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Posts Tagged ‘persan’

S’il fallait renvoyer chez eux Les mots (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



    

S’il fallait renvoyer chez eux
Les mots arabes ou arabo-persans
Ca ferait du monde
Et un drôle de vide sur notre carte de séjour :
Azur hasard
D’algèbre à zénith
Jupe (ce serait dommage) & matelas & nuque (mon amour)
Abricot & sirop & sorbet & sucre & tambour
Sans oublier la famille (tambourin
tambour battant) & guitare & lilas luth nénuphar orange
Maboul comme azimut qui va bien & comme
Zéro qui nous résume
Et on serait bien ennuyé

(Bernard Chambaz)

 

 

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PERSAN (Jean-Luc Caizergues)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
PERSAN

La porte s’ou
vre et le tueur
se plante dans
l’entrée.

Énorme et hale
tant il scrute
longuement la
petite

pièce. Un tapis
est roulé dans
un coin, moi
dedans.

(Jean-Luc Caizergues)

 

Recueil: La plus grande civilisation de tous les temps
Traduction:
Editions: Flammarion

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Retouche à l’univers (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    

retouche à l’univers

la nappe le couteau le verre
le sourire et Dieu dans la tranche du pain
et sur un dôme de cuiller
le reflet persan du placard ouvert

dans les détroits du bavardage
la voile blanche du silence
vers des îles

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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Dieu invisible au philosophe (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Le philosophe allait sur son âne; prophète,
Prunelle devant l’ombre horrible stupéfaite,
Il allait, il pensait.

Il allait, il pensait. Devin des nations,
Il vendait aux païens des malédictions,
Sans savoir si des mains dans les ténèbres blêmes
S’ouvraient pour recevoir ses vagues anathèmes.

Il venait de Phétor; il allait chez Balac,
Fils des Gomorrhéens qui dorment sous le lac,
Mage d’Assur et roi du peuple moabite.
Il avait quitté l’ombre où l’épouvante habite,
Et le hideux abri des chênes chevelus
Que l’ouragan secoue en ses larges reflux.
Morne, il laissait marcher au hasard sa monture,
Son esprit cheminant dans une autre aventure;
Il se demandait: « Tout est-il vide? et le fond
N’est-il que de l’abîme où des spectres s’en vont?
L’ombre prodigieuse est-elle une personne?
Le flot qui murmure, est-ce une voix qui raisonne?
Depuis quatre-vingts ans, je vis dans un réduit,
Regardant la sueur des antres de la nuit,
Écoutant les sanglots de l’air dans les nuées.
Le gouffre est-il vivant? Larves exténuées,
Qu’est-ce que nous cherchons? Je sais l’assyrien,
L’arabe, le persan, l’hébreu; je ne sais rien.
De quel profond néant sommes-nous les ministres?…»
Ainsi, pâle, il songeait sous les branches sinistres,
Les cheveux hérissés par les souffles des bois.
L’âne s’arrêta court et lui dit: « Je le vois. »

(Victor Hugo)

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