Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘photo’

Photos (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Photos que je jetterai sans doute
Avec conscience je mitraille
la plage de Kujûkuri

(Tawara Machi)

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AUBE DE L’ESPOIR (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
AUBE DE L’ESPOIR

La lumière de l’aube
efface les traces de la nuit
implacable le temps s’écoule
j’aimerais pourtant qu’il s’arrête
telle une photo fixée sur la lentille de la caméra
car aussi précieux que le fruit de l’arbre est l’amour
semblable à la lune qui s’élève la nuit
c’est ainsi que tu es, mon amour, quoi qu’il arrive
où que tu sois, je te garde en mon cœur
depuis que je t’aime mon monde a changé
parce que deux cœurs ont trouvé une maison de tendresse
des rayons de soleil jouent les cordes sensibles de l’amour
soulèvent l’aube de l’espoir.

***

日出之光

黎明
覆盖夜的痕迹
时间流逝
我的希望无法停止
像相机镜头固定的照片
像树上的果实,珍贵
像月亮晚空升起
所以,我的爱,无论发生什么
无论你在哪里,你都在我心中
你的出现,改变了我的世界
两颗流浪的心终于找到温柔之家
阳光照射在爱情的心弦上
点燃希望的曙光。

***

SUNRISE OF HOPE

The light of dawn
erases the traces of the night
relentlessly, time goes on flowing
although I wish it would stop
like a picture fixed by the camera’s lens
because as valuable like fruit in a tree is love
Like the moon ascending at night
so you are, my love, whatever happens
wherever you are, I keep you in my heart
since I am in love with you my world has changed
because two hearts found a home of tenderness
sunrays play on the heartstrings of love
lighting up the dawn of hope.

(Anna Keiko)

***

ZORII SPERANȚEI

Lumina zorilor
șterge urmele nopții
se scurge timpul nepăsător
deși eu aș vrea să-l opresc
fixat pe lentilă ca un clișeu de dor,
căci prețioasă ca rodul bogat e iubirea.
Asemenea lunii ce se-nalță în noapte
ești tu, dragostea mea, orice s-ar întâmpla
te port în inimă oriunde fiind,
de când te iubesc, alta e lumea mea,
în locașul tandreței două inimi încap
razele soarelui dau glas corzilor iubirii
spre zorii speranței cântec suind.

 

Recueil: ITHACA 576
Traduction: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Chinois original / Anglais / Roumain Passionaria Ivanov /
Editions: POINT

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Pourtant chaque jour plus seul (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Daniel Siguier
    
Pourtant chaque jour plus seul

Homme ouvre le seuil de ta demeure
femme ouvre ta chambre ouvre tes jambes
enfant ouvre la salle de tes jeux
parlez-moi embrassez-moi dites un peu
montrez-moi les photos les cicatrices les secrets
la solitude me maçonne
chaque jour elle jette sur moi d’un geste sec
sa truellée de ciment noir
elle me crépit elle vise mes yeux
elle monte son mur autour de moi
elle épaissit ma peau toujours sa trahison
quand l’envie de brûler me parle
quand l’envie de parler me brûle
quand l’océan des autres me lèche
quand cet homme qui passe je voudrais l’arrêter
et cette femme lui sourire poser ma main sur son épaule

pourtant chaque jour plus seul isolé contre moi
moi qui ai le goût des bonjours
des braises du coeur dans les yeux
des mots
des mains
du verre de vin sous les platanes.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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UN DOMICILE DISCRET (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

UN DOMICILE DISCRET

J’ai tout retiré de ma chambre
hormis quelques images

il reste trois fois rien

l’aile d’un goéland
un bloc de pierre glacée
la photo d’une fille nue —

au centre de ce vide
mon être danse

*

INCONSPICUOUS LODGINGS

I’ve emptied this room
of all but a very few images

what remains is next to nothing

the wing of a gull
a lump of cool rock
the photo of a naked girl —

within this emptiness
my being dances

(Kenneth White)

Illustration: Edward Hopper

 

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J’avais grand besoin (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



Illustration: Pablo Picasso    
    
« Aujourd’hui, après déjeuner, j’avais très mal.
Je suis allée marcher loin dans la campagne.
Au retour, sur la route, j’ai rencontrée une femme.
Je la connaissais à peine. Je ne savais pas son nom. »

Mais la femme, elle, reconnaît le poète, dont elle a une photo chez elle, découpée dans un journal.
Elle dit à Marie Noël:  » Je vous regarde… je vous respecte… », et aussi ce cri de femme blessée par l’injustice des hommes:
« Mademoiselle, il ne faut pas croire ce que les gens vous disent de moi. »

