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Posts Tagged ‘physique’

Personne et cependant l’immensité de l’être (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



    

Personne et cependant l’immensité de l’être
L’infini lègue aux choses un vêtement d’éther

Chemin de l’un vers l’unité
Le présent se donne à l’instant

Ici l’intensité
L’arc du corps

Ici l’effort
La corde raide

Ici l’énergie
La flèche en vérité

La cible sans circonférence ni centre coïncide avec la visée
L’archer s’éveille à la réalité

C’est l’éclair de haute pression physique
Où la terre sombre dans l’eau

Et la noyade appelle la fièvre
Et l’eau sombre dans le feu

De ce brasier les corps s’évadent
Le feu sombre dans l’air

Alors du vide de la chute
Monte le souffle en partage

Avec la lumière
Et la lumière de la lumière

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai toujours eu la sensation du gouffre (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



gouffre
Au moral comme au physique,
j’ai toujours eu la sensation du gouffre…
J’ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur…
A chaque minute nous sommes écrasés par l’idée et la sensation du temps…
Trop tard peut-être…

(Baudelaire)

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Ma chambre a des charmes de palmier (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2018




    
Ma chambre a des charmes de palmier.
Le lit blanc et pur, défait,
les innocents cahiers : la présence
en moi de cette joie physique
que donne la vie qui se vit en soi.

Puis des moineaux se dispersent comme
un vol confus de papillons; la terre, au soleil
passionnée et indifférente…

Et dans les vignes brûlées de soleil
et les maisons aux enduits incandescents,
un son de cloche obsédant.

***

La mia camera ha incanti di palmizio.
Il candido letto disordinato,
i quaderni innocenti: la presenza
in me di questa fisica allegrezza
che è la vita che si vive sola.

Poi passeri si sparpagliano corne
confuse farfalle; la terra, al sole,
appassionata e indifferente…

E tra le vigne roventi di sole
e gli intonachi accesi delle case,
un invasato suono di campana.

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Je suis vivant
Traduction: Olivier Apert et Ivan Messac
Editions: NOUS

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Est-il assez profond sanglot (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
Est-il assez profond sanglot
Pour dire les déserts physiques
Pareils aux ronds qu’on fait dans l’eau
Les mots valent-ils la musique
Du long désir au cœur enclos

(Louis Aragon)

 

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Le corps (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018




    
le corps n’est plus dans sa physique

la mécanique se grippe
se fausse doucement
sûrement

corps opaque
muet

mais qu’est-ce qu’on a à voir là-dedans

(Antoine Emaz)

 

Recueil: LIMITE
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Oui, dans ma vie (Samuel Beckett)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



Samuel Beckett
    
Oui, dans ma vie puisqu’il faut l’appeler ainsi, il y eut trois choses,
l’impossibilité de parler,
l’impossibilité de me taire,
et la solitude, physique bien sûr,
avec ça je me suis débrouillé.

(Samuel Beckett)

 

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Parfois (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Parfois je me retourne et retrouve votre odeur
et je ne peux pas continuer je ne peux pas continuer putain
sans exprimer ce terrifiant ah putain cet effrayant
ce blessant putain de besoin physique que j’ai de vous.
Et je ne peux pas croire que je peux ressentir ça pour vous
et que vous, vous ne ressentiez rien. Vous ne ressentez rien ?

Silence.

Vous ne ressentez rien ?

Silence.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Psychose

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Vivre, permanente surprise ! (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




    
Vivre, permanente surprise !

Vivre, permanente surprise !
L’amour de soi, quoi que l’on dise !
L’effort d’être, toujours plus haut,
Le premier parmi les égaux.
La vanité pour le visage,
Pour la main, le sein, le genou,
Tout le tendre humain paysage !
L’orgueil que nous avons de nous,
Secrètement. L’honneur physique,
Cette intérieure musique
Par quoi nous nous guidons, et puis
Le sol creux, les cordes, le puits
où lourdement va disparaître
Le corps ivre d’éternité.

– Et l’injure de cesser d’être,
Pire que n’avoir pas été !

(Anna de Noailles)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: L’honneur de souffrir
Traduction:
Editions:

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Attendre (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos     
    
dans sa foulée longtemps immobile au milieu du jour
attendre les manifestations physiques de l’inédit

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: A trois que le qui-vive
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Ce que je trouvais beau (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



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Ce que je trouvais beau,
je le désirais de façon beaucoup trop physique, je voulais l’avoir.
Aussi, j’avais toujours cette sensation pénible de désir inextinguible,
cette aspiration à quelque chose que je croyais inaccessible

(Etty Hillesum)

 

 

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