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Poésie

Posts Tagged ‘percer’

Étoile (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019




    
Étoile

Au ciel uni mat bleu sombre, à corps noir, –
quelque chose infiniment douce, vive et élevée perce
— accompagnée d’éclat, de distance, de pureté,
pénétration, finesse, isolement
— présences —

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Longtemps si j’ai demeuré seul (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2019




    
Longtemps si j’ai demeuré seul,
Ah! qu’une nuit je te revoie.
Perce l’oubli, fille de joie,
Sors du linceul.

D’une figure trop aimée,
Est-ce toi, spectre gracieux,
Et ton éclat, cette fumée
Devant mes yeux ?

Ta pâleur, tes sombres dentelles,
Le bal qui berçait nos pieds las,
Un corps qui plie entre mes bras :
je me rappelle…

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Réveil (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019




    
Réveil

Si tu savais encor te lever de bonne heure,
On irait jusqu’au bois, où, dans cette eau qui pleure
Poursuivant la rainette, un jour, dans le cresson
Tremblante, tes pieds nus ont leur nacre baignée.
Déjà le rossignol a tari sa chanson;
L’aube a mis sa rosée aux toiles d’araignée,
Et l’arme du chasseur, avec un faible son,
Perce la brume, au loin, de soleil imprégnée.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’INITIAL (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



Illustration: Josephine Wall
    
L’INITIAL
Âditama

Qui en mon for intérieur muet
arpente les brumes de ma pensée,
demeure près du coeur et pourtant
reste distant,
qui habite l’air à jamais inouï?
Mon espérance est de le chanter —
mais mon jour passe dans le silence
lancinant
de ne pouvoir dire mon sentiment.
Où sont les mots, les mots
qui me fuient ?

Le monde en pleurs qui ruisselle
dans mon sang
que veut-il —
qui connaît le message du primitif
originel ?

Le rayon qui franchit l’orage
perçant le voile des vapeurs
pour venir embrasser la planète
est l’enfant du paradis ;

les mots qu’il lui dit à l’oreille
la terre encore aujourd’hui
en répand le souvenir
parmi les brins d’herbe —
et entend,
les yeux sur son passage rivés,
l’air de son chant.

La pulsion première de la vie
palpite dans la moelle des figuiers,
ses harmoniques insonores vibrent .
nuit et jour au fond du ciel —
et mes veines jusque dans les fibres
résonnent d’elle ;

et dans les profondeurs du conscient
une danse se compose
de figures invisibles
au chant du feuillage susurrant.

Volubiles sont ces arbres, ces plantes
en feuilles et en fleurs —
au fond de l’abysse de silence
où le verbe est roi,

au travers des terres et des eaux
silencieux
j’écoute la respiration première
sacrée,
j’entends la muette rumeur
de la pensée enfouie.

Dans cet univers orphelin de parole
qui s’étend de la poussière terrestre
aux confins stellaires
je prends place
les yeux ouverts emplis d’un chant
sans sonorité.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019



Illustration: Jérôme Royer
    
LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE

Vieil homme vieil homme
arbre à la dure écorce
de quels bourgeons es-tu capable encore ?

Est-ce que soudain tu recommences ?
Est-ce bien toi qui regardes qui entends?
Où vas-tu, mon chemin ?
Je ne te voyais plus dans la forêt
Un éclair, mille éclairs
percent l’ombre et m’illuminent

Qui a vécu vivra
Un reflet perdu
Une voix chante et s’éloigne

Pour un rayon pour un regard pour un visage
j’adore ton retour sans fin
O vie interrompue
toujours reprise

De ce torrent source cachée
je détourne le cours
jusqu’à l’infinitude
au-delà de la mort.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Aube si grise (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2019




    
Aube si grise
soudain perce l’aurore
un merle chante.

***

Zo grauw de ochtend
plots breekt de dageraad door
lied van een merel

***

So grey the morning
suddenly the morning dawns
song of a blackbird

***

Grigio mattino
improvviso nell’alba
canto di merlo

***

Mañana tan gris
súbito el amanecer
canto de mirlo

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Printemps des lisières (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Illustration: Jean-louis Jabalé   
    
Printemps des lisières,
Les bourgeons du soleil

Percent la coque
De nos insomnies,
Font voler en éclat

Nous arrachent
Au socle pétrifié de l’hiver,

Creusent nos vases mortes
De sillons de lumière,

La dure écorce de nos peurs,
Nous invitent à être là simplement
Dans la joie ample de marcher,

Libèrent en nous
Mille chants d’oiseaux.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Chacun reste seul (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Benoit Colsenet
    
Chacun reste seul sur le coeur de la terre
percé par un rayon de soleil
et soudain c’est le soir.

***

Ognuno eta Bolo sul cuor sella ferra
trafitto da un raggio di sole
ed è subito sera.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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FLEURS DE CARÊME (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
FLEURS DE CARÊME

Primerose, anémone, mousse et campanule
Poussent au royaume de la croix

Et le bourgeon pourpre du frêne
Dresse l’épée qui verse Son sang.

Les épines qui percent Son front,
De tendres pétales les entourent

Car dans chaque fleur réside le secret
De l’arbre qui crucifie.

Jardin près de l’eau claire
Tous ceux qui entrent ici doivent mourir !

***

LENTEN FLOWERS

Primrose, anemone, bluebell, moss
Grow in the kingdom of the cross

And the ash-tree’s purple bud
Dresses the spear that sheds his blood.

With the thorns that Pierce his brow
Soft encircling pelais grow

For in each flower the secret lies
Of the tree that crucifies.

Garden by the water clear
All must die that enter here !

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018




    
CONTEMPLATION

Avec une peur ancienne se lamentent ou pleurent les voix.
Des formes fugitives venues pour la cérémonie
où elles arracheront de toi le coeur de ta figure lointaine.

La nuit fulgure au dedans de ton masque.
Elles te percent de croassements,
elles te martèlent d’oiseaux noirs.

Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.
Quand nous sommes arrivés au centre de l’obscurité
le bois s’est ouvert.

Les formes épouvantées de la nuit sont mortes
et il n’y a plus eu ni dehors ni dedans.

Elles t’ont précipitée,
tu as disparu le masque à la main.
Et plus rien n’a eu l’air d’un coeur.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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