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Poésie

Posts Tagged ‘périple’

LE DÉPART (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
LE DÉPART

En face, l’océan de paix,
Fais démarrer l’esquif, ô Timonier.
Tu seras le compagnon éternel,
Accepte, accepte-moi sur ton giron,
Sur le chemin de l’infini s’allumeront
Les rayons de l’étoile polaire.

Délivreur, ton pardon, ta compassion
Seront les deniers de ce périple pérenne.
Que ce qui t’attache à la terre se dissolve ;
Le vaste univers m’accueille dans ses bras.
Que dans le coeur se fasse connaître
L’identité sans crainte du grand Inconnu.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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LE PÉRIPLE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
LE PÉRIPLE
pour Winifred Nicholson

En gravissant la colline de fossiles
J’ai recueilli des petites pierres soudées:
Je me suis souvenue de la mer archaïque
Où jadis ces cailloux furent mes os.

Je marchais le long du mur d’Hadrien;
Le vent du nord soufflait, venant du pôle.
Oh, je fus cet assaut de violence
Contre les remparts du monde!

Au crépuscule, dans une crypte déserte,
J’ai éprouvé la peur de toutes mes morts :
Des formes que j’avais vues avec des yeux de bête
Peuplaient l’obscurité de mystères.

Je suis restée près d’un torrent
Et d’un tertre où poussaient des chardons;
Ce lieu qui si longtemps avait été mon lieu,
Maintenant mon coeur y pourrit sous terre.

J’ai été la truite qui hante le lac,
L’ombre, la présence qui traverse l’eau.
Tant et tant de vies dont je laisse
Les os épars, les ailes brisées !

J’ai été l’animal qui meurt,
Œil qui se ferme sur l’aubépine dentelée,
Carcasse étouffée bientôt par la mousse,
Crâne englouti sous les fougères.

Les traces de mes pas s’enfoncent dans les sables mouvants
Et les champs d’orge ont bu mon sang, .
Ma sagesse a tracé la spirale d’un coquillage,
Mon labeur a dressé un tumulus de pierres sur une colline.

De loin je suis venue et je dois aller loin,
Il y a tant de tombes qu’habite ma douleur,
Mais toujours les doigts morts font naître
Les fleurs que je bénis de mes yeux vivants.

***

THE JOURNEY
For Winifred Nicholson

As I vent over fossil hill
I gathered up small jointed stones,
And I remembered the archaic sea
Where once these pebbles moere my bons.

As I walked on the Roman wall
The wind blew southward from the pole.
Oh I have been that violence hurled
Against the ramparts of the world.

At nightfall in an empty kirk
I felt the fear of all my deaths:
Shapes I had seen with animal eyes
Crowded the dark with mysteries.

I stood beside a tumbling beck
Where thistles grew upon a mound
That man, a day had been my home,
Where now my heart rots in the ground.

I was the trout that bannis the pool,
The shadowy presence of the stream.
Of many many lives I leave
The scattered bone and broken wing.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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PÉRIPLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




PÉRIPLE

Je suis né sur les bords de la Seine et de l’Oise,
Auprès d’un archipel d’îlots embroussaillés
Qui me semblaient voguer avec les mariniers
Vers Mantes-la-Jolie, ou venir de Pontoise.

Les lourds chalands de bois saluaient la Fin d’Oise
Et menaient à Paris leurs frets dépareillés :
Le vin bleu du Maghreb et la pâte à papier,
L’anthracite du Nord et la bière lilloise.

Sur leur route en lacets c’est dévidé mon âge,
Sans hâte et sans arrêt, le rouleau du voyage
A laminé mon temps jusqu’au dernier filet.

S’il coula dans le creux de mes mains par hasard,
Comme un libre désordre est un effet de l’art,
J’ai pu croire un instant qu’il s’éterniserait.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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J’ai vécu le retrait (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



J’ai vécu le retrait
le repliement la solitude
auxquels m’astreignait
le périple de la quête de soi
et la voix que j’étouffais
ne cessait d’implorer
accordez-moi un sourire
une poignée de main
ce signe d’amitié
qui apaiserait le besoin
que j’ai de vous

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Paroi (Gabrielle Althen)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Paroi

Nulle brèche sur la paroi du jour.
Nulle fenêtre d’osmose où commencer l’amour…
Dehors est un ovale intact,
impérissable œuf de plomb décomposé sur nos sols.
Et il y a la surface intérieure,
paysage rentré sous nos arches de sang.

La mer et la montagne s’évaporaient
lentement dans la brume.
Devant pesait le vase
sans périple du temps.

Si la jeunesse était le chemin
sous la peau de cette veine qui revient,
évasifs, d’un doigt parmi nos spirales sanguines,
nous réinventerions le jour,
et ses fêtes rétractiles sous l’arbre du dedans.

(Gabrielle Althen)


Illustration

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Tout cela est passé, passé, passé (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Tout cela est passé, passé, passé:
Des jours le périple est parachevé.
Quel est le mensonge ou quelle est la force,
O passé, qui peut te faire renaitre ?

(Alexandre Blok)

Illustration: Alfons Mucha

 

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Je fus le temps (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017



Illustration: Ron Mueck  
    
Je fus le temps

Je fus le temps de ces métamorphoses,
d’une saison à l’autre plus exquises,
le pèlerin d’une mer sans limites.

Je naviguais par une force obscure,
je m’inscrivais sur la page du Temps
sans que les mots ralentissent ma course.

Un goéland m’invitait à le suivre.
Il dérivait plus vite que le vent
pour déjouer tous mes itinéraires.

J’ai navigué par la rame et le vin.
Où fut le rêve, où fut l’errance, où furent
des cris perdus les miettes éparses ?

Ai-je existé dans l’autre imaginaire ?
Suis-je le roi de mon île engloutie ?
Surgi des eaux, ne suis-je qu’un mirage ?

Lorsque le Temps jette ses mouches mortes,
je vois le ciel qui s’ouvre comme un ventre.
Il faut crier mais les cris sont taris.

Éternité : le nom de mon périple.
La terre seule est mesure des jours.
Nous échangeons des paroles perdues

pour oublier le vertige final.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Périple (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Périple

A partir
de l’Avenir
l’oiseau de l’instant même
trace l’itinéraire
du rêve et du plaisir.

(Jacques Prévert)

Illustration: Georges Braque

 

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HÉSITATION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



HÉSITATION

Présente-moi cette inconnue
que tu deviens toutes les fois
que mon poème s’insinue
comme un insecte entre tes doigts,
change tes seins en hirondelles
et te partage avec les loups.
M’appartiens-tu, femme rebelle
qui prends la forme du caillou ?
Regarde-moi. Je suis ton maître
et je t’enseigne l’infini :
à chaque pas il faut renaître
devant un verbe qui unit
l’obéissance à l’aventure.
Je reconstruis ton bras naissant,
je recompose ta figure,
mais c’est au fond de notre sang
que ce périple nous ramène,
enfants que chasse la pâleur
et dont le songe vaut à peine
une syllabe qui se meurt.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

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Ruisseaux de coeur (Christine Lièvre)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



J’aurais voulu vous dire, dans le fond de la nuit,
Là où les yeux s’attachent à devenir paroles,
Que j’ai pris dans ma peau, d’une stupeur heureuse,
Votre manière tendre et le tout frêle aveu

De traverser soudain mes sous-bois de silence.

Et vous dire aussi que j’aime à vous connaître
Là où les gestes font, à la place des mots,
Le périple étonné de voir apprivoisés
Votre terre profonde et vos ruisseaux de coeur.

(Christine Lièvre)

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