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Posts Tagged ‘pervenche’

J’ai besoin de tes mains (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



J’ai besoin de tes mains qui pervenchent à la belle saison
A l’appel de mon corps tu arrives
Plein d’eau dans tes yeux

Plonge dis-tu
Ne pense plus aux sirènes qui hurlent dans ton âme
J’ai traversé les siècles pour te rejoindre
Prends-moi tout entière dans tes bras
Les ailes des oiseaux ne se faneront plus

(Yvon Le Men)


Illustration: Vladimir Kush

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SIGNAL DE BRUME (Michel Manoll)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



SIGNAL DE BRUME

Ce chemin d’aube et de pervenches
S’ouvre à l’orée de la clairière
Murée par le givre et la neige
A notre image prisonnière
Et désormais infranchissable.

Quel vent a dispersé la manne,
Froment sapide du désert
Que charrie la houle océane
Sur ce versant de l’univers
Qui nous enserre en ses lianes ?

Venus du matin et porteurs
D’un fret d’écume et de chardons,
Parmi les écueils qui affleurent
Qui donc dirigerait le harpon :
Atropos ou Deucalion ?

Les mains entravées, les prunelles
Consumées par la nuit d’orage,
Nous portons sur notre visage,
Comme une étrave qui chancelle,
Les cicatrices du naufrage.

Mais seuls nous sombrons et l’espace
Qui vogue, attisant en sa course
Le murmure des peupliers,
Reprend de l’estuaire à la source
Le périple des alizés.

(Michel Manoll)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Sans courage (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020


Il faudrait un neuf courage
à celui qui rentre chez soi
mais il n’y a que temps, espace
un bout de ciel pervenche
montant l’escalier
il entend seriner
Dieu est mort
l’homme aussi
il s’arrête, le silence l’éblouit
il redresse sa face
pour continuer jusqu’aux mansardes
presque vides sauf pour l’enfance.

(Jean Follain)

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La belle que voilà (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



La belle que voilà

La belle que voilà se mire dans ses ongles
Et ne parle qu’aux lys, ne sourit qu’aux pervenches.
Son corps est un jardin, son silence une steppe
Et sa voix le muguet, le lilas de la fête.

Sur son épaule nue un baiser se hasarde
Mais ce n’est que le vent de l’été qui l’effleure.
Le parfum de l’attente émigre en ses cheveux.
Il suffit qu’elle soit pour que naisse la danse.

La belle que voilà s’en va d’un monde à l’autre
Pour égayer le jour de ses métamorphoses.
Pour que chante son rire il suffit qu’on la nomme,
Elle qui sait les noms que se donnent les fleurs.

Belle, Pomone ou Flore, elle n’a pour armure
Que ses présents de fruits, ses offrandes de rires.
Elle a pour vêtements la nudité du monde,
Le printemps pour parure et l’hiver pour manteau.

La belle que voilà pour l’homme est invisible
S’il ne sait pas cueillir la clarté des étoiles
Et le sentiment pur d’être dans l’univers
Un instant de musique, un rayon de lumière.

Protégez-la, mes yeux, comme on garde une image
De se dissoudre au jour quand l’amour sera mort.
Et que dansent les fruits, et que chantent les roses !
La belle que voilà naquit de la parole.

(Robert Sabatier)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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SOIR (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Stéphane Pellennec
    
SOIR

Ciel ! un fourmillement emplit l’espace noir ;
On entend l’invisible errer et se mouvoir ;
Près de l’homme endormi tout vit dans les ténèbres.
Le crépuscule, plein de figures funèbres,
Soupire ; au fond des bois le daim passe en rêvant ;
À quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t’aime
La clochette bourdonne auprès du chrysanthème
Et lui dit paysan, qu’as-tu donc à dormir ?
Toute la plaine semble adorer et frémir.
L’élégant peuplier vers le saule difforme
S’incline ; le buisson caresse l’antre ; l’orme
Au sarment frissonnant tend ses bras convulsifs ;
Les nymphaeas, pour plaire aux nénuphars pensifs,
Dressent hors du flot noir leurs blanches silhouettes ;
Et voici que partout, pêle-mêle, muettes,
S’éveillent, au milieu des joncs et des roseaux,
Regardant leur front pâle au bleu miroir des eaux,
Courbant leur tige, ouvrant leurs yeux, penchant leurs urnes,
Les roses des étangs, ces coquettes nocturnes.
Des fleurs déesses font des lueurs dans la nuit,
Et dans les prés, dans l’herbe où rampe un faible bruit,
Dans l’eau, dans la ruine informe et décrépite,
Tout un monde charmant et sinistre palpite.
C’est que là-haut, au fond du ciel mystérieux,
Dans le soir, vaguement splendide et glorieux,
Vénus rayonne, pure, ineffable et sacrée,
Et, vision, remplit d’amour l’ombre effarée.

(Victor Hugo)

 

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La contractuelle (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2019




    
La contractuelle
En bleu, qu’on nomme pervenche
Fleur… et papillons !

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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L’immortelle, et l’oeillet de mer (Jean-Paul Toulet)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



immortelle [800x600]

L’immortelle, et l’oeillet de mer
Qui pousse dans le sable,
La pervenche trop périssable,
Ou ce fenouil amer

Qui craquait sous la dent des chèvres,
Ne vous en souvient-il,
Ni de la brise au sel subtil
Qui nous brûlait aux lèvres ?

(Jean-Paul Toulet)

 

 

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Il doit y avoir un chemin (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


Autour du tilleul,
Près de la pervenche,

Dans l’air qui s’émeut
D’être à leurs côtés,

Il doit y avoir un chemin
Pour aller vers eux,
Les accompagner.

(Guillevic)

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Légèreté du pinceau (Marguerite Clerbout)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2019



Légèreté du pinceau qui sépare le bleu du ciel
du bleu de la pervenche
et crée tous les ciels
comme un songe venu de l’eau

(Marguerite Clerbout)


Illustration: Marcio Melo

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De même que Rousseau jadis fondait en pleurs (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

pervenche

De même que Rousseau jadis fondait en pleurs
À ces seuls mots : « Voilà de la pervenche en fleurs, »
Je sais tout le plaisir qu’un souvenir peut faire.
Un rien, l’heure qu’il est, l’état de l’atmosphère,
Un battement de coeur, un parfum retrouvé,
Me rendent un bonheur autrefois éprouvé.
C’est fugitif, pourtant la minute est exquise.
Et c’est pourquoi je suis très heureux à ma guise
Lorsque, dans le quartier que je sais, je puis voir
Un calme ciel d’octobre, à cinq heures du soir.

(François Coppée)

Illustration

 

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