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Posts Tagged ‘perroquet’

NOTRE TERRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020



 

Giampaolo Ghisetti -  (6)

NOTRE TERRE

Il nous faudrait une terre de soleil
De soleil resplendissant,
Et une terre d’eaux parfumées
Où le crépuscule
Est un léger foulard
D’indienne rose et or,
Et non cette terre où la vie est toute froide.

Il nous faudrait une terre pleine d’arbres,
De grands arbres touffus
Aux branches lourdes de perroquets jacassants
Et vifs comme le jour,
Et non cette terre où les oiseaux sont gris.

Ah, il nous faudrait une terre de joie,
D’amour et de joie, de chansons et de vins
Et non cette terre où la joie est péché.

O ma douce amie, fuyons!
Fuyons, ma bien-aimée!

(Langston Hughes)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Le perroquet (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020



Le perroquet

C’est très coquet
Un perroquet

Des plumes rouges
Bleues violettes
Ça vit ça bouge
Et ça répète

C’est très coquet
Un perroquet

Dans un baquet
Un perroquet
Ça fait trempette
Et ça répète

C’est très coquet
Un perroquet

C’est beau, c’est sec
Après toilette
Et ça répète
Du bout du bec

C’est très coquet
Un perroquet

Tais ton caquet
Vieux perroquet
mais ça répète
Saperlipopette

C’est très coquet
Un perroquet

(Jean-Hugues Malineau)

Illustration

 

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Avez-vous vu (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020



hippopotamme

Avez-vous vu le dromadaire
Dont les pieds ne touchent pas terre?

Avez-vous vu le léopard
Qui aime loger dans les gares?

Avez-vous vu le vieux lion
Qui joue si bien du violon?

Avez-vous vu le kangourou
Qui chante et n’a jamais le sou?

Avez-vous vu l’hippopotame
Qui minaude comme une femme?

Avez-vous vu le perroquet
Lançant très haut son bilboquet?

Avez-vous vu la poule au pot
Voler en rassemblant ses os?

Mais moi, m’avez-vous bien vu, moi,
Que personne jamais ne croit?

(Maurice Carême)

 

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Le perroquet (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020




    
Le perroquet

Si je te dis :
il est fier Jacquot,
tu répètes un ton plus haut :
il est fier Jacquot.

Si je te chante :
Allons-z’enfants de la patrie,
tu chantes aussi :
Allons-z’enfants de la patrie.

Mais si je t’annonce devant la fenêtre :
le ciel est bleu aujourd’hui,
tu me réponds sans lever la tête :
le ciel bleu d’une cage est toujours gris.

(Gérard Le Gouic)

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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AVEC TOI (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration
    
AVEC TOI

Turquoise rafale fuient
Par couples les perroquets
Véhémences
Le monde flambe
Un arbre
Bouillonnant de corbeaux
S’embrase sans brûler
Immobile
Parmi les hauts tournesols
Tu es
Pause de la lumière
Le jour
Un vaste mot clair
Battements de voyelles
Tes seins
Mûrissent sous mes yeux
Ma pensée
Est plus légère que l’air
Je suis réel
Je vois ma vie je vois ma mort
Le monde est réel
Je vois
J’habite une transparence

