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Posts Tagged ‘pervenche’

L’immortelle, et l’oeillet de mer (Jean-Paul Toulet)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



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L’immortelle, et l’oeillet de mer
Qui pousse dans le sable,
La pervenche trop périssable,
Ou ce fenouil amer

Qui craquait sous la dent des chèvres,
Ne vous en souvient-il,
Ni de la brise au sel subtil
Qui nous brûlait aux lèvres ?

(Jean-Paul Toulet)

 

 

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Il doit y avoir un chemin (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


Autour du tilleul,
Près de la pervenche,

Dans l’air qui s’émeut
D’être à leurs côtés,

Il doit y avoir un chemin
Pour aller vers eux,
Les accompagner.

(Guillevic)

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Légèreté du pinceau (Marguerite Clerbout)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2019



Légèreté du pinceau qui sépare le bleu du ciel
du bleu de la pervenche
et crée tous les ciels
comme un songe venu de l’eau

(Marguerite Clerbout)


Illustration: Marcio Melo

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De même que Rousseau jadis fondait en pleurs (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

pervenche

De même que Rousseau jadis fondait en pleurs
À ces seuls mots : « Voilà de la pervenche en fleurs, »
Je sais tout le plaisir qu’un souvenir peut faire.
Un rien, l’heure qu’il est, l’état de l’atmosphère,
Un battement de coeur, un parfum retrouvé,
Me rendent un bonheur autrefois éprouvé.
C’est fugitif, pourtant la minute est exquise.
Et c’est pourquoi je suis très heureux à ma guise
Lorsque, dans le quartier que je sais, je puis voir
Un calme ciel d’octobre, à cinq heures du soir.

(François Coppée)

Illustration

 

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Le jardin musical (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Le jardin musical

Qui entend bien l’amour
Plante fleurs en l’oreille.
Et chante l’alouette
Au plus haut de l’été.

Ce sont là semaisons
De notes de musique
Sur l’étrange portée
Des bordures de thym.

Romarin des abeilles,
Calices des bourdons,
Herbes des sauterelles,
Palais d’ambre et de sucre.

Des couleurs symphoniques,
Des caresses qui voient.
Jusqu’au sommeil des rêves
Qui refuse la nuit.

Je dirai l’odyssée
D’une chaste pervenche,
Je conterai l’histoire
De ce brin d’herbe jaune.

Muguet, mon clavecin.
Lavandin, mon pipeau.
Orange, ma guitare.
Chêne, ma contrebasse.

Je m’enivre des mots
Qui chantent les parfums
Dans ce jardin si jeune
Qu’il est d’éternité.

Ainsi tout un orchestre
Pour éblouir le jour.
Qui entend bien la terre
Ne connaît pas le froid.

(Robert Sabatier)

Illustration: Josephine Wall

 

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Pervenche desséchée (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Pervenche desséchée

Moi, je me suis éveillée sur la terre
par une belle matinée d’avril.
Un ruisseau faisait entendre son doux murmure à mes pieds;
des oiseaux chantaient sur ma tête;
la brise parfumée se jouait dans mes cheveux.
La terre m’a paru si belle dans sa nouvelle parure,
le ciel si bleu, le soleil si radieux,
que j’ai senti mes yeux s’humecter de larmes.

Sans attendre le lendemain, je suis partie.
La terre, en ce moment, m’aurait fait oublier le peuple des fleurs.
Mais aussi, peut-être, quel désenchantement le lendemain! …
J’ai voulu conserver mes illusions.

Quand je serai de retour,
je demanderai à la Fée de me laisser, chaque année,
passer une heure sur la terre,
pour me mirer au bord de l’eau,
voir le ciel et respirer la brise,
une heure rapide et fugitive,
l’heure du printemps.

(J.J. Grandville)

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LE VILAIN GAS ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LE VILAIN GAS !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui dansez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Au temps des contes de grand’mères,
C’était un rustaud si laid,
Si laid, si pauvre, et si bête
Que, pour danser dans les fêtes,
Nulle fille n’en voulait !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez par couples roses,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Ses vingt ans murmuraient des choses
Et son cœur n’était point sourd.
Il en eut telle souffrance
Qu’il mourut, un soir de danses,
Au son des crincrins d’amour.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui savez les baisers tendres,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Le vieux sonneur alla descendre
Son méchant corps au tombeau.
Mais du froid cercueil de planches
Son cœur, au temps des pervenches,
Monta vers l’amour nouveau.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui passez, les gais dimanches,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Son âme prit corps de pervenche…
Et, comme une fille allait
Vers les danses coutumières,
Cueillit la fleur printanière
Pour la mettre à son corset…

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !…

(Gaston Couté)

 

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Printemps (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Printemps

Lève-toi ! lève-toi ! le printemps vient de naître.
Là-bas, sur les vallons, flotte un réseau vermeil.
Tout frissonne au jardin, tout chante, et ta fenêtre,
Comme un regard joyeux, est pleine de soleil.

Les larges espaliers, couverts de boutons roses,
De leur haleine douce embaument le ciel pur.
Seule, la vigne est nue, et, près des fleurs écloses,
Comme un serpent transi rampe au long du vieux mur.

Du côté des lilas aux touffes violettes,
Mouches et papillons bruissent à la fois ;
Et le muguet sauvage, ébranlant ses clochettes,
A réveillé l’amour endormi dans les bois.

Puisque avril a semé ses marguerites blanches,
Laisse ta mante lourde et ton manchon frileux ;
Déjà l’oiseau t’appelle, et tes sœurs les pervenches
Te souriront dans l’herbe en voyant tes yeux bleus.

Viens, partons ! Au matin, la source est plus limpide ;
N’attendons pas du jour les brûlantes chaleurs ;
Je veux mouiller mes pieds dans la rosée humide,
Et te parler d’amour sous les poiriers en fleurs !

(Louis Bouilhet)

Illustration: Josephine Wall

 

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PARLER POUR QUI ? (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



 

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PARLER POUR QUI ?

Fini le temps de prendre patience
Et de se voir déserté par les jours.
J’entends la voix des lys et des pervenches,
Je sens l’odeur de la pierre et du cri,
Je suis à vous qui cernez mon domaine.

Attendre quoi ? dit le caillou sonore.
Parler pour qui ? dit la truite au soleil.
Mais être là, lécher cet essentiel
Et devancer le désir et l’attente
En étant rose au moment de fleurir.

Fruit sous la feuille ou chute ou pourriture,
Je n’ai plus soif de votre éternité.
Et que me font ces lendemains funèbres
Quand Aujourd’hui me tend mille parures,
Quand mon regard immobilise l’heure ?

Je suis nourri d’être et non de possible.
Ma plume court et lentement se lève
Sur un mot fixe et j’arrête un poème :
Qu’il vive enfin ! O vous qui me lisez,
Levez les yeux, rien n’est doux que l’Instant.

(Robert Sabatier)

Illustration: Jacek Yerka

 

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LE JARDIN DE GRIGNON (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

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LE JARDIN DE GRIGNON

Pour atteindre le ciel
A travers ce feuillage
Il faut que tous les yeux
Se soient réunis là

Je dis les yeux d’enfants
Pareils à des pervenches
Ou à ces billes bleues
Qui roulent sur la mer

On va dans les allées
Comme au milieu d’un rêve
Tant la grand-mère a mis
De grâce dans les fleurs

Et le chat noir et blanc
Qui veille sur les roses
Songe au petit oiseau
Qui viendrait jusqu’à lui

C’est un jardin de fées
Ouvert sur la mémoire
Avec des papillons
Épinglés sur son coeur.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

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