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Sommeil, paisible fils de la Nuit solitaire (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



Caroline Duvivier l'homme de la lune
    
Sommeil, paisible fils de la Nuit solitaire,
Père alme, nourricier de tous les animaux,
Enchanteur gracieux, doux oubli de nos maux,
Et des esprits blessés l’appareil salutaire :

Dieu favorable à tous, pourquoi m’es-tu contraire ?
Pourquoi suis-je tout seul rechargé de travaux,
Or que l’humide nuit guide ses noirs chevaux,
Et que chacun jouit de ta grâce ordinaire ?

Ton silence où est-il ? ton repos et ta paix,
Et ces songes volant comme un nuage épais,
Qui des ondes d’Oubli vont lavant nos pensées ?

Ô frère de la Mort, que tu m’es ennemi !
Je t’invoque au secours, mais tu es endormi,
Et j’ards, toujours veillant, en tes horreurs glacées.

(Philippe Desportes)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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LA CHANSON DU PETIT AIGLON (David Scheinert)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



aiglon

LA CHANSON DU PETIT AIGLON

Petit aiglon dans l’aire,
II faut dormir tout doux.
A la nuit printanière
Succède l’aube des loups.

Petit aiglon dans l’aire,
Il faut te reposer,
Pour égaler ton père
Dans l’art de déchirer.

Petit aiglon dans l’aire,
Il faut fermer les yeux
En louant les bergères
Qui font de toi un dieu.

(David Scheinert)

 

 

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Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

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VERBE ET MATIÈRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Illustration
    
VERBE ET MATIÈRE

J’ai je n’ai pas
J’avais eu je n’ai plus
J’aurai toujours

Un béret Un cheval de bois Un
jeu de construction Un père
Une mère Les taches de soleil à
travers les arbres Le chant du
crapaud la nuit Les orages de
septembre.

J’avais je n’ai plus
Je n’aurai plus jamais

Le temps de grandir, de dési-
rer. L’eau glacée tirée du puits
Les fruits du verger Les veufs
frais dans la paille. Le grenier
La poussière Les images de
femmes dans une revue légère
Les gifles à l’heure du piano Le
sein nu de la servante.

Si j’avais eu
j’aurais encore

La fuite nocturne dans les
astres
La bénédiction de l’espace
L’adieu du monde à travers la
clarté La fin de toute crainte
de tout espoir L’aurore démas-
quée Tous les pièges détruits
Le temps d’avant toutes choses.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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EST-CE VOUS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019




    
EST-CE VOUS

Qui est fou
est-ce moi est-ce vous
est-ce le temps avec sa faux
ou la cloche qui sonne faux
est-ce le père est-ce l’enfant
est-ce le cerf ou bien le faon
la nuit et tous ses parfums
le rêveur et ses songes sans fin
celui qui mange sans avoir faim
est-ce vous est-ce moi enfin
C’est moi c’est vous
il faut aimer à la folie
croire au songe et à l’oubli
bien sage est qui l’avoue

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Berceuse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Ferdinand Hodler

 

Berceuse

Bien loin d’ici, au fond des bois immenses,
Au bord des rivières bleues,
Vivait avec ses fils dans une humble chaumière
Un pauvre bûcheron.

Le plus jeune était grand comme un pouce, —
Comment te bercer,
Dors mon bébé, dors mon petit,
Je suis mauvaise mère.

Les nouvelles sont rares
Sur notre seuil,
Ils ont donné une petite croix blanche
À ton papa.

Peine derrière, peine devant,
Sans fin, la peine,
Prions saint Georges
Pour ton père.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Même le père et la mère du pou (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019




    
Même le père et la mère du pou
sont fiers de leur enfant.

(Jean-Pierre Siméon)

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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Le Départ (Jean Rivet)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Le Départ

Père, cette brève mais éternelle
et inoubliable odeur de tilleul
dans le vaisseau rose du soir.
Le petit garçon s’en va,
toi seul te retournes dans la rue:
il devient ce point qui tremble
dans l’eau pure de tes yeux.

(Jean Rivet)

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Hymne à la joie (Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018




    
Hymne à la joie

Mes amis, cessons nos plaintes!
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants
De fêtes et nos accords pieux!
Joie!

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Nous entrons l’âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Tes charmes relient
Ce que la mode en vain détruit;
Tous les hommes deviennent frères
Là où tes douces ailes reposent.

Que celui qui a le bonheur
D’être l’ami d’un ami;
Que celui qui a conquis une douce femme,
Partage son allégresse!
Oui, et aussi celui qui n’a qu’une âme
À nommer sienne sur la terre!
Et que celui qui n’a jamais connu cela s’éloigne
En pleurant de notre cercle!

Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature,
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent ses traces de rose.
Elle nous donne les baisers et la vigne,
L’ami, fidèle dans la mort,
La volupté est donnée au ver,
Et le chérubin est devant Dieu.

Heureux, tels les soleils volent
Sur le plan vermeil des cieux,
Courrez, frères, sur votre voie,
Joyeux, comme un héros vers la victoire.

Qu’ils s’enlacent tous les êtres!
Un baiser au monde entier!
Frères, au plus haut des cieux
Doit habiter un père aimé.
Tous les êtres se prosternent?
Pressens-tu le créateur, Monde?
Cherche-le au-dessus des cieux d’étoiles!
Au-dessus des étoiles il doit habiter.

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Soyez unis êtres par million!
Qu’un seul baiser enlace l’univers!

***
Ode An Die Freude

O Freunde, nicht diese Töne!
Sondern laßt uns angenehmere
anstimmen und freudenvollere.
Freude!

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer’s nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!

Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.

Froh, wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt’gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.

Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Brüder, über’m Sternenzelt
Muß ein lieber Vater wohnen.

Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such’ ihn über’m Sternenzelt!
Über Sternen muß er wohnen.

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium/
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!

(Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

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L’Etranger (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



L’Etranger

– Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est
resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas…
là-bas… les merveilleux nuages !

(Charles Baudelaire)

 

 

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