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Posts Tagged ‘pépier’

Ils ne chantent pas (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2019




    
Ils ne chantent pas
pourtant comme ils me sont chers
les moineaux qui pépient

***

Ze kunnen niet zingen
maar ze zijn me lief
de kwetterende mussen

***

No pueden cantar
pero me son cariñosos
gorriones piando

***

They cannot sing
however I cherish them
twittering sparrows

***

Non è un canto
però mi è caro
trillo di passeri

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Pataugé, épié, pépié (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



 

abysses

Pataugé, épié, pépié
appris à écrire sur l’ardoise
avec la craie d’une mer ancienne
Si je pouvais lancer mes tentacules
au plus profond…
et que palpite une invisible lueur

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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En ma main (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




Illustration
    
En ma main pépie l’hirondelle:
merveille de maintenir
le printemps captif !

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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Chagrin d’enfant (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: William Blake
    
Chagrin d’enfant

Ma mère gémit, mon père pleura ;
Je sautai dans ce monde dangereux,
Désarmé, nu, pépiant à tue-tête
Comme un démon caché dans un nuage.

Me débattant dans les mains de mon père
Me démenant dans mes langes
Ficelé et las, je préférais
Bouder sur le sein de ma mère.

Quand je vis que la rage était vaine
Que bouder ne servirait de rien
Après bien des espiègleries et des ruses
Je commençai à m’apaiser et à sourire.

Je m’apaisai de jour en jour.
Le moment vint où je tins debout sur le sol
Et je souris nuit par nuit
N’ayant de but que le plaisir.

Et je vis devant moi briller
Des grappes de la vigne sauvage
Et nombreux, des arbres et des fleurs charmants
Étendirent sur moi leur floraison printanière.

Mon père alors, avec les yeux d’un saint,
Un livre saint dans les mains
Prononça des malédictions sur ma tête
Et me lia à l’ombre d’un myrte.

***

INFANT SORROW

My mother groand! my father wept.
Into the dangerous world I leapt:
Helpless, naked, piping loud;
Like a fiend hid in a cloud.

Struggling in my fathers hands:
Striving against my swadling bands:
Bound and weary I thought best
To sulk upon my mothers breast.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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En avril (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
En avril

En avril sous les bourgeons roux,
Voici le bouvreuil aux cris doux,
Voici le merle et la mésange,
Que nul vent glacé ne dérange,
Pépiant au soleil nouveau,
Pendant que d’argent clair se frange
La berge noire des ruisseaux.

Voici le vert cendré des pousses;
Étalant de bleuâtres housses,
La mousse où fleurissent dorés,
Caressés du ciel azuré
Les coucous, où les anémones
Ouvrent leurs pétales nacrés
À l’abri vaporeux des aulnes.

Voici la flûte verte et glauque
Des grives et la plainte rauque
Des crapauds en amour montant,
Des vases molles de l’étang
Et qui, bourdonnante, dévide
Son rythme par les joncs humides
Que chauffe un soleil éclatant.

Voici les trembleuses fougères
Déroulant leurs crosses légères
Et les longs iris flexueux
Qu’agite le vol anguleux
Et fantasque des demoiselles
Effleurant leurs calices bleus
Du bout transparent de leurs ailes.

Ah! Viens, mon amour, je le veux,
Viens, dans la nuit des chemins creux
Parmi les fleurs en avalanches,
Mon coeur est un nid sous les branches;
Viens, comme un doux oiseau lassé,
Dans le nid tiède reposer
A l’ombre des épines blanches.

(Marie Dauguet)

 

 

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S’asseoir sur un murger… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Alexander Nedzvetskaya
    
S’asseoir sur un murger…

S’asseoir sur un murger, les pieds dans les broussailles
Et les doigts enlacés aux rugueuses pierrailles,
Seule avec les lointains où le soleil se meurt,
Seule avec sa pensée et seule avec son coeur.

Respirer le parfum des herbes attiédies,
Ecouter la cigale aux lentes psalmodies
Vibrer parmi les brins séchés des serpolets,
Voir s’embrumer du soir le vitrail violet.

Voir s’élever du creux des placides jachères,
En arceaux imprécis, l’encens crépusculaire,
Et l’orchis opalin de la lune, aux prés bleus
Du ciel, éparpiller son pollen nébuleux.

Savourer cette odeur de la lande que baigne
Quelque ruisseau muet et filtrant sous les sphaignes,
Savourer cette odeur enivrante qui sort
Mystérieusement de la gèbe qui dort.

Goûter le souffle obscur de la forêt prochaine
Dont le frisson murmure au feuillage des chênes,
La fauve et l’âcre odeur qui vient comme un baiser
De faune sur la bouche ardemment se poser.

Et n’être que la nuit, le parfum, la bruyère,
Le tourbillon léger des derniers éphémères,
Etre le serpolet bruissant sous ma main,
Fuir hors de ce cachot qu’on nomme un coeur humain,

Mais, dans l’humilité douce des moindres choses,
Devenir l’herbe morte où le grillon repose,
Ou bien le roitelet lassé de pépier
Qui perche sommeilleux aux branches des ronciers.

(Marie Dauguet)

 

 

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Anniversaire (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Anniversaire

« Et j’avais cinquante ans quand cela m’arriva. »

Je ne crois plus au langage des fleurs
Et l’Oiseau bleu pour moi ne chante plus.
Mes yeux se sont fatigués des couleurs
Et me voici las d’appels superflus.

C’est en un mot, la triste cinquantaine.
Mon âge mûr, pour tous fruits tu ne portes
Que vue hésitante et marche incertaine
Et ta frondaison n’a que feuilles mortes !

Mais des amis venus de l’étranger,
— Nul n’est, dit-on, prophète en son pays —
Du moins ont voulu, non encourager,
Consoler un peu ces lustres haïs.

Ils ont grimpé jusques à mon étage
Et des fleurs plein les mains, d’un ton sans leurre,
Souhaité gentiment à mon sot âge
Beaucoup d’autres ans et santé meilleure.

Et comme on buvait à ces vœux du cœur
Le vin d’or qui rit dans le cristal fin,
Il m’a semblé que des bouquets, en chœur,
Sortaient des voix sur un air divin ;

Et comme le pinson de ma fenêtre
Et le canari, son voisin de cage,
Pépiaient gaiement, je crus reconnaître
L’Oiseau bleu qui chantait dans le bocage.

(Paul Verlaine)

Illustration: Remy Disch

 

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Le peuplier veut s’élancer toujours (Philippe Jones)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Un arbre fuselé scande le paysage de son exclamation.
Le peuplier veut s’élancer toujours, et son feuillage pépie de lumière.
Souvent à plusieurs, et côte à côte, ils se fondent en rideau.
Ils soulignent alors, comme des cils, le regard d’un étang,
ou filtrent les clins d’oeil d’un ruisseau.
C’est l’appel le plus aigu, le lien le plus vibrant
que la nature ai tracé entre terre et nuage.
Un souffle sans cesse l’habite,
et dans la plaine un clocher lui répond.

(Philippe Jones)

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