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Posts Tagged ‘perdrix’

LES VIPÈRES PRE…CIEUSES… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



LES VIPÈRES PRE…CIEUSES…

Les vipères précieuses
Qui vont boire
Glissent sous les paupières
Du grès.

La perdrix dans les prêles
Chantera jusqu’à la nuit.

Les peupliers, ruisselants
De bonnes nouvelles,
Tremblent sous les pieds légers
Du soleil.

Je suis l’homme
Aux durs talons,
Aux mains d’écorce.
Les couteaux rouges du pré
Traversent mes cheveux
Et mon souffle au tien
Se mêle,
Bonne chair aventureuse
De la terre.

(Jean Rousselot)

Illustration: Alberto Giacometti

 

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PAROLES POUR L’HERBE (Max Rouquette)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2016



 

PAROLES POUR L’HERBE

Secrète paix, ombre du sentier,
monde caché de la fourmi,
si douce sous le pas dans l’ombre,
tu m’as accueilli comme une amie.

Debout tu bois aux sources de la nuit,
droite, dans les ténèbres muettes,
depuis que du front lisse du mont,
l’ombre était descendue.

Et tu savais l’envol de la perdrix
et la douce arrivée de la palombe,
et contemplais le ciel nu, pur miroir,
aussi nu que ta combe.

Mais pure, comme la fleur du bois-gentil
et plus humble encor que la mauve,
avec les étoiles au ciel,
tu frissonnes au vent de l’aube.

***

PARAULAS PER L’ERBA

Secreta patz, ombra dau carrairón,
monde escondut de la formiga,
tan doça jos lo pas en la foscor,
m’as aculit corn una amiga.

E beves drecha a las fonts de la nuoch,
drecha en l’escura muda,
despuoi que dau front lis dau puog,
l’ombra t’era venguda.

E conoissent l’envóu dau perdigal
e lo suave pausar de la palomba,
miraves lo cel nud, linde miralh
tan desert que ta comba.

Mas pura aitau la flor del trentanel
e mai umila que la mauva,
ambe las estelas au cel
tressalisses au vent de l’auba.

(Max Rouquette)

 

 

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J’aime deviner (Pierre Ferran)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



Au jeu des couleurs
On se distrayait dans mon âge tendre.
J’ai toujours aimé;
Je ne trouvais pas!

– Cherche un pays bleu.
Je restais muet
– La Prusse… Cite des yeux vairs.
Je ne disais mot
On me répondait:
L’un mordoré, l’autre lilas!

Au jeu des couleurs
veux-tu que l’on joue?
Pose tes questions!…

– Mes prunelles sont
parme ou châtaines?
– Mes cheveux, dis-moi:
Blés mûrs dans les champs?
Aile de corbeau?
– Ma jupe, comment?
Citron? Anthracite? …
Non! Non! celle d’hier:
– Mon amour pour toi:
Amarante? Orange?

Et tu riais fort de mon embarras!

J’aime toujours jouer
au jeu des couleurs
mais je n’en sais qu’une!
Celle de ma peine:
gorge de perdrix
tuée par les chasseurs…

(Pierre Ferran)

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Refuge pour les oiseaux (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016


Refuge pour les oiseaux

Entrez n’hésitez pas c’est ici ma poitrine
Beaux oiseaux vous êtes la verroterie fine
De mon sang je vous veux sur mes mains
Logés dans mes poumons parmi l’odeur du thym
Dressés sur le perchoir délicat de mes lèvres
Ou bien encore pris dans la glu d’un rêve
Ainsi qu’une araignée dans les fils du matin
La douleur et la chaux ont blanchi mon épaule
Vous dormirez contre ma joue les têtes folles
Pourront bien s’enivrer des raisins de mon coeur
Maintenant que vous êtes la je n’ai plus peur
De manquer au devoir sacré de la parole
C’est à travers vos chants que je parle de moi
Vous me glissez des bouts de ciel entre les doigts
Le soleil le grand vent la neige me pénètrent
Je suis debout dans l’air ainsi qu’une fenêtre
Ouverte et je vois loin
Le Christ est devenu mon plus proche voisin
Je remue des printemps en ramassant vos ailes
Vous savez qu’il y a du bleu dans mes prunelles
Et vous le gaspillez un peu dans tous les yeux
Refermez les forêts sur moi c’est merveilleux
Cet astre qui ressemble tant à mon visage
Un jour vous écrirez mon nom en pleine page
D’un vol très simple et doux
Et vous direz alors c’est René Guy Cadou
Qui monte au ciel avec pour unique équipage
La caille la perdrix et le canard sauvage.

(René-Guy Cadou)

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Suzon (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



 

Cesar Santos 1982 -  Cuban-born Figurative American painter - Tutt'Art@ (19)

[…]

Suzon qui, tresses dénouées,
Chante en peignant ses longs cheveux,
Fait envoler dans les nuées
Tous nos songes et tous nos voeux.

Margot, c’est Glycère en cornette ;
O chimères qui me troublez,
Le jupon de serge d’Annette
Flotte en vos azurs étoilés.

Que m’importe, dans l’ombre obscure,
L’habit qu’on revêt le matin,
Et que la robe soit de bure
Lorsque la femme est de satin

Le sage a son coeur pour richesse.
Il voit, tranquille accapareur,
Sans trop de respect la duchesse,
La grisette sans trop d’horreur.

L’amour veut que sans crainte on lise
Les lettres de son alphabet ;
Si la première est Arthémise,
Certes, la seconde est Babet.

Les pauvres filles sont des anges
Qui n’ont pas plus d’argent parfois
Que les grives et les mésanges
Et les fauvettes dans les bois.

Je ne rêve, en mon amourette,
Pas plus d’argent, ô vieux Paris,
Sur la gaieté de Turlurette
Que sur l’aile de la perdrix.

Est-ce qu’on argente la grâce ?
Est-ce qu’on dore la beauté ?
Je crois, quand l’humble Alizon passe,
Voir la lumière de l’été.

(Victor Hugo)

Illustration: Cesar Santos

 

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Comment combiner parole et silence sans altérer la Réalité? (Fêng Hsüeh)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2015




Un moine demanda un jour à maître Fêng Hsüeh:
« La parole altère la transcendance (de la Réalité),
et le silence altère la manifestation.
Comment combiner parole et silence sans altérer la Réalité? »

Le maître répondit:
« Je me souviendrai toujours du paysage printanier que je vis un jour dans le Chiang Nan.
Les perdrix gloussaient parmi les fleurs parfumées, alors dans leur éclat! »

(Fêng Hsüeh)

Illustration

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Il vit comme l’envol effaré de la perdrix (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



Il vit
comme l’envol effaré de la perdrix
pressentant à son cou
les griffes de l’aigle.

(Bernard Montini)


Illustration

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