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Poésie

Posts Tagged ‘personne’

On va frapper dans un instant (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




    
On va frapper dans un instant à la porte bleue
qui n’existe pas
et ce seront, sans que personne ne dise rien,
des retrouvailles.

(Claude Esteban)

 

Recueil: Janvier, Février, Mars
Traduction:
Editions: Verdier

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Il y a un vers à soi (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Il y a un vers à soi
que l’on ne dit à personne
Je crois l’avoir entendu
un jour de tristesse
éphémère il se cache de moi

Cet air insaisissable flottant libellule
me manque
Je le respirais avant
fleur cueillie sur le chemin de l’école
parfum des Amadeus en pleurs

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je voudrais pouvoir dessiner les effluves (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



 

Je voudrais pouvoir dessiner les effluves
qui circulent entre les personnes

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

 

 

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Quelqu’un, Chacun, Tout le monde et Personne (Conte Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
Quelqu’un, Chacun, Tout le monde et Personne

Il était une fois quatre individus qu’on appelait
Tout le monde – Quelqu’un – Chacun – et Personne.
Il y avait un important travail à faire,
Et on a demandé à Tout le monde de le faire.
Tout le monde était persuadé que Quelqu’un le ferait.
Chacun pouvait l’avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit.
Quelqu’un se fâcha car c’était le travail de Tout le monde !
Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire
Et Personne ne doutait que Quelqu’un le ferait…
En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun
Parce que Personne n’avait fait ce que Quelqu’un aurait pu faire.

MORALITÉ :
Sans vouloir le reprocher à Tout le monde,
Il serait bon que Chacun
Fasse ce qu’il doit sans nourrir l’espoir
Que Quelqu’un le fera à sa place…
Car l’expérience montre que
Là où on attend Quelqu’un,
Généralement on ne trouve Personne

(Conte Anonyme)

 

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L’ENFANT DE LA BALLE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



Illustration: Gilles Candelier
    
L’ENFANT DE LA BALLE

Ce soir
Ce soir ou un autre
La corde
Pour rire cinq cents personnes
Et la corde
Qu’est-ce qu’on fera d’un mort
Qu’est-ce qu’on fera de cet idiot qui s’est tué
Comme ça avec toutes les lampes allumées
La corde et la fausse note
Mais dans la roulotte arrêtée
Un soir
Pas d’allumette sous le réchaud
Pas de visage dans la cuvette
Le pied qui manque
Les chaussettes vertes
Cinq cents personnes
La corde.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Comme il est exact, le désespoir (Christine Lavant)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration
    
Comme il est exact, le désespoir !
A la même heure jour après jour
il apparaît sans ruse aucune
et me châtie d’un coup.

Des étincelles volent autour de moi,
mon cœur appelle tous les anges,
mais le ciel est une mer
et Jésus dérive dans une barque
très loin à l’autre bout du monde,
où sont tous ceux qui aident,
et mon dernier espoir aboie
sur le rivage, à contre-vent.

Je sens alors que personne ne m’entend,
je ramasse en silence les étincelles,
mon cœur – qui me conjure en crépitant –
lentement se transforme en une pierre à feu.

***

Wie pünktlich die Verzweiflung ist!
Zur selben Stunde Tag für Tag
erscheint sie ohne jede List
und züchtigt mich mit einem Schlag.

Dann stieben Funken um mich her,
mein Herz ruft alle Engel an,
der Himmel aber ist ein Meer
und Jesu treibt in einem Kahn
sehr weit am andern Rand der Welt,
dort, wo die Helfer alle sind,
und meine letzte Hoffnung bellt
am Ufer durch den Gegenwind.

Ich spür dann, daß mich niemand hört,
und sammle still die Funken ein,
mein Herz – das knisternd mich beschwört –
wird nach und nach zum Feuerstein.

(Christine Lavant)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

Recueil: Les Etoiles de la faim
Traduction: Christine et Nils Gascuel
Editions: La Différence

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Le cas de l’oiseau assassiné (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 Illustration
    
Le cas de l’oiseau assassiné

Jamais, non jamais nous ne saurons
Pour quel motif un jour
Ces lumières frémirent à peine ;
Ce fut une écume de pleurs,
Une brise plus forte, rien peut-être.
Seules les vagues savent.

Aussi montrent-elles aujourd’hui dédaigneuses
Leur couleur de regards,
Leur couleur encore ignorante, même si un souvenir
Leur chante quelque chose, doucement.

Ce fut un oiseau peut-être assassiné ;
Personne ne sait. Par personne
Ou par quelqu’un triste peut-être sur les pierres,
Sur les murs du ciel.

Mais de cela aujourd’hui on ne sait plus rien.
Ne reste qu’un frisson de lumières à peine ;
Une couleur de regards dans les vagues ou la brise ;
Une peur, peut-être, aussi.
Le tout, il est vrai, incertain.

***

El caso del pájaro asesinado

Nunca sabremos, nunca,
Por qué razón un día
Esas luces temblaron levemente;
Fue una llorosa espuma,
Una brisa más grande, nada acaso.
Sólo las olas saben.

Por eso hoy muestran desdeñosas
Su color de miradas,
Su color ignorante todavía, aunque un recuerdo
Les cante algo, algo levemente.

