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Posts Tagged ‘persévérer’

TU DAMNES PAR LES IMAGES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Jean-Jacques Henner
    
TU DAMNES PAR LES IMAGES

Pourquoi les apparences passent-elles?

Si je te touche, belle, tu glaces d’horreur,
Tu montres l’idée nue et, plus cruelle,
Avant que rien m’ait détrompé,
Déjà tu m’as lié à d’autres peines.
Pourquoi crées-tu, pensée, en corrompant?

Pourquoi persévéré-je à t’écouter?

Quel éternel secret
Me hantera toujours en toi?

Je te traque, je te recherche,
Je regravis la pente, sans répit,
Et toujours, inlassable en la tempête
Ou désarmant les rocs,
Tu damnes par les images.

Silences frémissants, élans infinis,
Courses, brûlures jalouses, faux pas,
Rires, tourments, frissons, lèvres inquiètes,
Délirante clameur,
Abandon écumant,
Impérieuse gloire,
Solitude sans nombre,

Votre lumière, je le sais, n’est pas la vraie,

Mais vivrait-on sans tes métamorphoses,
Faute heureuse?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Secret de la pierre vide (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Secret de la pierre vide
que la pioche cherche à percer
où le soleil jamais ne pénètre
Combien sont-ils à persévérer
Penchés sur leur blessure
l’unique richesse
ils ignorent jusqu’où la fièvre les dore

(Edmond Jabès)

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Vous qui savez aimer (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Eugène Louis Lami
    
Vous qui savez aimer, vous qui savez comprendre,
Oh ! Ne vous laissez pas décourager en vain,
Poète dont le coeur, à la fois triste et tendre,
Vibre à chaque émotion du vaste coeur humain !

Gardez toujours en vous la frêle poésie,
Gardez toujours en vous son doux rythme touchant,
Ecoutez bien la voix, âme qu’elle a choisie ;
Gardez toujours en vous la lumière et le chant !

Gardez toujours en vous cet idéal suprême,
La noblesse de l’âme avec celle du coeur ;
Que votre vie soit la poésie même !
Et soyez de vous-même et du monde vainqueur !

Que rien ne vous attriste et ne vous décourage.
Sachant que vous avez l’harmonie et l’amour ;
Persévérez toujours ! — Ayant le grand message
Que chantait autrefois le moindre troubadour.

Oh ! Le monde a toujours été dur aux poètes !
Car la réalité tuait leur idéal,
Mais vous, — Ah ! Soyez grand ! Que tout ce que vous faites
Ait l’élan victorieux d’un hymne triomphal !

Et songez, quand parfois vous êtes seul et triste,
Que votre vie, hélas ! comprime votre coeur,
Ce coeur plein d’harmonie et de rêves d’artiste,
Songez que tout cela doit vous rendre meilleur !

Songez que cette vie ennoblit, ô poète !
Songez que chaque épreuve est un progrès de fait ;
Que c’est un pas de plus vers le sublime faîte ;
Songez que tout cela tend à rendre parfait.

Si votre force, hélas ! parfois s’est endormie,
Qu’à peine vous pouvez rester fier et debout,
Souvenez-vous alors d’une petite amie
Qui saura vous comprendre et souffrir avec vous !

(Renée Vivien)

 

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L’oiseau-coeur (Jacques Gaucheron)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



L’oiseau-coeur

Allez promener dans les bois
Sur une écorce à la clairière
l’oiseau-coeur se pose parfois

Il chante pour que persévèrent
le printemps et les primevères
pour que dure un peu le bonheur

Allez promener dans les bois
sans effaroucher l’oiseau-coeur
Il n’ouvre l’aile qu’une fois.

(Jacques Gaucheron)


Illustration

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AUTOPORTRAIT SANS MIROIR (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



AUTOPORTRAIT SANS MIROIR

I. Je passe

Je suis la femme transparente
Celle qu’on efface sans bruit
Et qui s’en va comme l’eau fuit
Pâle à trente ans comme à soixante.

Je suis la femme murmurante
Qui propose son faible appui
Et cause juste un brin d’ennui
Aux esprits libres qu’elle hante.

Pour ces êtres auxquels je tiens
Je continue à n’être rien
Qu’une tranquille parenthèse.

Quand j’expose mon coeur blessé
Ils coupent court : « Ça va passer !»
Il est plus doux que je me taise.

II. Je casse

Je suis la femme aux nerfs de verre
Mal installée dans ses tessons
Moitié fakir moitié trouvère
Toujours bancale en ses chansons.

Je suis la femme à l’air sévère
Qui ne comprend rien aux leçons
De l’existence, et persévère
Dans l’entretien de ses frissons.

Je suis l’échappée du naufrage
Qui se hâte vers le rivage
Pour se noyer dans un sanglot.

Je suis la femme de baudruche
Qui fait toujours un peu l’autruche
Sous la plume de son stylo.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration

 

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Celui qui connaît les hommes acquiert la sagesse (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Celui qui connaît les hommes
acquiert la sagesse.
Celui qui se connaît lui-même
possède la lumière.

Celui qui conduit les hommes est fort.
Mais celui qui se maîtrise lui-même
détient la vraie puissance.
Celui qui se contente de ce qu’il a est le vrai riche.

Être sans désir, c’est posséder le monde.
C’est suivre la voie.
Si celui qui persévère fait preuve de volonté,
celui qui demeure dans l’ordre des choses est le Sage absolu.

Celui qui meurt mais reste dans le souvenir des hommes
a touché à l’éternité.

(Lao Tseu)

Illustration: Jules-Bastien Lepage

 

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Âme soumise aux mystères du mouvement (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



Âme soumise aux mystères du mouvement,
passe emportée par ton dernier regard ouvert,
passe, âme passagère dont aucune nuit n’arrêta
ni la passion, ni l’ascension, ni le sourire.

Passe : il y a la place entre les terres et les bois,
certains feux sont de ceux que nulle ombre ne peut réduire.
Où le regard s’enfonce et vibre comme un fer de lance,
l’âme pénètre et trouve obscurément sa récompense.

Prends le chemin que t’indiquera le suspens de ton coeur,
tourne avec la lumière, persévère avec les eaux,
passe avec le passage irrésistible des oiseaux,
éloigne-toi : il n’est de fin qu’en l’immobile peur.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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Je persévère (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2015




si je bascule
sur la corde
du chemin

je persévère
sur le fil
de l’espace

(Silvia Baron Supervielle)

Illustration: Alain Chayer

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Aux vitres de notre âme apparaissent le soir des visages anciens (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



Aux vitres de notre âme apparaissent le soir
Des visages anciens demeurés dans le verre;
Leur souvenir, malgré le temps, y persévère,
Visages du passé qu’on souffre de revoir :
Fronts sans cesse pâlis; lèvres déveloutées;
Yeux couverts chaque jour d’ombres surajoutées
Et qui dans la mémoire achèvent de mourir…
Visage, d’une mère ou visage de femme
Qui jadis ont vécu le plus près de notre âme.
Encor si l’on pouvait un peu les refleurir
Ces faces, dans le verre, à peine nuancées
Et voir distinctement leurs traits dans nos pensées !
Faces mortes toujours près de s’évanouir
Et sans cesse émergeant, – sitôt qu’on les oublie, –
Au fil de l’âme, en des détresses d’Ophélie
Dont les cheveux de lin ont un air de rouir..
Ah ! comment essayer d’avoir un peu de joie
Quand les vitres de l’âme aimante sont de l’eau
Où reparaît sans cesse et sans cesse se noie
Un doux visage intermittent dans un halo !

(Georges Rodenbach)

Illustration: John Everett Millais

 

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