Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘perdu’

LES PAS PERDUS (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




LES PAS PERDUS

Avant ce fut une lumière
dans mon langage qui est né
à deux pas de l’amour.

Nuit ouverte. Nuit présence.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Paul Delvaux

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au cirque, une nuit, je retrouvai un langage perdu (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Au cirque, une nuit, je retrouvai un langage perdu
lorsque les cavaliers, torches en main,
faisaient une ronde féroce sur des coursiers noirs.
Ni dans mes rêves de bonheur
n’existera un choeur d’anges
capable de fournir, pour mon coeur,
quelque chose de comparable
aux sons chauds des sabots contre les sables.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Bartabas

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Poème (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018



    

Poème qui vint en plein air
Comme l’herbe, comme la mer
Sans autre règle que la vie,
Ténèbres d’avant le jour
Comme vous avez frémi !
J’ai couru mais j’étais lourd

Parmi les causes perdues d’avance
Ainsi : le Grand Amour.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS NOS YEUX (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: André Patte
    
DANS NOS YEUX

Toutes les routes partaient de nos mains,
Les bras, les cheveux, le coeur d’une fille…
Ses cuisses portaient un sauvage printemps.
Les seins d’une fille qui chantait sa peine,
Qui chantait son corps de terre perdue,
Dans nos yeux les bleuets s’ouvraient,
Un cheval de feu noir derrière la haie luisait.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au lieu du Tout perdu (Florence Pazzottu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018




    
au lieu du Tout perdu
un présent
inouï

(Florence Pazzottu)

 

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

LES TRAQUÉS (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



LES TRAQUÉS
(fragment)

Où sommes-nous sur le dos du monde ?
Nous avons tant roulé
d’un sabord sur l’autre
et piqué du nez dans l’embrun
que les méridiens sont brisés.

Le froid du vent ne trouve plus d’obstacle
sur le spardeck nu
c’est un torrent d’herbes mouillées qui dévale.

De la nuit, rien ne naît que ce filin
qui tombe dans ma main durcie.
On entend, comme d’un cachot, rôder la vie
et la Vie c’est la mer façonnant nos destins.

Le vie c’est aussi ce filin dans ma main
ce filin rude et froid qui vient d’en haut
du ciel peut-être
et qui vibre dans ma main.

Je le tirais á moi lorsque j’étais enfant
et la cloche éclatait d’orgueil !
Puis la nuit se peuplait d’étoiles vagabondes
qui glissaient en cercle vers moi
et l’église emmurait alors la voie lactée.

Si je tirais la cloche
dans ce vent d’herbes mouillées
viendraient-ils les vieux de mon village
sur la mer illimitée ?

Si j’éveillais le bruit des heures sur nos têtes
l’église de la nuit serait-elle assez grande
pour accueillir tous ces errants que j’ai perdus ?

Mais les heures ne sont plus saluées par des cloches
dans les sillons de nuit la guerre nous a vidés
loin des villages
loin des étoiles qui vagabondent.

Le vent nous reste, avec la mer, avec la nuit,
près de la Mort qu’il faut servir.

La cloche des heures ne sonne plus
mais les glas sont infinis

(Pierre Béarn)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’AI TOUT PERDU (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018




J’AI TOUT PERDU

J’ai tout perdu de l’enfance,
Jamais plus je ne pourrai
Perdre mémoire à crier.

L’enfance, je l’ai enfouie
Au fond des nuits.
A présent, lame invisible,
Elle me coupe de tout,

Je me souviens comment
J’exultais de t’aimer,
A présent je suis perdu
Dans l’illimité des nuits.

Désespoir incessant, croissant,
La vie ne m’est plus rien,
En travers de la gorge,
Qu’un roc de cris.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AMOUR DE NOTRE AMOUR (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



 

Konstantin Kacev  (55)

AMOUR DE NOTRE AMOUR

JE n’ai rien obtenu et j’ai tout désiré,
Corps, triste chair de sang, de muscles et de nerfs,
Insatiable, et ce duel avec une âme,
Ce fantôme qu’on cherche et qui fuit, ce fantôme
Toujours présent, toujours absent…

Je n’ai rien obtenu, ma quarantième année.
Je suis là, tout pareil à celui qui connut,
Naguère, la chance folle de la jeunesse.
Tout pareil, mais avec des cheveux gris aux tempes,
Le coeur désaccordé, les mains plus paresseuses,
Et cet ennui de tout dont on ne guérit pas…

Je n’ai rien obtenu et j’ai tout désiré.
Bonheurs trop douloureux qu’on invente et qu’on trouve
Et qu’il faut peu à peu détruire à coups de dents.
Bonheurs qu’on ne méritait pas, bonheurs trop sûrs
Pour que le ciel soit toujours clair et l’âme bonne…

Je ne vous laisse point dormir en paix, visages
Des êtres trop aimés façonnés par mes mains.
Je vous vois. Je vous sais fidèles à ma voix.
gais qu’êtes-vous, sinon des visages semblables
A ceux que vous portez, à ceux qui me font mal ?

Je ne puis pas me ressembler. Je suis celui
Qui ne peut pas se ressembler et qui demeure
L’enfant qui souriait devant un grand miroir
Qui souriait, et ne savait s’y reconnaître…

Pardonnez-moi, mes ans perdus, d’avoir été
Celui qui s’est trompé de coeur et d’aventure,
Qui n’a pas su mener ses pas où il fallait.
Où il fallait. Mais qui dira où il fallait ?
C’est là-bas, on ne peut dire où, là-bas, très loin,
Dans quelque exil du coeur et du corps emmêlés,
Au milieu d’un grand cercle sage et calme et triste,
Où tout est résolu d’avance, où il n’est point
D’appels, d’envols, de dieux jaloux de leurs paroles,
De choses qui s’en vont dès qu’on veut les saisir…

Pardonnez-moi, si je ne laisse d’autre trace
Qu’un chemin vague, avec des trous d’incertitude,
Si j’ai tout désiré mais n’ai rien obtenu
Que cet âge, entre les deux frontières de la vie,
Où je me perds encore à dire tous mes manques,
Où le silence en moi me ravit à moi-même…

(Louis Emié)

Illustration: Konstantin Kacev

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Donner tout comme perdu (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Donner tout comme perdu.
Là commence l’ouvert.

Alors à chaque pas
peut être le premier.
Chaque geste a pouvoir
de résumer tous les gestes.

Donner tout comme perdu.
Laisser seules s’ouvrir
les portes qui manquent.

Ou mieux:
les laisser ne pas s’ouvrir.

(Roberto Juarroz)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Demain, hier n’ont plus de sens face au chat immobile.
La corneille crie toujours, comme s’il ne l’entendait pas.
Seule frémit la pointe de ses oreilles.
Couché dans l’ombre, il est l’image du présent. Il vibre.
Il vibre entre deux éclats : on y est, on n’y est pas.
On y entre, on est perdu.

(Jacques Ancet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :