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Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire (Pentti Vihtori Holappa)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire,
à cet éclair fulgurant où la perfection se matérialise,
où l’ère glaciaire abat son poing sur l’hémisphère.
J’écris l’apocalypse et je la vois se réaliser.
Dans ma poitrine, à l’endroit du cœur, quelque chose
bouge pourtant comme un colibri énervant ses ailes.
Je le nomme amitié, je l’appelle amour.
Il guette une branche où s’envoler.

(Pentti Vihtori Holappa)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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C’est en elle (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
C’est en elle
Que les courbes

Trouvent leur perfection.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Possibles futurs
Traduction:
Editions: Gallimard

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La croix (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    

La croix

Ne régnait là que le simple, le jaune
et le vert ; une paix de soleil
que les plantes prodiguaient en poussant
vers la lumière comme si jamais
ne devait ternir cet or de la terre.
Des couleurs pour des saisons sans nom
qui régissaient le coeur de l’homme
— à n’en pas finir — une langue
en somme de régularité
un projet d’immédiateté
de perfection et de durée,
un territoire ordonné pour la joie.
Et puis ce fut la brisure d’une croix
une blessure, humble, qui moissonnait
le temps soudain, et qui l’arrêta.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’âme du Vide (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Environnée de vide
comme une constellation,
avec d’infinies distances entre ses points de lumière,
entre ses apparitions hors le temps.

Ainsi vit en parfait équilibre,
en une perfection de mort,
la Vérité sur le grand Néant.
L’âme du Vide.

Comme une constellation
portant nom d’une divinité oubliée.

***

Omgiven av tomhet
så som en stjärnbild av rymden,
med oändliga avstånd mellan sina ljuspunkter,
mellan de tidlösa uppenbarelserna av sig själv.

Så lever i fullkomlig jämvikt,
i död fulländning,
Sanningen om det stora Intet.
Tomhetens själ.

Så som en stjärnbild
med en bortglömd gudomlighets namn.

(Pär Lagerkvist)

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EMBARRAS MATINAL (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    
EMBARRAS MATINAL

Le sol ondule autour
de mes pieds. Les fleurs sauvages
dans leur multitude, me font obstacle,
me barrent la route
m’empêchent de passer.
Je me sens embarrassé.
J’ai l’impression que m’entourent des milliers
de jolis petits poèmes.

Étudiant toute ma
vie la perfection,
je pense immobile
à la modicité de mes vers.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE
(Extraits)

Beauté, ce grand espace tout noir
Où l’homme s’avance les yeux fermés
Un bouquet de coquelicots jeté sur l’épaule
Ce mauvais air qu’on souffle sur les âmes
Le bruit des songes qui épouvante le monde
Jamais ne me feront oublier, Beauté,
Ton regard trop brillant, ta gorge blanche, tes bras.
La terre me retient d’une main tremblante
Car la mort est un dur voyage pour l’homme seul
Quand Dieu se fait vieux
Et n’est plus fidèle aux rendez-vous qu’il donne.
Déjà le radeau de la chance se soulève
Le vent de la chance tourne
L’abîme me prend par le bras, l’abîme
Me fait la courte échelle pour toucher
L’enclume des batailles luisante d’usure
Au fond du ciel tout bleu dans son auge
Dans sa perfection de ciel distrait et pur
Qui perd comme un gant une saison pour une autre.

Encore un peu de sang
Et la première violette charbonne
Sur l’obscure patience des forçats
Porteurs de chaînes dans le matin d’été
Lâchant leur salive noire entre deux jurons
La résine tiède des lèvres
Une goutte et puis une goutte encore
Dans la morsure du fer
Une goutte entre les dents de la lime
Une goutte pour creuser les ténèbres.
Il donne encore un peu de sang
Une goutte et puis une autre goutte
Pour étouffer la poussière d’orage
Qu’on avale à la fin d’un long jour de feu
Et la vie se démène autour des chevilles nues
Le soleil rit dans les montagnes pleines de pavots jaunes
Au-delà des mauvaises herbes où brillent
Les outils, les colonnes du silence.
Donne encore un peu de sang
Et cela fera une journée bien remplie.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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Sous les navires unis aux nuages (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
Sous les navires unis aux nuages
Elle sentait le sable, et les coquilles
L’endroit merveilleux des marées

Le soir marin
Près de ses traînes grises, quand elle était
La nudité d’elle-même
Avec des ombres malheureuses, et elle était
La noire odeur du sang des voûtes

Le chant accumulé
La ligne des pierreries de la mer là-bas
Ses bras comme les courants
Les mains posées sur les perfections éphémères.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Profanation (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Profanation

Mais tes doigts profanes déchirent l’adagio
De ruisseaux en ruisseaux
Montés comme des fleuves

Mille fracas trop purs d’eau pure dans une eau
Tu cherchais l’étendue marine de ton nom
Douceur de ces rochers de sel et de splendeur
Où tout un corps d’eau douce se mêle au rire des vagues

À tes lèvres un cri pousse ta voix lointaine
Profané, tu es seul, naufragé, creux du coeur
Tu es seul, tu es nu, et je perçois tes mains
Elles sont dans la douleur de lampes qui s’éteignent

Referme enfin ce feu qui se faisait ravir
Pour à la fin ce coeur de vague perfection.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Colibri (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration
    
colibri
ailes si rapides
qu’on ne voit que leur lumière.

même vol que l’abeille.

il avance il recule.
parfois sommet des Andes :
un point.

si rapide qu’il semble, en vol,
se séparer de lui-même.

derrière le colibri l’air
agite de petits personnages de vent —
plus loin la tempête
forme une montagne.

immobile.
Mais le violon, lui non plus, n’a pas bougé
depuis trois siècles.

ce coeur
battant vite
dans l’air.

au coeur du monde
sans poids.

loin
sort de son vol.
sort de lui-même.
fleurit.

sort de sa lumière.

danse à la perfection.
dans la grâce.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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BRÈCHE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

BRÈCHE

La pulsation d’une pierre
dans l’air blanc que je respirerai,

une pierre,
lancée par-delà la respiration,
comme ce pouvoir d’en finir avec
les pierres.

La perfection
et l’accélération du manque, ranimée
par la soif de sang
que tu étanches dans la pitié. L’inhumain
air blanc.

Partout où
je me dénie
le monde s’ouvre,

s’ouvre
et te fait place
pour que tu vives.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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