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Poésie

Posts Tagged ‘penser’

Jusqu’à quand (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017




Jusqu’à quand resterai-je
la proie de l’ombre
que tes yeux laissent sur mon visage ?

*

Quand je pense à toi
tout palpite et vit
autour de moi
le bois, les pierres et les métaux

Quand je pense à toi
ma fenêtre enfante mille papillons
et mon ombre m’oublie
pour te suivre

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Ekaterina Panikanova

 

 

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Le réel (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



Le réel est ce qui l’est déjà moins quand on le pense.
L’herbe est toujours plus l’herbe dans l’herbe.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Ce qu’on pense (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Ce qu’on pense
arrange
ce qu’on pense.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Je pense (Wincenty Korab-Brzozowski)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

Je pense

Je pense: vont mourir les roses automnales
Dans un délire froid de nuances d’opales;

Je pense: vont s’éteindre encore des emblèmes
De joie, avec la chute, au loin, des feuilles blêmes;

Je pense: le soleil va luire en le ciel terne,
Vaguement, misérable ainsi qu’une lanterne;

(Des mains grises, des mains effrayantes de mortes,
Viendront les soirs ouvrir traîtreusement les portes…)

Et je clame: ah! pouvoir par cette mort régnante
Être temple d’amour et force rayonnante!

(Wincenty Korab-Brzozowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

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Etendu sur le lit (Jacques Jouet)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2017



Etendu sur le lit
à quelques pas des soucis raisonnables
dormir comme intouchable
nu, les vêtements pliés dans leurs plis
le regard et qui pense
un doigt glissé dans un livre peu lu

(Jacques Jouet)

Illustration: Katerina Kockova  (Le Rêve d’un intellectuel fatigué)

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A M. HAUSSMANN (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Arturo Souto pair-1951 [1280x768] [1280x768]

A M. HAUSSMANN
Ancien Préfet de la Seine

La maison est démolie,
Le petit nid est en l’air
Où j’eus ton coeur et ta chair
Ma maîtresse si jolie !…

Je vois toujours dans l’ouest clair
Cette comète abolie.
Tombez pierres, ciment, fer !
L’amour jamais ne s’oublie.

Démolissez les maisons
Changez le cours des saisons,
Plongez-moi dans l’opulence,

Vous ne pourrez effacer
La trace de son baiser.
Le vrai c’est ce que je pense.

(Charles Cros)

Illustration: Arturo Souto

 

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J’ai toujours pensé (Elise Turcotte)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2017



J’ai toujours pensé que toutes les choses étaient liées,
même si c’est parfois par un fil invisible,
et qu’il faut porter à tout une extrême attention
parce qu’en perdant une seule petite chose,
on pouvait laisser tomber tout le reste.

Je pensais qu’une chemise mal attachée
était liée au désordre de l’univers.

(Elise Turcotte)

 

 

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Ne parle plus (Jean Anouilh)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Ne parle plus.
Ne pense plus.

Laisse ta main
se promener sur moi.

Laisse-la être heureuse
toute seule.

Tout redeviendrait
si simple

si tu laissais ta main
seule m’aimer.

Sans plus rien dire.

(Jean Anouilh)

 Illustration: Pascal Renoux

 

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Je pense (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Je pense

Je pense que tout est fini
Je pense que tous les fils sont cassés qui retenaient la toile
Je pense que cela est amer et dur
Je pense qu’il reste dorénavant surtout à mourir

Je pense que l’obscur est difficile à supporter après la lumière
Je pense que l’obscur n’a pas de fin
Je pense qu’il est long de vivre quand vivre n’est plus que mourir
Je pense que le désespoir est une éponge amère qui s’empare de tout le sang quand le cour est détruit
Je pense que vous allez me renvoyer à la vie qui est immense et à ce reste des femmes qui ont des millions de visages

Je pense qu’il n’y a qu’un visage pour mes yeux
Je pense qu’il n’y a pas de remède
Je pense qu’il n’y a qu’à poser la plume et laisser les démons et les larves continuer le récit et maculer la page
Je pense que se tenir la tête longtemps sous l’eau finit par étourdir et qu’il y a de la douceur à remplacer son cerveau par de la boue
Je pense que tout mon espoir que tout mon bonheur est de devenir enfin aveugle sourd et insensible

Je pense que tout est fini.

(Alain Borne)

Illustration: Pierre Mornet

 

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RÉVEIL (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



RÉVEIL

Nous avons été des gens sages
Cette nuit, je ne sais pourquoi.
Or, ce matin, je sens en moi
Des éternités de nuages.

Toi-même sur ton front vermeil
Tu gardes des reflets nocturnes,
Et tes yeux sont comme des urnes
Où fume un restant de sommeil.

Nous avons trop dormi, ma chère.
Notre vorace amour se plaint
De n’avoir pas le ventre plein,
Lui qui fait toujours bonne chère.

Allons, mignonne, allons, debout!
Chassez-moi nos pensers funèbres.
J’ai nourri mes yeux de ténèbres,
J’ai fait des rêves de hibou.

Mais en vous voyant fraîche et rose.
J’en fais qui sont couleur de jour.
J’entends la voix de notre amour
Qui pour fleurir veut qu’on l’arrose.

C’étaient nos vœux inapaisés
Qui nous rendaient mélancoliques.
Donnons à nos cœurs faméliques
Un large repas de baisers.

C’est le remède, c’est la vie !
Tu m’enlaces ; moi, je t’étreins ;
Et mangeant le feu de nos reins,
Se tait notre bête assouvie.

Les désespoirs les plus ardents.
Les tristesses les plus farouches,
Quand nous unissons nos deux bouches,
Sont égorgés entre nos dents.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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