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Je ne sais pourquoi je pense à ce foulard mauve (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022




Je ne sais pourquoi
je pense à ce foulard mauve que tu aimais porter à ton cou.
La mort oublie toujours quelque chose
— un objet, une image, un rien
dans quoi la vie se précipite et se maintient, immense.

(Christian Bobin)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Feu et cendres (Eftim Kletnikov)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Illustration: Annie Got
    
Feu et cendres

Le feu ignore
Les cendres
Et brûle

Les cendres se souviennent
Du feu
Et rêvent

Dans les tombes
Les cendres sont ivres de feu
Et d’éternité glacée

Mais nul
Ne pense à elles
Mis à part les morts.

Nul ne pense
À elles

Même le feu
Qui erre infiniment
De noces en noces.

***

(Eftim Kletnikov)

Adaptation de Jean-Pierre Spilmont
d’après une traduction de Konstantin Plevnès

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Pour quelques-uns penchés (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2022




    
Pour quelques-uns penchés
Sous le fardeau amer
Pour quelques-uns
Qui penseraient avoir le coeur
Brisé
L’instant s’étire
À perdre haleine
Un voile se déchire
Et montre à nu les plaies
Du ciel

Puis tout revient à l’ordre

Et c’est comme le tremblement
Des feuilles
Après une bourrasque

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Sous l’imperturbable clarté Choix de poèmes 1983-2014
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le fond de l’air est brun (Jean-Luc Despax)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022




    
Le fond de l’air est brun

«Nous rappelons à notre aimable clientèle
qu’il est interdit de penser dans le métro.»

Le devoir de réserve
Et le droit de se taire
Essuyer les quolibets
Essuyer les collabos
Suivre les consignes
Prendre de la bouteille
On finit toujours par entendre
Le bruit des bottes qu’on a léchées

Pasteur en eût inventé la rage.
Nous mettons le feu aux mèches.
Tintin reste introuvable.

(Jean-Luc Despax)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

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Je pense que ma poésie a pris racine (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022



Illustration: Zinovy Shersher   
    
Je pense que ma poésie a pris racine
non dans l’unique solitude mais dans un corps
et dans un autre corps, à pleine peau de lune
et avec tous les baisers de la terre.

(Pablo Neruda)

Recueil: Mémorial de l’Île Noire
Traduction: Claude Gouffon
Editions: Gallimard

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Quand elle tisse sa toile l’araignée (Hamid Tibouchi)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2022



Quand elle tisse sa toile l’araignée
éprouve-t-elle du plaisir souffre-t-elle
si elle pense à quoi pense-t-elle lui arrive-t-il
de s’ennuyer a-t-elle parfois des repentirs

(Hamid Tibouchi)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Je préfère le Paradis (Marco Frisina)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022



Philippe de Néri
    
Je préfère le Paradis

Certains veulent la richesse
et s’habiller comme un roi.
Il y a ceux qui ne veulent rien faire.
Ils n’aiment pas faire d’effort.
Certaines personnes parlent toujours trop,
et ne disent pas la Vérité,
et alors ils critiquent tout
et trouvent qu’il n’y a rien qui aille bien.
Mais pour moi, pas pour moi,
ce n’est pas ce que je veux :

Paradis, Paradis, je préfère le Paradis,
Paradis, Paradis, Paradis !
Le Paradis, le Paradis, je préfère le Paradis,
Le Paradis, le Paradis, le Paradis !

Certaines personnes ne pensent qu’à être grand.
Elles veulent monter au Ciel, fanatiques et fières,
elles pensent être je ne sais quoi.
Il y a ceux qui rêvent de grandes carrières
avec de grandes pompes et des laquais,
toujours ils veulent réussir,
et avoir des honneurs en quantité.
Mais pour moi, pas pour moi, ce n’est pas ce que je veux.

Paradis, Paradis, je préfère le Paradis,
Paradis, Paradis, Paradis !
Le Paradis, le Paradis, je préfère le Paradis,
Le Paradis, le Paradis, le Paradis !

***

Preferisco il Paradiso

C’è chi ama la ricchezza
e vestirsi come un re
c’è chi non vuol fare niente
non gli va di faticar.

C’è chi parla sempre troppo,
non sa dir la verità
e poi critica ogni cosa
non c’è nulla che va ben.

Ma per me
no, non va
non è quel che piace a me.

Paradiso,
Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso
Paradiso.
Paradiso,

Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso,
Paradiso.

C’è chi crede d’esser grande
Vuol salire fino al ciel
È fanatico e superbo,
crede d’esser chissà che.

C’è chi sogna gran carriere
grandi inchini ed i lacchè,
vuole sempre aver successo
ed onori in quantità.

Ma per me
no, non va
non è quel che piace a me.

Paradiso,
Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso,
Paradiso.

Paradiso,

Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso,

Paradiso.

(Marco Frisina)


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Leur angoisse discrète (Peter Bakowski)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022




Illustration
    
Leur angoisse discrète

Dans les bars
les salles de billard
les bas-fonds
je vois des hommes
sans amour depuis si longtemps.

Pour continuer à vivre,
certains d’entre eux
ont du fermer leur coeur,
s’endurcir,
étriquer leur façon de voir et de penser.
Ils disent « Les hommes sont comme ci, les femmes sont comme ça… »
Des équations qui les aident
à marcher
jusqu’à l’épicier du coin.

Ils ont peint la cascade en noir, massacré le tigre,
enterré les photos cornées de l’horizon.
Ils habitent des garçonnières,
où ils écoutent
assis
les remous de la circulation,
les querelles des pigeons sur le toit.
En regardant
le jour devenir nuit,
les étoiles grandir dans le ciel.
Ils s’allongent
dans le noir
en attendant
la clémence du sommeil.

(Peter Bakowski)
Le coeur à trois heures du matin

Recueil: L’insurrection poétique Manifeste pour vivre ici
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Pensons-y (Thomas Vineau)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2022




    
Pensons-y

Le pingouin
ne nage pas dans l’eau
il vole

(Thomas Vineau)

 

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Chéri, penses-tu à moi? (Kye-Lang)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022


automne

Une pluie de fleurs de poirier tombait
Nous nous séparâmes, larmoyantes embrassades
Maintenant le vent d’automne casse les feuilles
Chéri, penses-tu à moi?
Mes songes solitaires vont et viennent
Milles li nous séparent

(Kye-Lang)

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