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Poésie

Posts Tagged ‘permettre’

Le vide (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Sans le vide,
Rien n’est faisable.

Omniprésent,
Même dans le silence.

Tout, sans lui,Serait de la nature du bouchon.

C’est lui
Qui permet que ça remue,
Qu’on remue tout ça.

C’est lui
Qui permet qu’on entre.

C’est lui qui fait
Qu’il y a un dedans.

C’est lui,
La danse.

(Guillevic)

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L’année (Rosemonde Gérard)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



L’année

Janvier nous prive de feuillage ;
Février fait glisser nos pas ;
mars a des cheveux de nuage,
Avril, des cheveux de lilas ;

mai permet les robes champêtres ;
Juin ressuscite les rosiers ;
Juillet met l’échelle aux fenêtres,
Août, l’échelle aux cerisiers.

Septembre, qui divague un peu,
Pour danser sur du raisin bleu
S’amuse à retarder l’aurore ;

Octobre a peur ; Novembre a froid ;
Décembre éteint les fleurs ; et moi,
L’année entière je t’adore !

(Rosemonde Gérard)

Illustration

 

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L’étranger te permet d’être toi-même (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2021




Illustration
    
L’étranger te permet d’être toi-même, en faisant,
de toi, un étranger.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Un étranger avec, sous le bras, un livre de petit format
Traduction:
Editions: Gallimard

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Noire la page où je t’écris (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
[…]
noire la page où je t’écris
je t’écris parce que tu ne sais plus écrire que tu
récites sans te tromper l’alphabet du néant

je t’écris sans écrire
les passants marchent sur mes mots
mes consonnes sont rêches mes
voyelles sont nues

je t’écris pour éteindre le feu qui dévore mes doigts dès qu’ils
touchent ton nom

Dieu de l’oubli
dans quelle poche gardes-tu ceux qui partent
et pourquoi permets-tu que l’on se souvienne

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: Demande à l’obscurité
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Nos instants les plus précieux… (François Jacqmin)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



    

Nos instants les plus précieux…

Nos instants les plus précieux ne furent-ils
pas des états
que rien ne permettait de retenir ? Instants
glanés lors du passage des oiseaux, nous les avons
laissé s’enfuir
afin de ne garder que l’indistinct et l’éphémère
pour preuve de leur traversée.

(François Jacqmin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Manuel des agonisants
Traduction:
Editions: Tétras Lyre

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Où trouver la force de tenir (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2021



Illustration: Bénédicte Pontet
    
Où trouver la force de tenir
Trop longue à poindre
la petite lueur
qui éclairerait le chemin
Comment apprendre la patience
D’où vient cette obstination
qui permet de poursuivre
alors même que tu voudrais renoncer
D’où vient cette force
Pour lui donner plus de vigueur
tu dois descendre encore plus bas
là où l’excès de souffrance
met fin à la souffrance

Tu ne peux encore franchir ce seuil

Tu voudrais t’emplir
de tout ce qui te manque
de tout ce que follement tu désires
mais la prise se dérobe
tes mains ne peuvent rien garder
Tout est emporté par le vent
Alors accepte
Au lieu de vouloir t’emplir
laisse-toi traverser
Accepte d’avoir les mains vides
Peut-être pourront-elles consolider
ceux qui n’ont pas les mots
et pleurent derrière les murs

*

Descends toujours plus bas
aie confiance
Les questions qui te harcèlent
vont trouver réponse
et c’en sera fini
de la tension qui t’étreint

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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ET PUIS CONTINUE (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Illustration
    
ET PUIS CONTINUE

Rien dans cette vie n’arrive par hasard,
penses-tu en regardant les ombres dans le parc
qui se réveillent deux par deux
dans la première percée du soleil.
Tu les couvres avec ton regard
et tu fais un nœud
de tes cris.

Tout dans cette vie a un sens
incompréhensible parfois ou imprévisible
comme les arbres le long du chemin de fer :
les uns se jettent sous les trains qui passent
les autres coupent la main qui fait un signe d’adieu
Et toi, tu roules encore
le nœud dans la gorge,
en refusant d’accepter :

quoi qu’il arrive dans ta vie
permets-lui d’advenir.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’étendue grise (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    

l’étendue grise
Par la mort du plus pur
Toute joie est invalidée
La poitrine est comme évidée,
Et l’œil en tout connaît l’obscur.

Il faut quelques secondes
Pour effacer un monde.

Disparue la croyance
Qui permet d’édifier
D’être et de sanctifier,
Nous habitons l’absence.

Puis la vue disparaît
Des êtres les plus proches.

(Michel Houellebecq)

 

Recueil: Configuration du dernier rivage
Traduction:
Editions: Flammarion

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AU CIEL (Blanca Castellón)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Elisabeth Gecius
    
AU CIEL

Déjà enfant je voulais visiter le ciel
J’ai réussi à l’atteindre grâce
aux poèmes
aux avions
et aux rêves

si je meurs je pense déménager vers la région bleue
déjà je m’emploie à organiser mon séjour éternel
avec son fondateur

plus qu’un impatient j’attends mon arrivée.
Dieu qui nous connaît tous et comprend mon désir
ne permettra pas que je reste errer sur terre pour l’éternité
couvert de vers qui de mon vivant n’ont jamais montré
la moindre affection pour mon humanité.

(Blanca Castellón)

Recueil: ITHACA 584
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache /

Editions: POINTS

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Seul celui qui a osé voir (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2020




    
Seul celui qui a osé voir que l’enfer est en lui y découvrira le ciel enfoui.
C’est le travail sur l’ombre, la traversée de la nuit qui permettent la montée de l’aube.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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