« Elle me prend la main, la presse fort, approche du mien son visage abîmé, boursouflé et rouge.
Je devine ce qu’elle voudrait… je l’embrasse sur les deux joues.
Elle pleure. Je pleure aussi.
Elle m’a fait beaucoup de bien, la pauvre Soulotte!
J’avais grand besoin d’elle à ce moment-là. »

(Marie Noël)

 

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Un livre, à quoi ça sert ? (J.M.G. Le Clézio)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Un livre, à quoi ça sert ?
À écrire. Ça sert à écrire, à lire, à dessiner.
À écrire ce qui est écrit, à lire ce qui est écrit.
À dessiner des animaux, des arbres, des poissons, des cendriers, des livres, des hommes, des enfants.
À dessiner tout ce qu’on voit.
A compter aussi, à mettre des chiffres.
À raconter des histoires, l’histoire du hibou, l’histoire de la montagne creuse et de la forêt avec les loups.
À faire le ciel, à faire le soleil. A faire une chemise. À faire un pot de fleurs, et une cigarette.
On dessine. On colorie.
On dessine les maisons.
On dessine les salamandres et les escargots.
On peut les faire à l’endroit, et puis à l’envers.
On peut les faire avec des craies, avec des pinceaux.
Avec des allumettes aussi.
Avec de la paille.
Avec des feuilles.
Avec des cheveux.
Avec de l’herbe. Avec des morceaux de bois.
On peut coller, on peut découper avec des ciseaux.
Un livre, ça peut être une boîte.
ça sert à se rappeler, aussi.
A gribouiller.
À cacher les choses, pour que les autres ne les trouvent pas.
ça sert à envoyer des lettres aussi. À mettre les lettres et les cartes quand le facteur les a apportées.
À coller des photos.
Un livre, ça sert à lire le journal.
On écrit les lettres, les O, les A, les Z, les W.
On écrit ZORRO, CHAT ISABELLE.
Ça sert à courir dans le jardin.
Un livre, ça sert à mettre ce qu’on a rêvé cette nuit.
Quand on s’est bien amusé avec, on n’a plus qu’à le jeter à la poubelle.

(J.M.G. Le Clézio)


Illustration

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La semaine prochaine (José Millas-Martin)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Photos grenier en vrac Vieille dame du pavillon 1934
Près de la Marne Si fraîche les dimanches d’été Guinguettes
Petit vin blanc etc Je veux retourner chez moi Mais
voui vous irez la semaine prochaine Son lit point fixe
Tu sais hier j’étais chez moi J’avais oublié de couper
le courant Jours Nuits interférences Pense aux cerises
pour tes confitures Photos majuscules L’autre
dame les a brûlées A quoi serviraient-elles?

(José Millas-Martin)

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Plateau d’oeufs (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Plateau d’oeufs

Sur la table un grand plateau d’aras
tachetés de brun, coquilles endormies
qui tanguent comme des yachts
en régate poussés sur la mer.

Fragilité ; nous cassons si facilement,
enlevés au lit de l’amitié,
chaque coquille ronde sans visage
cherchant sa direction, incapable de bouger.

Plénitude et silence ; j’aimerais mettre
leur concentration collective
dans une photo, l’agrandir,
puis les étaler comme des galets
sur une plage et les aligner vers la mer.

***

Tray of eggs

On the table a tray of eggs
with mottled tans, rolling drunk
asleep in their shells, like racing
yachts blown across the sea.

Fragility; we crack so easily,
plucked from the bed of companionship
each rounded shell – faceless,
looking for direction, unable to move.

Full and silent: I would like to take
their massed concentration
in a photograph then, enlarging it,
lay them out like cobblestones
on a beach, and line them up to the sea.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Dans un village dévasté par la guerre (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration:  Rosso Fiorentino

    

Dans un village dévasté par la guerre
un homme à demi nu
que trois silhouettes enturbannées allongent
sur une couverture ocre
la photo est dans le journal
belle comme une déposition de croix
du Quattrocento

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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DANS L’EPAIS DE LA NUIT (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



DANS L’EPAIS DE LA NUIT

La vie lèche la page et se retire blanche
vaste mer incertaine aux hommes qui l’attendent

me manquent tes photos tes lèvres tes pointes dures
me manque ton passage portant cette cambrure

bonjour encore soleil étrange aux longues mèches noires
que tu vives que tu meures : toujours lumière et désespoir

vivace te voici pendant que se déhalent
les images gravées des chagrins enfouis

toi visage du passé dont pâlira le hâle
parure qui s’affale dans l’épais de la nuit.

(Jean Pérol)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Jean Jacques Henner

 

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