Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘peur’

Mam´zelle Clio (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Alphonse Mucha ur [1280x768]

1. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Le premier jour je me rappelle
C´était chez des amis idiots
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre maman avait des ailes
Dans une robe de taff´tas
Vous étiez une demoiselle
Et je vous murmurais tout bas

{Refrain:}
Dormir avec vous dormir une nuit,
Faire un rêve à deux quand le ciel est noir au fond de ma chambre
Le sommeil est doux quand tombe la pluie
Quand le vent du nord murmure tout bas
Décembre
Tous les mots d´amour le vent nous les dit
Quand la cloche sonne une heure perdue lointaine…
Oublier la vie oublier nos peines
Dormir une nuit dormir mon amour dormir avec vous

2. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Vous êtes mariée c´est ridicule
Avec le fils de ces idiots
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre mari est somnambule
Il se promène sur les toits
Toute la nuit tandis que moi

{Refrain:}
Je dors avec vous dans le même lit
Nous rêvons tous deux quand le ciel est noir au fond de ma chambre
Votre corps charmant se donne à minuit
Dans un petit hôtel tout près de la rue Delambre
Y a pas d´eau courante et pour faire pipi
C´est au fond de la cour
Mais là-bas y a pas de lumière
Mais ces petites bêtises me sont familières
Je dors avec vous et pendant le jour
J´attends notre nuit

3. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre mari dans une crise
M´a flanqué deux balles dans la peau
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Je suis bien mort quoi qu´on en dise
Oui mais le diable m´a permis
De revenir toutes les nuits

{Refrain:}
Dormir avec vous sans vous faire peur
Caresser vos cheveux toucher votre cœur vous dire à l´oreille
 » Je t´aime chérie je t´aime et j´en meurs  »
Et tirer les poils du petit cocu qui veille
La commode qui grince un bruit sur le toit
Le lit qui gémit c´est moi dans le bois ma brune
Je suis courant d´air et rayon de lune
J´ai l´éternité pour chanter tout bas
Je dors avec toi

(Charles Trenet)

Illustration: Alphonse Mucha

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je sais ce que vous allez me dire (Jean Anouilh)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2021


depression

Je sais ce que vous allez me dire,
il faut rentrer en vous-même…
je suis rentré en moi-même plusieurs fois
Seulement voilà il n’y avait personne.
Alors au bout d’un moment,
j’ai eu peur et je suis sorti pour faire du bruit dehors
pour me rassurer…

(Jean Anouilh)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

L’hippopotame (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2021



 

L’hippopotame

L’hippopotame au large ventre
Habite aux Jungles de Java,
Où grondent, au fond de chaque antre,
Plus de monstres qu’on n’en rêva.

Le boa se déroule et siffle,
Le tigre fait son hurlement,
Le buffle en colère renifle ;
Lui, dort ou pait tranquillement.

Il ne craint ni kriss ni zagaies,
Il regarde l’homme sans fuir,
Et rit des balles des cipayes
Qui rebondissent sur son cuir.

Je suis comme l’hippopotame :
De ma conviction couvert,
Forte armure que rien n’entame,
Je vais sans peur par le désert.

(Théophile Gautier)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

UN PETIT GARÇON (Louise Debrakel)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021




Un petit garçon court dans la forêt
Le matin est beau, il n’y aura pas d’école.
Un petit garçon court dans la forêt
Sous les arbres bleus et parmi les herbes folles.

Le chien s’est enfui en brisant sa chaîne
Sa petite soeur ne dit pas un mot
Sa mère est couchée à l’ombre d’un chêne
Sur un lit de mousse au bord du ruisseau

Un petit garçon court dans la forêt
Dans les buissons verts et parmi les boutons d’or
Un petit garçon court dans la forêt
Sa mère qui dort ne l’appelle pas encor.

Un petit garçon court dans la forêt
Tout droit devant lui dans le sable et les ornières
Un petit garçon court dans la forêt
Le souffle coupé par la peur et la poussière

Il ne reste plus du village en flammes
Que des murs noircis qui fument un peu
On n’entend plus rien après le vacarme
Des oiseaux d’acier qui crachaient le feu.

Un petit garçon court dans la forêt
Depuis très longtemps et jusqu’à l’éternité
Un petit garçon court dans la forêt
Sa mère qui dort ne l’appellera jamais.

(Louise Debrakel)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POUR BOIRE AUX AMIS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

POUR BOIRE AUX AMIS

Je boirai en souvenir de la blancheur des montagnes
Je tirerai du vin du bouillonnement de la source
par-delà les hauts lieux glacés
Pour offrir le meilleur aux amis pour les réjouir
il faut n’avoir eu peur de rien
il faut s’être avancé très haut
Pour m’inviter à boire, moi aussi
comme si j’étais devenu mon ami
par la grâce de la blancheur de la source
pour devenir mon ami droit dans les yeux.

(André Frénaud)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Attouchement sacré (Jean-Vincent Verdonnet)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2021



Attouchement sacré
de la paume et de la pierre

un dialogue se noue
qui remonte à la nuit
de la peur et du feu

la montagne écoute et vacille

(Jean-Vincent Verdonnet)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÈVE (Pierre de Massot)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



ÈVE

Charmeur je meurs car mes serments
me font trop mal quand je te mens
et si peur lorsque tu suspens
à ton chant de flûte un serpent

(Pierre de Massot)

Illustration: Gustav klimt

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

St-Didier (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021



St-Didier

Les lignes ont peur de moi
Elles me fuient
Mais comment vais-je faire
Pour passer au bout de la route
Je sautera par-dessus

(Pierre Albert-Birot)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Leopold Kupelwieser _1796- rois mages_jpeg

Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Bienvenu sur la crête (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2021


 

Revenu sur la crête, le château n’y était plus.
Mais tu étais là, toi. Tu es donc là,
debout dans les pierres.
Le réseau de rubis brille à travers la blancheur.
La houle figée ne s’épandra pas.
Durs regards qui dévorez l’ombre et le jour.

Ecoute la végétation de la rivière,
que lisse chaque flot calme
dans la patience vie du fond,
la bergamote et les grands marronniers.

Si je ne t’attends plus, n’aie pas peur de ton visage.

(André Frénaud)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :