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LA RENCONTRE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020



 

Zakharevich Oleg Yanuarevich  838

LA RENCONTRE

Ils n’échangèrent qu’un regard
Et quelques paroles,
Mais pour retenir un coeur fol
Il est toujours trop tard.

Septembre pavoisait sournoisement
De ses loques citron le haut des peupliers;
Ils se trouvèrent mieux liés
Que par d’ardents serments.

Il avait déjà barbe grise
Mais elle entre ses cils battants
Le regardait avec surprise
Comme le chevalier Tristan.

Le soir tombait troublé de bruits épars;
Chacun reprit la route auparavant suivie;
Ils n’avaient échangé qu’un regard,
Mais ils y songèrent toute la vie.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Zakharevich Oleg Yanuarevich

 

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L’AUTOMNE A DES RAISINS… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2020



Illustration: Brad Kunkle
    
L’AUTOMNE A DES RAISINS…

L’automne a des raisins et de tardives fleurs,
Il a des pommes rouges, des pommes dorées,
Et, depuis quelque temps, je le vois, plus rêveur,
Porter toute une quantité de chrysanthèmes.
Même il a réuni son peuple d’hirondelles
Et les cigognes et les grives et les grues
Et les a fait toutes partir, en vols épais,
Pour des lieux où s’en vont en troupeaux les nuages.
Les marronniers pleuraient, les peupliers, les ormes,
Tout comme j’ai pleuré sur un sommet désert,
Car l’automne m’a pris, m’a pris à tout jamais
La jeune fille que j’aimais et qui m’aimait.

(Mihai Beniuc)

 

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TENEBRES (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (30) [1280x768]

TENEBRES

Nous marchons sans lanterne
Le sol est plat.
A gauche ondoient les blés
A droit — odeur de cèpes —
Nous suit un petit bois.

Noyaux de nuit plus dense
Un à un détachés
Des peupliers s’avancent
Vers nous pour défiler.

On ne voit pas la route
Où s’enfoncent les pieds
Nuit au ras de la bouche
Mais l’oreille émergée.

A fleur de paysage
S’allume à nos tympans
Un film dont les images
Se heurtent sur l’écran.

On tâtonne. A l’ami
Lointain, la bonté proche
La Parole nous lie
Seule : combien humaine !

Un train à l’infini
Siffle. La chouette ulule.
Monde, étroite cellule,
Plafond de galaxies.

La peur nous ratatine
Mais nous dilate aussi.
On passe des abîmes
Sans remuer d’ici.

Le flair renaît en nous
Aussi fin qu’à l’époque
Où l’homme était un loup.
Ses pistes sont les nôtres.

Des yeux nous en avons
Derrière notre crâne,
Au nez comme aux talons,
Au fer de notre canne

Tout au bout des antennes
Qui précèdent l’esprit
Fouillant la nuit, jumelle
De l’aveugle patrie.

Suivons l’aïeul farouche
L’instinct. Nulle clarté
Sinon quand ma main touche
La tienne, électrisée.

Marchons. La terre écoute.
Par chance de là-bas
Nos coeurs ne se voient pas
Vers luisants sur la route.

(Gyula Illyès)

Illustration: Talon Abraxas

 

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AU MILIEU DE LA NUIT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Rene Magritte   La méditation  o1_500

AU MILIEU DE LA NUIT

Au milieu de la nuit, quand les pins gémissent,
Quand les arbres des songes se lèvent,
Que le vent arpente les prés,
Mon coeur se réveille.

Sous le clair de lune luisent les campagnes
Le peuplier, le liard et le tremble
Dialoguent tout bas
Avec quelqu’un de l’au-delà.

Toutes les chambres de l’éternité sont ouvertes
Nos âmes ne sont plus accablées,
Les reflets d’or brillent vers nous :
Tu sens que tu n’es plus seul.

(Srecko Kosovel)

Illustration: René Magritte

 

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SI JE SAVAIS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

Alexandre Séon (4)

SI JE SAVAIS

Si je savais, je vous chanterais
Les peupliers qui bruissent clair,
Le soleil du Karst
Dans le frais septembre
Les vallons blancs de sarrasin.

