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Le poète en oiseau immortel (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Le poète en oiseau immortel

Il y a une seconde le battement de mon cœur s’est tu
et j’ai pensé : « ce n’est pas le bon moment
pour mourir d’une attaque, au
beau milieu d’un poème », puis je me suis rassuré
à l’idée que personne à ma connaissance
n’est jamais mort en pleine écriture
d’un poème, tout comme les oiseaux ne meurent jamais en plein vol.
Je crois.

***

Poet as Immortal Bird

A second ago my heart thump went
and I thought, “This would be a bad time
to have a heart attack and die, in the
middle of a poem,” then took comfort
in the idea that no one I ever heard
of has ever died in the middle of writing
a poem, just as birds never die in midflight.
I think.

(Ron Padgett)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria
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Côte à côte (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Côte à côte

Des palais d’argent vénèrent nos mains
Ils ont inventé notre exil
Jusqu’aux sources éclairées des campagnes
Loin, nous irons loin parmi les feuilles
Les nids blancs indiqueront le chant de nos voyages

Tu iras au-devant, ma compagne inconnue
Te retournant avec le soir
J’aurai sombré, je serai là, haletant
Et transi, tu cesseras plus longtemps de marcher

Puis nous irons côte à côte Ô mémoire défendue
La main dans la main de l’autre, de personne.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Le jardin (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Le jardin

Arrête-toi au fond de ce jardin
Pour l’air et pour le peu de roses
Arrête-toi, je te rejoins
Tu es plus belle que mon attente
Plus terrible encore quand le temps cesse
Car tu as cessé de vivre dans le temps

Mémoire
Poussant le grillage de fer
Pas à pas sur les terres humides
De la rosée plus que le jour

Je te rejoins
Il n’y a plus personne dans ce jardin
Les quelques pas avaient gravé la terre
C’était mon pas

Ô disparue derrière les ronces.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La nuit de l’ange (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
La nuit de l’ange

L’harmonie se resserre comme un mur franchissable
La musique d’un ange se perd dans le jardin
Tu écoutais ce chant avec des yeux de boue
Les deux mains de personne secouaient ta chevelure

Et venaient des oiseaux émus de ton âge
Agités d’ailes blanches et de cris de nuit bleue
Tu marchais habitée d’un grand secret d’enfant
Dans ce jardin des roses de personne

Puis la nuit se fit claire aggravée d’une lampe
Et l’ombre de la lampe éteignait ton sourire
L’ange fut un instant ton ami, disparu
Sur la terre trempée d’un plus haut souvenir.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Aube (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



    
Aube

L’aube a recommencé
Comme la mer
Il n’y a personne pour regarder
Les vitres closes cachent deux sommeils
L’un et l’autre ont l’épaule qui brille

Il y a quelqu’un
Pour approcher la vitre sans regard
Il y a quelqu’un qui touche du doigt l’aube
Et l’aube recommence dans ces mains avancées

Les oiseaux libres ont fui qui les engendrent
Ils caressent de leur vol doucement tous les hommes
Le veilleur a pris une torche pour entendre
Les cris splendides et vrais au plus haut bord du monde.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Dans un millier d’années (Joseph Brodsky)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018


 


 

Dans un millier d’années,
on extraira de sous les rideaux un mollusque
laissant filtrer par la frange
l’empreinte d’une « bonne nuit » sur des lèvres
qui n’avaient personne à qui le dire.

(Joseph Brodsky)

 

 

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Éteins la parole éteins la pensée (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018




    
Éteins la parole
éteins la pensée
et va! vole! tombe!
sans haut ni bas
aspiré, foulé
dans les failles de l’air
entre courbures d’une mélodie
que personne ne joue –

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: PATMOS et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avant les mots (Claudine Bohi)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



avant les mots
une parole

la langue sans personne

une peau peut-être
sa trace

peut-être pas

la chair
pas là encore

pas même
rêvée

juste

une effraction
à l’intérieur du noir

il n’y a pas de commencement

le vide est épousé
sans le savoir

nous sommes cet ailleurs
qui se décide

se décide-t-il ?

(Claudine Bohi)

 

 

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MURALE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

MURALE

Rien de moins que rien.

Dans la nuit qui vient
de rien,
pour personne dans la nuit
qui ne vient pas.

Et ce qui se tient au bord de la blancheur,
invisible
dans l’oeil de celui qui parle.

Ou un mot.

Venu de nulle part
dans la nuit
de celui qui ne vient pas.

Ou la blancheur d’un mot,
griffonné
sur le mur.

(Paul Auster)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Le vin nouveau (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Le vin nouveau

Le soleil allume en clair-obscur
L’ombre du frêne dans l’ombre d’or
Du petit bois; les vitraux
De l’église aux histoires mortes
Vibrent sous le rire des cloches,
Et l’ample robe d’une femme
En aventure fait au passage frémir
La saillie du chemin dans les herbes.
Je te quitte parce que tu n’es plus
Personne
, a-t-elle dit à son amant
Devant un carafon de vin nouveau
Dont la splendeur réchauffait la pièce.
Elle marche en souriant, laissant
Aussi glisser des larmes sur ses lèvres.

(Hédi Kaddour)

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