schmerzlichstes Fragen?
Euch ruf‘ ich‘s zu, ihr Felsen und Gebirge,
Ihr Wälder und Wiesen,
Die ihr hier liegt vor mir.

Wie? Könnt ich wohl hier klagen
Und euch ohn‘ Ängste sagen
Mein‘ allerschmerzlichste Pein?
Die Unruh‘, die mich zu sehr quält,
Euch zu erklär‘n mich pflichtet
Den Inhalt meines Unglücks.

Sollt‘ ich es denn wohl wagen,
Den Grund mein‘s Leid‘s zu sagen
Den Dryaden dieses Hains?
Oh, Leiden ohnegleichen,
Die Wälder können gar nicht lauschen,
Zu hören mein‘ traur‘ge Stimm‘.

Ich werde also büßen,
In der furchtbaren Stille
Der einsamsten Ort‘ alldort.
Ich werde immer sterben und auch leben,
Denn es heißt sterben, wenn man muss überleben
Sein Liebstes, das man verlor.

(Jean Boyer)

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Le Singe, est éveillé (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2016



Tous sont égarés, nul n’est éveillé,
Ainsi le Voleur en profite pour piller la maison!

Les Pandit se sont égarés en lisant les Purâna,
Les Yogî se sont égarés dans leurs méditations;

Les ascètes se sont égarés dans leur orgueil,
Les pénitents se sont égarés dans leurs pratiques de pénitence;

Seuls sont éveillés Cukadeva, Udhâva, Akrûra,
Hanumat, le Singe, est éveillé

(Kabîr)

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O banyan séculaire (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



 

O banyan séculaire, avec tes racines enchevêtrées accrochées à tes branches,
immobile, debout jour et nuit, tel un ascète faisant pénitence,
te souviens-tu de l’enfant dont l’imagination jouait avec tes ombres ?

(Rabindranath Tagore)

 

 

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Toute la babiole (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



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Toute la babiole

Voilà pourtant le but inepte des choses.
Les fins parfums de la jupe qui froufroute
Le long du trottoir blanc comme la grand’route,
Les lourds parfums de la lourde chevelure,
Nattes au dos, torsades sur l’encolure.
La pénitence après le péché, sans doute
L’orgueil et l’avarice et l’envie, et toute

La babiole ; et l’amour de la nature,
Et même la lune à travers la verdure ;
Et même la lune et même l’espoir, cette
O cette folie ! Et le soleil, ses hâles,
Et la pluie, et la tristesse des jours pâles.
Et bouquets qu’on souhaite et bouquets qu’on jette.
Et la bonne tiédeur des premières bûches,
Et sa gorge en les dentelles et les ruches.

(Jean Moréas)

Illustration: Myrtille Henrion Picco

 

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