Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pépiement’

OBSCUR DÉJÀ (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Guillaume Bourquin Trois peupliers 2005

OBSCUR DÉJÀ

Crépuscule du soir.
Sur les hauts peupliers
roucoulent les tourterelles.
À peine, çà et là,
bercées dans la brise,
des cimes d’or légères.

Un pépiement perdu, là-haut ;
en bas, deux yeux
qui regardent l’ombre et s’en vont vers elle,
comme fleuves profonds vers une mer profonde,
profonde.

Fermés, très noirs,
sur le fond de folie
du couchant à vif,
les troncs
comme des hommes tristes,
si nombreux et chacun si seul.

***

YA OSCURO
El anochecer.
Se arrullan las tórtolas
en los altos olmos.
Apenas, aquí y allá, quedan,
mecidas en brisa,
cimas leves de oro.

Un pío perdido, en lo alto;
abajo, dos ojos
que miran la sombra y se van a ella,
como ríos hondos a un mar hondo, hondo.

Cerrados, muy negros,
contra el fondo loco
del ocaso agudo,
los troncos,
como hombres tristes,
cada uno isiendo tantos! solo.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Guillaume Bourquin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La poésie… (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



Illustration: Robert Delaunay
    
La poésie…

Elle se tient là dans le miroir des jours
Elle caresse le ciel du bout des doigts
Elle se tait entre deux battements d’ailes
Elle dit le feu le vent et l’étincelle
Elle est la faim la soif qui ensorcelle

Elle est soleil levant
pépiement matinal
Elle est poisson volant dans un feu végétal
Elle est lointaine et proche étrange et familière
Elle est le chant secret
la danse des fougères
Elle est la fleur sauvage la flûte traversière

Ombre posée sur les paupières de la nuit
Elle se tient silencieuse aux carreaux de ta vie

Elle est celle qui prie aux croisées de ta joie

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SYMPHONIE PASTORALE (Francis Ponge)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



SYMPHONIE PASTORALE

Aux deux tiers de la hauteur du volet gauche de la fenêtre,
un nid de chants d’oiseaux, une pelote de cris d’oiseaux,
une pelote de pépiements, une glande gargouillante cridoisogène,
Tandis qu’un lamellibranche la barre en travers,
(Le tout enveloppé du floconnement adipeux d’un ciel nuageux)
Et que le borborygme fait le bruit des entrailles,
Le coucou bat régulièrement comme le bruit du cœur dans le lointain.

(Francis Ponge)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Présence invérifiable (Michel Dugué)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Le rectangle neigeux dans sa housse de pépiements
puis le mur croulé assurant une garde un peu triste,
enfin la maison aux ouvertures transies.

Présence invérifiable.

Le temps nous les dissimule.
Un mot seul les efface .
Néanmoins, ils sont là,
adossés au talus
que l’œil ne cesse de gravir.

(Michel Dugué)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chant des oiseaux à midi (Dalia Ravikovitch)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017




    
Chant des oiseaux à midi
Ce pépiement
N’est certes pas méchant.
Ils chantent sans penser à nous
Et ils sont aussi nombreux que la semence d’Abraham.
Ils ont leur propre vie
Et voler est pour eux chose normale.
Certains sont oiseaux rares et d’autres vulgaires
Mais toute aile est grâce.
Leur coeur n’est jamais lourd
Même en piquant un ver.
Peut-être sont-ils simplement insouciants.
Les cieux sont leur royaume
De jour et de nuit.
Et lorsqu’ils touchent une branche
Elle est leur aussi.
Ce pépiement est dénué de malice
Et avec le temps il paraît même
Plein de compassion.

(Dalia Ravikovitch)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: J. Milbauer
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’aube s’ouvre aussi (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



L’aube s’ouvre aussi

L’aube s’ouvre aussi
sur les larmes
une tristesse
un ruissellement irrésistibles
l’effacement absolu des choses
des pensées
car le regard heurte ces larmes
sans issue

nulle trouée dans le coeur
ni dans les pins
le ciel d’un blanc obscur
suinte sur les feuillages
qui s’enfoncent à l’infini
parmi la brume
le coeur aussi seul
irrémédiablement définitivement
seul
que le pépiement de cet oiseau
perdu dans le brouillard

ce n’est pas un chant
pas même un appel
juste un faible cri
au milieu de l’abîme du monde

il ne saura jamais qu’un coeur
l’a recueilli.

(Jean Mambrino)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un invisible oiseau dans l’air pur a chanté (Cécile Périn)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



Un invisible oiseau dans l’air pur a chanté.
Le ciel d’aube est d’un bleu suave et velouté.

C’est le premier oiseau qui s’éveille et qui chante.
Ecoute! Les jardins sont frémissants d’attente.

Ecoute! Un autre nid s’éveille, un autre nid,
Et c’est un pépiement éperdu qui jaillit.

Qui chante le premier? Nul ne le sait. C’est l’aurore.
Comme un abricot mûr le ciel pâli se dore.

Qui chante le premier? Qu’importe On a chanté.
Et c’est un beau matin de l’immortel été.

(Cécile Périn)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TRES TARD (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2015



 

TRES TARD

Piaillant â la lumière, l’oiseau s’élève
jusqu’aux cimes dorées ;
son pépiement résonne
dans l’ombre tout en bas,
comme en un puits profond
de verdure et silence.

— Il s’évanouit en sa haute chimère,
à travers de magiques lumières.
Mon coeur est l’ombre
de la profondeur qui résonne. —

***

MUY TARDE

Piando a la luz, asciende el pájaro
por las doradas copas;
y su pío resuena
en la sombra de abajo,
como en un pozo hondo
de verdor y silencio.

—Él se sume en su sueño alto,
atravesando luces medicas.
Mi corazón es sombra
del fondo resonante.—

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Lourd était son coeur (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015




Lourd
était son coeur
sur la grève,
un pépiement de passereau.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :