Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘peu à peu’

VOLUPTÉ (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Philippe Zacharie
    
VOLUPTÉ

Sur une terrasse blanche, la nuit, ils nous laissèrent évanouies dans les roses.
La sueur chaude coulait comme des larmes, de nos aisselles sur nos seins.
Une volupté accablante empourprait nos têtes renversées.

Quatre colombes captives, baignées dans quatre parfums, voletèrent au-dessus de nous en silence.
De leurs ailes, sur les femmes nues, ruisselaient des gouttes de senteur. Je fus inondée d’essence d’iris.

Ô lassitude! je reposai ma joue sur le ventre d’une jeune fille qui s’enveloppa de fraîcheur avec ma chevelure humide.
L’odeur de sa peau safranée enivrait ma bouche ouverte. Elle ferma sa cuisse sur ma nuque.

Je dormis, mais un rêve épuisant m’éveilla : l’iynx, oiseau des désirs nocturnes, chantait éperdument au loin.
Je toussai avec un frisson. Un bras languissant comme une fleur s’élevait peu à peu vers la lune, dans l’air.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Peu à peu (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



 


    
peu à peu nous apprîmes à écouter
quelque part la chute du jasmin —

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Et d’espaces en feuillages (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
Et d’espaces en feuillages,
et de ciels en adieux,
des mains qui cherchent encore.

Silences au-dessus des nuées,
si doucement élancés,
que la nuit peu à peu s’éloigne.

Sous l’aile, ton regard
ensemence mes pas.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Posant le pied (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration
    
Posant le pied sur les premiers degrés,
Je regardais les lignes de la terre.
Les jours s’obscurcissaient — mes accès de fureur
S’éteignaient peu à peu dans le lointain rosé.

Mais, tourmenté et cherchant le malheur,
L’esprit pleurait — dans l’abîme étoilé
S’ouvraient les eaux d’un océan de feu,
Un rêve inconnu murmurait mon nom…

(Alexandre Blok)

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Toi rien que toi (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016


Toi rien que toi
Fermant tous mes chemins et scellant ma mémoire

Toi rien que toi
Et les yeux suppliants que tu as dans l’amour
Toi rien que toi
A m’attendre partout
A briser avant moi le pain dur de ma vie

Toi rien que toi
Je n’ai plus de maison
Je n’ai plus de sommeil
Je n’ai plus de raison

Toi rien que toi
Salive amère

Toi rien que toi
Mon remords et ma joie.

*

Je t’ai peu à peu dévêtue
De cette peau de rêves
De ces baisers cousus
Et soudain nue tu m’apparus
Plus rien de moi n’était à toi
Et tu t’enfonçais loin de moi
Mais ce que j’avais su te reprendre
Et qui peut-être était le meilleur de moi-même
Me collait aux doigts comme un fard
Dont je ne savais que faire
Tourné vers les beaux seins que j’aime.

*

J’ai beau faire tu es en moi
Battante
Comme un autre coeur que j’aurais
J’ai beau faire tu viens tu vas
Dans les couloirs feutrés où mon sang parle bas
J’ai beau faire je te sens là
Toujours
Caillot qui rôde
A la recherche du jour
Et mes mains malgré moi me prennent à la gorge
Pour te saisir et pour te tordre
Pour t’arracher de moi comme un clou comme un cri
Pavot éclaboussant les murs blancs de ma vie.

(Jean Rousselot)

Illustration: Ikenaga Yasunari

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Avec sa fougue végétale (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



Avec sa fougue végétale
La campagne à l’horizon bleu
Aura rejoint la mer étale
Que le soir ombre peu à peu.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :