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Posts Tagged ‘personne’

Fête intime (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020


joie

Aujourd’hui est fête car
je n’ai personne à voir.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Adieu solitaire (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2020




    
Adieu solitaire
pour ceux qui, où que ce soit, doivent mourir seuls

Froide la chambre
les murs blancs
On entend seulement
l’écho de la solitude

Plus de mot tendre
plus d’étreinte chaleureuse

Seul le temps
robinet qui fuit
donne un petit coup

Et personne ne frappe à la porte
personne ne vous attend
personne, sauf la mort.

(Germain Droogenbroodt)

 

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La guerre à peine entendue dans la voix (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



La guerre à peine entendue dans la voix et d’autres
paroles qui n’étaient rien reviennent

Ecoute qui entend et n’entend pas d’autres paroles qui
n’étaient rien

La bouche qui remue dans sa toile et dénonce à peine
entendue la guerre ou se tait.

Et les arbres de moins en moins autour de nous
qui commencions des journées

dont personne ne parlait
Tout ce qui est touché s’entend plier

et verse à la question
la vieille répétition du travail accroché à la terre

La question est alors
qui parle à se parler.

Parlait disait si nous parlions parle reviens le dos
courbé pendant que tout tombe ; est-ce loin, loin attendant son heure ?

Disait dormait son mois de cendre, solitudes, bêlements
qu’on va souffler.

Disait, disait si le temps si la terre ici ou rien, le large
et le long parlant dans l’ombre avancée où l’on parle
et dit ce n’est rien.

0n disait c’était bien ma voix
couchée à l’image des phrases
elle me désignait
parlant sans me voir
avec des taches qui se fixaient en touchant terre
c’était l’alignement obstiné où la bouche est absente

Face contre face
je devais passer par elle régulièrement
obligé d’apparaître ou de disparaître
les yeux ouverts.

(Georges Drano)

Illustration: Erich Heckel

 

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NE COUPEZ PAS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2020




    
NE COUPEZ PAS

Quand je me téléphone
un autre me répond
Il n’est là pour personne
et me dit toujours non

Il comprend de travers
mon adresse mon nom
Il répète à l’envers
toutes mes commissions

Bête comme un écho
qui s’embrouille parmi
le halo de ses mots
ne comprend qu’à demi

Bête comme une voix
qui résonne résonne
dans un désert tout froid
il raccroche et je sonne

Allô Allô c’est moi
qui est à l’appareil
Mais c’est un autre moi
pareil et pas pareil

Un autre me répond
un autre ou bien personne.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Les Amoureux (Aldebert)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2020




    
Les Amoureux

Souvent a l’école, on se moque de nous
Les enfants rigolent, ce sont des jaloux
Ma princesse a osé, quelle bien jolie scène
Elle a déposé sa main dans la mienne

Nous faisons le mur, ce n’est pas de tout repos
Je suis sans armure, elle est sans château
Souvent dans la rue, on nous montre du doigt
Les gens sont bourrus, mais les gens sont comme ça

Tout ça parce que tous les deux, nous oublions d’être sages
On est amoureux, et nous enjambons les nuages!

Nous avons fugué entre deux paragraphes
Nous avons largué les leçons d’orthographe
Tout par dessus bord, les dictées, les problèmes
On est tombé d’accord, pour se dire je t’aime.

Ici les oiseaux sont dans la confidence

Quand on est en haut, plus rien n’a d’importance
Au premier baiser, plus rien ne bouge
J’ai senti passer, mes joues de roses à rouges

Selon les vents, si ça nous sonne
Quand nous serons de grandes personnes
Nous redescendrons sur Terre

Et quand les archers auront des ailes
Le cœur de tout les écoliers
Nous viendrons vous chanter ces vers

Levez bien la tête! Ouvrez grand les yeux!
Vous verrez peut être les enfants amoureux.

Fleurter sur les stratus, quelle sensation étrange.
Flâner sur les nimbus, deux apprentis-anges.

Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages.
Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages!

(Aldebert)

 

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VERS LA NUIT (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020



    

VERS LA NUIT

Il est tard et déjà
dans l’ombre et dans le vent
un cri monte avec la nuit
Je n’attends personne
plus personne
pas même un souvenir
L’heure est passée depuis longtemps
mais ce cri que le vent porte
et chasse devant lui
vient de plus loin
de plus haut qu’un rêve
Je n’attends personne
et voici la nuit
couronnée de feux
de tous les yeux des morts
silencieux
Et tout ce qui devait disparaître
tout ce qui était perdu
il faut le retrouver encore
plus haut qu’un rêve
vers la nuit

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Avez-vous vu (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2020



hippopotamme

Avez-vous vu le dromadaire
Dont les pieds ne touchent pas terre?