Oh! si je savais, je vous chanterais
Une, une jeune fille;
Je l’aime tant
Et je ne la donne
Pour rien, pour rien au monde.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Alexandre Séon

 

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PAS ENCORE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Abel-Dominique Boyé
    
PAS ENCORE

Souvenir d’un après-midi d’août
dont je ne me souvenais pas
Je rêve un rêve déjà rêvé
puis oublié il y a longtemps

Je dormais sur l’herbe d’été
dans la prairie près de la rivière
Un grand rideau de peupliers
chuchotait sa langue de feuilles
et ses ombres bien alignées

Je rêvais d’une jeune femme
qui de l’autre côté de l’eau
sur l’ancien chemin de halage
marchait dans les herbes hautes

Elle traverse la passerelle d’écluse
et vient lentement à ma rencontre
Elle me sourit et dit à voix basse
« Il est trop tôt pour que ce soit nous »

C’était toi toi l’inconnue
la pas encore reconnue
toi qui n’est pas encore ma vie
mais qui viens vers moi en avance
dans un rêve ancien oublié

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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SOIR (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Stéphane Pellennec
    
SOIR

Ciel ! un fourmillement emplit l’espace noir ;
On entend l’invisible errer et se mouvoir ;
Près de l’homme endormi tout vit dans les ténèbres.
Le crépuscule, plein de figures funèbres,
Soupire ; au fond des bois le daim passe en rêvant ;
À quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t’aime
La clochette bourdonne auprès du chrysanthème
Et lui dit paysan, qu’as-tu donc à dormir ?
Toute la plaine semble adorer et frémir.
L’élégant peuplier vers le saule difforme
S’incline ; le buisson caresse l’antre ; l’orme
Au sarment frissonnant tend ses bras convulsifs ;
Les nymphaeas, pour plaire aux nénuphars pensifs,
Dressent hors du flot noir leurs blanches silhouettes ;
Et voici que partout, pêle-mêle, muettes,
S’éveillent, au milieu des joncs et des roseaux,
Regardant leur front pâle au bleu miroir des eaux,
Courbant leur tige, ouvrant leurs yeux, penchant leurs urnes,
Les roses des étangs, ces coquettes nocturnes.
Des fleurs déesses font des lueurs dans la nuit,
Et dans les prés, dans l’herbe où rampe un faible bruit,
Dans l’eau, dans la ruine informe et décrépite,
Tout un monde charmant et sinistre palpite.
C’est que là-haut, au fond du ciel mystérieux,
Dans le soir, vaguement splendide et glorieux,
Vénus rayonne, pure, ineffable et sacrée,
Et, vision, remplit d’amour l’ombre effarée.

(Victor Hugo)

 

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Jour d’anniversaire (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Jour d’anniversaire

Ô ma soeur ! viens et prends cette amphore de grès
Et accompagne-moi ! car tu n’as oublié
Ce que pieusement nous cultivions toujours.
Sept étés ont passé lorsque nous l’entendîmes
Alors que nous causions puisant à la fontaine :
Nos fiancés sont morts dans la même journée.
Allons donc à la source où les deux peupliers
Avec l’épicéa se dressent dans les prés.
Allons chercher de l’eau dans l’amphore de grès.

(Stefan George)


Illustration: Fleury François Richard

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LA LUNE JAUNE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

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LA LUNE JAUNE

Ce long jour a fini par une lune jaune
Qui monte mollement entre les peupliers,
Tandis que se répand parmi l’air qu’elle embaume
L’odeur de l’eau qui dort entre les joncs mouillés.

Savions-nous, quand, tous deux, sous le soleil torride
Foulions la terre rouge et le chaume blessant,
Savions-nous, quand nos pieds sur les sables arides
Laissaient leurs pas empreints comme des pas de sang,

Savions-nous, quand l’amour brûlait sa haute flamme
En nos coeurs déchirés d’un tourment sans espoir,
Savions-nous, quand mourait le feu dont nous brûlâmes
Que sa cendre serait si douce à notre soir,

Et que cet âpre jour qui s’achève et qu’embaume
Une odeur d’eau qui songe entre les joncs mouillés
Finirait mollement par cette lune jaune
Qui monte et s’arrondit entre les peupliers?

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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LES PEUPLIERS DE KERANROUX (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



 

LES PEUPLIERS DE KERANROUX

Le soir a tendu de sa brume
Les peupliers de Keranroux.
La première étoile s’allume;
Viens-t’en voir les peupliers roux.
Fouettés des vents, battus des grêles,
Et toujours sveltes cependant,
Ils lèvent leurs colonnes grêles
Sur le fond gris de l’occident.
Et dans ces brumes vespérales
Les longs et minces peupliers
Font rêver à des cathédrales
Qui n’auraient plus que leurs piliers.

(Charles Le Goffic)

 

 

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