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Poésie

Posts Tagged ‘pétrir’

Argile (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2017


Argile pétrie de rêves durables
De corps que l’eau départage
Rêves de jade et de rosée
Corps de souffles et de sang
Quelle main hors de la mémoire
Pétrissant l’un et puis l’autre
Pétrissant le vide médian
Où tout désir sera échange
Qui est brisé sera comblé
Qui est comblé sera tout autre
Argile pétrie de corps durables
De rêves dont les corps sont nés
Rêves de souffles et de sang
Corps de jade et de rosée

(François Cheng)

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Ballade du coeur qui a tant battu (Péguy)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2017



Coeur qui a tant rêvé
Ô coeur charnel
Ô coeur inachevé
Coeur éternel

Coeur qui a tant battu
Ô coeur profond
Ô coeur trouveras-tu
Jamais le fond

Coeur qui a tant battu
D’amour, d’espoir
Ô coeur trouveras-tu
La paix du soir

Coeur tant de fois pétri
Ô pain du jour
Coeur tant de fois meurtri
Levain d’amour

Coeur qui a tant battu
D’amour, de haine
Coeur tu ne battras plus
De tant de peine.

(Péguy)

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OFFENSE (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



 

OFFENSE

N’ayant de goût pour le granit, ô vierge,
dont j’aurais pu te le tailler,
j’ai cherché dans l’argile roumaine
ton corps svelte à l’odeur de cire.

J’ai pris la terre forte des forêts,
et, à main de potier, j’ai pétri
séparément chacun des membres
de ton petit corps, en silex léger.

Je moulai dans la verveine l’émail de tes yeux;
aux pétales profonds des roses tes paupières;
pour les sourcils les brins très minces
d’une herbe neuve née à l’aube.

J’ai copié pour le torse les cruches;
et si ma main brûlante s’attarda
à la hanche et au sein, je suis fautif,
car j’eusse dû tout arrêter à la ceinture,

et ne pas vouloir que la statue fût sensible et marchât
et pût fléchir sous mon toucher
de ce doux tourment que Dieu nous laissa,
et qui, passant par moi, vint te remplir.

Femme si chère et tentation si molle,
qui m’est si lourde maintenant que tu n’es plus,
pourquoi t’ai-je tirée de cette argile
et ne laissai la terre pour les pots ?

(Tudor Arghezi)

 
Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole
 

 

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Argile pétrie (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



 

Argile pétrie de rêves durables
De corps que l’eau départage
Rêves de jade et de rosée
Corps de souffles et de sang
Quelle main hors de la mémoire
Pétrissant l’un et puis l’autre
Pétrissant le vide médian
Où tout désir sera échange
Qui est brisé sera comblé
Qui est comblé sera tout autre
Argile pétrie de corps durables
De rêves dont les corps sont nés
Rêves de souffles et de sang
Corps de jade et de rosée

(François Cheng)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Ensemble (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Ensemble
(extraits)

Dans la paume des chemins, dans l’éclatement de l’herbe,
Ton visage tout défait d’aimer

Tes mains au soleil couchant
Pétrissant l’argile, caressant les cous des chiens
Mouillés de la boue des pâturages

Ecoute: le pollen des rochers,
L’abri au fond de la mer.

C’est ta paume qui s’épanouit,
C’est la peau de tes seins
Tendue comme une voile au soleil couchant.

Ecoute encore: ton pollen au pollen des rochers
Se mélange sur mer,
Ton ventre amène et retire les marées,
Ton sexe occupe les sables chauds des profondeurs.

*

Tous les suintements sont lavés dans la mer

Et l’homme peut le soir retrouver dans un lit
Le goût frais de la mer
Entre des cuisses ouvertes

(Eugène Guillevic)

Illustration: Raphaëlle Zecchiero

 

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TU ES MON POINT DU JOUR (Venus Khoury Ghata)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



 

TU ES MON POINT DU JOUR

Tu es mon point du jour
mon île colorée en bleu
ma clairière odorante

Tu es ma neige volée
mon pétale unique
mon faune apprivoisé

Tu es ma robe de caresses
mon foulard de tendresse
ma ceinture de baisers

Tes cils épis de blé
Tes gestes moulins à vent

et l’on pétrit le rire
dans la cuve de ta bouche

Tu es mon pain dodu
mon nid

(Venus Khoury Ghata)

Illustration: Antoine-Jean Gros

 

 

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Lorsque le bateau sera à quai (Josyane De Jesus-Bergey)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016



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Lorsque le bateau
Sera à quai
Que je quitterai mon ombre
Un reste de ma terre
Collée aux talons

Ébloui
Par ce soleil de liberté
Avec l’envie
De pétrir un autre pain
De marcher du même pas
Que le tien

Moi qui n’ai que ma peau d’homme
Aide-moi s’il te plaît
À ne plus être
«Carte de séjour»

Ne me laisse pas au péril des flots
Je suis cet autre toi !

(Josyane De Jesus-Bergey)

 

 

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Ouvre la main (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016




Ouvre la main. Tu pétris
Sur ta paume l’orage blême.
Je le sais. Ouvre donc la main.

Et toi, chien au long poil d’hiver,
Aboie, l’oeil rauque
Tourné vers le portail.

(Jean Tortel)

Illustration

 

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Les cendres de mon père (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Chez un potier je suis passé naguère
Qui pétrissait l’argile en cent manières.
J’y vis ce que les autres n’y voyaient:
Entre ses mains les cendres de mon père.

(Omar Khayam)

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Les Lesbiennes (Camille de Archangélis)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



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Alors, tu pétriras son corps à demi-nu
Offrant ta splendeur à sa révolte mystique
Et tes rêves d’enfant à ses seins calcinés.

Avec des gémissements striés de plaisir
Lascivement, tu soupireras d’aise, et puis,
Te lovant tendrement contre ses cris pervers,
Dont l’odeur interdite allécha ta pudeur,

Ta bouche déjà chaude, cherchera ses lèvres
Dans l’écume noire d’antiques colonies.
Des ondes fébriles éventreront ton sexe
Parcourant ta jeunesse avec avidité.

Dans un hurlement d’Univers écartelé
Tu t’abandonneras à sa terrible étreinte
Pour devenir l’esclave des temps affranchis

Immaculé par l’ombre de ma nostalgie,
Je regarderai leurs mains se sculpter sans cesse
Me laissant deviner une veilleuse rose.

Enivré de soupirs aux parures démentes
D’alcools étranges aux croisades enfantées
Et de gémissements aux larmes équivoques
Parcourant, tel l’acide, leurs deux cœurs dénudés

L’Amour, impuissant, arrachera sa défroque.

(Camille de Archangélis)

Illustration: Gustave Courbet

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