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Poésie

Posts Tagged ‘permanent’

L’INTERHUMAIN (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
L’INTERHUMAIN

Tous les abonnés sont absents. Qu’ils disent.
Par la voix d’une indulgente aux griffes rouges, qui promet,
ça n’engage à rien, de transmettre mon message.

Non, non, pas de message ! Je voulais seulement leur dire… leur dire…

Leur dire que je suis là. Avec le vent. Avec le temps. Avec le sang. Que je suis là, battant.

Avec deux T, comme une porte ouverte ?

Va pour la porte ouverte !
O Dieu femelle en ton standard ! Peut-être ai-je mis la main sur ta cuisse, un jour, au cinéma.
Tu sens la permanente, j’entends grouiller ton ventre.

Et dire qu’il faut en passer par là. Toujours par là !
Raccrochez donc, Essence du Monde !

(Jean Rousselot)

 

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Les empressés (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



 

Maggie Taylor - Garden

Les empressés nous sommes,
Mais la marche du temps,
tenez-là comme rien
au sein du permanent toujours.

tout ce qui est vitesse
ne sera que déjà passé ;
car c’est ce qui séjourne
qui seul nous initie.

Jeunesse, oh ! ne le jette pas
ton cœur dans la rapidité
pas aux tentatives du vol.

L’obscur et la clarté,
la fleur comme le livre :
tout est repos.

***

Wir sind die Treibenden.
Aber den Schritt der Zeit,
nehmt ihn als Kleinigkeit
im immer Bleibenden.

Alles das Eilende
wird schon vorüber sein ;
denn das Verweilende
erst weiht uns ein.

Knaben, o werft den Mut
nicht in die Schnelligkeit,
nicht in den Flugversuch.

Alles ist ausgeruht :
Dunkel und Helligkeit,
Blume und Buch.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Maggie Taylor

 

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De vous, par vous (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Auguste Rodin
    
De vous, par vous,
voie royale
vers les mots.

Permanent souvenir.

Tatouage.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Lorsque tu examines le monde (Boddhisattva Mahâmati)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Lorsque tu examines le monde avec ta sagesse et ta compassion,
il est pour toi comme la fleur de l’éther,
dont nous ne pouvons dire si elle est créée ou évanescente,
car les catégories de l’être et du non-être lui sont inapplicables.

Lorsque tu examines toutes choses avec ta sagesse et ta compassion,
elles sont au-delà du mental et de la conscience,
car les catégories de l’être et du non-être leur sont inapplicables.

Lorsque tu examines le monde avec ta sagesse et ta compassion,
il est éternellement comme un rêve,
dont nous ne pouvons dire s’il est permanent ou sujet à la destruction,
car les catégories de l’être et du non-être lui sont inapplicables.

(Boddhisattva Mahâmati)

 

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Un entier effet de la grâce (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Jeune, je demandais aux êtres plus qu’ils ne pouvaient donner :
une amitié continuelle, une émotion permanente.

Je sais leur demander maintenant moins qu’ils peuvent donner :
une compagnie sans phrases.

Et leurs émotions, leur amitié, leurs gestes nobles
gardent à mes yeux leur valeur entière de miracle :
un entier effet de la grâce.

(Albert Camus)

Illustration: Bernard Rolland 

 

 

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Souveraine (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Alexander Nedzvetskaya
    
Souveraine

Parente
Et souveraine de l’exil
Un grand désordre d’astres te comblait

De tes pas nus tu froisses les oiseaux du serment
Et je suis la mesure éclaircie de tes mains
Je suis dans la fragilité des vergers
Sous les pas
Et toi le souvenir aggravé de la lumière

Un arbre permanent servait ton grand courage
Et tu es parmi ceux pensifs et abrasés
Qui ont sombré plus bas
Que la rosée d’été qui meurt sous l’orage

Parente et souveraine la nuit te dit l’ardente
Tes pas nus sont au-delà des forêts les plus sombres

Ils traversent ma voix avec un chant du monde
Aux limites de ma voix de roches
Et de pensées.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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C’est tout près des rails que j’habite (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



C’est tout près des rails que j’habite,
près du va-et-vient permanent
des vitres de ces trains en fuite
dans le vent nocturne ondoyant.
Dans la nuit éternellement,
Foncent les jours qui se font suite.
Dans chacun des compartiments
c’est moi qui m’accoude et médite.

(Attila Jozsef)

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Chansons (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018




    
Chansons

I
qu’il est jeune le fleuve il dévale
et porte des bateaux joyeux
fleuve bateau belles images
miroitantes je pleure
heureux malheureux
de voir le printemps passer
je suis sur la montagne les printemps passent

un arc-en-ciel permanent brille
dans les vallées les prés le fleuve
tu es la barque et le cantique
ton image flotte au ciel
mais fleuve et bateau passent leur chemin

2
je pense à toi tu disperses
la tristesse
qu’il est frais de promener
mes regards dans ton jardin

des oiseaux merveilleux
y paissent
des anges des cantiques
traversent lentement le ciel

où vont tous les nuages
à l’azur splendide
aucun ne revient
et je reste seul

***

Lieder

I
Frischt eilt der helle Strom hinunter.
Drauf ziehn viel bunte Schifflein munter,
Und Strom und Schiff und bunte Scheine,
Sie fragen aile : was ich weine ?
Mir ist so wohl, mir ist so weh,
Wie ich den Frühling fahren seh.

Viel Lenze sitz ich schon da oben,
Ein Regenbogen steht im Land erhoben
Und durch die Täler, Wiesen, Wogen
Still, wie ein ferres Lied, gezogen,
Schifft immerfort dein himmlisch Bild —
Doch Strom und Schiff nie stille hielt.

2
Denk ich dein, muß bald verwehen
Alle Trübnis weit und breit,
Und die frischen Blicke gehen
Wie in einen Garten weit.

Wunderbare Vögel wider
Wei den dort auf grüner Au,
Einsam Engel, alte Lieder
Ziehen durch den Himmel blau.

Wolken, Ströme, Schiffe, aile
Segeln in die Pracht hinein —
Keines kehrt zurück von allen,
Und ich stehe so allein.

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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Vivre, permanente surprise ! (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




    
Vivre, permanente surprise !

Vivre, permanente surprise !
L’amour de soi, quoi que l’on dise !
L’effort d’être, toujours plus haut,
Le premier parmi les égaux.
La vanité pour le visage,
Pour la main, le sein, le genou,
Tout le tendre humain paysage !
L’orgueil que nous avons de nous,
Secrètement. L’honneur physique,
Cette intérieure musique
Par quoi nous nous guidons, et puis
Le sol creux, les cordes, le puits
où lourdement va disparaître
Le corps ivre d’éternité.

– Et l’injure de cesser d’être,
Pire que n’avoir pas été !

(Anna de Noailles)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: L’honneur de souffrir
Traduction:
Editions:

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La transparence de l’esprit (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2017



Le monde n’a plus de centre
Ni de poids permanents
La transparence de l’esprit est une toupie

(Alain Jouffroy)

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