Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘périssable’

Que diriez-vous d’une île ? (Jean-François Pollet)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



Que diriez-vous d’une île ?

Que diriez-vous d’une île
Au parfum apaisé
Sur le matin tranquille
Que diriez-vous d’aimer ?

Aimer le vent qui vient
S’enlacer dans la vague
Aimer d’un doigt divin
Les bords d’un coquillage

Toucher la dame couchée
Sur les pensées du sable
Toucher son corps passé
Sous les caresses nomades

Toucher le mot gravé
Par l’humain périssable
Toucher le bout du nez
Qui vous bloque le visage

Que diriez-vous d’une île
Au contour effacé
Par la lune immobile
Que diriez-vous d’aimer ?

Aimer les temps floués
Comme un doux paysage
Aimer les cieux noyés
Sous les luttes innombrables

Que diriez-vous d’une île ?

(Jean-François Pollet)

Découvert ici chez écritsecris

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



Poésie

Ce qui est plus que le mot
mais que le mot délivre

Ce qui est périssable
mais qui renaît devant

Ce qui sombre à foison
mais sans cesse se bâtit

Ce qui nous passe toujours
mais dont nous sommes semence

Ce qui a nom de vie
mais que les jours écartent

Ce qui est évidence
mais qui reste en suspens.

(Andrée Chedid)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

POÉSIE II (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

Kristoffer Zetterstrand CloudRose

POÉSIE II

Ce qui est plus que le mot
mais que le mot délivre

Ce qui est périssable
mais qui renaît devant

Ce qui sombre à foison
mais sans cesse se bâtit

Ce qui nous passe toujours
mais dont nous sommes semence

Ce qui a nom de vie
mais que les jours écartent

Ce qui est évidence
mais qui reste en suspens.

(Andrée Chedid)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une fois chaque chose, seulement une fois (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2016



Gustav Klimt   [800x600]

Une fois chaque chose, seulement une fois.
Pourquoi, s’il est loisible de mener ainsi jusqu’à terme notre bref temps d’existence,
laurier un peu plus vert que tout autre sorte de verdure,
avec de petites ondulations à chaque bord de feuille
(tel le sourire d’une brise) — : pourquoi, alors devoir l’humain —
et, évitant le destin, se languir d’un destin ?…

Oh non parce qu’il y a du bonheur,
cet avantage prématuré d’une perte proche.
Non par curiosité, ou pour l’exercice du cœur qui serait aussi dans le laurier…

Mais parce qu’être ici importe,
et parce qu’apparemment tout ce qui est d’ici nous réclame,
tout ce périssable qui étrangement nous concerne. Nous les plus périssables.
Une fois chaque chose, une fois seulement.
Une fois et pas plus.
Et nous aussi, une fois.
Jamais plus.
Mais d’avoir été une fois cela, même si ce ne fut qu’une fois :
avoir été de cette terre semble irrévocable.

(Rilke)

 Illustration: Gustav Klimt

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’enfance (Jean-Patrick Desvignes)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2016



 

Natalia Syuzeva 7b23_L

L’enfance est ce que tu préserves
de neige
dans ce bel aujourd’hui

qui a le goût des fruits
périssables

l’enfance est le surgissement
de l’instant de la neige

ce blanc avènement
sans âge

comme les mots sur la page

l’enfance
est ce que tu préserves
de ce bel étonnement
des mots

(Jean-Patrick Desvignes)

Illustration: Natalia Syuzeva

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous avançons sur des rochers de coquillages (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015



 

rochers coquillages  20090420_112305_ [1280x768]

Nous avançons sur des rochers de coquillages,
sur des socles bâtis de libellules et de sable,
promeneurs amoureux surpris de leur propre voyage,
corps provisoire, en ces rencontres périssables.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DIRE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015



 

Bryce Cameron Liston - (  8) [1280x768]

DIRE

Dire sans dire avec du ciel et du silence
Traduire un sang de feu que je ne comprends pas
Trouver les mots du saule et le gel de l’absence
Suivre le coup de dés fragile de tes pas
Dormir au fond de tes lisières de donneuse
Savoir pour que tu saches que tu ne sais plus
Entrer en toi par l’arbre la lune et l’yeuse
Eteindre le couchant pour toucher ton sein nu
Marquer en toi l’azur pour caresser la nue
Dissimuler que tu simules que je sais
La fuite des vivants et la nuit des statues
Et le matin d’un grand amour sur les genêts
Tout me dit la rosée et mon sang bat plus vite
Le feuillage s’exprime en verdures de mots
Je le sens dans les pales fleurs hermaphrodites
Je le vois dans le vert tendre de tes ormeaux
Et le vent d’émeraude au coude des rivières
Je détiens ce contour charnel que tu connais
Tes yeux ouvrent pour moi leur nacre d’ardoisière
Dans les aubes qui meurent en moi l’aube naît
Comment bercer tes mots avec mon sang qui parle
Des femmes sont éteintes je ne sais pas quand
Dans les fleurs de Paris et dans les pierres d’Arles
Et te voila sans mémoire et sans Alyscamps
Ton corps qui brille un jour prolongera ma cendre
Tu montes le destin que je vais redescendre
D’un regard à jamais nous nous tendons la main
Pour toi les blés d’hier refleuriront demain
La mer passe et ceux qui restent sont périssables
Et je pourrais ne pas avoir connu ce jour
Où nous étions deux corps parmi les grains de sable
Entre la dune d’ombre et l’enfer des labours
Et ce qui n’est ni caresse ni certitude
Propage le babil tremblant de mon émoi
Et je sais O femme d’abîme et d’altitude
Que peut-être ce soir tu rêves comme moi.

(Robert Goffin)

Illustration: Bryce Cameron Liston

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Il y a en moi une inquiétude (Etienne de Senancourt)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2015



Il y a en moi une inquiétude qui ne me quittera pas;
c’est un besoin que je ne connais pas, que je ne conçois pas,
qui commande, qui m’absorbe, qui m’emporte au-delà des êtres périssables.

(Etienne de Senancourt)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOUS LE SABLE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2015



gravier-quartz-blanc-987671

SOUS LE SABLE

Ah! ne posez pas trop pesamment sur le sable
De cette route neuve ou de ce vieux sentier
Dans les feuilles perdu la rose de vos pieds,
O jeunes filles du palais ou de l’étable.

En ce matin où le bouton de l’églantier
En vos beaux doigts fleurit exquis et périssable,
Que votre pas glisse comme un pas de pavane
Et soyez très légères où que vous passiez.

Car il n’est pas d’endroit où sous un peu de terre
Ne repose un amoureux aux deux bras ballants,
Un amoureux d’hier à jamais solitaire;

Car sous tous ces rubans de gravier gris ou blanc,
Sous toute motte de blé noir ou de pré vert
Dort quelqu’un qui chantait il y a trois mille ans.

(Tristan Klingsor)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :