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Poésie

Posts Tagged ‘pensée’

Char conduit (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Char conduit

Épures.
Épure d’un char conduit.
Épure d’un char lancé.
Épure du fouet.
Tracé sur la course au-delà de parois.

Une caverne où se voit à travers le corps
et les astres hagards d’une nébuleuse.

Trajectoire du poète en lambeaux.

Quête de ce qui est après avoir été au seuil d’éclairs
encore lointains
– très lointains
– qui déchirent la robe de l’instant et du désir aux yeux éteints.

Voir à travers
– voir loin
– voir à travers des lueurs encore interdites
– encore interdites même à la femme déjà vieille qui sourit.

Poésie et danse fondent l’homme imaginal
– poésie jaillie du corps total, énergie et pensée
– danse relais de la pensée dans l’harmonie des corps.

Joie et rire : reconquérir joie et rire
– ô poète qui veut voir à travers son corps
avec des yeux éteints.

(Pierre Della Faille)

 

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LE CORMORAN (Sou-Tong-Po)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



LE CORMORAN

Solitaire et immobile, le cormoran d’automne médite au bord du fleuve,
et son oeil rond, suit la marche de l’eau.
Si quelquefois un homme se promène sur le rivage,
le cormoran s’éloigne, lentement, en balançant la tête ;

Mais, derrière les feuilles, il guette le départ du promeneur,
car il aspire à voir encore les ondulations du courant monotone ;
Et, la nuit, lorsque la lune brille sur les vagues,
le cormoran médite, un pied dans l’eau.

Ainsi l’homme, qui a dans le coeur un grand amour,
suit, toujours, les ondulations d’une même pensée.

(Sou-Tong-Po)

 

 

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Le Malheur (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Le Malheur

Le malheur m’a jeté son souffle desséchant :
De mes doux sentiments la source s’est tarie,
Et mon âme incomprise avant l’heure flétrie,
En perdant tout espoir perd tout penser touchant,

Mes yeux n’ont plus de pleurs, ma voix n’a plus de chant,
Mon cœur désenchanté n’a plus de rêverie ;
Pour tout ce que j’aimais avec idolâtrie,
Il ne me reste plus d’amour ni de penchant.

Une aride douleur ronge et brûle mon âme,
Il n’est rien que j’envie et rien que je réclame,
Mon avenir est mort, le vide est dans mon coeur.

J’offre un corps sans pensée à l’œil qui me contemple ;
Tel sans divinité reste quelque vieux temple,
Telle après le banquet la coupe est sans liqueur.

(Louise Colet)

 

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Lassitude (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




    
Lassitude

Il est de ces longs jours d’indicible malaise
Où l’on voudrait dormir du lourd sommeil des morts ;
De ces heures d’angoisse où l’existence pèse
Sur l’âme et sur le corps :

Alors on cherche en vain une douce pensée,
Une image riante, un souvenir fécond ;
L’âme lutte un instant, puis retombe affaissée
Sous son ennui profond.

Alors tout ce qui charme et tout ce que l’on aime
Pour nos yeux dessillés n’a qu’un éclat trompeur ;
Et le bonheur rêvé, s’il vient, ne peut pas même
Vaincre notre torpeur.

(Louise Colet)

 

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L’Inspiration (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Michael Putz-Richard 
    
L’Inspiration

Ah ! lorsque débordait ainsi la poésie,
Torrent impétueux, brûlante frénésie,
Dans mon âme vibraient d’indicibles accords ;
Comme sous l’ouragan bat la vague marine,
Sous la muse mon cœur battait dans ma poitrine,
Mais ma lyre jamais n’égalait mes transports !…
Par l’inspiration je restais oppressée,
Comme la Druidesse au sommet du Dolmen ;
J’implorais, pour donner un corps à ma pensée
Ton langage éthéré, musique, écho d’Eden !

Il est des sentiments, mystérieux, intimes.
Qu’aucun mot ne peut rendre, et que toi seule exprimes ;
Ces rêves, incompris du monde où nous passons,
Ces extases d’amour, d’un cœur qui vient de naître,
Alors, j’aurais voulu, pour les foire connaître,
Moduler sous mes doigts de séraphiques sons !

J’aurais voulu, penchée à la harpe sonore,
Répandre autour de moi l’âme qui me dévore,
Dans des flots d’harmonie aux anges dérobés !
Oui, j’aurais voulu voir, quand mon âme est émue,
Tous les cœurs palpitants, d’une foule inconnue,
Sous mes accents divins demeurer absorbés !

Vains désirs ! jeune aiglon, on a coupé mes ailes,
On a ravi mon vol aux sphères éternelles,
Pour me faire marcher ici-bas en rampant !
Si la Muse, parfois, vient visiter ma route,
Mon chant meurt sans écho, personne ne l’écoute ;
Et l’hymne inachevée en larmes se répand !

(Louise Colet)

 

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Je suis un songe de liberté (Ketty Nivyabandi)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




    
Je suis un songe de liberté

Je suis ton aube
Je suis ta nuit
Je suis une poussée de fièvre
Je suis un battement d’aile
Je suis une ardeur lycéenne
Je suis un cri sans fin
Je suis cette main tendue au coin d’une rue
Je suis cette faim qui rend toute pensée frêle
Je suis le sommeil d’un peuple millénaire
Je suis une angoisse inexpliquée
Je suis cette femme qui vient d’être aimée
Une langueur qui tâtonne
et guette l’aurore du fond d’une falaise
Un désir, un souvenir de ce que tu fus
Longtemps,
Longtemps,
Avant d’être ce que tu es.
Je suis un songe de liberté
Et cette nuit,
C’est de toi,
Terre d’émeraude,
Que j’ai rêvé.

(Ketty Nivyabandi)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Jalousie (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Jalousie

Jeunes femmes, parfois, quand je vais me mêler
A vos jeux… si je sens mon âme se troubler,
Si soudain sur mon front une ride se creuse,
Si ma pensée empreint sa trace douloureuse
Sur mes traits, que l’on voit se couvrir de pâleur,
Ce n’est point jalousie, ô femmes ! c’est douleur !

Du bonheur passager de la nouvelle épouse,
De ses illusions je ne suis pas jalouse.
Quand elle apparaît, j’aime à l’entendre applaudir,
A voir sous l’oranger son front pur resplendir,
Sa parure éblouir la foule qui l’entoure,
J’aime à la croire heureuse alors qu’elle savoure
Cet encens que le monde aux femmes jette un jour,
Encens de vanité parfumé par l’amour !…

Mais ce qui me torture et fait fléchir mon âme,
C’est de voir auprès d’elle assise une autre femme,
Jeune de son bonheur dont elle prend sa part,
Fière de ses succès, l’adorant du regard,
Et la nommant tout haut sa fille, ô peine amère !
Je suis jalouse alors, car je n’ai plus de mère !

(Louise Colet)

 

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Le vrai jardinier (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2017




    
le vrai jardinier
se découvre
devant
la pensée sauvage.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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La femme est une pensée (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



Illustration: Isadora Duncan
    
La femme est une pensée,
la plus forte de la nature,
mais c’est une pensée dansante.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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L’ADIEU AUX JARDINS (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



L’ADIEU AUX JARDINS

Aurais-je donc passé sans vous laisser de traces,
Après-midi profonds et calmes du printemps,
Où, la paume a la joue, accoudée aux terrasses,
J’ai si souvent fermé mes yeux las de beau temps ?

Dans ma pensée abstruse et mes songes de marbre,
J’ai tressailli parfois atteinte jusqu’aux os,
Les jours qu’interrompant le silence des arbres
Se gonflait tout à coup la voix de vos oiseaux.

Je mêlais ma jeunesse à la douceur des choses,
Quand le vent frissonnait dans les lilas voisins
Et qu’au soleil, ainsi que d’étranges raisins,
Vos marronniers fleuris portaient des grappes roses.

Leurs feuilles aux longs doigts qui s’étalent à plat
Flottaient sur l’air mouvant ou rythme des berceuses ;
Un bourdon lourd au corps de pierre précieuse
Mettait dans l’ombre verte une goutte d’éclat…

Ah ! terrasses ! jardins d’avril et de paresse,
Ne restera-t-il rien de moi parmi le vent ?
Que deviendront mes pas et mon rêve émouvant,
Et ma tendresse, et ma tendresse, et ma tendresse ?…

(Lucie Delarue-Mardrus)

 

 

 

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