Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pétrel’

Haie claire des cils (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



haie claire des cils
tant ta douceur
vers le miroir

gorge de labour riche
aux longs déplacements musqués
de la lenteur

tes pêches appétits
soudain pétrels
plongeants

la peau
serrures des mains
qui s’écartent comblées

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Orfraie fou de bassan pétrel cul-blanc (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Orfraie
fou de bassan
pétrel cul-blanc
pélagiques et hyperboréens
mouettes tantriques
sur ces rives d’ascèse
ce sol abandonné
que nous hantons

***

Osprey
gannet
white-arsed petrel
pelagians and hyperboreans
tantric gulls
on this ascetic shore
the abandoned ground
we haunt

(Kenneth White)

Illustration

 

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LE BATEAU NOIR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



maelstrom-tourbillon

LE BATEAU NOIR

Je veux prendre un bateau sans boussole,
Sans rames, sans agrès et sans voiles,
Pour aller, sous un ciel sans étoiles.
Chevaucher au hasard la mer folle.

Vapeur, bous et hurle avec rage !
Tourne, tourne, âpre vis de l’hélice!
Sifflet, crie avec joie et délice,
Comme un pétrel repu dans l’orage !

Au branle étourdissant des marées,
Mouillé parles embruns et la pluie.
Les yeux pleurant de sel et de suie.
Dans les glaces du Nord démarrées,

Dans les puits des maelströms qui tournoient,
Dans les rocs des écueils aux dents noires,
Près des requins ouvrant leurs mâchoires,
Tombeaux vivants des morts qui se noient.

Crevant de faim, de soif et de fièvres,
J’irai je ne sais où, seul, farouche.
Et peut-être qu’alors sur ma bouche
Je n’aurai plus le goût de tes lèvres.

(Jean Richepin)

 

 

 

 

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La mer est grise, calme, immense (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2015



La mer est grise, calme, immense,
L’oeil vainement en fait le tour.
Rien ne finit, rien ne commence :
Ce n’est ni la nuit, ni le jour.

Point de lame à frange d’écume,
Point d’étoiles au fond de l’air.
Rien ne s’éteint, rien ne s’allume :
L’espace n’est ni noir, ni clair.

Albatros, pétrels aux cris rudes,
Marsouins, souffleurs, tout à fuit.
Sur les tranquilles solitudes
Plane un vague et profond ennui.

Nulle rumeur, pas une haleine.
La lourde coque au lent roulis
Hors de l’eau terne montre à peine
Le cuivre de ses flancs polis;

Et, le long des cages à poules,
Les hommes de quart, sans rien voir,
Regardent, en songeant, les houles
Monter, descendre et se mouvoir.

Mais, vers l’Est, une lueur blanche,
Comme une cendre au vol léger
Qui par nappes fines s’épanche,
De l’horizon semble émerger.

Elle nage, pleut, se disperse,
S’épanouit de toute part,
Tourbillonne, retombe, et verse
Son diaphane et doux brouillard.

Un feu pâle luit et déferle,
La mer frémit, s’ouvre un moment,
Et dans le ciel couleur de perle
La lune monte lentement.

(Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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