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LE COEUR DU VIEUX VESUVE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020




    
LE COEUR DU VIEUX VESUVE

De moi ne restera peut-être
Rien que l’amour pour mon pays.
Peut-être qu’à nos descendants
Le don semblera trop petit.

D’autres avec beaucoup d’éclat
Surgiront du volcan du temps.
Moi, légère et mince fumée,
Je me dissoudrai lentement.

La gloire ne fut pas mon lot.
Elément plus dur et plus grave,
Je n’ai déversé sur mon siècle
Cendre ou vapeur, mais de la lave.

Catastrophe sur Pompéi,
Je l’étouffai en éclatant,
A ma pâte en feu n’échappèrent
Sbires, pharisiens ni savants.

L’humanité sans empereur
Grandit pendant que je sommeille.
Prenez garde, ne bougez pas,
Car tout au fond le brasier veille.

Mon front lisse est couvert de neige,
M’entourent paix et quiétude,
Mais, au tréfonds de la montagne,
Il bat, le coeur du vieux Vésuve.

(Mihai Beniuc)

 

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A La Jésus (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration

    

A La Jésus

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air en marchant dans ma rue
De chercher sur la terre le paradis perdu
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
Un peu beaucoup à la folie
Et c’est pour ça que je l’ai crue
Un peu beaucoup à la folie

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air devant Monsieur le Maire
D’avoir trouvé sur terre le paradis perdu
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
C’est pour la vie, c’est pour la vie
Et c’est pour ça que je l’ai crue
C’est pour la vie, c’est pour la vie

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air quand je rentrais le soir
De ne jamais me voir quand je lui disais bonsoir
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
Que j’avais vieilli, que j’avais vieilli
Et c’est pour ça que je l’ai crue
Et j’ai vieilli, et j’ai vieilli

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air quand elle l’a rencontré
D’avoir enfin trouvé son paradis perdu
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
Que c’était fini, que c’était fini
Et c’est pour ça que je l’ai crue
Et je suis parti, et je suis parti, et je suis parti, et je suis parti….

(Maurice Fanon)

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