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Poésie

Posts Tagged ‘père’

METRONOME (Daniel Birnbaum)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



METRONOME

Un voyage
un temps lointain
une corde incertaine
qui oscille dans l’air
comme les bras de mon père
un saut de quelques mètres
un plongeon contrôlé
le sourire de ma mère
le rire dans mes yeux
j’étais le métronome
du rythme du bonheur
sur cette balançoire.

(Daniel Birnbaum)

 

 

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C’EST AINSI QU’ON ÉCOUTE (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2022




    
C’EST AINSI QU’ON ÉCOUTE

Que peuvent faire le bâtard et l’aveugle
Dans un monde où chacun
A son père et des yeux ? Où passions
Et jurons traînent sur tous les remblais,
Où les larmes s’appellent rhumes de cerveau ?

Qu’ai-je à faire moi, chanteuse de métier,
Sur un fil, glace, soleil, Sibérie !
Obsessions, danses et chants sur les ponts
Moi légère, dans ce monde
de poids et de comptes ?

Qu’ai-je à faire moi — chanteur et premier-né,
Dans ce monde où l’on met les rêves en conserves,
Où le plus noir est gris… Un monde de mesure
Avec mon être — tout de démesure !

C’est ainsi qu’on écoute (l’embouchure
écoute la source).
C’est ainsi qu’on sent la fleur :
profondément — à en perdre le sens !

C’est ainsi que dans l’air, qui est bleu,
la soif est sans fond.
C’est ainsi que les enfants dans le bleu des draps
regardent dans la mémoire ;

C’est ainsi que ressent dans le sang
l’adolescent — jusqu’alors un lotus…
C’est ainsi qu’on aime l’amour :
on tombe dans le précipice.

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans mon village midi carillonne (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022




Dans mon village
midi carillonne.
Mais dans les prés quelle paix
apporte la cloche!
Tu es toujours la même
ma cloche: non sans trouble
je reviens à portée de ta voix.
« Le temps est immobile:
vois le rire des pères,
comme la pluie dans les branches,
dans les yeux des enfants. »

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration

 

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Voilà où je vais mettre mon pays (Nathalie Handal)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2022



Illustration: réfugiés Ukrainiens 02/2022
    
c’est la veille de notre départ,
le jour où mon père
me donne un carnet,
et où je lui dis:
voilà où je vais mettre mon pays.

(Nathalie Handal)

 

Recueil: Anthologie des femmes poètes du monde arabe
Traduction: Maram al-Masri
Editions: Le Temps des Cerises

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PEU M’IMPORTE ! (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2022



Illustration: Konstantin Kryzhitsky
    
PEU M’IMPORTE !

Peu m’importe
De vivre ou non en Ukraine.
Que l’on se souvienne de moi ou que l’on m’oublie,
De moi dans ces neiges étrangères.
Cela m’importe peu.
En captivité, j’ai grandi avec des étrangers,
Sans que les miens ne me pleurent,
En captivité, en pleurant, je mourrai
Et j’emporterai tout avec toi
Ne laissant même pas une seule petite trace
Dans notre glorieuse Ukraine,
La nôtre – qui n’est plus notre propre terre.
Et le père dans ses souvenirs,
Le père ne dira pas à son fils : « Prie,
Prie, mon fils : pour l’Ukraine
Il fut torturé jadis. »
Peu m’importe, si demain,
Si ce fils priera, ou non…
Mais ce qui m’importe réellement
C’est de constater qu’un ennemi ignoble
Endort, dérobe et consume l’Ukraine
La volant et la violant …
Ô, comme cela m’importe !

***

В казематі III

Мені однаково, чи буду
Я жить в Україні, чи ні.
Чи хто згадає, чи забуде
Мене в снігу на чужині –
Однаковісінько мені.
В неволі виріс меж чужими,
І, не оплаканий своїми,
В неволі, плачучи, умру,
І все з собою заберу,
Малого сліду не покину
На нашій славній Україні,
На нашій – не своїй землі.
І не пом’яне батько з сином,
Не скаже синові: “Молись,
Молися, сину: за Вкраїну
Його замучили колись”.
Мені однаково, чи буде
Той син молитися, чи ні…
Та не однаково мені,
Як Україну злії люде
Присплять, лукаві, і в огні
Її, окраденую, збудять…
Ох, не однаково мені.

