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Poésie

Posts Tagged ‘perdu’

VENTE (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Germain Droogenbroodt
(Grand Merci Germain pour tout ce que tu me donnes à partager: :-))
    
VENTE

Au printemps
je vends
des violettes de jardins perdus
en été
des roses de papier
des asters de mots
en automne
en hiver
des fleurs de glace de la fenêtre
de ma mère morte.
Ainsi je vis
du jour
à la nuit.
La nuit
je chante les louanges
de la lune et des étoiles
jusqu’à ce qu’apparaisse le soleil
et qu’il me vende
au jour.

***

VERKAUFEN

Im Frühling
verkaufe ich
Veilchen aus verlorenen Gärten
im Sommer
Papierrosen
Astern aus Worten
im Herbst
im Winter
Eisblumen vom Fenster
meiner toten Mutter
So lebe ich
in den Tag hinein
in die Nacht
Nachts
rühme ich
Mond und Sterne
bis die Sonne erscheint
und mich verkauft
an den Tag

***

VENDA

Na Primavera,
vendo
violetas de jardins perdidos
no Verão
rosas de papel
sécias de palavras
no Outono
no Inverno
cristais de gelo da janela
da minha mãe morta
Assim vivo
todo o dia
até à noite
À noite
exalto
a lua e as estrelas
até que apareça o sol
e me venda
ao día

***

VENDERE

A primavera
vendo
violette di giardini perduti
in estate
rose di carta
astri di parole
in autunno
in inverno
fiori ghiacciati dalla finestra
della mia madre morta
così io vivo
dal giorno
alla notte.
Di notte
lodo
la luna e le stelle
finché non appare il sole
e vende me
al giorno.

***

VENDER

En primavera
vendo
violetas de jardines perdidos
en verano
rosas de papel
porciones de palabras
en otoño
en invierno
escarchadas flores en la ventana
de mi madre muerta
Así vivo
del día
hasta la noche
Por la noche
alabo
a la luna y las estrellas
hasta que el sol aparece
y me vende
el día

***

TO SELL

In spring,
I sell
violets from lost gardens.
In summer,
paper roses
asters of words.
In autumn in the winter,
frost flowers from the window
of my deceased mother.
So I live
from day
to night.
At night,
I praise
moon and stars
till the sun appears
and sells me
to the day.

***

VERKOPEN

In de lente
verkoop ik
viooltjes uit verloren tuinen
in de zomer
rozen van papier
asters uit woorden
in de herfst
‘s winters
ijsbloemen van het venster
van mijn dode moeder
Zo leef ik
van de dag
naar de nacht
’s Nachts
roem ik
maan en sterren
tot de zon verschijnt
en mij verkoopt
aan de dag

(Rose Ausländer)

 

Recueil: ITHACA 580
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand original / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt
Editions: POINT

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L’enfant perdu (Ryusûi)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2020




    
L’enfant perdu qui pleure, pleure,
mais court après les lucioles

(Ryusûi)

 

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Tu me ressembles et je te reconnais (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



Erika Hopper-21 [1280x768]

 

tu me ressembles et je te reconnais
où tu rassembles et je reconnais
ce que j’aimais toujours
au nom de mon amour apparu si brillant
cité de mon amour dans le brouillard de larmes
mes doigts se nouent tendre hélice à la perte
à son cou mon toujours mon jamais
au nom rallumé de mon amour
cité de loin dans le brouillard de larmes
a-t-on jamais cru
avoir ce qui est perdu

(Martine Broda)

Illustration: Erica Hopper

 

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Ta jeunesse rose qui sentait si bon (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

Konstantin Razumov   39052

Ta jeunesse rose qui sentait si bon

Au bout de la rue
tout au fond
comme éclose
tu arrivais rose
d’avoir trop couru
tu sentais bon

J’aime t’avoir vue
ton air blond
et confuse
avec des excuses
que je n’ai pas crues
tu sentais bon

Où ai-je perdu
tout au fond
comme enclose
au milieu des choses
du temps révolu

Ta jeunesse rose
qui sentait si bon

(Louis Calaferte)

Illustration: Konstantin Razumov

 

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Fais comme l’oiseau (Michel Fugain)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais je suis seul dans l’univers
J’ai peur du ciel et de l’hiver
J’ai peur des fous et de la guerre
J’ai peur du temps qui passe, dit
Comment peut on vivre aujourd’hui
Dans la fureur et dans le bruit
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais l’amour dont on m’a parlé
Cet amour que l’on m’a chanté
Ce sauveur de l’humanité
Je n’en voit pas la trace, dit
Comment peut on vivre sans lui
Sous quelle étoile, dans quel pays
Je n’y crois pas, je n’y crois plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais j’en ai marre d’être roulé
Par des marchands de liberté
Et d’écouter se lamenter
Ma gueule dans la glace, dit
Est-ce que je dois montrer les dents
Est-ce que je dois baisser les bras
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

(Michel Fugain)


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DIALOGUE AVEC JALÂL AL-DîN RÛMI (II) (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



 

Jeanie Tomanek comparison [1280x768]

DIALOGUE AVEC JALÂL AL-DîN RÛMI (II)

On doit être amoureux
de l’amour

Je marche sur ce chemin
qui est le chemin
de ceux qui marchent sans chemin

Perd tout ce qui est à toi
est la condition de trouver
tout ce que tu as perdu

Le puits boit parfois son eau

Le seau sans chaîne
se remplit de sable

Le saut avec une chaîne
se remplit d’eau

Le puits sans la chaîne
et le seau
trahit l’eau qu’il contient

Le ciel qui se voit dans le fond
ne connaît pas la soif
mais nous n’avons pas de seau
ni de chaîne
pour saisir le ciel

Aujourd’hui ta parole
est le seau et la chaîne
qui nous servent
à saisir le ciel

(Serge Pey)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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A UNE PETITE AMOUREUSE DÉFUNTE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Andrew Talbot 400 [1280x768]

A UNE PETITE AMOUREUSE DÉFUNTE

Elle
Qui cherchait ses amants
Dans la nuit,
A pris le calme chemin
Qui mène au pays
Sombre et silencieux de la mort
Par-delà les limites du jour.
Maintenant, petit être solitaire et perdu,
Elle marche
Dans une rue sans fin,
Offrant au néant ses baisers.
Dieu fasse que ses lèvres lui soient douces!

(Langston Hughes)

Illustration: Andrew Talbot

 

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La moindre fêlure (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



La moindre fêlure
d’une vitre ou d’un bol
peut ramener la félicité d’un grand souvenir
les objets nus
montrent leur fine arête
étincellent d’un coup
au soleil
mais perdus dans la nuit
se gorgent aussi bien d’heures
longues
ou brèves.

(Jean Follain)

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Vêtu pour le théâtre (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020


Au bruit du frottement de la cuiller
au fond du bol ombré
revient l’enfance chaotique
à calme muré, voix perdues
peur de nuit

alors s’ouvre la porte sur le visage d’un père
vêtu pour le théâtre.

(Jean Follain)

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Bai-di (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Bai-di

Dans Bai-di, les nuages franchissent les portiques
Sous Bai-di, la pluie tombe à faire crouler le ciel
Haut fleuve, gorge étroite : éclair et tonnerre se combattent
Arbres verts, sombres lianes : soleil et lune s’éclipsent
Chevaux de guerre plus inquiets que chevaux de paix
Sur mille foyers, il n’en reste qu’une centaine
Dépouillée jusqu’aux os, une femme crie sa peine
Dans quel village perdu, sur la plaine d’automne?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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