Avez-vous vu le léopard
Qui aime loger dans les gares?

Avez-vous vu le vieux lion
Qui joue si bien du violon?

Avez-vous vu le kangourou
Qui chante et n’a jamais le sou?

Avez-vous vu l’hippopotame
Qui minaude comme une femme?

Avez-vous vu le perroquet
Lançant très haut son bilboquet?

Avez-vous vu la poule au pot
Voler en rassemblant ses os?

Mais moi, m’avez-vous bien vu, moi,
Que personne jamais ne croit?

(Maurice Carême)

 

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SÉRIEUX SPIRITUEL (Iuliana Pașca)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2020



Illustration: Tineke Storteboom
    
SÉRIEUX SPIRITUEL

Une sombre symbiose de pensées,
errant parmi des connexions d’étoiles
exige d’enterrer aussi mon âme
quand je mourrai.

Perçant la peau rugueuse
telle une mère en deuil
j’étreindrai le cœur brûlant.

Des abysses non encore pollués
nos âmes réunies amèneront
des personnes raisonnables.

Alors seulement persistera la lumière
qui émane de l’intérieur.

***

GRAVEDAD ESPIRITUAL

Una oscura simbiosis de pensamientos,
vagando entre las sinapsis de las estrellas
exige también enterrar mi alma
cuando me muera.

Atravesando su piel áspera,
abrazaré el corazón caliente
como una madre de luto.

Desde las simas aún no contaminadas
nuestras almas unidas
traerán a la vida humanos brillantes.

Sólo entonces perdurará la luz
que viene de adentro.

***

GRAVIDAD ESPIRITUAL

Uma obscura simbiose de pensamentos,
vagueando pelas sinapsis das estrelas
exige que enterre também a minha alma
quando morrer.

Passando pela sua pele áspera,
abraçarei o coração ardente
como uma mãe de luto.

Das profundidades ainda não contaminadas
as nossas almas unidas
trarão à vida brilhos humanos.

Só então perdurará a luz
vinda de dentro.

***

GRAVITÀ SPIRITUALE

Un’oscura simbiosi del pensiero
vagando attraverso le sinapsi delle stelle
chiede di seppellire anche la mia anima
quando muoio.

Attraverso la sua ruvida pelle,
abbraccerò il suo cuore incandescente
come una madre in lutto.

Dalle ancora incontaminate profondità,
le nostre anime unite
daranno vita ai luminosi esseri umani.

Solo allora rimarrà la luce
brillando dal di dentro.

***

Gravità spirituali

Na scura simbiosi di
Passiari ntra li sinapsi di li stiddi
Dumanna puru di vurricari la me arma
Quannu moru.

Pirciannu la peddi rascusa
M’abbrazzu lu cori cauddu
Comu na matri a luttu.

Di li prufunnità senza macchi
Li notri armi
Darannu vita a essiri nteliggenti.

Sulu tannu la luci dura ancora
Brillannu internamenti.

***

GRAVITAȚIE SPIRITUALĂ

O simbioză obscură de gânduri
rătăcite printre sinapse de aștri
cere să-mi îngropați și sufletul
atunci când voi muri.

Trecându-i prin pielea aspră,
voi cuprinde inima fierbinte
ca o mamă îndoliată.

Din adâncul încă neîntinat
sufletele noastre unite
vor naște oameni strălucitori.

Abia atunci va dăinui lumina,
venind dinăuntru.

***

SPIRITUAL GRAVITY

An obscure symbiosis of
wandering through the synapses of stars
demands also to bury my soul
when I die.

Passing through its rough skin,
I’ll embrace the hot heart
like a mourning mother.
From the still undefiled depths,

our united souls
will bring to life bright beings.

Only then shall the light last
glowing from within.

***

GEESTELIJKE ZWAARTEKRACHT

Een duistere symbiose van gedachten,
dwalend door de verbindingen van de sterren
eist om ook mijn ziel te begraven
als ik zal sterven.

Door de ruwe huid dringend
zal ik als een rouwende moeder
het warme hart omarmen.

Uit de nog niet vervuilde diepten
zullen onze verenigde zielen
verstandige mensen voortbrengen.

Alleen dan zal het licht
dat van binnenuit komt blijven bestaan.

