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Posts Tagged ‘peuplier’

Le But (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022


 


David Brayne 3216 [1280x768]

Le But

Le long des peupliers je marche, le front nu,
Poitrine au vent, les yeux flagellés par la pluie.
Je m’avance hagard vers le but inconnu.

Le printemps a des fleurs dont le parfum m’ennuie,
L’été promet, l’automne offre ses fruits, d’aspects
Irritants; l’hiver blanc, même, est sali de suie.

Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs,
Mangent mon foie, où sont tant de colères folles,
Que l’air et le soleil blanchissent mes os secs,

Et, surtout, que le vent emporte mes paroles!

(Charles Cros)

Illustration: David Brayne

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Lied (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2022




Lied

Sous les peupliers une petite vieille
chemine aux derniers feux du couchant
loin du village
pour ramasser des broussailles.
Quel tranquille Dimanche!

L’aube la verra
penchée sur son fagot,
sur son petit feu dispersé:
les derniers jours enchanteurs
d’un art de vivre inconnu.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration

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Nous étions la marelle (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



Nous étions la marelle et la pierre et l’enfant
Le rire et les courses le livre et la courbe et la craie
La tuile le gué la rivière les sautes du vent
Aux transparentes carènes ce maigre brûlis d’herbes

Qu’un peuplier sur l’espace un doigt sur les lèvres
A jamais taise le secret dans le rouissage du jour
Perdons-le dans la neige le sable la verdeur vivons
Comme si nous ne savions rien des fumures du labour

Sur le tour des saisons monte la poterie des collines
Des taillis de la nuit les chiens ont levé le jour
Au tableau de l’école un enfant dessine le ciel
Roule une pierre
un oiseau crie
nous avons oublié.

(Max-Pol Fouchet)

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Chaleur (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2022




Chaleur

Le saule, qu’on dit pleureur
Valsait fébrilement…
Le peuplier dansait dans le vent
Le bouleau en oubliait d’être blanc,
Si chaud était l’air ambiant…

Le gros chien rêvassait
Et soufflait péniblement,
Le chat, roulé en boule
Sur son couvre-pied
Dormait
Jusqu’à ce que la chaleur
Vers d’autres cieux ne roule…
Chacun attendait que le soleil recule
Afin que plus il ne brûle…

C’était l’été – bonheur –
Dans toute sa splendeur !

(Mireille Gaglio)

 

 

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Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres (Hughes Fouras)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres,
Tes champs pleins de Sioux et de courges scalpées?
Charmant pays de mes vacances enfantines,
Tu m’apparais comme un village de poupées.

Tout s’est ratatiné: les peupliers des routes ?
A peine plumes d’oie pour poètes branlants,
Et l’oncle qui jadis m’étonnait par sa force,
Un petit vieux qui pleure en me reconnaissant.

(Hughes Fouras)

 

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POURQUOI? (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



 

POURQUOI ?

Pourquoi te lamenter comme le râle
Dans les roseaux, te tordre comme le peuplier,
Pleurer comme le saule,
Entends couler la source, elle rit, fais comme elle
Toujours neuve et pareille en son entier.

Qu’est tout ce mouvement, que sont ces cris, silence
Dans l’énorme concert.
Seuls, une voix, un geste à peine
De cette eau toujours pleine
Donnent un sens à l’instant toujours vert.

(Franz Hellens)

Illustration

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L’Odeur de mon Pays (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022




L’Odeur de mon Pays

L’odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l’ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L’herbe haute sentait le soleil et la mer,
L’ombre des peupliers y allongeait des raies,
Et j’entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi.
Je venais de hocher le pommier arrondi,
Et je m’inquiétais d’avoir laissé ouverte
Derrière moi, la porte au toit de chaume mou ..
Combien de fois, ainsi, l’automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?…
Ah ! je ne guérirai jamais de mon pays !
N’est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans leur fraîcheur, la paix et toute l’innocence ?
Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?…

(Lucie Delarue-Mardrus)

 

 

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Le lit défait (Yves Bergeret)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



Le lit défait

La crête au loin sous la nuée,
La pente songeuse où frissonnent les mélèzes,
Les collines voisines, les cyprès et les peupliers
viennent déposer doucement sur le papier
leur amour non nourri, leur langueur solitaire;
le vol de l’oiseau, le chant de l’insecte
strient la feuille, finement;
le paysage vient s’asseoir sur les genoux
de la paix silencieuse, mais elle se retire déjà
du blanc de la feuille en y laissant le dessin du paysage
comme un lit défait où s’est étiré
le rêve du monde saisi par une lumière
inespérée

(Yves Bergeret)

Illustration: Charles Guilloux

 

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VERS ORPHIQUES (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2022




    
VERS ORPHIQUES

D’après des tablettes
retrouvées dans une tombe de la Grande-Grèce

Sur le seuil de la porte noire,
À droite, au pied d’un peuplier,
Coule l’eau qui fait oublier.

À gauche sourd l’eau de Mémoire;
Cristal glacé, froide liqueur,
L’eau de Mémoire est dans mon coeur.

La joie et la peine y vont boire;
Des sages siègent sur son bord;
Je leur dirai : « Je crains la mort.

« Je suis fils de la terre noire,
« Mais aussi du ciel étoilé;
« Ouvrez-moi la porte de gloire!

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur la Route (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2022




    
Sur la Route

C’est un vieux qui passe, toussant,
crachant, boitant sur son bâton,
tout fatigué d’avoir marché —
la route est longue —
et tout heureux d’être arrivé,
lorsque le village se montre
comme des enfants en tabliers blancs
qui, las de jouer, se seraient assis
au milieu des prés
pour passer le temps.
Ensuite c’est un char,
avec un vieux cheval,
et la blouse de l’homme,
bossu par derrière à cause du vent,
a l’air d’une cloche.
Le cheval trotte d’un petit trot las
et ses grelots font une chanson triste.
Les peupliers défilent un à un,
la route se déroule;
et l’homme s’en va
avec un plumet de fumée bleue,
fumant sa pipe.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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