Fue un pájaro quizá asesinado;
Nadie sabe. Por nadie
O por alguien quizá triste en las piedras,
En los muros del cielo.

Mas de ello hoy nada se sabe.
Sólo un temblor de luces levemente,
Un color de miradas en las olas o en la brisa;
También, acaso, un miedo.
Todo, es verdad, inseguro.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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L’imagination (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
L’imagination consiste à expulser de la réalité
plusieurs personnes incomplètes pour,
mettant à contribution les puissances magiques
et subversives du désir,
obtenir leur retour sous la forme d’une présence
entièrement satisfaisante.

C’est alors l’inextinguible réel incréé.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maison dans l’allée aux bambous (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




    
Maison dans l’allée aux bambous
Seul, assis parmi les bambous solitaires,
Je joue du luth et siffle longuement.
Profonde est la forêt, personne ne m’entend,
Vient la lune blanche qui m’éclaire.

(Wang Wei)

 

Recueil: Chant de Palais
Traduction: Lo Ta-Kang
Editions: Héros-Limite

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Dites-moi cette nuit (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



    
Dites-moi cette nuit

La présence du froid, de la peur invisible
Gèle à gouttes obscures le sang dans le brouillard,
Dans le brouillard vivant, vers le vague brouillard
Par un espace aveugle aux rigides épines.

D’une vie mystérieuse dorment les hommes
Tandis que de blancs déserts figurent le monde ;
Ce sont espaces brefs comme une main timide,
Muets, vides sous une lumière sans vie.

Oui, la terre est seule, bien seule avec ses morts,
A l’affût peut-être d’un inerte passant
Qui sans grimaces braverait son fouet nocturne ;
Mais nul corps n’apparaît rêvant aveuglément.

La douleur aussi cherche errante dans la nuit,
Suivant l’ombre qui fuit d’un plaisir sans défense ;
Et ses pas en silence, pâles, s’entrelacent
Fantôme interminable et son regard d’ennui.

Fantôme défilant prisonnier de personne,
Privé de voix, de mains, apparence sans vie,
Comme un pleur impuissant étouffé par les branches,
Une fuite soudaine éclatée sur un mur.

Oui, la terre est seule ; seule elle chante, parle,
D’une si faible voix inaccessible au ciel ;
Elle chante rires, plumes à travers l’espace
Sous un soleil brûlant reflété sur le sable.

Intime est cette voix, mais ce n’est que pour elle ;
Au dehors l’ombre prête un asile peu sûr.
Passe peut-être un cri déguisé de lumières,
Qui lutte vainement contre la peur, le froid.

Où palpite le gel ? Dedans, parmi la vie,
En un centre perdu de souvenirs éteints,
D’os habités de froid, du sifflement du vent
Et son bruit de feuilles qui s’en vont une à une.

Ses plumes moribondes étendent le brouillard
Pour dormir sur la terre un songe de haillons,
Songe de menaces qui s’hérisse de neige,
Oublié sur le sol, amour sous le mépris.

Le sang vient s’arrêter dans les membres de pierre
Tel le corail figé par la mer ennemie
Tel le corail gelé dans le corps dispersé,
Dans la nuit sans clarté, dans le ciel sans personne.

***

Decidme anoche

La presencia del frío junto al miedo invisible
Hiela a gotas oscuras la sangre entre la niebla,
Entre la niebla viva, hacia la niebla vaga
Por un espacio ciego de rígidas espinas.

Con vida misteriosa quizá los hombres duermen
Mientras desiertos blancos representan el mundo;
Son espacios pequeños como tímida mano,
Silenciosos, vacíos bajo una luz sin vida.

Sí, la tierra está sola, bien sola con sus muertos,
Al acecho quizá de inerte transeúnte
Que sin gestos arrostre su látigo nocturno;
Mas ningún cuerpo viene ciegamente soñando.

El dolor también busca, errante entre la noche,
Tras la sombra fugaz de algún gozo indefenso;
Y sus pálidos pasos callados se entrelazan,
Incesante fantasma con mirada de hastío.

Fantasma que desfila prisionero de nadie,
Falto de voz, de manos, apariencia sin vida,
Como llanto impotente por las ramas ahogado
O repentina fuga estrellada en un muro.

Sí, la tierra está sola; a solas canta, habla,
Con una voz tan débil que no la alcanza el cielo;
Canta risas o plumas atravesando espacio
Bajo un sol calcinante reflejado en la arena.

Es íntima esa voz, sólo para ella misma;
Al exterior la sombra presta asilo inseguro.
Un grito acaso pasa disfrazado con luces,
Luchando vanamente contra el miedo y el frío.

c Dónde palpita el hielo ? Dentro, aquí, entre la vida,
En un centro perdido de apagados recuerdos,
De huesos ateridos en donde silba el aire
Con un rumor de hojas que se van una a una.

Sus plumas moribundas van extendiendo la niebla
Para dormir en tierra un ensueño harapiento,
Ensueño de amenazas erizado de nieve,
Olvidado en el suelo, amor menospreciado.

Se detiene la sangre por los miembros de piedra
Como al coral sombrío fija el mar enemigo,
Como coral helado en el cuerpo deshecho,
En la noche sin luz, en el cielo sin nadie.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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