***

SPIRITUELLE SCHWERKRAFT

Eine düsteres Knäuel von Gedanken,
das durch die Synapsen der Sterne wandert
fordert auch meine Seele zu begraben
wenn ich sterben werde.

Durch seine raue Haut gehend,
werde ich das heiße Herz
wie eine trauernde Mutter umarmen.

Aus den noch unberührten Tiefen
werden unsere vereinten Seelen
gute Menschen zum Leben erwecken.

Nur dann wird das Licht fortdauern
das von innen kommt.

***

ΠΝΕΥΜΑΤΙΚΗ ΒΑΡΥΤΗΤΑ

Δυσδιάκριτη συμβίωση
ανάμεσα στις συνάψεις αστεριών
ζητά να θάψει την ψυχή μου
όταν πεθάνω.

Το δέρμα της διαπερνά
κι εγώ αγκαλιάζω τη θερμή καρδιά
σαν μάνα που θρηνεί.

Από τ’ άσπιλα βάθη
ενωμένες οι καρδιές μας
τα φωτεινά παιδιά τους θα γεννήσουν.

Και τότε μόνο το φως θα λάμψει
εκ των έσω.

***

***

***

精神引力
一种深奥的思想共生
在星星的突触中游荡
需要也埋葬我的灵魂
当我将死时。
穿过它粗糙的皮肤,
我会拥抱那炽热的心
像一位在悲伤的母亲。
从这仍然洁白的深处
我们谐和的灵魂
会给生命带来光明的人类。
只有这样,光明才会持续
涌自内心。

***

GRAWITACJA DUSZY

Niezrozumiała symbioza
wędrująca przez synapsy gwiazd
domaga się również pogrzebania mojej duszy
kiedy umrę.

Przechodząc przez szorstką skórę,
obejmę gorące serce
jak lamentująca matka.

Z wciąż jeszcze nieskażonych głębin
nasze zespolone dusze
wzbudzą życie w świetlistych bytach.

Tylko wtedy światło niech trwa
promieniejąc od wewnątrz.

(Iuliana Pașca)

 

Recueil: ITHACA 624
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol Rafael Carcelén / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Italien Luca Benassi / Corse Gaetano Cipolla / Roumain / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Russe Rahim Karim / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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BESTIAIRE DES AMANTS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020



Illustration: Pierre Paul Rubens
    
BESTIAIRE DES AMANTS

Amants endormez-vous
après de tendres soins
serrez-vous aimez-vous
vos rêves iront loin
Bien au-delà du jour
au profond du sommeil
du bon-chaud de l’amour
renaîtra le soleil
Un écureuil viendra
Entre vos deux orteils
un lézard glissera
Tous vos amis de nuit
la loutre et le renard
le chat et la fourmi
accourront sans retard
à pas feutrés de rêve
jusqu’au chant de l’alouette
et se mélangeront
sans mordre ni crier
au jaune hérisson
à la fauvette huppée
Les hôtes amicaux
viendront à pas feutrés
jusqu’au cocorico
d’un grand coq très distrait
qui chassera enfin
cette ménagerie
que la soif ni la faim
n’auront jamais surpris
Sur la main de l’enfant aimée
un rossignol vient et se pose
(La gazelle viendrait aussi
mais elle a peur et elle n’ose)

La truite et le chien de mer
s’en vont naviguant de conserve
Le toucan l’étoile de mer
restent tous deux sur la réserve
Devant le bélier qui insiste
pour que le chat touche à ses cornes
ne sachant trop si elle existe
longuement pleure la licorne
La taupe et le corbeau
s’en vont à petits pas
Le renard les chevaux
marchent tout près du rat
et la chauve-souris
veille sur la dormeuse
tandis qu’une perdrix
lui chante une berceuse
La girafe et le chien
le lion le pangolin
le zèbre et la vigogne
flairent les endormis
les lèchent doucement
et parlent en amis
aux fidèles amants
qui s’éveillent enfin
lorsque le réveil sonne
et leur rend leur matin
de vraies grandes personnes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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IL SE FAIT QUE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2020



IL SE FAIT QUE

Quelqu’un a frappé chez moi, le 6 Août :
la porte, personne.
Personne n’est entré, ne s’est assis
et ne m’a tenu compagnie, personne.

Non, je n’oublierai jamais cette absence
qui entrait dans mes murs comme dans un moulin
et me plaisait en n’étant pas,
avec un vide ouvert à tout.

On ne m’a pas interrogé la bouche close
et j’ai répondu, moi, sans voir et sans parler.

Quelle longue interview! Quel étrange entretien!

(Pablo Neruda)


Illustration: Alex Everitt

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