***

Eu não me importo!

Eu não me importo
Para viver ou não na Ucrânia.
Lembre-se de mim ou me esqueça
De mim nessas neves estrangeiras.
Isso realmente não importa para mim.
Em cativeiro, cresci com estranhos,
Sem chorar minha ausência
Em cativeiro, chorando, vou morrer
E eu vou levar tudo com você
Não deixando nem um pequeno traço
Na nossa gloriosa Ucrânia,
Nossa – que não é mais nossa própria terra.
E o pai em suas memórias
Não dirá a seu filho: « Ora,
Ore, meu filho: para a Ucrânia
Ele foi torturado uma vez. «
Eu não me importo, se amanhã,
Se esse filho vai orar, ou não …
Mas o que realmente importa para mim
É notar que um inimigo ignóbil
Endortar, roubar e consumir a Ucrânia
O volante e o violador …
Oh, como isso importa para mim!

(Taras Chevtchenko)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:

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Un rien me fait chanter (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Christian Schloe  1_  500

Un rien me fait chanter

{Refrain:}
Un rien me fait chanter
Un rien me fait danser
Un rien me fait trouver belle la vie
Un rien me fait plaisir
Un rêve un désir
Un rien me fait sourire l´âme ravie
Quand le ciel est joyeux, je me sens le cœur heureux
Et même quand il pleut j´aime la pluie
J´aime la terre les fleurs la vie et le ciel bleu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Venez avec moi
Je cours dans les bois
Je brûle des branches pourries
Au cœur de l´hiver
Il y a du bois vert
Au printemps la neige est fleurie
Et la marmotte dit à l´écureuil :
« Depuis trois mois je n´ai pas fermé l´œil »

{au Refrain}

Marmotte vous mentez voici venir l´été
Les oiseaux vont chanter dans la nature
Aimons nos pères nos mères la vie et le Bon Dieu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Bonjour mes amis
Le ciel a permis
Que l´on chante encore par le monde
La joie et l´amour
Reviendront un jour
Chantons tous en chœur à la ronde
Ho là! là! garçons et filles jolies
Dites-vous bien chaque jour chaque nuit

{au Refrain}

(Charles Trenet)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Peu à peu (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2021




    
peu à peu j’imite les mauvaises habitudes
de mon père
qui n’est plus

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Quelqu’un parle (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2021



Illustration: Eugène Leroy
    
quelqu’un parle avec une voix qui

ressemble à celle de mon père
le voyage se teinte de tristesse

***

(Santoka)

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Nous tâtonnons (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021



 

James Cobban 7265

Nous tâtonnons à l’aigu du néant
Qui seul nous comble
notre père fruitier.

(André Frénaud)

Illustration: James Cobban

 

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TOM SAWYER (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



TOM SAWYER

Tom Sawyer
Sans en avoir l’air
A parcouru tout l’univers.

il a fait pipi
Dans le Mississippi.

Sur les bords du Saint-Laurent
il haranguait les harengs.

il a fait des pieds de nez
Aux géants et aux Pygmées.

Toujours il trouvait un singe
Pour lui repriser son linge.

Parfois il ne mangeait pas
Pour éloigner les boas.

Et quand il était trop maigre
il couchait avec les nègres.

il explorait des cavernes
Et des mondes subalternes.

il découvrait des trésors
Qu’il jetait par-dessus bord.

Des tours et des tours pendables
Qu’il jouait à tous les notables.

Et si on l’a pas pendu
C’est vraiment qu’on n’a pas pu !

Sur des bateaux à vapeur
il fumait comme un sapeur.

il déambulait souvent
Ses poches remplies de vent,

Mais toujours un grand couteau
Pour parer aux zigotos.

il fessait les orphelins
Qui partageaient pas leur pain.

Embrassait les orphelines
Qui jouaient de la mandoline.

Des crocs-en-jambe il donnait
Au diable quand il boitait.

Ma mère c’est ma mère.
Mon père c’est mon père.

Ma soeur c’est du beurre.
Tom Sawyer c’est mon frère.

Il a eu mille aventures
Ce qui l’a rendu très dur.

Mais son coeur était si bon
Qu’on n’en voyait pas le fond.

(René de Obaldia)

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