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Poésie

Posts Tagged ‘phare’

VISAGE (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2021




    
VISAGE

J’ai habité le visage d’une femme
Qui habite une vague
Jetée par le flux contre un rivage
Au port perdu parmi ses coquillages

J’ai habité le visage d’une femme
qui me fait mourir
Phare éteint, elle veut rester
dans mon sang qui navigue
Jusqu’aux confins du délire

(Adonis)

 

Recueil: Mémoire du vent
Traduction: André Velter
Editions: Gallimard

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Emmène-moi (Boulevard des Airs)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021



    

Emmène-moi

Je suis comme un grain de sable
Perdu dans l’océan
J’ai perdu mon cartable
J’ai perdu mes parents

Je suis comme l’eau des courants
Fatigué d’ignorer
Si je coule dans le vent
Si je fais que passer

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme une poussière
Si je m’envole un matin
Je retourne à la terre
Je m’en vais et je viens

Je suis comme l’eau des fontaines
Impuissant et lassé
Poussé par ce système
Qui poursuit sans cesser

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme les autres en fait
Je ne saurai jamais
Si je poursuis la quête
Si j’ai laissé tomber

Je suis comme rempli d’espoir
Ce matin je renais
Emmène-moi près du phare
Allons jusqu’aux rochers

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

(Boulevard des Airs)

(Florent Dasque / Jean Baptiste Labe / Jean Noel Dasque / Jeremie Plante / Melissa Doya / Pierre Emmanuel Aurousset / Sylvain Duthu)

 

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Le voyage (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



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Le voyage

Dans l’océan du ciel d’avril, gonflant leurs voiles,
Les nuages, pareils à de légers bateaux,
Naviguent, éclatants, vers des îles d’étoiles,
Avec la majesté des cygnes sur les eaux.

Ils voguent, sans troubler d’un remous l’onde bleue ;
Leur marche est paresseuse et leur but est lointain.
Depuis une heure, ils n’ont pas fait plus d’une lieue ;
Pour leur voyage, ils sont partis dès le matin.

Ce soir, pour les guider resplendira la lune,
Comme un phare dressant sa clarté sur la mer ;
Ils glisseront alors sur l’onde calme et brune,
Et dans l’ombre le port leur apparaîtra clair.

Atteindront-ils jamais les îles fortunées,
Les blancs petits bateaux de l’océan divin ?…
Hélas ! rêves déçus de toutes nos journées,
Bonheur, archipel d’or cherché toujours en vain !

(Albert Lozeau)

 

 

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Le sommeil du condor (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



 

Le sommeil du condor

Par-delà l’escalier des roides Cordillères,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,
L’envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d’une morne indolence,
Regarde l’Amérique et l’espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.

La nuit roule de l’est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s’élargissent sans fin ;
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l’horizon divin ;
Du continent muet elle s’est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.

Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d’une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l’assiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier
Dans l’abîme sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,

Il s’enlève en fouettant l’âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n’atteint pas le vent,
Et, loin du globe noir, loin de l’astre vivant,
Il dort dans l’air glacé, les ailes toutes grandes.

(Leconte de Lisle)

 

 

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LE MIRADOR (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



Illustration: Giorgio de Chirico
    
LE MIRADOR
(La nostalgie de l’infini)

Je le sais maintenant :
inutile pour apercevoir l’infini
de dénuder le bleu du ciel car l’infini est
une tour
une forteresse apatride
un phare inassouvi
un silo cerclé d’oriflammes

Je le sais maintenant :
inutile pour apercevoir l’infini
d’apprivoiser la Voie lactée car l’infini est
un parcours austère
une géométrie sans pitié
une rectitude hantée d’absence

Peut-être est-il aussi un mirador
surveillant les coulées d’étoiles entre les barbelés des galaxies ?

Mais alors qui veille en son extrémité, juste au-dessous des oriflammes,
et quel souffle les fait battre immobiles sous une éternité d’orage ?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir

Quels sont ces bruits sourds ?
Ecoutez vers l’onde
Cette voix profonde
Qui pleure toujours
Et qui toujours gronde,
Quoiqu’un son plus clair
Parfois l’interrompe… –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Comme il pleut ce soir !
N’est-ce pas, mon hôte ?
Là-bas, à la côte,
Le ciel est bien noir,
La mer est bien haute !
On dirait l’hiver ;
Parfois on s’y trompe… –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Oh ! marins perdus !
Au loin, dans cette ombre
Sur la nef qui sombre,
Que de bras tendus
Vers la terre sombre !
Pas d’ancre de fer
Que le flot ne rompe. –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Nochers imprudents !
Le vent dans la voile
Déchire la toile
Comme avec les dents !
Là-haut pas d’étoile !
L’un lutte avec l’air,
L’autre est à la pompe. –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

C’est toi, c’est ton feu
Que le nocher rêve,
Quand le flot s’élève,
Chandelier que Dieu
Pose sur la grève,
Phare au rouge éclair
Que la brume estompe ! –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

(Victor Hugo)

 

 

 

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En rentrant au port (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2020




    
En rentrant au port
les marins
guettent derrière les fenêtres
les corps blancs des femmes
qui brillent
comme les phares en haute mer
pour éclairer leurs routes

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mer sinistre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Mer sinistre

Au-dessus de l’océan
Sombre plane un goéland
La baie entrouvre sa bouche
Entre les dents des rochers
Que la lueur du phare touche
Sur ce rivage écorché

Agités par un vent froid
Les mâts brandissent leurs croix.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

 

 

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Virées à bicyclette (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Virées à bicyclette

1

Dans le marais où la brume stagne,
Un long son de cloches s’égrenait
De Saint Samson de Dol de Bretagne
Jusqu’au village de La Fresnais.

Nous poursuivions jusqu’à La Gouesnière
Dans les champs, nous griffant les genoux
Et, en trébuchant dans les ornières,
Nous atteignions enfin Saint Guinoux

Suivant le vol lent d’un goéland
Tournant au-dessus d’un lourd chaland,
Nous longions le canal d’Ille et Rance
Où nous poussait notre folle errance.

Nous faisions une halte à Dinan.
Nous buvions quelques fraîches et bonnes
Bolées avec des crêpes bretonnes
Et nous nous embrassions en dînant.

2

Nous circulions dans l’odeur des haies.
Des voiles évoluaient dans la baie.
En grognant, la pointe du Grouin,
Dans la mer, enfonçait son groin.

Un soleil d’or secouait ses élytres
Sur Cancale et le port de la Houle,
Sur sa jetée et ses parcs à huîtres,
Sur Le Vivier et ses parcs à moules.

Le soir nous trouvait à Saint-Servan,
Dégustant un plat d’huîtres verdâtres
Et des sardines grillées dans l’âtre
Une bonne en patois nous servant.

Quand nous sortions, la Tour Solidor
Piquait la nuit dans la poudre d’or
D’un phare qui tournait dans la brume
Sur Cézembre noir, ourlé d’écume.

(Jean-Baptiste Besnard)

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La mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



La mer

Les îles de Chausey partent à la dérive.
Je m’accroche avec force à la rive perfide
Qui risque de crouler sous des coups de boutoir
Tandis que le soleil, disque volumineux,
Se morfond, solitaire, au bord de l’horizon.

La côte se prélasse en robe d’Emeraude
Où tu veilles, bergère et « fée des grèves » vastes(1),
Sur ton troupeau de blancs moutons des prés-salés
Qui paît à ras des flots, aux abords de Cherrueix,
L’herbe d’iode et de sel poussant dans les polders.

Je pirate parfois dans les ombres naissantes
Avec les loups de mer sur leurs vaisseaux fantômes.
Dans le bief du Vivier, je vois, après la pêche,
Quelques barques venir s’embosser dans la vase.

Il existe des mers que je n’ai jamais vues,
Pour croire qu’elles sont plus belles que la mienne.
Le phare de Cancale a grignoté la nuit ;
Ce gros œil de cyclope, ouvert au bout du cap,
Se braque sur la grève où j’échoue mon esquif.

La vague roule et roule un galet, le polit,
L’arrondit avec soin : il épouse la forme
De ma main qui l’emporte et garde dans sa chair
Le souvenir puissant d’une forte marée
D’équinoxe qu’on vit galoper dans la baie.
Il trône sur le bord de notre cheminée,
Près d’une goélette à trois-mâts qui navigue
Dans une bouteille, œuvre d’un vieux terre-neuvas.

(1) Titre que porte une jolie jeune fille élue au cours d’une
kermesse. Sorte de  » Miss locale »

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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