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Poésie

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Jours (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2016



Jours

A quoi servent les jours?
Les jours sont là où vivre.
Ils viennent, ils nous réveillent
A longueur de temps.
Ils sont là pour y être heureux :
Où vivrait-on hors les jours ?

Ah! Résoudre cette question
Fait venir le prêtre et le docteur
Dans leurs longs manteaux
A toute allure à travers champs.

***

What are days for?
Days are where we live.
They come, they wake us
Time and time over.
They are to be happy in:
Where can we live but days?

Ah, solving that question
Brings the priest and the doctor
In their long coats
Running over the fields.

(Philip Larkin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Edvard Munch

 

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Amour (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2016



Amour

Le difficile de l’amour
Est d’être égoïste toujours,
D’avoir la sourde insistance
De bouleverser une existence
Juste pour soi, vaille que vaille.
Quelque culot qu’il y faille.

Puis le côté non égoïste –
Comment peut-on être heureux
En mettant l’autre en premier
Jusqu’à être pis que dernier ?
Ma vie m’appartient.
Autant marcher sur les mains.

Et pourtant, vicieux ou vertueux,
L’amour fait bien des heureux.
Seul le salaud qui se révèle
Égoïste à contresens
Risque qu’on l’envoie paître,
Et il peut aller se faire mettre.

***

The difficult part of love
Is being selfish enough,
Is having the blind persistence
To upset an existence
Just for your own sake.
What cheek it must take.

And then the unselfish side –
How can you be satisfied,
Putting someone else first
So that you come off worst?
My life is for me.
As well ignore gravity.

Still, vicious or virtuous,
Love suits most of us.
Only the bleeder found
Selfish this wrong way round
Is ever wholly rebuffed,
And he can get stuffed.

(Philip Larkin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Robert Doisneau

 

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Une impression stationnaire (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2016



>Patrick Caulfield _juan_gris_0
Une impression stationnaire… comme, je suppose
J’aurai, jusqu’à ce que mon corps solitaire devienne
Imprécis, fatigué ;
Alors je commencerai à sentir la poussée rétrograde
Prendre le dessus, écoeurante et impérieuse -;
Certains disent, désirée.
Et ce serait ça la force de l’âge ?… je cligne des yeux,
Comme par douleur ; car c’est douleur de penser
Que cette pantomime
Alternée d’acte et de contre-acte,
Défaite et contrefaçon, compose, de fait,
Le meilleur de mes jours.

***

A stationary sense…as, I suppose
I shall have, till my single body grows
Inaccurate, tired;
Then I shall start to feel the backward pull
Take over, sickening and masterful -; Some say, desired.
And this must be the prime of life… I blink,
As if at pain; for it is pain to think
This pantomime
Of compensating act and counter-act
Defeat and counterfeit, makes up, in fact,
My ablest time.

(Philip Larkin)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Patrick Caulfield

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TEL SOIT LE DIT (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



 

Mark Kostabi 1122

TEL SOIT LE DIT

Ils te niquent, tes père et mère.
Ils le cherchent pas, mais c’est comme ça.
Ils te remplissent de leurs travers
Et rajoutent même un p’tit chouïa – rien que pour toi.
Mais ils furent niqués en leur temps
Par des fous en chapeaux claques,
Tantôt sérieux et larmoyants
Et tantôt à s’traiter d’macaques.
L’homme refile la misère à l’homme.
Ça devient très vite abyssal.
Tire-toi de là, mets la gomme,
Et n’essaie pas d’avoir des mômes.

***

THIS BE THE VERSE

They fuck you up, your mum and dad.
They may not mean to, but they do.
They fill you with the faults they had
And add some extra, just for you.
But they were fucked up in their turn
By fools in old-style hats and coats,
Who half the time were soppy-stern
And half at one another’s throats.
Man hands on misery to man.
It deepens like a coastal shelf.
Get out as early as you can,
And don’t have any kids yourself

(Philip Larkin)

Illustration: Mark Kostabi

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

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