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS

Deux Perroquets, l’un père et l’autre fils,
Du rôt d’un Roi faisaient leur ordinaire.
Deux demi-dieux, l’un fils et l’autre père,
De ces oiseaux. faisaient leurs favoris.
L’âge liait une amitié sincère
Entre ces gens : les deux pères s’aimaient ;
Les deux enfants, malgré leur coeur frivole,
L’un avec l’autre aussi s’accoutumaient,
Nourris ensemble, et compagnons d’école.
C’était beaucoup d’honneur au jeune Perroquet ;
Car l’enfant était Prince, et son père Monarque.
Par le tempérament que lui donna la parque,
Il aimait les oiseaux. Un Moineau fort coquet,
Et le plus amoureux de toute la Province,
Faisait aussi sa part des délices du Prince.
Ces deux rivaux un jour ensemble se jouants,
Comme il arrive aux jeunes gens,
Le jeu devint une querelle.
Le Passereau, peu circonspect,
S’attira de tels coups de bec,
Que, demi-mort et traînant l’aile,
On crut qu’il n’en pourrait guérir
Le Prince indigné fit mourir
Son Perroquet. Le bruit en vint au père.
L’infortuné vieillard crie et se désespère,
Le tout en vain ; ses cris sont superflus ;
L’oiseau parleur est déjà dans la barque ;
Pour dire mieux, l’Oiseau ne parlant plus
Fait qu’en fureur sur le fils du Monarque
Son père s’en va fondre, et lui crève les yeux.
Il se sauve aussitôt, et choisit pour asile
Le haut d’un Pin. Là dans le sein des Dieux
Il goûte sa vengeance en lieu sûr et tranquille.
Le Roi lui-même y court, et dit pour l’attirer :
« Ami, reviens chez moi : que nous sert de pleurer ?
Haine, vengeance, et deuil, laissons tout à la porte.
Je suis contraint de déclarer,
Encor que ma douleur soit forte,
Que le tort vient de nous : mon fils fut l’agresseur.
Mon fils ! non. C’est le sort qui du coup est l’auteur.
La Parque avait écrit de tout temps en son livre
Que l’un de nos enfants devait cesser de vivre,
L’autre de voir, par ce malheur.
Consolons-nous tous deux, et reviens dans ta cage. »
Le Perroquet dit : « Sire Roi,
Crois-tu qu’après un tel outrage
Je me doive fier à toi ?
Tu m’allègues le sort : prétends-tu par ta foi
Me leurrer de l’appât d’un profane langage ?
Mais que la providence ou bien que le destin
Règle les affaires du monde
Il est écrit là-haut qu’au faîte de ce pin
Ou dans quelque Forêt profonde,
J’achèverai mes jours loin du fatal objet
Qui doit t’être un juste sujet
De haine et de fureur. Je sais que la vengeance
Est un morceau de Roi, car vous vivez en Dieux.
Tu veux oublier cette offense :
Je le crois : cependant il me faut pour le mieux
Eviter ta main et tes yeux.
Sire Roi mon ami, va-t’en, tu perds ta peine ;
Ne me parle point de retour ;
L’absence est aussi bien un remède à la haine
Qu’un appareil contre l’amour. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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LA COUR DANS LE PALAIS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Torii Kiyonaga
    
LA COUR
DANS LE PALAIS
Thou-Sin-Yu

Quel calme sévère ! Quel solennel silence !…
Toutes les portes sont closes et les parterres de fleurs embaument, discrètement ;
Deux femmes, appuyées l’une à l’autre, se tiennent debout,
au bord de la terrasse, à balustrade de marbre rouge.

L’une d’elles voudrait parler, confier à sa compagne, le chagrin secret qui meurtrit son cœur.
Elle jette un regard anxieux vers les feuillages immobiles,
et, à cause d’un perroquet, aux ailes chatoyantes, perché sur une branche voisine,
elle soupire, et ne parle pas.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



En ce soir d’automne,
La Pluie éclabousse les lotus flétris,
Et goutte à goutte jaillissent de véritables perles.
Passée l’averse, la lune se lève.
Le froid transit la rive où nichent les sarcelles.

Appuyée à la balustrade, au-dessus de l’étang elle se penche,
pauvre coeur solitaire.
Ah! comment supporter
Une telle détresse ?
De la cage dorée elle s’est approchée:
«Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé.»

(Liu Yong)


Illustration: Giovanni Battista Tiepolo

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Tapisserie (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

jardin secret

Tapisserie

Un magique jardin aux merveilleuses flores,
Avec des escaliers, des rampes, des bosquets ;
Sur les arbres taillés un vol de perroquets
Mêle un éclat vivant d’ailes multicolores ;

Et, tout au fond, dans les charmilles compliquées
Que l’Automne pique de ses parcelles d’or,
Se dresse, solitaire, un vieux Palais où dort
Un lointain souvenir de fêtes évoquées ;

La dégradation douce d’un crépuscule
Enveloppe le beau jardin et s’accumule
Sur le luxe défunt des fastes accomplis ;

Dans les arbres les perroquets à vifs plumages
Volettent, comme si, troublant les longs oublis,
Quelque Belle y traînait ses robes à ramages.

(Henri de Régnier)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

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La voix charmante d’une grive a quelque chose à me confier (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Toi, le perroquet bavard, tais-toi,
veux-tu ? Dans le jardin des saules
la voix charmante d’une grive
a quelque chose à me confier.

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration

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